« Allez, faites de toutes les nations des
disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et
enseignez-leur à observer tout ce que Je vous ai prescrit. Et voici, Je suis
avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »
(Matthieu 28, 19-20)
✦ ✦ ✦
« Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile
pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice.
»
(2 Timothée 3, 16)
✦ ✦ ✦
L’AVERTISSEMENT SOLENNEL.
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Bien-aimés
en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Aujourd’hui,
nous abordons une question qui touche le cœur même de l’Église : si
Jésus-Christ a donné à Ses disciples une mission claire — faire des disciples
et leur enseigner à observer tout ce qu’Il a prescrit — d’où viennent alors les
divergences que certains pasteurs, prédicateurs et enseignants introduisent
dans la foi chrétienne ? Pourquoi deux prédicateurs ouvrent-ils la même Bible,
lisent-ils parfois le même passage, prononcent-ils le nom du même Seigneur, et
arrivent-ils pourtant à des conclusions opposées ? Pourquoi une assemblée
affirme-t-elle : « C’est ainsi que la Bible l’enseigne », tandis qu’une autre
affirme avec la même assurance : « Non, ce n’est pas ainsi » ?
La
question n’est pas petite. Elle est tragique. Elle est même dramatique. Car
lorsque deux voix religieuses contradictoires parlent au nom de Dieu, le
croyant sincère peut être plongé dans la confusion. Le faible peut être
ébranlé. Le nouveau converti peut être découragé. Celui qui cherche honnêtement
la vérité peut finir par se demander : « Qui dois-je croire ? » Et le danger
est encore plus grand lorsque l’homme qui parle derrière la chaire ne présente
plus seulement son interprétation comme une opinion personnelle, mais la
présente comme une prescription divine.
Jésus n’a
pas dit : « Enseignez-leur toutes les idées que vous trouverez intéressantes. »
Il n’a pas dit : « Enseignez-leur vos préférences. » Il n’a pas dit : «
Enseignez-leur les traditions de votre groupe. » Il a dit : « Enseignez-leur à
observer tout ce que Je vous ai prescrit. » Voilà le centre du problème. Le
prédicateur chrétien n’est pas propriétaire du message. Il en est serviteur. Il
ne crée pas l’Évangile. Il le reçoit. Il ne corrige pas le Christ. Il se laisse
corriger par Christ. Il ne place pas son nom au-dessus de la Parole. Il place
sa bouche sous l’autorité de la Parole.
Il faut
donc poser la question avec courage : quand une divergence apparaît, est-ce
toujours la Bible qui est difficile à comprendre ? Ou bien est-ce parfois le
cœur humain qui ajoute, retranche, déplace, sélectionne, interprète et déforme
?
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LA PAROLE DIVINE.
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LE FONDEMENT N’EST PAS L’HOMME, MAIS LA PAROLE.
En effet, La première source de confusion
disparaît lorsque nous retrouvons le fondement. L’autorité suprême de
l’enseignement chrétien n’est ni la personnalité du pasteur, ni son ancienneté,
ni son éloquence, ni son diplôme, ni la taille de son assemblée. Le fondement
est la révélation de Dieu contenue dans les Saintes Écritures et accomplie en
Jésus-Christ.
Paul
avertit les Galates avec une force extraordinaire : « Quand nous-mêmes, quand
un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons
prêché, qu’il soit anathème ! » (Galates 1, 8). Remarquons la gravité de cette
déclaration. Même une apparence céleste ne peut donner à une autre parole une
autorité supérieure à l’Évangile reçu. Le prestige du messager ne transforme
pas l’erreur en vérité.
Voilà
pourquoi le croyant ne doit jamais mesurer la vérité à l’applaudissement. Une
prédication peut être brillante et fausse. Une prédication peut être simple et
profondément biblique. Une voix peut être populaire et pourtant éloignée du
texte. Une autre peut être peu connue et néanmoins fidèle à l’Écriture.
Le
prophète Ésaïe proclame : « À la loi et au témoignage ! Si l’on ne parle pas
ainsi, il n’y aura point d’aurore pour le peuple. » (Ésaïe 8, 20). Autrement
dit : revenons au témoignage. Revenons à la Parole. Revenons à ce que Dieu a
réellement dit.
