Jésus-Christ : le seul Sauveur

...ce témoignage, c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. 1 Jean 5:11-13



samedi 6 juin 2026

Le Caractère Divin

« Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme Je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes Mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. »

Jean 13 : 34–35.

« Et par-dessus tout cela, revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. »

Colossiens 3 : 14.

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L'ADORATION AUTHENTIQUE.

LA CHARITÉ TRANSFORMANTE.

LE CARACTÈRE DIVIN.

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Bien-aimés en Jésus-Christ ; Frères et sœurs dans la foi,

 

Il y a dans l'histoire de l'humanité une blessure qui ne cicatrise jamais entièrement — la blessure de l'amour absent. L'enfant qui tend les bras dans le vide, l'époux qui cherche un regard qui ne vient plus, le vieillard qui attend une visite qui n'arrivera jamais : partout, la souffrance la plus profonde n'est pas celle de la chair, mais celle du cœur abandonné, du cœur qui a soif de quelqu'un qui l'aime vraiment, profondément, définitivement. Le philosophe Pascal l'avait vu avec une lucidité bouleversante : en chaque être humain bâille un gouffre de la forme de Dieu, que nulle créature ne peut combler.

C'est dans ce désert d'amour que retentit, comme une source dans un terrain desséché, cet hymne d'une beauté saisissante : « Nous T'adorons, Toi que notre cœur aime, ô Rabboni ! » Ce mot — Rabboni — est l'un des plus tendres du Nouveau Testament. C’est le titre que Marie de Magdala emploie dans le jardin de la résurrection, lorsqu'elle reconnaît le Christ vivant (Jean 20 : 16). Non pas simplement *Rabbi* — Maître — mais Rabboni : mon Maître, mon Seigneur, Celui qui m'appartient et à qui j'appartiens. C'est la langue de l'intime, la langue de l'adoration personnelle.

Ce matin, la Parole de Dieu nous invite à traverser ensemble trois mouvements d'une profondeur insondable, tissés dans le fil d'or de cet hymne. Nous méditerons d'abord sur l'adoration authentique — ce qu'il en coûte vraiment d'aimer Christ. Puis nous plongerons dans la charité transformante — cet amour qui déborde du vertical vers l'horizontal. Et enfin nous contemplerons le caractère divin — cette beauté de Christ que l'Esprit veut imprimer sur chaque visage de Ses enfants. Que l'Esprit-Saint soit notre guide et notre feu.

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Avant de parler de charité et de caractère, il nous faut descendre jusqu'aux fondements : qu'est-ce que signifie adorer Christ en vérité, au-delà des mots et des formes ?

 

PREMIER MOUVEMENT : L'ADORATION AUTHENTIQUE.

 

Adorer, c'est reconnaître la souveraineté d'un Autre sur sa propre vie.

 

« Nous T'adorons, Toi que notre cœur aime. » Cette phrase, si simple en apparence, est en réalité une révolution copernicienne de l'existence. Dans un siècle obsédé par l'affirmation de soi, par la quête frénétique de l'épanouissement personnel, par la divinisation du moi, voici que l'hymne propose exactement l'inverse : T'adorons. Non pas *nous nous adorons nous-mêmes*, non pas *nous cherchons notre propre gloire* — mais Toi. L'accent est mis sur l'Autre, sur le Tout-Autre, sur Celui qui transcende infiniment toute création.

L'adoration biblique n'est pas un sentiment confortable que l'on cultive dans les moments de bonne humeur spirituelle. Elle est un acte délibéré de reddition — la capitulation souveraine de la volonté humaine devant la majesté divine. Le prophète Ésaïe, lorsqu'il voit le Seigneur assis sur Son trône élevé et sublime, ne cherche pas à s'y accrocher ou à négocier une place — il s'écrie : « Malheur à moi ! Car je suis perdu » (Ésaïe 6 : 5). C'est la première réaction de l'âme authentiquement adoratrice : la conscience de sa propre indignité face à la sainteté absolue.

