Le Blog du Pasteur Phalange Dormay
....................................En vue de proclamer l'évangile de Jésus-Christ pour le salut des ames.......................... ........
Jésus-Christ : le seul Sauveur
dimanche 16 août 2026
Le Sacrifice Vivant
« Je vous
exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un
sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte
raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés
par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la
volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »
(Romains
12, 1-2)
✦ ✦ ✦
LE SACRIFICE VIVANT.
L'INTELLIGENCE RENOUVELÉE.
LA VOLONTÉ PARFAITE.
✦ ✦ ✦
Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Imaginez,
bien-aimés, un autel dressé au cœur d'un temple antique, sous un ciel lourd de
fumée et d'encens. Un prêtre s'avance, une bête tremblante entre les mains, et
le couteau brille avant de s'abattre. Puis, le sang coule, la vie s'éteint, et
l'odeur de la chair brûlée monte vers un ciel silencieux. Voilà, pendant des
siècles, la seule dialectologie que l'homme connaissait pour parler à Dieu :
mourir un peu, afin que Dieu vive en lui. Mais voici qu'un jour, sur les routes
poussiéreuses de Rome, un homme du nom de Paul écrit une lettre bouleversante,
et il renverse d'un seul mot toute cette théologie du couteau et du sang : il
ne demande plus un animal mort, il demande un corps vivant.
Car il y
a une tragédie plus silencieuse encore que celle de l'autel païen, et c'est
celle de nos vies contemporaines, offertes chaque jour, goutte après goutte,
sur l'autel invisible du siècle présent. Nous nous levons, et sans même nous en
apercevoir, nous déposons notre temps sur l'autel de l'urgence, notre pensée
sur l'autel de l'opinion commune, notre cœur sur l'autel du regard des autres.
Le monde a ses prêtres : la publicité, la mode, la rumeur, l'algorithme
silencieux qui façonne nos désirs avant même que nous ayons appris à les
nommer. Et lentement, sans effusion de sang, sans couteau ni fumée, nous
devenons des sacrifices consentants sur un autel qui ne nous aime pas.
Il y a
même, dans cette tragédie moderne, quelque chose de plus douloureux que
l'ancien sacrifice sanglant : car la bête de l'autel n'avait pas choisi de
mourir, alors que nous, chaque matin, nous choisissons, presque volontairement,
l'autel sur lequel nous déposons notre existence. Le drame n'est plus imposé
par un prêtre étranger, il est consenti par notre propre main.
C'est
dans ce théâtre tragique que retentit, Aujourd'hui encore, la voix de l'Apôtre
: « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu... » (Romains 12,
1). Ce n'est pas un ordre crié du haut d'un trône, c'est une supplication venue
d'un cœur brisé par la miséricorde. Dieu, par Ses compassions, ne réclame pas
notre mort, Il réclame notre vie. Voilà le drame renversé : là où toutes les
religions du monde exigeaient un mort sur l'autel, l'Évangile exige un vivant.
Approchons-nous donc, à présent, de
cet autel étrange où l'on n'immole plus rien, sinon soi-même tout entier.
✦ ✦ ✦
LE SACRIFICE VIVANT.
- Un Sacrifice Qui Respire -
Dans
l'Ancienne Alliance, l'offrande devait être sans défaut, mais elle devait
surtout être morte pour être acceptée (Lévitique 1, 3-4). Paul, sous
l'inspiration de l'Esprit, façonne une expression qui aurait paru absurde à
tout prêtre juif : un « sacrifice vivant ». Comment peut-on immoler quelque
chose et le laisser respirer ? Comment peut-on déposer sur l'autel une offrande
qui continue de battre, de penser, de marcher, de travailler, d'aimer ? C'est
là toute la nouveauté bouleversante de la croix : Christ étant mort une fois
pour toutes (Hébreux 9, 26-28), notre sacrifice à nous n'est plus celui de la
mort expiatoire, mais celui de la vie consacrée. Nous ne montons plus sur
l'autel pour y périr, nous y montons pour y vivre autrement.
Ce
sacrifice vivant est quotidien, il se renouvelle chaque matin comme la manne au
désert (Exode 16, 4). Il ne s'achève pas dans l'instant d'un cri, il s'étire
sur toute une existence, dans la cuisine, au bureau, dans la salle de classe,
sur le lit d'hôpital, devant l'écran, dans le silence du soir. Chaque geste
posé dans l'obéissance devient une fumée montant vers le Trône, un parfum de
bonne odeur (Éphésiens 5, 2).
Et ce
sacrifice, précise l'Apôtre, doit être « saint », c'est-à-dire mis à part,
séparé pour un usage exclusivement consacré à Dieu, comme les ustensiles du
tabernacle ne servaient à aucun autre usage que le service sacré (Exode 30,
29). Un corps saint n'est pas un corps parfait, il est un corps réservé, gardé,
protégé de toute profanation, pour ne servir qu'à un seul Maître.
- Une Offrande Qui Coûte -
Mais ne
nous y trompons pas, bien-aimés : un sacrifice vivant coûte souvent plus cher
qu'un sacrifice mort. Il est, en un sens, plus facile de mourir une fois que de
mourir chaque jour à soi-même. L'animal de l'autel ancien ne sentait rien de sa
propre mise à mort après le premier instant ; mais nous, nous devons choisir,
encore et encore, de déposer notre volonté, notre confort, notre orgueil, notre
rancune, notre ambition, sur un autel qui ne cesse jamais de réclamer notre
présence. Le moine Saint François d'Assise exprimait à sa manière cette vérité
paradoxale lorsqu'il disait : « C'est en donnant qu'on reçoit. » Cet homme,
ayant tout quitté, ses vêtements, ses richesses, son nom même, avait compris
cette vérité étrange : que l'offrande de soi n'appauvrit jamais celui qui la
fait, elle l'enrichit d'une vie que l'égoïsme n'aurait jamais pu lui donner.
Ce culte
que Paul appelle « raisonnable » — ou, selon d'autres traductions, « spirituel
» — n'est donc pas un accès de sentimentalisme religieux. C'est un acte de la
volonté, mûrement réfléchi, offert en pleine conscience. Il n'est pas dicté par
l'émotion d'un instant, mais par la compréhension profonde de ce que Dieu a
déjà fait pour nous en Christ (Romains 5, 8). Voilà pourquoi l'Apôtre commence
par « les compassions de Dieu » : on ne peut offrir un sacrifice vivant qu'en
réponse à un amour déjà reçu, jamais pour mériter un amour encore espéré.
Mais un corps offert ne suffit pas si
l'esprit demeure captif ; voici maintenant le second mouvement de ce texte,
celui du renouvellement intérieur.
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L'INTELLIGENCE RENOUVELÉE.
- Le Moule Du Siècle -
Le
verset suivant nous avertit d'un danger aussi silencieux que redoutable : « Ne
vous conformez pas au siècle présent » (Romains 12, 2). Le mot grec employé ici
évoque littéralement un moule dans lequel on verse une matière encore molle
afin qu'elle en prenne la forme. Le siècle présent — cette culture, cette
époque, cette rumeur collective qui nous entoure — possède un moule d'une
redoutable efficacité. Il façonne nos désirs avant que nous ayons pu les
examiner, il dicte nos valeurs avant que nous ayons pu les peser, il impose ses
standards de succès, de beauté, de bonheur, avec une autorité que nous ne
remettons presque jamais en question.
Ce moule
agit rarement par la violence ; il agit par la répétition. Une image vue mille
fois finit par sembler normale. Une opinion entendue partout finit par sembler
vraie. Et ainsi, sans un seul coup porté, sans une seule bataille livrée, des
générations entières se retrouvent façonnées à l'image d'un siècle qui passe,
plutôt qu'à l'image du Dieu éternel (2 Corinthiens 3, 18).
Le
patriarche Joseph, en Égypte, vécut au cœur d'un empire dont les dieux, les
mœurs et les ambitions auraient pu le façonner tout entier ; et pourtant, il
demeura un homme à part, refusant le moule que la cour de Potiphar lui tendait
(Genèse 39, 9). Voilà l'exemple d'un cœur qui, siècle après siècle, continue
d'inspirer ceux qui refusent de se laisser couler dans le moule commun.
- Le Renouvellement De L'Esprit -
Mais
Paul ne se contente pas d'un avertissement, il ouvre une porte : « soyez
transformés par le renouvellement de l'intelligence » (Romains 12, 2). Le mot
grec traduit par « transformés » est celui d'où vient notre mot « métamorphose
». Ce n'est pas un ravalement de façade, un simple maquillage de nos habitudes
; c'est une mue véritable, semblable à celle de la chenille devenant papillon,
une transformation qui touche le cœur même de notre pensée.
