Quel heureux jour, le revoir de Jésus !
« Hommes Galiléens, pourquoi vous
tenez-vous là à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu
de vous, viendra de la même manière que vous L'avez vu allant au ciel. »
(Actes 1, 11)
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« Le Seigneur Lui-même, à un signal
donné, à la voix d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du
ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les
vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des
nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours
avec le Seigneur. »
(1 Thessaloniciens 4, 16-17)
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LA PROMESSE ÉTERNELLE.
L'ATTENTE FERVENTE.
LA RENCONTRE BIENHEUREUSE.
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Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Ils étaient là, debout, figés comme des statues de sel sur le sommet
du mont des Oliviers. Onze hommes au cœur brisé, les yeux rivés vers un ciel
qui venait de leur ravir ce qu'ils avaient de plus précieux. Pendant trois ans,
ils avaient marché à côté de Lui. Ils avaient mangé à Sa table, dormi sous Ses
paraboles, pleuré à Ses pieds et ri de Ses miracles. Et voilà qu'en un instant,
une nuée L'enleva à leurs regards. Le silence qui suivit dut être
assourdissant. Car il y a des silences qui hurlent plus fort que n'importe quel
cri, et celui-là, mes bien-aimés, était de ceux-là.
Aujourd'hui encore, dans nos foyers, dans nos hôpitaux, sur nos lits
de veille, combien d'entre nous connaissent ce même silence ? Le silence de
l'absence. Le silence de celui qui attend un être cher parti au loin, ou pire,
un être cher que la mort a saisi entre ses griffes. Nous savons ce que c'est
que d'attendre. Nous savons ce que c'est que de regarder vers un horizon vide
en espérant y voir apparaître un visage aimé. C'est précisément dans cette
attente universelle, dans cette douleur humaine si commune, que le message de
ce jour vient se loger comme un baume sur une plaie ouverte.
Le philosophe et mathématicien Blaise Pascal écrivait : « Le cœur a
ses raisons que la raison ne connaît point. » Or, s'il est un cœur qui a ses
raisons, c'est bien celui du croyant qui espère, contre toute logique
apparente, le retour de son Sauveur. Ce n'est pas une attente vaine, une
chimère de l'esprit, une consolation inventée pour endormir la douleur. C'est
une promesse, scellée par la bouche même des anges, prononcée sur cette
montagne où les pieds de Jésus avaient laissé leur dernière empreinte terrestre.
Deux hommes vêtus de blanc s'adressèrent alors aux disciples médusés, et leur
parole traverse encore les siècles jusqu'à nous : Ce Jésus reviendra.
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Avant de nous
attarder sur l'attente qui doit être la nôtre, arrêtons-nous d'abord sur le
fondement même de notre espérance : la promesse éternelle que Dieu nous a
faite.
LA PROMESSE ÉTERNELLE.
- Une parole qui ne faillit point -
Frères et sœurs, notre foi ne repose pas sur des sables mouvants,
mais sur le roc inébranlable de la Parole de Dieu. Quand les anges annoncèrent
aux disciples que Jésus reviendrait, ils ne firent qu'écho à ce que le Seigneur
Lui-même avait déjà annoncé de Son vivant. N'avait-Il pas dit à Ses disciples,
le cœur troublé par l'annonce de Son départ : « Que votre cœur ne se trouble
point. Croyez en Dieu, et croyez en Moi. Il y a plusieurs demeures dans la
maison de Mon Père. Si cela n'était pas, Je vous l'aurais dit. Je vais vous
préparer une place. Et, lorsque Je m'en serai allé, et que Je vous aurai
préparé une place, Je reviendrai, et Je vous prendrai avec Moi » (Jean 14, 1-3)
? Voilà la promesse éternelle, prononcée avant même la croix, avant même le
tombeau vide, avant même l'ascension glorieuse.
Cette promesse n'est pas un simple vœu pieux jeté au vent. Elle est
ancrée dans le caractère même de Dieu, qui ne ment jamais et qui accomplit
toujours ce qu'Il a annoncé. Le prophète Nombres nous rappelle avec force :
Dieu n'est point homme pour mentir, ni fils d'homme pour se repentir. Ce qu'Il
a dit, ne le fera-t-Il pas ? Ce qu'Il a déclaré, ne l'exécutera-t-Il point ?
Ainsi, quand nous affirmons que Jésus reviendra, nous n'exprimons pas une
opinion parmi d'autres, une croyance folklorique héritée de nos aïeux. Nous
proclamons une vérité aussi certaine que le lever du soleil, aussi sûre que la
fidélité même de notre Dieu.