« On ne peut aimer quelqu'un sans vouloir lui ressembler. Aimer Christ, c'est désirer être consumé par Lui. » — Dietrich Bonhoeffer

Et pourtant — quelle grâce infinie — l'hymne ajoute aussitôt : « Toi que notre cœur aime. » Il ne s'agit pas d'une adoration froide, distante, formelle — c'est une adoration qui jaillit de l'amour. C'est la différence entre l'esclave qui s'agenouille devant un tyran et l'enfant qui court se jeter dans les bras de son Père. L'adoration chrétienne n'est pas la prosternation terrifiée d'une créature écrasée — c'est l'abandon joyeux d'un enfant qui a reconnu dans ce Dieu redoutable son Père le plus tendre, son Ami le plus fidèle, son Amant le plus constant.

 

La soif de sainteté : le signe de l'adoration véritable.

 

« Nous avons soif de Ta sainteté même, Maître béni ! » La soif — quelle image bouleversante. Le Psalmiste l'employait déjà avec une intensité presque physique : « Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant » (Psaume 42 : 3). Non pas d'une idée de Dieu, non pas d'une théologie sur Dieu, mais de Dieu Lui-même. Et ici, l'hymne précise l'objet de cette soif : Sa sainteté même. Non pas Sa puissance d'abord, non pas Ses bienfaits matériels, non pas Ses miracles spectaculaires — mais Sa sainteté.

C'est là le signe distinctif de la maturité spirituelle. Le croyant immature court après les dons de Dieu ; le croyant mûr court après le Donateur Lui-même. Les Israélites dans le désert voulaient la manne, la viande, l'eau — Moïse, lui, supplie : « Montre-moi Ta gloire » (Exode 33 : 18). David, au cœur de sa détresse, ne demande pas d'abord la délivrance — il demande : « Une chose ai-je demandée à l'Éternel — c'est là ce que je recherche : habiter dans la maison de l'Éternel tous les jours de ma vie, pour contempler la beauté de l'Éternel » (Psaume 27 : 4).

Avoir soif de la sainteté de Dieu, c'est désirer être transformé à Son image. C'est ne plus se satisfaire de la médiocrité spirituelle, du christianisme tiède, de la foi de façade. C'est entrer dans cet espace de brûlure où l'Esprit-Saint travaille les profondeurs de l'âme, où les idoles tombent les unes après les autres, où le cœur se dilate pour contenir davantage de Dieu. « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés » (Matthieu 5 : 6) — mais le rassasiement divin est paradoxal : plus on reçoit, plus la soif s'approfondit, car l'âme découvre qu'elle est faite pour une infinité que seul l'Infini peut combler.

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De l'adoration authentique découle nécessairement une transformation du rapport à autrui — car on ne peut aimer vraiment le Dieu invisible tout en fermant son cœur au frère que l'on voit.

 

DEUXIÈME MOUVEMENT : LA CHARITÉ TRANSFORMANTE.

 

Verse en nos cœurs Ta charité — la prière qui change tout.

 

Le refrain de cet hymne est une prière d'une densité théologique remarquable : « Verse en nos cœurs, ô Christ, Ta charité ! » Le verbe verser mérite toute notre attention. On ne verse pas une goutte — on verse un torrent. On ne verse pas une mesure calculée — on verse avec abandon. Et le mot charité — du latin *caritas*, traduction de l'agapè grec — désigne non pas un sentiment humain, mais l'amour divin lui-même, l'amour qui se donne sans calcul, qui aime sans retour attendu, qui bénit ceux qui le maudissent et prie pour ceux qui le persécutent.

L'apôtre Paul, dans ce qu'il est convenu d'appeler le *cantique de l'amour*, décrit cet amour avec une précision qui coupe le souffle : « La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n'est point envieuse ; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité » (1 Corinthiens 13 : 4–6). Lisez attentivement cette liste : chaque verbe est une condamnation de nos réflexes naturels. La charité n'est pas un perfectionnement de l'amour humain — c'est une rupture avec lui. Elle ne vient pas d'en bas ; elle doit être versée d'en haut.