L'écrivain
Marcel Proust disait avec une justesse presque prophétique : « Le seul
véritable voyage... ce serait non d'aller vers de nouveaux paysages, mais
d'avoir d'autres yeux. » Voilà exactement ce que Dieu propose ici : non pas de
nous envoyer vers un ailleurs géographique, mais de nous donner des yeux
nouveaux, une intelligence renouvelée, capable de voir le monde, les autres, et
nous-mêmes, tel que Dieu les voit. Ce renouvellement ne s'opère pas dans
l'isolement d'un effort personnel, il s'opère par la Parole (Jean 17, 17), par
la prière, par la communion avec l'Esprit qui, Lui, connaît les pensées de Dieu
(1 Corinthiens 2, 11). C'est Lui qui, jour après jour, défait en nous les
habitudes du vieil homme et façonne en nous la pensée du Christ (Philippiens 2,
5).
Ce
renouvellement n'est jamais achevé une fois pour toutes ; il est, comme le
sacrifice vivant, quotidien. L'homme extérieur se détruit peu à peu, mais
l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour (2 Corinthiens 4, 16). Chaque
lecture de la Parole, chaque instant de prière sincère, chaque acte
d'obéissance, devient une pierre de plus posée dans l'édifice de cette
intelligence nouvelle.
Et c'est précisément ce
renouvellement de l'intelligence qui nous conduit, à présent, au but ultime de
toute cette démarche : le discernement de la volonté de Dieu.
✦ ✦ ✦
LA VOLONTÉ PARFAITE.
- Discerner Ce Qui Est Bon -
« Afin
que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu » (Romains 12, 2). Remarquons
que ce discernement n'est pas donné d'emblée à celui qui reste conforme au
siècle ; il est le fruit, la conséquence, la récolte naturelle d'une vie
offerte et d'un esprit renouvelé. On ne discerne pas la volonté de Dieu de
loin, en spectateur ; on la discerne de l'intérieur, en participant déjà, par
la consécration, à la vie qu'Elle réclame.
Combien
de croyants, bien-aimés, cherchent la volonté de Dieu comme on cherche une
carte au trésor, avec des signes extraordinaires, des rêves, des circonstances
spectaculaires — alors que le texte nous montre un chemin autrement plus simple
et plus exigeant : offrir son corps, renouveler son esprit, et alors, seulement
alors, la volonté de Dieu se dévoilera, non pas comme un mystère lointain, mais
comme une évidence intérieure, aussi naturelle que la lumière du jour pour un
œil habitué à l'obscurité.
Le mot
grec traduit par « discerner » évoque l'idée d'éprouver un métal précieux, de
le tester au feu pour vérifier sa pureté (1 Pierre 1, 7). Discerner la volonté
de Dieu, ce n'est donc pas seulement la connaître intellectuellement, c'est
l'éprouver, la vérifier, la reconnaître authentique après l'avoir mise à
l'épreuve de l'obéissance.
- L'Agréable Et Le Parfait -
Paul
emploie trois adjectifs pour décrire cette volonté : elle est bonne, agréable
et parfaite. Bonne, parce qu'elle vise toujours notre bien véritable, même
lorsqu'elle traverse la vallée de l'ombre (Psaume 23, 4). Agréable, parce
qu'elle plaît au cœur de Dieu, et qu'il n'y a pas de plus grande dignité pour
une créature que de réjouir le cœur de son Créateur. Parfaite, parce qu'elle ne
manque jamais son but, elle ne se trompe jamais de chemin, elle conduit
toujours, tôt ou tard, à la gloire promise (Romains 8, 28).
Antoine
de Saint-Exupéry, ce pilote et poète du ciel, écrivait : « L'avenir, tu n'as
pas à le prévoir, mais à le permettre. » Quelle parole étonnante pour éclairer
notre texte ! Nous ne sommes pas appelés à deviner l'avenir que Dieu nous
réserve, encore moins à le fabriquer par nos propres forces ; nous sommes
appelés à le permettre, c'est-à-dire à nous rendre disponibles, offerts,
renouvelés, afin que Sa volonté trouve en nous un terrain préparé plutôt qu'un
sol endurci. Car Dieu n'impose pas Sa volonté à des cœurs fermés ; Il la révèle
à des cœurs consacrés.
Trois
mots, trois marches d'un même escalier : le corps offert, l'esprit renouvelé,
la volonté discernée. Nul ne saute la première marche pour atteindre la
troisième. C'est en marchant, jour après jour, sur cet escalier de la
consécration, que l'on parvient enfin à contempler, non plus dans un
brouillard, mais face à face, ce que Dieu attend de nous (1 Corinthiens 13,
12).
✦ ✦ ✦
Bien-aimés,
revenons, pour finir, à cet autel du commencement. Ce n'est plus l'autel du
sang et de la fumée, ce n'est plus l'autel du siècle qui dévore nos vies sans
même nous demander notre consentement. C'est l'autel de la grâce, celui où
Christ Lui-même S'est offert le premier, une fois pour toutes, afin que nous
puissions, à Sa suite, offrir non notre mort mais notre vie (Galates 2, 20).
Aujourd'hui, l'exhortation de Paul résonne encore, aussi actuelle qu'au premier
siècle : que ferons-nous de nos corps ? À quel moule laisserons-nous notre
pensée se conformer ? Et surtout, sommes-nous disposés à laisser Dieu nous
montrer, jour après jour, ce qui est bon, agréable et parfait ?
Que
chacun de nous, en sortant de ce lieu, porte sur son cœur cette résolution
simple et pourtant révolutionnaire : monter, chaque matin, sur l'autel vivant,
non pour y mourir, mais pour y vivre pleinement consacré à Celui qui, le
premier, a donné Sa vie pour nous. Que Son Esprit renouvelle notre
intelligence, qu'Il défasse en nous le moule du siècle, et qu'Il nous conduise,
pas à pas, dans la volonté qui est bonne, agréable et parfaite.
✦ ✦ ✦
Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et
Amen.
samedi 15 août 2026
LA REDDITION INEVITABLE
« Nulle créature n'est cachée devant Lui, mais tout
est à nu et à découvert aux yeux de Celui à qui nous devons rendre compte. »
(Hébreux 4, 13)
✦ ✦ ✦
LA LUMIÈRE PÉNÉTRANTE.
LE REGARD SOUVERAIN.
LA REDDITION INÉVITABLE.
✦ ✦ ✦
Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la
foi,
Imaginez
un homme qui court dans la nuit. Il vient de commettre l'irréparable, et son
cœur bat comme un tambour de guerre. Il se précipite vers la forêt la plus
proche, se glisse entre les arbres touffus, et se roule enfin derrière un
rocher, hors d'haleine. Autour de lui, plus rien ne bouge. Le silence est
total. Il ferme les yeux, persuadé que l'obscurité l'a enfin avalé tout entier,
qu'elle l'a rendu invisible aux yeux du monde entier. Alors Il respire. Il
croit qu'il est en sécurité. Mais il ignore une chose terrible : au-dessus de
cette forêt, au-dessus de ce rocher, au-dessus de cette nuit qu'il croyait
complice, il y a un Œil qui ne dort jamais, un Œil devant lequel les ténèbres
elles-mêmes deviennent lumière.
Ce
fugitif, Frères et sœurs, c'est peut-être vous. C'est peut-être moi. Car depuis
le jardin d'Éden, l'être humain n'a cessé de courir vers des forêts imaginaires
pour échapper au regard de Dieu. Quand Adam et Ève eurent désobéi, que
firent-ils ? Ils se cachèrent parmi les arbres du jardin (Genèse 3, 8). Ils
cousirent des feuilles de figuier, croyant que quelques feuillages suffiraient
à masquer leur honte. Ridicule tentative ! Comme si un tissu végétal pouvait
faire écran devant l'Omniscience ! Et pourtant, Dieu les appela : « Où es-tu ?
» (Genèse 3, 9), non parce qu'Il ignorait leur position, mais parce qu'Il
voulait qu'ils reconnaissent eux-mêmes leur propre nudité spirituelle.
Aujourd'hui,
l'humanité n'a pas changé de stratégie ; elle a seulement changé de feuillage.
On se cache derrière des réussites, des masques sociaux, des sourires de
façade, des silences savamment entretenus. On croit que si personne ne voit,
alors rien ne compte. On croit que le péché commis dans l'obscurité d'une
chambre fermée, dans le secret d'une pensée, dans le repli d'un cœur
verrouillé, échappe au tribunal céleste. Quelle tragique illusion ! Car notre
texte de ce jour, tiré de l'épître aux Hébreux, vient fracasser cette illusion
avec la force d'un tonnerre : « Nulle créature n'est cachée devant Lui, mais
tout est à nu et à découvert aux yeux de Celui à qui nous devons rendre compte
» (Hébreux 4, 13).
Ce
verset ne s'adresse pas à des inconnus lointains ; il s'adresse à vous, à moi,
à chaque âme en fuite. Il nous arrache nos feuilles de figuier une à une. Il
nous somme de sortir de nos forêts. Et pourtant, loin d'être une parole de
terreur pure, ce texte est aussi, nous le verrons, une porte ouverte vers la
grâce, car Celui qui voit tout est aussi Celui qui, par Christ, offre
miséricorde à quiconque cesse de fuir et vient à Lui à découvert. Entrons donc,
cœurs ouverts, dans ces trois vérités qui vont transformer notre manière de
vivre devant la face de Dieu : premièrement, Dieu voit ; deuxièmement, Dieu sait
; troisièmement, Dieu rendra justice.