Songeons un instant à l'ampleur de cette promesse. Le Fils de Dieu,
qui a quitté la gloire céleste pour revêtir notre chair, qui a connu la faim,
la fatigue, la trahison et la mort sur une croix infâme, ce même Jésus a vaincu
la mort et promis de revenir chercher Son Église. Il ne s'agit pas d'un retour
timide, discret, incertain. Non ! Il reviendra « de la même manière » qu'Il est
monté, nous dit le texte d'Actes 1, 11. C'est-à-dire visiblement,
glorieusement, personnellement. Ce ne sera pas une simple influence spirituelle
diffuse dans le monde. Ce sera Lui, en personne, dans toute Sa majesté.
Et cette promesse traverse toute l'Écriture comme un fil d'or. Job,
au cœur de sa souffrance la plus intense, s'écriait déjà : « Je sais que mon
Rédempteur est vivant, et qu'Il se lèvera le dernier sur la terre » (Job 19,
25). Les prophètes de l'Ancien Testament, les apôtres du Nouveau Testament,
Jésus Lui-même : tous témoignent d'une seule et même vérité, à savoir que
l'Histoire humaine n'est pas une ligne sans fin qui se perd dans le néant, mais
un chemin qui conduit à une rencontre glorieuse avec le Seigneur revenant dans
Sa gloire.
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Puisque la
promesse est certaine, il convient à présent d'examiner l'attitude que cette
promesse exige de nous : une attente fervente et vigilante.
L'ATTENTE FERVENTE.
- Veiller sans se lasser -
Bien-aimés, la promesse du retour de Jésus n'a jamais eu pour but de
nous plonger dans une passivité rêveuse, les bras croisés, le regard perdu dans
les nuages en attendant que tout se règle sans nous. Bien au contraire ! Jésus
Lui-même, dans Sa parabole des dix vierges, nous exhorte à la vigilance : «
Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l'heure » (Matthieu 25, 13).
Cinq vierges sages avaient de l'huile en réserve pour leurs lampes ; cinq
vierges folles n'en avaient point. Et lorsque l'Époux arriva, seules celles qui
étaient prêtes purent entrer avec Lui dans la salle des noces. La porte fut
fermée aux autres. Quelle image saisissante de notre condition présente !
L'attente fervente n'est donc pas une attente endormie. Elle est une
attente active, engagée, sanctifiée. L'apôtre Pierre nous enseigne : « Puisque
donc toutes ces choses doivent se dissoudre, quelles ne doivent pas être la
sainteté de votre conduite et votre piété » (2 Pierre 3, 11) ? Voilà la
question qui doit résonner dans le cœur de chacun de nous aujourd'hui. Si nous
croyons réellement que Jésus reviendra, si cette promesse n'est pas pour nous
une simple formule liturgique récitée sans conviction, alors notre manière de
vivre, de parler, de travailler, d'aimer notre prochain, doit en porter
l'empreinte.
Antoine de Saint-Exupéry écrivait avec une profondeur qui touche à
l'essence même de notre foi : « On ne voit bien qu'avec le cœur. » Et n'est-ce
pas exactement ce que Dieu nous demande ? Voir au-delà des apparences, au-delà
des circonstances présentes, au-delà des délais qui nous semblent parfois
interminables. Car il est vrai que le temps s'étire, que les années passent,
que des générations entières de croyants se sont endormies dans l'espérance
sans avoir vu de leurs yeux le retour du Seigneur. Certains, découragés, se
sont même mis à douter, comme le rappelle l'apôtre Pierre : « Où est la
promesse de Son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure
comme dès le commencement de la création » (2 Pierre 3, 4).
Mais l'Écriture répond avec force à ce doute : « Le Seigneur ne tarde
pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais
Il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant
que tous arrivent à la repentance » (2 Pierre 3, 9). Ce qui nous paraît un
retard n'est en réalité qu'une manifestation de la patience divine, un espace
de grâce offert à ceux qui ne connaissent pas encore le Sauveur. Frères et
sœurs, notre veille n'est donc pas une simple posture d'attente résignée. Elle
est un acte d'amour envers ceux qui, autour de nous, ignorent encore que le Roi
revient. Elle est un appel pressant à la sanctification, à la prière, au
service, au témoignage.
Pensons à ces dix jeunes filles de la parabole. Ce qui les
distinguait n'était pas la lampe elle-même, car toutes en possédaient une. Ce
qui faisait la différence, c'était l'huile en réserve, cette provision cachée,
invisible aux yeux, mais essentielle au moment décisif. L'huile, mes
bien-aimés, représente cette communion intime et quotidienne avec Dieu, cette
vie de prière nourrie jour après jour, cette relation vivante qui ne se
construit pas à la hâte, à la dernière minute, mais qui se cultive dans la fidélité
de chaque instant. Que Dieu nous garde d'être surpris, la lampe vide, le jour
où le cri retentira : « Voici l'Époux, allez à Sa rencontre » (Matthieu 25, 6)
!