« L'amour véritable n'est pas une émotion que l'on ressent, c'est une décision que l'on prend chaque matin en se levant. » — C.S. Lewis

Voilà pourquoi la prière est au cœur de cette strophe. « Verse en nos cœurs » — c'est l'aveu de notre impuissance. Nous ne pouvons pas fabriquer la charité divine par nos propres efforts moraux. Toute tentative de produire cet amour par la discipline seule finit dans l'hypocrisie ou l'épuisement. Mais ce que nous ne pouvons pas produire, nous pouvons le recevoir — car l'Esprit-Saint a été répandu en nos cœurs (Romains 5 : 5), et Il est la source inépuisable de cette charité que nous réclamons.

 

L'amour qui cherche les perdus — la charité en action.

 

« Oh ! donne-nous Ton amour inlassable pour les perdus ! Cet amour vrai qui cherche le coupable loin de Jésus. » Ces vers de la troisième strophe portent en eux toute la théologie missionnaire du Nouveau Testament. L'amour chrétien authentique n'est pas un amour contemplatif qui se replie sur lui-même dans la jouissance de la communion fraternelle — il est un amour centrifuge, un amour qui part vers les marges, vers les perdus, vers ceux que la société religieuse a tendance à exclure.

Jésus a scandalisé Son époque précisément par cet amour inlassable pour les coupables. Il mangea chez les publicains, Il toucha les lépreux, Il parla à la Samaritaine, Il reçut la femme adultère et lui dit ces mots qui brisent toutes les catégorisations humaines : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et ne pèche plus » (Jean 8 : 11). C'est le même Christ qui, dans l'hymne, nous demande de Lui emprunter cet amour — car nous ne l'avons pas par nature. Notre penchant naturel est de chercher les méritants, d'aimer ceux qui nous aiment, de favoriser ceux qui nous ressemblent.

La parabole du fils prodigue est l'icône de cet amour qui cherche. Le père de la parabole ne reste pas dans sa maison à attendre que son fils revienne, la tête basse et les pieds traînants — il voit son fils de loin, il court à sa rencontre, il l'embrasse avant même qu'il ait fini sa confession (Luc 15 : 20). C'est le mouvement de Dieu vers le pécheur — et c'est le mouvement que l'Esprit veut reproduire en nous. Non pas l'attente condescendante, mais la course vers celui qui se perd.

 

La beauté du témoignage collectif.

 

La quatrième strophe atteint des sommets ecclésiologiques : « Qu'en nous voyant, oublieux de nous-mêmes, tous pour chacun, le monde ému dise : 'Oh ! combien ils s'aiment ! Ils sont tous un !' » Ces mots font écho à la prière sacerdotale de Jésus en Jean 17 : « Que tous soient un, afin que le monde croie que Tu M'as envoyé » (Jean 17 : 21). L'unité de l'Église n'est pas un objectif organisationnel ou une stratégie ecclésiale — elle est la principale apologétique du christianisme.

Tertullien rapporte que les païens de l'Empire romain, observant les premiers chrétiens, s'exclamaient : *Voyez comme ils s'aiment ! * C'était l'argument irrésistible, la démonstration que nulle philosophie ne pouvait égaler. Des Juifs et des Grecs, des esclaves et des hommes libres, des Barbares et des Romains — tous assis à la même table, tous lavant les pieds les uns des autres, tous partageant leurs biens. Ce spectacle déroutait le monde antique, parce qu'il était radicalement inexplicable par les seules forces humaines.

« Quand les chrétiens s'aiment vraiment, ils font au monde une démonstration que la philosophie n'a jamais pu accomplir. » — John Wesley

« Oublieux de nous-mêmes » — voilà la clé. L'unité fraternelle authentique n'est possible que là où l'ego a été crucifié. Tant que nous cherchons notre propre gloire, notre propre confort, notre propre reconnaissance, nous divisons. Mais quand Christ est tout en tous, quand Son amour est versé en nos cœurs et déborde vers nos frères, alors apparaît ce miracle que le monde ne peut ni produire ni expliquer : des êtres humains qui vivent comme un seul corps.