✦ ✦ ✦
Penchons-nous, tout d'abord, sur cette première vérité
bouleversante : le regard de Dieu pénètre absolument tout, sans exception ni
obstacle.
LA LUMIÈRE PÉNÉTRANTE.
Le verbe
employé par l'auteur de l'épître aux Hébreux est d'une puissance rare : « tout
est à nu et à découvert ». Dans la langue originale, l'image est saisissante ;
elle évoque un animal sacrifié dont on a retourné la peau, exposant chaque
fibre, chaque organe, à la lumière crue de l'autel. Rien n'est dissimulé. Rien
n'est voilé. Ainsi en est-il de notre existence tout entière devant Dieu : nos
pensées les plus intimes, nos intentions les mieux camouflées, nos actes commis
dans le secret le plus absolu, tout est exposé, disséqué, mis à nu devant les
yeux du Seigneur.
Le roi
David, cet homme selon le cœur de Dieu, avait compris cette réalité mieux que
quiconque. Dans un cri de saisissement mêlé d'adoration, il s'exclamait : « Où
irais-je loin de Ton Esprit, et où fuirais-je loin de Ta face ? Si je monte aux
cieux, Tu y es ; si je me couche au séjour des morts, T'y voilà. Si je prends
les ailes de l'aurore, et que j'aille habiter à l'extrémité de la mer, même là
Ta main me conduira, et Ta droite me saisira » (Psaume 139, 7-10). Voilà une
vérité qui devrait faire trembler tout cœur orgueilleux et, en même temps,
consoler tout cœur brisé : il n'existe, nulle part dans l'univers créé, un seul
recoin où l'homme puisse échapper au regard de son Créateur.
Le livre
des Proverbes confirme cette même réalité avec une sobriété saisissante : « Les
yeux de l'Éternel sont en tout lieu, observant les méchants et les bons »
(Proverbes 15, 3). Notez bien : les méchants et les bons. Dieu ne réserve pas
Sa vigilance aux seuls criminels notoires ; Son regard embrasse également les
cœurs les plus pieux, les plus religieux, les plus zélés en apparence. Aucune
assemblée, aucun sanctuaire, aucune prière prononcée du bout des lèvres
n'échappe à cette pénétration divine. Job lui-même, dans l'épreuve,
reconnaissait : « Ses yeux sont attentifs aux voies de l'homme, Il voit tous
ses pas » (Job 34, 21).
Le
philosophe et savant français Blaise Pascal, dans une méditation célèbre sur la
grandeur et la misère de l'homme, écrivait que le silence éternel des espaces
infinis effraie l'esprit humain confronté à sa propre petitesse. Or, si
l'immensité muette du cosmos suffit à provoquer un tel vertige, que dire alors
de la présence d'un Dieu vivant, personnel, dont le regard traverse ces espaces
infinis pour se poser précisément sur nous ? Ce n'est plus le silence qui
devrait nous effrayer, mais la certitude d'être vus, connus, sondés jusqu'au
tréfonds de notre être par Celui qui a créé ces espaces mêmes.
Chers
amis, cette lumière pénétrante n'est pas une invention poétique des
prédicateurs ; elle est une réalité ontologique. Le soleil illumine la surface
des choses ; la lumière de Dieu illumine les substances. Le projecteur humain
éclaire un visage ; le regard divin éclaire une âme. Vous pouvez tromper votre
conjoint, votre patron, votre pasteur, votre propre conscience anesthésiée par
l'habitude du péché — mais vous ne tromperez jamais Celui dont l'œil transperce
les ténèbres comme le soleil de midi transperce une vitre transparente.
✦ ✦ ✦
Ce regard qui pénètre tout n'est cependant pas un
regard superficiel ; il est aussi un regard qui connaît et qui sonde, et c'est
ce que nous allons maintenant contempler.
LE REGARD SOUVERAIN.
Notre
texte ne s'arrête pas à dire que Dieu voit ; il précise que « tout est à
découvert aux yeux de Celui à qui nous devons rendre compte ». Le verset
précédent, au chapitre quatre, verset douze, prépare cette affirmation avec une
force remarquable : « La parole de Dieu est vivante et efficace, plus
tranchante qu'aucune épée à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et
esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur
» (Hébreux 4, 12). Ainsi, le regard de Dieu n'est pas un simple constat visuel
; c'est un scalpel spirituel qui distingue nos motivations les plus enfouies,
nos raisonnements les plus subtils, nos justifications les plus habiles.
Lorsque
le prophète Samuel se rendit chez Isaï pour oindre un nouveau roi, il fut
impressionné par la stature imposante d'Éliab, l'aîné de la famille. Mais
l'Éternel lui dit : « Ne regarde pas son apparence et la hauteur de sa taille,
car Je l'ai rejeté. L'Éternel ne considère pas ce que l'homme considère ;
l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur » (1
Samuel 16, 7). Voilà le regard souverain en action : Dieu ne se laisse jamais
impressionner par nos apparences soigneusement composées. Il descend sous la
surface, là où l'homme lui-même n'ose parfois pas regarder.
Le
prophète Jérémie renchérit avec des mots d'une gravité solennelle : « Le cœur
est tortueux plus que tout, et il est méchant : qui peut le connaître ? Moi,
l'Éternel, Je sonde le cœur, J'éprouve les reins, pour rendre à chacun selon
ses voies, selon le fruit de ses œuvres » (Jérémie 17, 9-10). Ce texte nous
révèle une double vérité troublante : d'une part, l'homme ne connaît même pas
totalement son propre cœur, tant celui-ci est capable de se mentir à lui-même ;
d'autre part, Dieu, Lui, connaît ce cœur mieux que son propriétaire ne le
connaîtra jamais. Il n'existe donc aucune instance d'appel, aucun tribunal
supérieur, aucune contre-expertise possible face au diagnostic divin.
Victor
Hugo, dans l'une de ses réflexions les plus pénétrantes sur la conscience
humaine, évoquait cet œil intérieur, cette présence invisible qui poursuit
l'homme jusque dans les tréfonds de sa fuite la plus désespérée, un œil que ni
la distance, ni l'obscurité, ni la mort elle-même ne parviennent à éteindre.
Cette intuition littéraire, bien qu'elle ne procède pas d'une révélation
biblique, rejoint étrangement la vérité scripturaire : la conscience humaine
elle-même porte l'empreinte d'un regard qui la précède et la dépasse, celui du
Dieu vivant.
Ainsi
donc, Bien-aimés, comprenons ceci avec toute la solennité requise : le regard
de Dieu n'est pas passif, il est actif ; il n'est pas neutre, il est souverain.
Il évalue, Il pèse, Il discerne. Le trône de grâce évoqué quelques versets plus
loin, en Hébreux quatre, seize, n'annule jamais ce regard sondeur — il en est
précisément la réponse miséricordieuse. Mais avant de contempler cette réponse,
il nous faut affronter une troisième vérité, la plus solennelle des trois : ce
regard qui voit et qui sait débouchera nécessairement sur une reddition de
comptes.
✦ ✦ ✦
Venons-en maintenant à cette conséquence ultime et
inévitable que notre texte place devant nos yeux : la reddition de comptes
devant le trône du Dieu Souverain.
LA REDDITION INÉVITABLE.
Le texte
se termine par ces mots redoutables : « aux yeux de Celui à qui nous devons
rendre compte ». Rendre compte. Ces trois mots résonnent comme une cloche
funèbre pour tout homme qui aurait espéré vivre sa vie entière sans jamais
avoir de comptes à rendre à personne. Or, l'apôtre Paul confirme cette réalité
sans détour : « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même »
(Romains 14, 12). Notez le caractère strictement personnel de cette reddition :
nul ne pourra se cacher derrière son conjoint, ses parents, son pasteur, sa
nation ou son époque. Chacun, individuellement, comparaîtra.
Ailleurs,
le même apôtre précise le cadre de ce jugement : « Il nous faut tous
comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien
ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps » (2 Corinthiens 5, 10). Ce
tribunal n'est pas une métaphore vague destinée à effrayer les enfants dans les
écoles du dimanche ; c'est une réalité eschatologique certaine, aussi certaine
que le lever du soleil demain matin. L'Ecclésiaste résume la finalité de toute
existence humaine en une phrase lapidaire : « Car Dieu amènera toute œuvre en
jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Ecclésiaste
12, 14).
Le
philosophe romain Sénèque, dans ses lettres à son disciple Lucilius, rappelait
que nul homme sage ne devrait vivre comme s'il n'était jamais observé, car la
conscience elle-même constitue un témoin permanent qui ne dort ni ne se tait.
Cette sagesse antique, née hors de toute révélation biblique, effleure pourtant
une vérité que l'Écriture proclame avec une clarté bien supérieure : nous
vivons sous un regard, et ce regard aboutira à un jugement. Sénèque pressentait
l'ombre du tribunal ; l'apôtre Paul, lui, en révèle le Juge et la certitude.