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L'attente
vigilante nous conduit désormais vers son couronnement : la rencontre
bienheureuse que nous réserve notre Seigneur.
LA RENCONTRE BIENHEUREUSE.
- Le jour sans fin -
Bien-aimés, tout ce chemin d'attente, toute cette veille parfois
éprouvante, trouve son sens dans la promesse d'une rencontre qui surpasse toute
imagination humaine. L'apôtre Paul, écrivant aux Thessaloniciens troublés par
la mort de certains des leurs, leur adresse des paroles d'une tendresse infinie
: « Le Seigneur Lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son
de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ
ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous
serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur
dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1
Thessaloniciens 4, 16-17). Quelle scène grandiose ! Quel jour de gloire nous
attend !
Ce ne sera pas un adieu de plus, une séparation supplémentaire
ajoutée à toutes celles que nous avons connues sur cette terre. Ce sera au
contraire la fin de toutes les séparations. Les tombes s'ouvriront, les larmes
cesseront de couler, et ceux qui se sont endormis en Christ se lèveront pour
rejoindre, dans une même étreinte céleste, ceux qui seront restés vivants. Il
n'y aura plus ni cercueils, ni cimetières, ni adieux déchirants sur le pas d'un
aéroport ou le quai d'une gare. Il n'y aura plus que la joie sans mélange de la
rencontre définitive avec Celui que nos âmes ont tant cherché.
Jean, dans sa vision prophétique sur l'île de Patmos, nous décrit ce
jour glorieux avec des mots qui font vibrer le cœur : « Dieu essuiera toute
larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni
cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu » (Apocalypse 21, 4).
Frères et sœurs, voilà l'espérance qui doit illuminer chacune de nos journées,
aussi sombres soient-elles. Voilà la lumière au bout de ce tunnel que
représente parfois notre existence terrestre, avec ses deuils, ses maladies,
ses trahisons, ses combats invisibles que nous menons dans le secret de nos
cœurs.
Victor Hugo écrivait, avec cette force qui caractérise sa plume : «
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. » Et quelle plus noble lutte
pouvons-nous mener que celle de la foi, celle qui nous fait tenir bon dans
l'attente, celle qui nous fait persévérer malgré les vents contraires, dans la
certitude que le combat trouvera son couronnement dans la gloire ? Car ce jour
du revoir ne sera pas seulement une fin, mais un commencement. Le commencement
d'une éternité passée en présence de Celui qui nous a aimés le premier, qui a
donné Sa vie pour nous racheter, et qui reviendra Lui-même nous chercher pour
ne plus jamais nous quitter.
Imaginez, bien-aimés, cet instant où nos yeux, encore voilés par les
larmes de cette terre, s'ouvriront enfin sur le visage de notre Sauveur.
Imaginez ces retrouvailles avec nos proches endormis en Christ, ce moment où
toute douleur, toute incompréhension, toute question restée sans réponse
trouveront enfin leur résolution dans la lumière de Sa présence. Ce jour-là, il
n'y aura plus de veuves qui pleurent, plus d'orphelins qui cherchent en vain un
regard aimant, plus de malades qui souffrent dans le silence de leur chambre.
Il n'y aura que Lui, glorieux, éternel, et nous, enfin réunis à Lui pour
toujours.
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Frères et sœurs, bien-aimés du Seigneur, que ferons-nous de cette
espérance aujourd'hui ? Vivrons-nous encore comme si cette promesse n'existait
pas, comme si le temps nous appartenait sans limite, comme si le retour du
Seigneur n'était qu'une belle histoire racontée dans nos assemblées ? Ou bien
laisserons-nous cette vérité transformer radicalement notre manière de vivre,
de prier, d'aimer, de servir ? La promesse est certaine. L'attente doit être
fervente. La rencontre sera bienheureuse. Que chacun de nous, aujourd'hui,
examine son cœur, remplisse sa lampe, et se prépare avec joie à la venue de
Celui qui a dit : « Oui, Je viens bientôt » (Apocalypse 22, 20).
Que ce jour du revoir devienne, dès aujourd'hui, la boussole de notre
existence entière. Que nous marchions désormais, non pas dans la crainte, mais
dans l'espérance joyeuse de ceux qui savent que leur Sauveur revient les
chercher. Que Dieu nous trouve, chacun et chacune, prêts, veillants, fidèles,
le jour où retentira la trompette et où nous serons enfin, pour toujours, avec
le Seigneur.
Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.