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Mais la charité, aussi belle soit-elle dans ses manifestations extérieures, ne peut durer que si elle est nourrie à la source : le caractère même de Christ imprimé sur ceux qui L'adorent.

 

TROISIÈME MOUVEMENT : LE CARACTÈRE DIVIN.

 

Christ, le modèle incomparable.

 

« Parfait modèle, incomparable Maître, bénis-nous tous ! Comme Tu fus, nous voulons toujours être, humbles et doux ! » Ces vers de la deuxième strophe articulent ce que Paul exprime dans Philippiens 2 : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ » (Philippiens 2 : 5). Non pas *imitez* Christ de l'extérieur, non pas *copiez* Ses comportements comme on copie un modèle — mais ayez en vous Ses sentiments, Ses attitudes, Sa manière d'être au monde. C'est une transformation intérieure qui produit une ressemblance extérieure, et non l'inverse.

Humbles et doux. Deux mots qui résument le paradoxe christologique. Jésus est le Fils éternel de Dieu — Il a tout pouvoir au ciel et sur la terre — et pourtant, Il dit de Lui-même : « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11 : 29). Cette humilité n'est pas la fausse modestie de celui qui minimise ses capacités — c'est la grandeur qui choisit de se pencher, la force qui choisit de servir. Paul la décrit avec une précision qui brise les idoles : Jésus « s'est anéanti Lui-même, en prenant une forme de serviteur » (Philippiens 2 : 7).

Voilà le modèle. Voilà l'incomparable. Nulle figure de l'histoire humaine — ni Socrate, ni Bouddha, ni Confucius — n'a combiné en une seule personne cette perfection d'amour, d'humilité, de sagesse et de puissance. Jésus ne se contente pas d'enseigner l'humilité — Il est l'humilité faite chair. Il ne prescrit pas le service — Il prend la bassine et lave les pieds de Ses disciples. Il n'encourage pas l'amour des ennemis — Il prie pour Ses bourreaux depuis la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23 : 34).

 

L'impression du caractère divin sur l'argile humaine.

 

« Ouvre le ciel, réponds à la prière que nous T'offrons ! Imprime enfin Ton divin caractère sur tous nos fronts ! » Ce verbe — imprimer — est riche de sens. Il évoque le sceau que l'on applique sur la cire chaude, la marque indélébile que l'artisan laisse sur son ouvrage. C'est l'image que Paul utilise pour décrire l'œuvre de l'Esprit : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit » (2 Corinthiens 3 : 18).

Remarquez la progression : de gloire en gloire. La sanctification n'est pas un événement ponctuel — c'est un processus, un mouvement continu, une transformation graduelle qui s'approfondit à mesure que nous contemplons Christ. C'est le principe de l'imago Dei en restauration : l'image de Dieu en nous, brisée par la chute, est progressivement restaurée par l'Esprit-Saint, pour que nous devenions conformes à l'image de Son Fils (Romains 8 : 29).

« Et mets sur nous Ta sublime beauté. » La beauté de Christ n'est pas une beauté esthétique — c'est une beauté morale et spirituelle d'une puissance extraordinaire. C'est la beauté de quelqu'un qui aime vraiment, qui pardonne réellement, qui sert humblement, qui reste fidèle jusqu'au bout. Cette beauté-là, quand elle commence à transparaître sur le visage d'un croyant, est l'argument le plus puissant de l'Évangile. Elle ne se démontre pas — elle se voit. Elle ne se prouve pas — elle se ressent. Et quand le monde la rencontre dans une vie consacrée à Christ, il est désarmé.

 

Rien ne surpasse Sa charité — la confession finale.

 

Le refrain final de l'hymne prend une profondeur nouvelle à la lumière de tout ce que nous avons traversé : « Rien ne surpasse, ô Christ, Ta charité, rien, ici-bas, n'égale Ta beauté ! » C'est la confession d'une âme qui a regardé le monde en face — avec ses promesses et ses déceptions, ses splendeurs et ses misères — et qui revient au seul Être dont l'amour ne déçoit jamais.