Mais,
Frères et sœurs, ne nous arrêtons pas sur ce seuil de terreur, car ce serait
trahir le cœur même de l'Évangile. Le contexte immédiat de notre texte, en
Hébreux quatre, quatorze à seize, ouvre une issue magnifique à cette reddition
de comptes : « Ayant donc un Souverain Sacrificateur éminent qui a traversé les
cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous
professons. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin
d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins
» (Hébreux 4, 14.16). Voilà l'espérance qui transforme cette vérité redoutable
en une invitation pressante : puisque tout est déjà à découvert devant Dieu,
pourquoi continuer à fuir ? Pourquoi épuiser nos forces dans des forêts
illusoires, alors qu'un Sacrificateur compatissant nous tend les bras au sortir
même de notre cachette ?
Le roi
David, après avoir tenté de dissimuler sa faute pendant de longs mois, connut
l'angoisse d'une conscience rongée de l'intérieur : « Mes os dépérissaient,
dans mes gémissements, tout le jour » (Psaume 32, 3). Mais dès qu'il cessa de
fuir et confessa ouvertement son péché, il put écrire : « J'ai fait connaître
mon péché, et je n'ai pas caché mon iniquité ; j'ai dit : Je confesserai mes
transgressions à l'Éternel ! Et Tu as pardonné l'iniquité de mon péché »
(Psaume 32, 5). L'apôtre Jean confirme cette promesse pour chacun de nous : «
Si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour nous les pardonner »
(1 Jean 1, 9). La reddition de comptes, loin d'être uniquement une sentence,
devient ainsi une porte : ceux qui se rendent volontairement, aujourd'hui, dans
la lumière, trouvent grâce ; ceux qui persistent à fuir dans l'ombre
rencontreront, un jour, ce même regard, mais sans intercesseur.
✦ ✦ ✦
- Conclusion -
Bien-aimés,
revenons à notre fugitif du début, tapi derrière son rocher, croyant s'être
soustrait à tout regard. La vérité que nous venons de contempler ensemble
Aujourd'hui pulvérise cette illusion pour chacun de nous : nulle créature n'est
cachée devant Lui, tout est à nu et à découvert aux yeux de Celui à qui nous
devons rendre compte. Dieu voit chaque geste posé dans le secret. Dieu sait
chaque pensée formée avant même qu'elle ne devienne parole. Et Dieu, dans Sa
justice parfaite, exigera un jour la reddition totale de nos comptes.
Mais
cette même vérité, loin de nous écraser, peut devenir aujourd'hui votre plus
grande libération. Car si Dieu voit tout, Il voit aussi votre lassitude de
fuir, votre désir secret de repos, votre soif d'être enfin connu et pourtant
aimé malgré tout ce qui est connu de vous. Cessez de courir vers de nouvelles
forêts. Sortez de derrière le rocher. Venez à découvert devant Celui qui, en
Christ, ne cherche pas à vous condamner mais à vous accueillir. Le même Dieu
dont l'œil transperce les ténèbres est le même Dieu qui a envoyé Son Fils
mourir à la lumière du jour, sur une croix visible de tous, afin que votre
honte cachée soit publiquement effacée.
Que
chacun de nous, en cet instant, dépose devant Lui ce qu'il tentait encore de
dissimuler. Qu'aucun cœur ici présent ne reparte aujourd'hui avec ses feuilles
de figuier encore cousues. Le Souverain Sacrificateur attend, les bras ouverts,
au pied du trône de la grâce. Rendons-lui, dès maintenant, un compte
volontaire, dans la repentance et la foi, afin de recevoir, non la condamnation
que nous méritons, mais la miséricorde qu'Il offre gratuitement à quiconque
cesse de se cacher.
Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.
vendredi 14 août 2026
LA LUMIERE PENETRANTE
« Nulle
créature n'est cachée devant Lui, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de
Celui à qui nous devons rendre compte »
(Hébreux
4, 13).
✦ ✦ ✦
LA LUMIÈRE PÉNÉTRANTE.
LE REGARD SOUVERAIN.
LA REDDITION INÉVITABLE.
✦ ✦ ✦
Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et
sœurs dans la foi,
Il
faisait encore frais dans le jardin lorsque le bruit des pas se fit entendre.
Adam et Ève, tapis derrière l'épaisseur des feuillages, retenaient leur
souffle. Ils avaient cru, un instant, que la feuille de figuier et l'ombre des
arbres suffiraient à les soustraire au regard de Celui qui les avait formés.
Mais une question retentit, une question qui n'a jamais cessé de résonner à
travers les siècles : « Où es-tu ? » (Genèse 3, 9). Ce n'était pas une question
d'ignorance, car Dieu savait parfaitement où se trouvait l'homme. C'était une
question de miséricorde, posée pour que le pécheur sorte lui-même de sa
cachette, mais aussi une question de vérité implacable, car nul buisson, nulle
ombre, nulle feuille ne peut voiler ce qui est nu devant les yeux de Dieu.
Aujourd'hui
encore, combien d'âmes vivent tapies derrière leurs propres feuillages !
Combien d'existences se construisent sur l'illusion tragique d'une double vie,
persuadées que les rideaux tirés, les portes verrouillées et les silences bien
gardés suffiront à dissimuler ce que le cœur abrite. Un homme peut fermer sa
porte à ses voisins, brouiller ses traces devant ses collègues, et se
convaincre, la nuit venue, qu'il a réussi à échapper à tout regard. Mais il
existe un tribunal devant lequel aucun rideau ne tient, aucune porte ne
résiste, aucune ruse ne triomphe : c'est le tribunal de la connaissance
parfaite de Dieu.
C'est
cette vérité vertigineuse que l'auteur de l'épître aux Hébreux dépose devant
nous, comme un scalpel devant une plaie : « Nulle créature n'est cachée devant
Lui, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de Celui à qui nous devons
rendre compte » (Hébreux 4, 13). Ce verset n'est pas une menace gratuite jetée
sur des âmes tremblantes ; il est un appel solennel à cesser de fuir, à cesser
de se cacher, et à venir enfin, à découvert, devant Celui qui, malgré tout ce
qu'Il voit, tend encore la main. Trois vérités vont éclairer notre méditation :
Sa lumière qui pénètre toute obscurité, Son regard qui gouverne toute chose
avec souveraineté, et la reddition de comptes à laquelle nul n'échappera. Que
le Saint-Esprit ouvre nos cœurs à cette Parole redoutable et bienfaisante.
✦ ✦ ✦
Avant d'aborder la
profondeur de ce regard divin, considérons d'abord comment nulle ombre, si
épaisse soit-elle, ne peut échapper à Sa lumière.
LA LUMIÈRE
PÉNÉTRANTE.
-
Aucune ombre ne subsiste devant Sa clarté. -
Le
psalmiste, dans un élan de vertige spirituel, s'écriait : « Où irais-je loin de
Ton Esprit, et où fuirais-je loin de Ta face ? Si je monte aux cieux, Tu y es ;
si je me couche au séjour des morts, T'y voilà. Si je prends les ailes de
l'aurore, et que j'aille habiter à l'extrémité de la mer, là aussi Ta main me
conduira, et Ta droite me saisira » (Psaume 139, 7-10). Il n'existe ni altitude
ni profondeur, ni distance géographique ni éloignement moral, qui puisse
soustraire une âme à la présence de Dieu. L'obscurité elle-même, qui dissimule
tant de choses aux yeux des hommes, n'a aucun pouvoir devant Lui : « Les
ténèbres mêmes ne sont pas obscures pour Toi, la nuit brille comme le jour, et
les ténèbres sont comme la lumière » (Psaume 139, 12).
L'apôtre
Jean rappelle que « la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont
point reçue » (Jean 1, 5). Cette lumière n'est pas seulement celle qui révèle
un chemin ; elle est celle qui expose, qui dévoile, qui met à nu. Le philosophe
Blaise Pascal l'exprimait avec une lucidité saisissante lorsqu'il écrivait
qu'il y a assez de clarté pour éclairer ceux qui cherchent sincèrement, et
assez d'obscurité pour aveugler ceux qui refusent de voir. Cette parole
séculière rejoint étrangement la vérité biblique : ce n'est pas Dieu qui manque
de lumière, c'est l'homme qui, trop souvent, préfère l'ombre à la clarté, «
parce que leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3, 19).
- Il
connaît jusqu'aux pensées les plus secrètes. -
Cette
lumière pénétrante ne s'arrête pas à la surface des actes ; elle traverse
jusqu'aux replis les plus intimes de l'âme. Le même psaume affirme : « Tu sais
quand je m'assieds et quand je me lève, Tu pénètres de loin ma pensée » (Psaume
139, 2). Et l'auteur de l'épître aux Hébreux, juste avant de proclamer que
nulle créature n'est cachée devant Dieu, décrit la Parole divine comme «
vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants,
pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les
sentiments et les pensées du cœur » (Hébreux 4, 12). Il n'est donc nulle pensée
secrète, nul projet caché, nulle intention non-avouée qui échappe à ce regard
qui traverse toute chose comme la lumière traverse le cristal.
Frères
et sœurs, comprenons la portée de cette vérité. Elle n'est pas destinée à nous
écraser de terreur, mais à nous délivrer de l'illusion. Tant que nous croyons
pouvoir dissimuler quelque chose à Dieu, nous vivons dans un mensonge qui nous
éloigne de Lui. Mais lorsque nous acceptons que tout est déjà connu, déjà vu,
déjà mis à nu, alors seulement nous pouvons cesser la course épuisante de la
dissimulation et venir, comme des enfants, à découvert devant notre Père.