Les
divergences deviennent dangereuses lorsque le prédicateur cesse de demander : «
Que dit le texte ? » et commence à demander : « Comment puis-je faire dire au
texte ce que je veux démontrer ? » C’est là que l’interprétation peut devenir
manipulation. Le texte biblique devient alors un prétexte au lieu d’être une
autorité.
Un
prédicateur peut avoir une préférence pour une doctrine, une tradition, une
méthode de prière, une manière de célébrer, une conception du ministère ou une
pratique ecclésiale. Mais la préférence humaine ne doit jamais être élevée au
rang de commandement divin. Ce que Dieu commande doit être distingué de ce que
l’homme recommande.
« La Bible n’a pas besoin d’être améliorée ; elle a
besoin d’être livrée. » — Formule homilétique contemporaine
La
deuxième difficulté vient du fait que certains passages sont réellement
difficiles. Pierre lui-même reconnaît que certaines choses dans les lettres de
Paul sont « difficiles à comprendre » (2 Pierre 3, 16). La difficulté d’un
texte ne justifie donc ni l’arrogance ni la précipitation. Un prédicateur
honnête peut dire : « Ce passage demande prudence. Voici ce que je comprends,
et voici ce que je ne prétends pas savoir. »
Cette
humilité est une force. Elle protège l’Église contre le dogmatisme inutile.
Elle permet de distinguer les vérités centrales de la foi des questions
secondaires sur lesquelles des chrétiens fidèles peuvent avoir des
compréhensions différentes. L’unité chrétienne ne signifie pas que chaque
croyant doit avoir exactement la même opinion sur chaque détail ; elle signifie
que nous sommes soumis au même Seigneur et à la même vérité fondamentale.
Mais
attention : l’humilité ne doit pas devenir une excuse pour nier les vérités
clairement enseignées. Il existe des sujets sur lesquels l’Écriture parle avec
une netteté telle que l’homme ne peut pas simplement dire : « Chacun son
opinion. » Jésus-Christ est Seigneur. Il est mort pour nos péchés. Il est
ressuscité. Le salut est en Lui. La repentance est nécessaire. La foi est
indispensable. L’amour de Dieu et du prochain est commandé. La sainteté est
exigée. Le disciple doit obéir à Christ.
✦ ✦ ✦
Mais si la Parole est le fondement, pourquoi les
divergences persistent-elles ? Parce que la Parole passe par des hommes. Et dès
que l’homme ajoute son ego, sa tradition, sa culture ou son intérêt au message,
la clarté divine peut être obscurcie. Regardons donc la deuxième source :
l’homme religieux.
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L’HOMME RELIGIEUX.
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QUAND LE SERVITEUR PREND LA PLACE DU MAÎTRE.
Jésus a
souvent affronté une religion qui avait accumulé des traditions autour de la
Parole. Il a déclaré : « Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous
retenez la tradition des hommes. » (Marc 7, 8). Cette parole est extrêmement
actuelle. Le problème n’est pas seulement l’existence des traditions. Une
tradition peut parfois être utile, historique, pédagogique ou culturelle. Le
problème commence lorsqu’une tradition humaine devient aussi obligatoire qu’un
commandement divin.
Il existe
des traditions de dénomination. Des traditions familiales. Des traditions
culturelles. Des traditions musicales. Des traditions liturgiques. Des
traditions vestimentaires. Des traditions concernant les titres, les
structures, les cérémonies et les méthodes. Certaines peuvent être bonnes. Mais
aucune ne doit être confondue avec la Parole de Dieu.
C’est ici
qu’apparaît une source majeure de divergences : chaque environnement chrétien
peut développer son propre vocabulaire, ses propres habitudes et ses propres
réflexes. Un prédicateur qui grandit dans une certaine tradition risque
naturellement de considérer ce qu’il a reçu comme la norme absolue. Puis il
peut transmettre cette norme à la génération suivante, jusqu’à ce qu’une
habitude humaine prenne l’apparence d’une vérité biblique.