L'humanité a tenté de produire ses propres charités : les idéologies du progrès, les utopies fraternelles, les révolutions de l'amour universel. Et toutes ont, à des degrés divers, sombré dans la violence, la désillusion ou la médiocrité — parce qu'elles tentaient de produire les fruits de l'Évangile sans la racine de l'Évangile. Mais la charité de Christ, elle, a traversé vingt siècles sans se ternir. Partout où Son Esprit a soufflé, des hommes et des femmes ordinaires ont accompli des choses extraordinaires : ils ont aimé leurs ennemis, soigné les mourants abandonnés, libéré les esclaves, relevé les brisés.

« Rien n'égale Ta beauté. » Jean, dans sa vieillesse, après des décennies de vie avec Christ et pour Christ, réduit toute sa théologie à une seule phrase : « Dieu est amour » (1 Jean 4 : 8). Pas *Dieu a de l'amour* — pas *Dieu exprime de l'amour* — mais Dieu est amour. L'amour est la définition même de Son être. Et quand nous disons que rien n'égale Sa beauté, nous disons en réalité ceci : rien n'égale l'amour, car l'amour est la beauté absolue, la réalité ultime, le fondement de toutes choses.

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Bien-aimés, nous avons cheminé aujourd'hui au cœur d'un hymne qui est en réalité un programme de vie. Nous avons vu que l'adoration authentique n'est pas une posture religieuse mais un abandon total de soi à Celui que notre cœur aime — cet abandon qui engendre une soif ardente de Sa sainteté même. Nous avons plongé dans la charité transformante — cet amour divin qui doit être versé d'en haut, qui cherche le coupable loin de Jésus, qui crée une communauté dont l'unité est le plus puissant témoignage au monde. Et nous avons contemplé le caractère divin — cette beauté de Christ que l'Esprit veut imprimer sur nos fronts, de gloire en gloire, jusqu'au jour de la pleine ressemblance.

La question qui nous presse ce matin n'est pas théorique. Elle est brûlante, personnelle, urgente : pouvez-vous dire, du fond de votre cœur, « Nous T'adorons, Toi que notre cœur aime » ? Non pas comme une formule liturgique, non pas comme un réflexe de tradition, mais comme le cri le plus vrai de votre âme ? Y a-t-il en vous cette soif de Sa sainteté qui ne se satisfait d'aucune médiocrité spirituelle ? Y a-t-il en vous cet amour inlassable pour les perdus qui vous pousse vers ceux que les autres évitent ?

Si la réponse est hésitante — si vous sentez que votre cœur est froid, que la charité s'est desséchée, que la beauté de Christ vous semble lointaine — alors la prière du refrain est pour vous, maintenant, en ce moment précis : « Verse en nos cœurs, ô Christ, Ta charité ! Et mets sur nous Ta sublime beauté. » Priez cette prière avec sincérité, avec désespoir même — car les désespérés spirituels sont ceux que Dieu comble. « Il a rassasié l'âme altérée, et il a rempli de biens l'âme qui avait faim » (Psaume 107 : 9).

Et à vous qui brûlez déjà, qui marchez dans la charité et dans l'adoration — persévérez. Continuez à lever les yeux vers Celui dont la beauté est incomparable. Continuez à courir vers les perdus avec cet amour que vous n'avez pas fabriqué mais reçu. Continuez à prier que Son caractère soit imprimé de plus en plus profondément sur votre vie — car le monde a désespérément besoin de voir des visages sur lesquels brille la beauté de Jésus-Christ. Et cette beauté-là, contrairement à toutes les beautés périssables du monde, ne se flétrit jamais.

 

Rien ne surpasse, ô Christ, Ta charité —

Rien, ici-bas, n'égale Ta beauté !

O Rabboni ! Maître béni,

Imprime sur nous Ton divin caractère,

Pour les siècles et pour l'éternité.