✦ ✦ ✦
Après avoir contemplé cette lumière
qui traverse toute obscurité, voyons à présent la nature de ce regard qui ne se
lasse jamais de veiller sur nous.
LE REGARD
SOUVERAIN.
- Un
Dieu qui voit sans jamais se lasser. -
Le
prophète Jérémie transmet cette parole solennelle de l'Éternel : « Quelqu'un se
tiendra-t-il dans un lieu caché, sans que je le voie ? dit l'Éternel. Ne
remplis-je pas, moi, les cieux et la terre ? dit l'Éternel » (Jérémie 23, 24).
Il n'existe aucune retraite, aucun repli, aucune cachette assez secrète pour se
dérober à Celui qui remplit toutes choses. Le sage Salomon confirme cette même
réalité : « Les yeux de l'Éternel sont en tout lieu, observant les méchants et
les bons » (Proverbes 15, 3). Et le second livre des Chroniques ajoute une
nuance précieuse : « Les yeux de l'Éternel parcourent toute la terre, pour
soutenir ceux dont le cœur est tout entier à Lui » (2 Chroniques 16, 9). Ce
regard n'est donc pas une simple surveillance froide ; il est aussi une veille
active, une recherche continuelle de cœurs disponibles à secourir.
Victor
Hugo, dans les pages tourmentées des Misérables, décrit le personnage de Javert
comme un homme rongé de l'intérieur par une conscience qui ne cesse de le
poursuivre, jusqu'à ce que le poids de cette vérité intérieure devienne
insupportable. L'écrivain montrait ainsi, par une fiction séculière, ce que
l'Écriture affirme depuis toujours : nul homme ne peut échapper longtemps au
tribunal intérieur que Dieu Lui-même a placé en chaque conscience. Ce regard
souverain ne connaît ni fatigue, ni distraction, ni sommeil : « Voici, il ne
sommeille ni ne dort, celui qui garde Israël » (Psaume 121, 4).
- Son
regard n'est pas accusateur, mais rédempteur. -
Il
serait toutefois une erreur funeste de réduire ce regard divin à une simple
menace. Souvenons-nous de la femme samaritaine, venue puiser de l'eau à l'heure
où elle espérait n'être vue de personne, fuyant elle-même le jugement des
autres femmes de la ville à cause de son passé douloureux. Jésus, qui
connaissait tout d'elle, ne la condamna pas ; Il lui révéla ce qu'elle avait
vécu, et elle put témoigner avec étonnement : « Venez voir un homme qui m'a dit
tout ce que j'ai fait ; ne serait-ce point le Christ ? » (Jean 4, 29). Ce
regard qui voit tout devint, pour elle, non pas une sentence, mais une porte
ouverte vers la vie.
De
même, la femme surprise en flagrant délit d'adultère, traînée devant Jésus par
des accusateurs qui pensaient détenir la vérité entière, entendit ces paroles
inattendues : « Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus » (Jean
8, 11). Voilà le paradoxe magnifique de l'Évangile : le même œil qui voit toute
chose est aussi celui qui, en Christ, choisit de couvrir la faute par la grâce
plutôt que de l'exposer à la honte publique. Le regard souverain de Dieu n'a
donc pas pour finalité première de nous humilier, mais de nous ramener, à
découvert, dans les bras de Sa miséricorde.
✦ ✦ ✦
Puisque tout est ainsi connu et vu,
il nous faut à présent considérer la responsabilité qui en découle : celle de
rendre compte devant Celui qui voit tout.
LA
REDDITION INÉVITABLE.
-
Chacun rendra compte de ce qu'il aura fait… -
L'apôtre
Paul, s'adressant aux croyants de Rome, écrivait sans détour : « Ainsi chacun
de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (Romains 14, 12). Il précisait
encore, dans sa seconde lettre aux Corinthiens : « Car il nous faut tous
comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien
ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps » (2 Corinthiens 5, 10).
L'Ecclésiaste conclut, avec la sagesse d'un homme qui a tout expérimenté : «
Car Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché,
soit bien, soit mal » (Ecclésiaste 12, 14). Cette reddition de comptes n'est
pas une hypothèse philosophique lointaine ; elle est une certitude aussi ferme
que le verset qui a ouvert notre méditation, ce verset qui unit dans une même
phrase la connaissance parfaite de Dieu et l'obligation pour l'homme de rendre
compte.
Le
philosophe romain Sénèque affirmait que la conscience, à elle seule, vaut plus
que mille témoins, car nul accusateur extérieur n'est aussi implacable que le
témoignage intérieur que chacun porte de ses propres actes. Cette intuition
séculière rejoint la profondeur de la révélation biblique : bien avant le jour
du jugement final, Dieu a déjà inscrit dans le cœur de chaque être humain une
conscience qui témoigne, qui accuse ou qui excuse, comme l'écrit l'apôtre Paul
aux Romains (Romains 2, 15). Nous ne rendrons donc pas seulement compte devant
un Juge extérieur, mais devant un Juge qui connaissait déjà, avant même notre
naissance, chaque pensée que nous formerions.
- La
grâce transforme le compte en communion -
Mais
voici la bonne nouvelle qui transfigure cette vérité redoutable : le même
chapitre qui proclame que nulle créature n'est cachée devant Dieu se poursuit,
quelques versets plus loin, par une invitation extraordinaire : «
Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir
miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins » (Hébreux
4, 16). Celui qui voit tout est aussi Celui qui, en Christ, a porté sur la
croix ce que nos yeux auraient voulu cacher pour toujours. L'apôtre Jean
l'écrit avec une clarté lumineuse : « Si nous confessons nos péchés, Il est
fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute
iniquité » (1 Jean 1, 9).
Ainsi,
la reddition de comptes qui semblait n'être qu'une sentence devient, pour celui
qui vient à la lumière, une porte vers la communion restaurée. Le compte n'est
pas effacé par le silence ou la fuite, mais il est réglé par le sang de Christ,
versé une fois pour toutes. C'est pourquoi l'apôtre Jean ajoute encore : « Si
nous marchons dans la lumière, comme Il est Lui-même dans la lumière, nous
sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus, Son Fils, nous purifie
de tout péché » (1 Jean 1, 7). Ce qui aurait dû nous condamner devient, par la
grâce, ce qui nous unit à Lui.
✦ ✦ ✦
Bien-aimés,
il n'existe plus aucune raison valable de continuer à se cacher. Adam et Ève
ont fui dans les feuillages, mais Dieu les a cherchés le premier, non pour les
détruire, mais pour les vêtir d'une tunique de peau, préfiguration du sacrifice
qui allait un jour couvrir la honte de toute l'humanité. Aujourd'hui, le même
appel résonne pour chacun de nous : cesse de courir, cesse de te cacher
derrière des feuillages qui ne tiennent pas, derrière des excuses qui
s'effondrent, derrière des silences qui te rongent de l'intérieur. Celui qui te
voit déjà tout entier t'appelle à sortir, non pour t'exposer à la honte, mais
pour te revêtir de Sa grâce.
Que
chacun de nous, aujourd'hui, dépose devant Dieu ce qu'il croyait avoir
dissimulé. Que la lumière pénétrante devienne pour nous une amie et non une
ennemie, que le regard souverain devienne notre refuge et non notre terreur, et
que la reddition inévitable se transforme, par la foi en Jésus-Christ, en une
communion éternelle avec Celui à qui nous devons rendre compte. Car Il ne nous
a pas seulement dévoilés ; Il nous a aussi rachetés.
Oh ! Qu'il
en soit ainsi. Amen et Amen.
mercredi 12 août 2026
La Vision Ecrite
«
L'Éternel me répondit, et dit : Écris la vision, et grave-la sur des tables,
afin qu'on la lise couramment. Car c'est une vision qui a son temps, qui marche
vers son terme, et qui ne mentira pas ; si elle tarde, attends-la, car elle
s'accomplira, elle s'accomplira certainement. »
(Habacuc
2, 2-3)
✦ ✦ ✦
LA VISION ÉCRITE.
LE TERME ASSURÉ.
L'ATTENTE COURONNÉE.
✦ ✦ ✦
- Une nuit sans réponse -
Habacuc
était un homme brisé. Autour de lui, la violence rugissait dans les rues de
Juda, l'injustice s'asseyait sur le trône du jugement, et la loi elle-même
semblait paralysée sous le poids du désordre. Le prophète avait crié, il avait
supplié, il avait frappé à la porte du Ciel avec l'énergie du désespoir, et le
silence de Dieu, plus lourd qu'aucune tempête, avait longtemps répondu à ses
larmes. « Jusqu'à quand, Éternel, crierai-je, sans que Tu écoutes ? Jusqu'à
quand crierai-je à Toi, à cause de la violence, sans que Tu sauves ? » (Habacuc
1, 2). Voilà l'homme que nous rencontrons au chapitre deux : non plus un
accusateur amer, mais une sentinelle résolue. Il est monté sur son poste de
garde, il s'est tenu sur la tour, et il a décidé d'attendre, les yeux fixés sur
l'horizon, pour voir ce que Dieu allait lui dire, et ce qu'il répondrait
lui-même à sa plainte (Habacuc 2, 1).