Le danger
est amplifié lorsque la personnalité du prédicateur devient centrale. Lorsque
les gens disent : « Notre pasteur a dit », avant de dire : « La Bible dit »,
quelque chose est déjà en train de se déplacer. Le pasteur doit conduire vers
Christ, non vers lui-même. Paul s’indigne lorsqu’il découvre les divisions de
Corinthe : « Moi, je suis de Paul ! et moi, d’Apollos ! » (1 Corinthiens 3, 4).
Puis il répond : « Qu’est donc Apollos, et qu’est Paul ? Des serviteurs. » (1
Corinthiens 3, 5).
Serviteurs
! Voilà le mot. Pas propriétaires. Pas maîtres absolus des consciences. Pas
sources indépendantes de révélation. Serviteurs.
Un
prédicateur peut être très convaincant. Mais il doit rester vérifiable. Les
Béréens sont loués parce qu’ils examinaient chaque jour les Écritures « pour
voir si ce qu’on leur disait était exact » (Actes 17, 11). Remarquez la beauté
de cette scène : ils écoutaient Paul, mais ils vérifiaient Paul. Ils
respectaient le messager sans idolâtrer le messager.
L’Église
doit retrouver cette maturité. Écouter, puis examiner. Recevoir, puis vérifier.
Entendre, puis comparer avec l’Écriture. Non pas dans un esprit de rébellion,
mais dans un esprit de discernement.
« L’autorité véritable ne craint pas l’examen ; elle
le supporte. » — Adaptation d’une maxime de pensée critique
Une autre
source de divergence est l’ego. L’ego veut avoir raison. L’ego veut être
reconnu. L’ego veut être celui qui possède une révélation particulière que les
autres n’ont pas. Alors apparaît le langage du « seul vrai enseignement », de «
la seule interprétation correcte », du « Dieu m’a révélé » utilisé pour fermer
toute discussion.
Il faut
être extrêmement prudent. Dieu peut conduire un serviteur à comprendre quelque
chose avec une profondeur particulière. Mais la conviction personnelle ne doit
pas être transformée automatiquement en nouveau commandement pour toute
l’Église. Le Nouveau Testament nous appelle à éprouver, à discerner, à demeurer
dans la vérité et à rechercher l’édification.
Paul dit :
« Que tout se fasse pour l’édification. » (1 Corinthiens 14, 26). Si une
doctrine produit constamment l’orgueil, le mépris, l’humiliation, la peur et la
division autour de questions secondaires, il faut au moins s’arrêter et
examiner ses fruits.
Jésus a
donné un principe puissant : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. »
(Matthieu 7, 16). Une prédication authentique ne se mesure pas seulement au
volume de la voix, à la puissance émotionnelle ou à la quantité de réactions
dans l’assemblée. Elle se mesure aussi à ce qu’elle produit dans les vies :
repentance, foi, amour, sainteté, vérité, patience, service, pardon, justice et
fidélité à Christ.
✦ ✦ ✦
Mais l’homme religieux n’est pas le seul facteur.
Même avec de bonnes intentions, le contexte culturel, l’histoire personnelle et
les limites humaines peuvent influencer l’interprétation. Il faut donc examiner
maintenant la troisième source : la diversité humaine autour d’une même
révélation.
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LA DIVERSITÉ HUMAINE.
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La Bible a
été donnée dans des contextes historiques, linguistiques et culturels
différents. Le prédicateur vit, lui aussi, dans une culture particulière. Il
porte une histoire familiale. Il a reçu une éducation. Il a connu des
blessures. Il a des sensibilités. Il possède des habitudes intellectuelles.
Tout cela peut influencer sa lecture.
Cela ne
signifie pas que la Bible change. Cela signifie que l’interprète doit apprendre
à distinguer ce que le texte dit de ce que son propre environnement lui fait
ressentir. Il faut parfois sortir de notre culture pour entendre la Parole dans
son contexte.
Un même
mot peut avoir une nuance particulière dans son contexte biblique. Une
expression peut avoir une portée historique. Une instruction adressée à une
situation précise peut nécessiter une application réfléchie pour notre époque.
C’est pourquoi une bonne prédication ne consiste pas simplement à prendre une
phrase isolée et à lui faire dire tout ce que nous voulons.