 

Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.

vendredi 5 juin 2026

L'ATTENTE ARDENTE

« Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez aussi en Moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de Mon Père. Je vais vous préparer une place ; et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec Moi, afin que là où Je suis, vous y soyez aussi. »

Jean 14 : 1–3

« Mais notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de Sa gloire. »

Philippiens 3 : 20–21

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LA PROMESSE INÉBRANLABLE.

L'ATTENTE ARDENTE.

LE RETOUR GLORIEUX.

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« Je suis chez moi. »

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Bien-aimés en Jésus-Christ ; Frères et sœurs dans la foi,

 Il est des nuits où l'âme humaine tremble sous le poids de l'existence. Il est des heures grises où l'homme, perdu dans le labyrinthe de sa souffrance, lève ses yeux vers un ciel qui semble muet, vers un horizon qui refuse de s'illuminer. La fatigue s'installe comme une pierre sur la poitrine, les larmes ont séché sur des visages creusés par la douleur, et le cœur — ce cœur qui battait autrefois avec une ferveur de flamme — se demande si la promesse tient encore, si la Parole demeure vraie, si la maison du Père est réellement ouverte.

C'est précisément dans ce désert existentiel que retentit, comme une trompette dans la nuit, cet hymne bouleversant : « Je suis chez moi. » Trois petits mots qui résument l'eschatologie la plus profonde de la foi chrétienne. Non pas une illusion consolatrice, non pas un opium pour les âmes blessées, mais la déclaration triomphale d'une vérité éternelle : l'enfant de Dieu possède une demeure qui ne lui sera jamais arrachée.

Ce matin, la Parole de Dieu nous convoque autour de cette réalité sublime. Nous allons traverser ensemble trois mouvements que l'Esprit a tissés dans cet hymne sacré : d'abord, la promesse inébranlable que Jésus a faite à Ses enfants ; ensuite, l'attente ardente de celui qui vit dans cette espérance ; et enfin, le retour glorieux qui transformera l'attente en éternelle demeure. Que l'Esprit-Saint ouvre nos oreilles et embrase nos cœurs.

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Avant d'explorer l'ardeur de notre attente, il nous faut d'abord ancrer notre âme dans la promesse qui fonde tout espoir véritable.

 PREMIER MOUVEMENT : LA PROMESSE INÉBRANLABLE.

 Une parole qui traverse le temps sans se briser.

 « Je lève les yeux vers les cieux, et je souris dans l'espérance ; je me souviens de la promesse que Jésus fit à Ses enfants. » Ces vers de l'hymne nous renvoient immédiatement au soir le plus solennel de l'histoire : la nuit du jeudi saint, à quelques heures de la croix, alors que Jésus réunit Ses disciples pour la dernière Cène. Dans ce contexte de déchirure imminente, Il prononce ces mots qui ont traversé vingt siècles sans perdre un gramme de leur poids : « Je vais vous préparer une place. »

Comprenez la beauté de cette promesse. Ce n'est pas la promesse d'un homme qui espère tenir parole. C'est la parole du Fils de Dieu — du Logos éternel, de Celui par qui toutes choses ont été faites — qui engage Son autorité divine dans une promesse faite à des êtres de chair et de poussière. Quand Dieu promet, les étoiles tremblent, les nations se lèvent et s'assoient, mais Sa Parole demeure. Le prophète Ésaïe l'avait déjà proclamé : « L'herbe sèche, la fleur tombe ; mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement » (Ésaïe 40 : 8).

« La promesse est la seule monnaie qui ne se dévalue pas, parce qu'elle est garantie par Celui qui est la Vérité même. » — François Mauriac.

Il est remarquable que Jésus ne dise pas simplement « il y a de la place pour vous ». Il dit : « Je vais vous préparer une place. » Il y a dans ce verbe — préparer — une intention active, une volonté délibérée, une attention personnalisée. Le Fils de Dieu est occupé, en ce moment même, à aménager pour chacun de Ses rachetés une demeure qui correspond à leur âme, qui porte leur nom, qui répond à leur soif la plus profonde. Quelle grâce insondable !