Bien-aimés
en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Aujourd'hui,
cette scène se rejoue dans chaque cœur qui attend une réponse du Ciel sans
qu'elle vienne. Combien d'entre nous sont montés, comme Habacuc, sur leur tour
de garde intérieure, ont scruté un ciel silencieux, et se sont demandé si Dieu
allait un jour parler ? Le prophète reçut une réponse extraordinaire, et cette
réponse contient un secret que chaque génération de croyants doit redécouvrir :
Dieu répond toujours, mais Il répond selon Son propre calendrier, et Il exige
que Sa parole soit fixée, gravée, portée avec la certitude absolue qu'elle ne
mentira jamais. Le texte que nous ouvrons ce jour est bref, mais il porte en
lui trois vérités immenses, capables de transformer une attente désespérée en
une espérance inébranlable : il faut écrire la vision, il faut reconnaître son
terme, et il faut l'attendre avec assurance jusqu'à ce qu'elle se lève.
Avant de comprendre pourquoi Dieu
fait attendre, il faut d'abord saisir pourquoi Il ordonne d'écrire.
LA VISION ÉCRITE.
La
première parole que Dieu adresse à Habacuc n'est pas une consolation, ni même
une explication : c'est un ordre. « Écris la vision. » Avant d'expliquer
pourquoi la violence dure, avant de justifier Son silence, Dieu commande
d'abord un geste très concret : prendre une plume, ou un burin, et fixer la
parole reçue sur une matière durable. Pourquoi cette insistance ? Parce que la
parole simplement prononcée s'évapore avec le souffle qui la porte, tandis que
la parole gravée demeure quand la mémoire vacille, quand le découragement
s'installe, quand le doute revient frapper à la porte du cœur pour la millième
fois. Dieu ne veut pas que la vision reste suspendue dans l'émotion d'un
instant ; Il veut qu'elle devienne une possession stable, consultable, inébranlable,
à laquelle le prophète pourra revenir dans ses heures les plus sombres.
Remarquons
ensuite la précision du verbe employé : « grave-la sur des tables. » Ce mot
rappelle immédiatement les tables de la loi, remises à Moïse sur la montagne,
gravées non par une main humaine hésitante, mais par le doigt même de Dieu
(Exode 24, 12). Ce que Dieu confie à Habacuc n'est donc pas une simple note
personnelle : c'est une parole d'autorité, destinée à durer aussi longtemps que
la pierre elle-même. De la même manière, le Seigneur appellera plus tard
l'apôtre Jean à consigner ce qu'il contemple : « Écris donc les choses que tu
as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver après elles »
(Apocalypse 1, 19). Ce qui vient de Dieu n'est jamais destiné à se perdre dans
l'oubli ; il est destiné à traverser les générations.
Mais
il y a plus encore, et c'est peut-être le détail le plus bouleversant de ce
texte : « afin qu'on la lise couramment. » Certains traducteurs rendent cette
expression par l'image d'un homme qui court et qui peut lire la vision sans
même ralentir le pas. Dieu ne donne pas une vision codée, réservée à une élite
de spécialistes capables de la déchiffrer après de longues années d'étude. Il
donne une vision claire, lisible, transmissible, faite pour être portée par des
messagers pressés, par des coureurs, par des hommes et des femmes en mouvement
vers un monde qui a besoin de l'entendre. La vision de Dieu n'est jamais donnée
pour être enfermée dans un tiroir ; elle est donnée pour être proclamée.
L'écrivain
et aviateur Antoine de Saint-Exupéry affirmait que l'être humain n'a pas à
deviner l'avenir avec angoisse, mais à s'ouvrir à lui avec confiance et
disponibilité. Cette intuition séculière touche, sans le savoir, une vérité
biblique profonde : la vision que Dieu grave dans un cœur n'est pas destinée à
être devinée dans l'inquiétude, mais reçue avec assurance, puis transmise avec
clarté à ceux qui courent encore dans l'obscurité. Frères et sœurs, quelle est
la vision que Dieu a gravée dans votre cœur ? L'avez-vous couchée quelque part,
dans une prière écrite, dans un engagement pris devant Lui, dans une promesse
que vous relisez lorsque le doute assaille votre âme ? Ou bien l'avez-vous
laissée s'évaporer, comme une bonne intention du dimanche que le lundi efface
déjà ? Dieu vous dit Aujourd'hui : grave-la. Fixe-la. Ne la laisse pas
s'effacer sous le poids des circonstances, car ce que tu écris avec Dieu
résiste à ce que les hommes détruisent.
✦ ✦ ✦
Mais écrire la vision ne suffit pas ;
encore faut-il comprendre qu'elle possède une heure fixée par Dieu Lui-même, et
que cette heure ne dépend ni de notre impatience ni de notre calendrier.
LE TERME ASSURÉ.
Après
avoir ordonné d'écrire, Dieu révèle la nature même de la vision : « c'est une
vision qui a son temps, qui marche vers son terme, et qui ne mentira pas. »
Trois affirmations composent ce verset, et chacune combat une peur précise du
cœur humain. La première peur est celle du chaos : nous craignons que les
événements de notre vie ne suivent aucun ordre, qu'ils s'enchaînent au hasard,
sans direction ni dessein. Dieu répond : la vision « a son temps ». Elle n'est
pas jetée dans le vide de l'histoire ; elle est inscrite dans un calendrier que
Dieu Seul détient, un calendrier plus précis que toutes les horloges humaines
réunies.
La
deuxième affirmation combat la peur de l'immobilisme : nous craignons que rien
ne bouge, que notre situation reste figée pour toujours. Dieu répond : la
vision « marche vers son terme ». Ce verbe de mouvement est essentiel. La
promesse n'est pas endormie ; elle avance, elle progresse, elle se rapproche,
même quand nos yeux ne perçoivent aucun changement visible. Comme la graine
enfouie sous la terre, invisible mais vivante, la promesse de Dieu chemine sous
la surface de nos circonstances, jusqu'au jour où elle percera enfin la terre
pour porter du fruit.
La
troisième affirmation combat la peur de la déception : nous craignons d'avoir
cru en vain, d'avoir espéré pour rien. Dieu répond : la vision « ne mentira pas
». Il ne s'agit pas d'une probabilité, ni d'une intention bienveillante que les
circonstances pourraient contredire ; il s'agit d'une certitude absolue, fondée
sur le caractère même de Dieu, car « Dieu n'est point un homme pour mentir »
(Nombres 23, 19). L'Ecclésiaste l'avait déjà proclamé avant Habacuc : « Il y a
un temps pour toute chose, un temps pour toute chose sous les cieux »
(Ecclésiaste 3, 1). Et l'apôtre Paul confirmera ce principe des siècles plus
tard, en écrivant que le Fils vint « lorsque les temps ont été accomplis »
(Galates 4, 4) — non un jour trop tôt, non un jour trop tard, mais exactement
au terme fixé par le Père.
Souvenons-nous
des grandes attentes de l'Écriture. Abraham reçut la promesse d'un fils, et il
attendit un quart de siècle avant de tenir Isaac dans ses bras. Joseph reçut un
songe de grandeur alors qu'il n'était qu'un adolescent, et il traversa la
fosse, l'esclavage puis la prison avant que le terme ne s'accomplisse. Le
peuple d'Israël demeura en Égypte plusieurs générations, quatre cent trente ans
très exactement, avant que l'heure de la délivrance ne sonne enfin. Dans chacun
de ces récits, le terme a semblé lointain, presque irréel, et pourtant il est
arrivé, jour pour jour, à l'instant précis fixé par le Dieu qui ne se trompe
jamais d'horloge.
Le
philosophe Sénèque écrivait que pendant que nous attendons de vivre pleinement,
la vie, elle, continue de s'écouler sans nous attendre. Cette parole séculière,
prononcée hors de toute foi, rejoint pourtant un avertissement solennel pour
nous, croyants : ne laissons pas l'attente devenir une prison qui nous empêche
de vivre, de servir, d'aimer, de bâtir, pendant que Dieu accomplit Son œuvre
invisible. Le terme est assuré ; il n'est pas incertain. Ce qui reste
incertain, c'est notre propre disposition à marcher avec confiance pendant que
la promesse chemine encore sous la surface des jours.
✦ ✦ ✦
Puisque le terme est assuré par Dieu
Lui-même, il ne reste plus qu'une seule posture digne du croyant : attendre,
non dans la résignation, mais dans une assurance qui couronne la patience.
L'ATTENTE COURONNÉE.
Le
verset se referme sur une promesse d'une puissance rare dans l'ensemble des
Écritures : « si elle tarde, attends-la, car elle s'accomplira, elle
s'accomplira certainement. » Remarquons la répétition voulue par Dieu Lui-même
: « elle s'accomplira, elle s'accomplira certainement. » Dans la langue
hébraïque, cette double affirmation constitue la forme la plus forte de
certitude que le texte biblique puisse exprimer. Ce n'est pas une espérance
timide ; c'est un serment redoublé. Dieu ne dit pas seulement « cela arrivera
peut-être », ni même « cela arrivera sans doute » ; Il scelle Sa promesse d'une
double assurance, comme pour clouer définitivement la porte à tout doute
possible.