Paul
recommande : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé,
un ouvrier qui n’a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la
vérité. » (2 Timothée 2, 15). « Dispenser droitement » implique sérieux,
travail, prudence et fidélité.
Il existe
également des divergences liées à la connaissance. Tous les prédicateurs n’ont
pas reçu la même formation. Tous ne disposent pas des mêmes outils d’étude.
Tous ne maîtrisent pas les langues bibliques. Tous n’ont pas la même expérience
pastorale. Cela ne rend pas l’un automatiquement supérieur à l’autre. Mais cela
rappelle que l’enseignant doit rester apprenant.
Celui qui
prêche doit accepter de grandir. Il doit pouvoir corriger une compréhension
ancienne lorsque l’Écriture l’y conduit. Il doit pouvoir dire : « J’ai compris
autrement auparavant, mais après une étude plus sérieuse, je dois rectifier. »
Cette phrase n’est pas une honte. C’est une preuve de maturité.
« Le doute n’est pas toujours l’ennemi de la foi ;
parfois, il est le commencement d’une recherche plus honnête. » — Carl Sagan,
idée générale sur la démarche critique
Une autre
source de divergence peut être l’intérêt. Il faut oser le dire. Un enseignement
peut parfois être influencé par la recherche de popularité, d’argent, de
pouvoir ou de contrôle. Le Nouveau Testament avertit contre ceux qui « par des
paroles douces et flatteuses séduisent les cœurs des simples » (Romains 16,
18).
Le
ministère devient dangereux lorsque le prédicateur utilise la Bible pour
obtenir ce que son cœur désire. Il peut utiliser la peur pour contrôler. La
culpabilité pour manipuler. Les promesses pour attirer. Les menaces pour
soumettre. Les bénédictions pour vendre. Le prestige pour dominer.
Pierre
donne pourtant une consigne aux anciens : « Paissez le troupeau de Dieu qui est
sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non
pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui
vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. » (1 Pierre
5, 2-3).
Voilà le
modèle. Le pasteur n’est pas appelé à fabriquer des dépendants. Il est appelé à
former des disciples. Il n’est pas appelé à rendre les fidèles incapables de
réfléchir sans lui. Il doit les conduire vers une connaissance personnelle et
responsable de Christ et de Sa Parole.
La
divergence peut aussi venir d’une mauvaise utilisation des versets. Un texte
peut être cité correctement mais appliqué incorrectement. Un verset peut être
vrai en lui-même mais utilisé hors de son contexte pour soutenir une conclusion
que le passage ne défend pas. C’est pourquoi il faut lire avant, après, et
parfois à travers l’ensemble du livre biblique.
Jésus
Lui-même a répondu au tentateur en disant : « Il est écrit. » (Matthieu 4, 4).
Mais le tentateur, lui aussi, citait l’Écriture (Matthieu 4, 6). Cela nous
enseigne quelque chose de terriblement important : citer la Bible ne garantit
pas que l’on interprète correctement la Bible. Même une citation biblique peut
être utilisée pour une mauvaise finalité.
✦ ✦ ✦
Alors, que
doit faire le croyant lorsque des prédicateurs enseignent des choses
divergentes ? Il ne doit pas immédiatement suivre le plus bruyant. Il ne doit
pas choisir celui qui promet le plus. Il ne doit pas confondre émotion et
vérité. Il ne doit pas non plus tomber dans le cynisme en disant : « Tous les
pasteurs sont faux. »
Il doit
revenir à Christ. Il doit prier. Il doit lire. Il doit comparer. Il doit
examiner le contexte. Il doit regarder l’ensemble du témoignage biblique. Il
doit observer les fruits. Il doit demander : « Est-ce que cet enseignement
élève Jésus-Christ ou élève l’homme ? Est-ce qu’il produit la sainteté ou
l’orgueil ? Est-ce qu’il respecte le contexte des Écritures ? Est-ce qu’il
distingue clairement commandement biblique et tradition humaine ? »
Jean dit :
« Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour
savoir s’ils sont de Dieu. » (1 Jean 4, 1). L’Église n’est pas appelée à être
naïve. Elle est appelée au discernement.
Et le
discernement doit commencer par nous-mêmes. Avant de demander : « Pourquoi ce
pasteur enseigne-t-il cela ? », demandons : « Pourquoi suis-je si facilement
attiré par cela ? » Est-ce parce que cela confirme ce que je veux déjà croire ?
Est-ce parce que cela me promet une vie sans difficulté ? Est-ce parce que cela
me donne une supériorité sur les autres ? Est-ce parce que cela me permet
d’éviter une exigence de Christ ?
La vérité
biblique n’est pas toujours confortable. Jésus appelle à renoncer à soi-même.
Il appelle à prendre sa croix. Il appelle au pardon. Il appelle à aimer les
ennemis. Il appelle à la fidélité dans le secret. Il appelle à servir. Il
appelle à la sainteté. Il appelle à l’humilité. Il appelle à persévérer.
Un
enseignement qui ne parle que de victoire mais jamais de fidélité dans
l’épreuve est incomplet. Un enseignement qui parle de bénédiction mais jamais
de repentance est déséquilibré. Un enseignement qui parle d’autorité mais
jamais de service est dangereux. Un enseignement qui parle de grâce mais jamais
de transformation est tronqué. Un enseignement qui parle de liberté mais jamais
d’obéissance à Christ est incomplet.
« La mesure d’une vie n’est pas ce qu’elle possède,
mais ce qu’elle donne. » — Albert Einstein, citation souvent attribuée
Frères et
sœurs, la mission de l’Église n’est donc pas de produire une multitude de voix
indépendantes. La mission est de faire des disciples. Et faire des disciples
signifie les conduire à observer tout ce que Christ a prescrit.
Remarquez
le mot : « tout ». Tout ce que Je vous ai prescrit. Pas seulement ce qui nous
arrange. Pas seulement les promesses. Pas seulement les passages qui font
vibrer l’assemblée. Tout.
Nous
devons enseigner la grâce et la vérité. La foi et les œuvres qui en découlent.
Le salut et la sanctification. La consolation et la correction. La bénédiction
et la responsabilité. La puissance et le service. La liberté et l’obéissance.
La croix et la résurrection.
Le
prédicateur fidèle ne choisit pas un Jésus à la carte. Il annonce Jésus tel
qu’Il Se révèle. Il ne supprime pas les paroles difficiles. Il ne cache pas les
appels à la repentance. Il ne transforme pas l’Évangile en spectacle. Il ne
remplace pas la croix par la recherche du prestige.
✦ ✦ ✦
Aujourd’hui,
l’Église a besoin de prédicateurs qui tremblent devant la Parole. Elle a besoin
d’hommes et de femmes qui préfèrent être fidèles plutôt que populaires. Elle a
besoin de serviteurs capables de dire : « Je ne sais pas », lorsqu’ils ne
savent pas ; « Je me suis trompé », lorsqu’ils se sont trompés ; et surtout : «
Voici ce que dit le Seigneur », lorsqu’ils parlent avec certitude biblique.
L’Église a
aussi besoin de fidèles qui cessent d’élever les prédicateurs au rang
d’infaillibles. Respectez vos pasteurs. Aimez vos enseignants. Honorez ceux qui
vous servent. Mais ne donnez à aucun homme la place qui appartient
exclusivement à Jésus-Christ.
Paul dit :
« Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon. » (1 Thessaloniciens 5, 21).
Voilà une excellente règle. Examiner. Retenir. Rejeter ce qui est contraire à
la vérité. Garder ce qui est bon.
Lorsque
les divergences apparaissent, ne perdons pas Christ de vue. Lorsque les
interprétations s’opposent, revenons au texte. Lorsque les traditions
s’accumulent, demandons ce qui vient réellement de Dieu. Lorsque les
personnalités deviennent imposantes, regardons à Jésus. Lorsque les voix
humaines deviennent nombreuses, écoutons la voix du Bon Berger.
Jésus a
dit : « Mes brebis entendent Ma voix ; Je les connais, et elles Me suivent. »
(Jean 10, 27). La grande sécurité du croyant n’est pas d’avoir mémorisé le nom
de tous les prédicateurs. C’est de connaître la voix du Seigneur et de marcher
derrière Lui.