Mais
observons également l'ordre donné avant cette promesse : « attends-la. »
L'attente biblique n'est jamais une passivité molle, un renoncement déguisé en
patience religieuse. C'est un verbe d'action, une posture de veille active,
comparable à celle du fermier décrit par l'apôtre Jacques : « Prenez patience,
comme le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son
égard, jusqu'à ce qu'il ait reçu les pluies de la première et de
l'arrière-saison » (Jacques 5, 7). Le laboureur n'attend pas les bras croisés :
il continue de labourer, d'arroser, de surveiller son champ, convaincu que la
moisson viendra parce que la promesse de la moisson est inscrite dans l'ordre
même établi par le Créateur.
Le
prophète Ésaïe donne à cette attente sa dimension la plus glorieuse : « Ceux
qui espèrent en l'Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme
les aigles ; ils courent, et ne se lassent point ; ils marchent, et ne se
fatiguent point » (Ésaïe 40, 31). L'attente couronnée n'épuise pas ; elle
fortifie. Elle ne rend pas amer ; elle rend patient et fort à la fois. Et
l'auteur de l'épître aux Hébreux vient confirmer ce même principe, en citant
presque littéralement notre texte de ce jour : « Vous avez besoin de
persévérance, afin que, après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez
ce qui vous est promis. Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir
viendra, et il ne tardera pas » (Hébreux 10, 36-37).
Le
pasteur et défenseur des droits civiques Martin Luther King déclarait que la
foi consiste à poser le premier pas, même lorsque l'on ne voit pas l'escalier
tout entier devant soi. Voilà exactement la posture d'Habacuc sur sa tour de
garde : il ne voit pas encore l'accomplissement complet de la promesse, mais il
pose le premier pas de la confiance, il monte sur son poste, il fixe son
regard, il choisit d'attendre plutôt que de désespérer. Et ce même Habacuc,
quelques versets plus loin, ira jusqu'à proclamer une louange qui demeure l'une
des plus admirables de toute l'Écriture : « Car le figuier ne fleurira pas, la
vigne ne produira rien... Toutefois, je veux me réjouir en l'Éternel, je veux
me réjouir dans le Dieu de mon salut » (Habacuc 3, 17-18). Voilà l'attente
couronnée : une joie qui précède l'accomplissement visible, parce qu'elle
repose sur le caractère de Celui qui a promis.
Bien-aimés,
quelle promesse portez-vous depuis des mois, parfois depuis des années, sans en
voir encore l'accomplissement ? Un enfant prodigue que vous attendez de voir
revenir ? Une guérison que vous attendez de recevoir ? Une porte que vous
attendez de voir s'ouvrir, une famille que vous attendez de voir restaurée, un
appel que vous attendez de voir confirmé ? Le Dieu qui a parlé à Habacuc n'a
pas changé. Sa parole gravée sur les tables de votre cœur n'a pas changé. Le
terme qu'Il a fixé demeure assuré, même si votre calendrier humain ne le
comprend pas encore. Alors montez sur votre tour de garde, fixez votre regard
sur Celui qui ne ment jamais, et attendez, car elle s'accomplira, elle
s'accomplira certainement.
✦ ✦ ✦
Frères
et sœurs, retenons ce triple message que Dieu adresse aujourd'hui à Son Église,
comme Il l'adressa autrefois à Son prophète sur la tour de garde de Juda.
Écrivons la vision que Dieu grave en nous, afin qu'elle demeure claire,
transmissible et inébranlable pour les générations qui courent encore vers
l'avenir. Reconnaissons que cette vision possède un terme assuré, fixé par la
main de Dieu, un terme qui ne saurait mentir ni décevoir ceux qui s'y confient.
Et choisissons, jour après jour, une attente couronnée d'espérance, active,
priante, adoratrice, qui refuse le désespoir et proclame déjà, avant même
l'accomplissement visible, que notre Dieu est fidèle. Car Celui qui a promis
est fidèle, et ce qu'Il a gravé sur les tables de l'éternité, aucune puissance
de la terre ne pourra jamais l'effacer.
Oh !
Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.
mardi 11 août 2026
LA FRATERNITÉ FÉCONDE
Voici,
oh ! qu’il est agréable, qu’il est doux
Pour des
frères de demeurer ensemble !
C’est
comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, Descend sur la barbe, sur la
barbe d’Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements.
C’est
comme la rosée de l’Hermon, Qui descend sur les montagnes de Sion ; Car
c’est là que l’Eternel envoie la bénédiction,
La vie,
pour l’éternité.
(Psaume
133, 1-3)
✦ ✦ ✦
LA
FRATERNITÉ FÉCONDE.
L'HUILE
PRÉCIEUSE.
LA ROSÉE
CÉLESTE.
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Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et
sœurs dans la foi,
Nous ouvrons
ce message par un tableau tragique ; celui du tout premier fratricide de
l'histoire humaine. Deux frères, nés du même sein, pétris de la même chair, se
tenaient un jour dans un champ. L'un portait dans son cœur une jalousie
dévorante ; l'autre ignorait encore que ce jour serait son dernier. Caïn leva
la main contre Abel, son frère, et le tua (Genèse 4, 8). Le sang d'un frère
cria depuis la terre (Genèse 4, 10), et la fraternité, dès son premier
chapitre, fut souillée par la violence.
Depuis
cette scène primordiale, combien de foyers se sont brisés sur l'autel de la
rivalité ? Combien d'églises se sont fissurées, non par la persécution du
dehors, mais par la discorde du dedans ? Combien de familles portent encore,
des décennies plus tard, les cicatrices d'une parole dure, d'un héritage
disputé, d'une blessure jamais pansée ? La fraternité, qui devrait être un
jardin, devient trop souvent un champ de bataille.
Mais
voici qu'au cœur même de cette Écriture qui raconte le premier meurtre
fraternel, résonne aussi un chant d'une tout autre nature. Le psalmiste,
contemplant non la rivalité mais l'unité, s'exclame avec émerveillement : «
Voici, oh ! qu'il est agréable, qu'il est doux, pour des frères de demeurer
ensemble ! » (Psaume 133, 1). Quel contraste, Frères et sœurs ! Là où Caïn a
versé le sang de son frère, David chante la douceur d'une fraternité
réconciliée. Là où la terre a bu le sang d'Abel, l'Éternel fait descendre
l'huile et la rosée sur les frères unis.
Aujourd'hui,
nous allons contempler ce court psaume qui renferme une vérité immense : la
fraternité voulue par Dieu n'est pas seulement agréable, elle est féconde. Elle
porte en elle une bénédiction, une onction, une vie qui descend d'en haut.
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Contemplons d'abord cette fraternité elle-même, don précieux
que le Seigneur appelle à la fois agréable et bon.
LA FRATERNITÉ FÉCONDE.
- Le Bien Et L'Agréable -
Le
psalmiste ouvre son cantique par une double qualification : la fraternité vécue
ensemble est bonne, et elle est agréable (Psaume 133, 1). Ce ne sont pas là
deux synonymes redondants, mais deux dimensions complémentaires. Ce qui est bon,
touche à la morale, à l'utile, à ce qui édifie ; ce qui est agréable touche au
cœur, au ressenti, à la douceur de la relation. Dieu ne se contente pas de
commander la fraternité comme un devoir austère : Il la présente comme une
saveur, un plaisir sanctifié.
Le
philosophe Aristote, réfléchissant sur les liens qui unissent les hommes,
écrivait : « L'amitié est une âme unique habitant deux corps. » Bien avant que
l'Évangile ne soit prêché aux nations, la sagesse humaine pressentait déjà
cette vérité : l'homme n'est pas fait pour l'isolement, mais pour la communion.
Or l'Écriture va plus loin encore que la philosophie : elle ne parle pas
seulement d'affinité naturelle, mais d'une unité surnaturelle, tissée par
l'Esprit de Dieu Lui-même.
L'Église
primitive en offre l'illustration la plus éclatante : les croyants étaient
assidus dans la communion fraternelle, ils avaient tout en commun, et ils
rompaient le pain de maison en maison, avec joie et simplicité de cœur (Actes
2, 44-46). Cette fraternité-là n'était pas une contrainte sociale ; elle était
le fruit visible de l'Esprit répandu à la Pentecôte. Bien-aimés, la fraternité
que Dieu bénit n'est jamais forcée : elle jaillit spontanément d'un cœur
transformé par la grâce.
- L'Unité Qui Rassemble -
Le
texte hébreu insiste : « demeurer ensemble » traduit une unité profonde, une
communion de destin, et non une simple coexistence géographique. On peut vivre
sous le même toit sans jamais « demeurer ensemble » au sens biblique ; on peut,
à l'inverse, être séparés par la distance et pourtant unis dans un même Esprit.
Cicéron,
dans son traité sur l'amitié, confessait : « La vie sans amis est un désert
sans témoins. » L'homme livré à la solitude, même entouré de richesses, dépérit
comme une plante privée d'eau. Combien plus le croyant a-t-il besoin de cette
fraternité que Dieu Lui-même a instituée dès les origines : « Il n'est pas bon
que l'homme soit seul » (Genèse 2, 18).
Jésus,
à la veille de Sa passion, éleva vers le Père une prière d'une intensité
bouleversante : « Que tous soient un, comme Toi, Père, Tu es en Moi, et comme
Je suis en Toi » (Jean 17, 21). L'unité des frères n'est donc pas un simple
idéal moral ; elle est le reflet, sur la terre, de la communion parfaite qui
existe entre le Père et le Fils. Quand des frères demeurent unis, ils
deviennent, malgré eux, un témoignage vivant de la Trinité elle-même.
- La Fraternité Malgré La Différence
-
Mais
ne nous y trompons pas, Frères et sœurs : la fraternité biblique n'exclut
jamais la différence, elle la transcende. Joseph, vendu par ses propres frères,
jeté dans une citerne, réduit en esclavage, aurait eu toutes les raisons de
nourrir une haine légitime. Et pourtant, des années plus tard, retrouvant ceux
qui l'avaient trahi, il pleura sur leur cou et leur dit : « Vous aviez médité
de me faire du mal ; Dieu l'a changé en bien » (Genèse 50, 20).
Voilà
la fécondité de la vraie fraternité : elle ne nie pas la blessure, elle la
transforme en terrain de grâce. Si Joseph, victime d'une trahison si profonde,
a pu ouvrir ses bras à ses frères, quelle excuse reste-t-il à nos rancunes, à
nos silences prolongés, à nos fraternités rompues pour des motifs bien plus
légers ? Que la Fraternité Féconde, celle que Dieu bénit, devienne aujourd'hui
le modèle de nos relations avec ceux que le sang ou la foi nous ont donnés pour
frères.
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Voyons maintenant l'image que le psalmiste choisit pour
décrire cette fraternité : une huile précieuse répandue depuis la tête
jusqu'aux extrémités du vêtement.
L'HUILE PRÉCIEUSE.
- L'Onction Sacerdotale -
Le
psalmiste poursuit son chant par une image saisissante : « C'est comme l'huile
précieuse qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, sur la barbe
d'Aaron, qui descend sur le bord de ses vêtements » (Psaume 133, 2). Cette
huile n'est pas un parfum ordinaire ; c'est l'huile sainte de consécration,
celle-là même que Moïse versa sur la tête d'Aaron pour le sacrer souverain
sacrificateur (Exode 29, 7).
Pourquoi
le psalmiste choisit-il cette image précise pour évoquer la fraternité ? Parce
que l'unité entre frères n'est pas un simple bien-être psychologique ; elle est
une consécration. Là où les frères demeurent unis, Dieu répand sur eux une
onction sacerdotale, les établissant collectivement comme un peuple mis à part
pour Son service. L'apôtre Pierre reprendra cette vérité en l'appliquant à
toute l'Église : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal » (1 Pierre 2,
9).
Observons
encore la trajectoire de cette huile : elle descend de la tête vers la barbe,
puis vers le bord du vêtement. Elle ne reste jamais confinée à un seul point ;
elle se répand, elle ruisselle, elle atteint jusqu'aux extrémités. Ainsi en
est-il de la bénédiction qui accompagne l'unité fraternelle : elle ne profite
jamais à un seul membre, elle irrigue tout le corps.
- Ce Qui Coûte Devient Ce Qui Bénit -
Notons
enfin que cette huile est qualifiée de précieuse. Dans l'Israël antique,
l'huile d'onction n'était pas fabriquée à la légère : sa composition était
prescrite avec précision, réservée exclusivement à un usage sacré, et quiconque
en produisait une imitation profane s'exposait au retranchement de son peuple
(Exode 30, 32-33). Ce qui coule sur les frères unis n'est donc pas une
bénédiction bon marché ; elle a un prix, celui de l'humilité, du pardon, du
renoncement à soi.
Aaron
lui-même, celui sur qui coulait cette huile, n'était pas un homme parfait : il
avait cédé, au pied du Sinaï, à la pression du peuple en façonnant un veau d'or
(Exode 32, 4). Et pourtant, c'est sur sa tête que Dieu choisit de répandre
l'huile sainte. Bien-aimés, la fraternité que Dieu bénit ne réclame pas des
frères sans failles ; elle réclame des frères disposés à recevoir ensemble une
grâce qu'aucun d'eux ne mérite. C'est précisément parce que nous sommes
imparfaits que l'huile de l'unité doit couler abondamment parmi nous, couvrant
nos manquements mutuels comme elle couvrait la barbe d'Aaron.
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Après l'huile qui consacre, contemplons la rosée qui vivifie,
dernière image de ce psaume tourné vers la vie éternelle.
LA ROSÉE CÉLESTE.
- La Rosée De L'Hermon Sur Sion -
Le
psaume s'achève sur une troisième image, plus surprenante encore : « C'est
comme la rosée de l'Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion » (Psaume
133, 3). Or, chacun le sait, l'Hermon et Sion sont séparés par une longue
distance. La rosée abondante qui couvre les pentes fraîches et enneigées de
l'Hermon, au nord, ne saurait naturellement se déposer sur les collines arides
de Sion, loin au sud. Le psalmiste décrit ici un miracle, une impossibilité
géographique transformée en réalité spirituelle.
Ainsi
en est-il, Frères et sœurs, de la fraternité que Dieu produit entre des cœurs
que tout, humainement, aurait dû séparer : des origines différentes, des
tempéraments opposés, des blessures inconciliables. Là où la nature dirait «
impossible », la grâce divine dit : « la rosée descendra quand même ». Le
philosophe Victor Hugo observait avec justesse qu'il y a une réserve de force
dans l'union des cœurs. Cette réserve, l'Écriture nous révèle qu'elle vient
d'en haut, non de nos efforts humains, mais de la rosée que Dieu Lui-même fait
descendre sur ceux qui choisissent de demeurer ensemble.
- La Bénédiction Et La Vie Pour
Toujours -
Le
psaume se referme sur une promesse d'une portée infinie : « Car c'est là que
l'Éternel envoie la bénédiction, la vie, pour l'éternité » (Psaume 133, 3).
Remarquons le lieu précis de cette promesse : « là », c'est-à-dire là où les
frères demeurent ensemble. Dieu ne dit pas qu'Il bénira chaque frère isolément,
dispersé et divisé ; Il dit qu'Il enverra Sa bénédiction là où l'unité est
vécue.
Voilà
pourquoi cette fraternité est féconde : elle n'est pas seulement douce au goût
et précieuse à l'odorat, elle est génératrice de vie. Elle produit un fruit qui
dépasse la simple sympathie humaine ; elle canalise la bénédiction même de
Dieu, une vie qui ne connaît pas de fin. L'apôtre Jean l'affirmera avec la même
conviction : nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que
nous aimons nos frères (1 Jean 3, 14).
Bien-aimés,
si vous cherchez la bénédiction de Dieu sur votre vie, ne la cherchez pas
uniquement dans la solitude de votre chambre haute ; cherchez-la aussi dans la
réconciliation avec ce frère que vous évitez, dans la restauration de cette
fraternité brisée. Car c'est précisément là, dans l'unité retrouvée, que
l'Éternel a promis d'envoyer Sa vie pour toujours.
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- Le Retour Au Jardin -
Bien-aimés,
revenons, en terminant, au tableau tragique par lequel nous avons commencé. Un
champ, deux frères, un sang versé. Depuis Caïn et Abel, l'humanité porte la
cicatrice de la première fraternité brisée. Mais l'Évangile ne nous laisse pas
prisonniers de cette tragédie : il nous introduit dans une fraternité nouvelle,
scellée non plus par la même chair, mais par le même Sang, celui de Christ
versé pour nous tous.
Ce
sang-là, contrairement à celui d'Abel, ne crie pas vengeance depuis la terre ;
il parle mieux que le sang d'Abel (Hébreux 12, 24), il proclame la paix, la
réconciliation, la fraternité retrouvée. En Christ, nous ne sommes plus des
étrangers les uns pour les autres, mais des frères et sœurs, membres d'une même
famille, enfants d'un même Père céleste.
Peut-être,
ce jour, portez-vous encore le poids d'une fraternité rompue — dans votre
famille, dans votre église, dans une amitié ancienne. Sachez que le Dieu qui
fait descendre l'huile sur la tête et la rosée sur les montagnes peut aussi
faire descendre Sa grâce sur les relations que vous croyiez irrémédiablement
perdues. Il ne tient qu'à nous d'ouvrir la porte, comme Joseph l'ouvrit à ses
frères, avec les larmes du pardon plutôt qu'avec les armes de la rancune.
Que la
Fraternité Féconde ne soit plus pour nous une simple parole, mais une réalité
vécue, arrosée par l'huile de l'Esprit et la rosée de la grâce, portant enfin
le fruit de la bénédiction et de la vie pour toujours.
Oh ! Qu'il
en soit ainsi. Amen et Amen.