Et lorsque
nous enseignons, souvenons-nous de cette responsabilité. Une chaire n’est pas
un théâtre. Une prédication n’est pas une démonstration d’intelligence. Une
assemblée n’est pas un laboratoire où l’on expérimente toutes nos opinions. Le
peuple de Dieu mérite la vérité. Le peuple de Dieu mérite la Parole. Le peuple
de Dieu mérite Jésus-Christ.
Alors,
d’où viennent les divergences ? Elles peuvent venir de la difficulté réelle de
certains textes, de limites humaines, de contextes culturels, de traditions, de
formations différentes, d’interprétations incomplètes. Mais elles peuvent aussi
venir de l’orgueil, de l’ambition, de la recherche de pouvoir, de l’intérêt
matériel, de la manipulation ou du désir de faire dire à Dieu ce que Dieu n’a
pas dit.
C’est
pourquoi le remède n’est pas simplement d’avoir plus de prédications. Le remède
est d’avoir plus de fidélité. Plus de prière. Plus d’étude sérieuse. Plus
d’humilité. Plus de discernement. Plus de Christ. Plus de Parole vécue.
Que chaque
pasteur se demande aujourd’hui : « Est-ce que j’enseigne ce que Christ a
prescrit ? » Que chaque prédicateur se demande : « Est-ce que ma voix conduit
vers Jésus ou vers moi ? » Que chaque croyant se demande : « Est-ce que je
vérifie ce que j’entends à la lumière de l’Écriture ? » Et que toute l’Église
se demande : « Est-ce que nous sommes en train de faire des disciples de
Jésus-Christ ou des disciples de nos traditions ? »
Car au
dernier jour, notre gloire ne sera pas d’avoir gagné une controverse
théologique. Notre gloire sera d’avoir été trouvés fidèles à notre Seigneur. Le
serviteur fidèle ne sera pas celui qui aura parlé le plus fort, mais celui qui
aura gardé la vérité et servi avec amour.
Que nos
chaires redeviennent des lieux où Christ est exalté. Que nos prédications
redeviennent des appels à la repentance, à la foi, à la sainteté et à
l’espérance. Que nos études bibliques nous apprennent à penser avec sérieux.
Que nos traditions restent à leur place. Que nos opinions restent des opinions
lorsqu’elles ne sont pas des commandements bibliques. Et que la Parole de Dieu
demeure au-dessus de nous tous.
✦ ✦ ✦
Bien-aimés,
il y a assez de voix dans le monde. L’Église n’a pas besoin d’une voix
supplémentaire qui cherche simplement à être entendue. Elle a besoin de
serviteurs qui font entendre la voix de Christ.
Il y a
assez de spectacles. Il faut davantage de vérité. Il y a assez de
personnalités. Il faut davantage de serviteurs. Il y a assez de débats. Il faut
davantage de disciples. Il y a assez de paroles. Il faut davantage
d’obéissance.
Jésus a
dit : « Enseignez-leur à observer tout ce que Je vous ai prescrit. » Voilà
notre mandat. Voilà notre garde. Voilà notre responsabilité.
Que Dieu
nous donne des pasteurs fidèles. Des prédicateurs humbles. Des enseignants
sérieux. Des fidèles vigilants. Des Églises enracinées. Des disciples
transformés. Et surtout, une génération qui ne suivra pas simplement les
hommes, mais qui suivra Jésus-Christ.
Que notre
enseignement ne soit jamais plus grand que notre Maître. Que notre tradition ne
soit jamais plus forte que Sa Parole. Que notre personnalité ne soit jamais
plus importante que Sa présence. Que notre opinion ne soit jamais élevée
au-dessus de Son commandement.
Et lorsque
nous ne savons pas, apprenons. Lorsque nous nous trompons, corrigeons-nous.
Lorsque nous sommes divisés, cherchons la vérité dans l’amour. Lorsque nous
sommes faibles, tournons-nous vers Lui. Lorsque les voix se multiplient,
revenons à Jésus.
✦ ✦ ✦
Oh ! Qu’il en soit ainsi. Amen et Amen.