 Une promesse reçue par la foi, non par la vue.

             Mais voici le défi : cette demeure, nous ne la voyons pas encore. Nous vivons dans le régime de la foi, non de la vue. Et c'est précisément là que la promesse devient un combat. Dans les nuits d'insomnie, dans les salles d'hôpital, dans les fosses de la dépression ou du deuil, la promesse semble parfois s'éloigner comme un mirage. L'ennemi souffle à l'oreille : « Dieu t'a-t-Il vraiment dit ? » Ce doute est aussi vieux que le jardin d'Éden.

Mais la réponse du croyant n'est pas une démonstration philosophique — c'est une confiance enracinée dans le caractère immuable de Dieu. Abraham « espéra contre toute espérance » (Romains 4 : 18), tenant ferme à la promesse alors que son corps était déjà comme mort et que Sara était stérile. Ce n'est pas la force de sa foi qui valait quelque chose — c'est l'objet de sa foi : un Dieu qui ressuscite les morts et qui appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient.

« La foi n'est pas la certitude de voir, c'est la certitude de Celui que l'on ne voit pas encore. » — Blaise Pascal.

L'hymne dit : « Je me souviens de la promesse. » Voilà la discipline de l'âme en attente : se souvenir. Non pas d'un vague sentiment religieux, non pas d'une émotion de camp de jeunesse, mais d'une Parole précise, datée, signée dans le sang du Calvaire. Jésus n'a pas seulement fait une promesse — Il a payé le prix pour que cette promesse soit accessible. La croix est le sceau d'or sur le contrat divin.

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De la promesse inébranlable jaillit naturellement une attente qui embrase l'âme et transforme chaque jour en un pèlerinage vers la Maison du Père.

 DEUXIÈME MOUVEMENT : L'ATTENTE ARDENTE.

 Un cœur qui déborde d'allégresse anticipée.

         « Un jour je verrai Son visage, mon cœur déborde d'allégresse. » Quelle expression saisissante ! Le cœur qui déborde — non pas qui suinte, non pas qui filtre timidement — mais qui déborde, comme un fleuve gonflé par les pluies d'été qui sort de ses rives et inonde les plaines alentour. L'allégresse chrétienne n'est pas une politesse, elle n'est pas un sourire de façade — c'est un débordement intérieur qui ne peut plus être contenu.

L'apôtre Pierre décrit ceux qui aiment Christ sans L'avoir vu : « vous vous réjouissez d'une joie ineffable et glorieuse » (1 Pierre 1 : 8). Ineffable — c'est-à-dire que les mots humains ne suffisent pas à la contenir. Glorieuse — c'est-à-dire qu'elle participe déjà de la gloire céleste. Cette joie n'est pas produite par les circonstances favorables ; elle est produite par l'Esprit-Saint qui nous a été donné en arrhes, en garantie de notre héritage céleste (Éphésiens 1 : 14).

Il y a dans l'attente chrétienne quelque chose de paradoxal et de magnifique : nous attendons ce que nous possédons déjà en germe. Nous attendons la plénitude de ce dont nous avons les prémices. Comme le semeur qui voit déjà dans la graine la récolte qui vient, le croyant voit déjà dans les effusions de l'Esprit les rivières de gloire qui couleront dans l'éternité. C'est une attente joyeuse, une attente active, une attente qui chante. 

L'urgence de courir, non de traîner.

     L'hymne déclare avec une intensité remarquable : « Je ne marcherai pas vers Toi, je n'hésiterai pas un instant ; je courrai vers Toi, Jésus-Christ, le Rédempteur de tout mon être. » Il y a dans cette déclaration une théologie de l'élan, une spiritualité du mouvement. Le chrétien n'est pas un être statique qui attend passivement l'heure de sa mort — il est un coureur qui s'élance.

« Nous aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, les yeux fixés sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi. » Hébreux 12 : 1–2.

Courir avec persévérance. Ces deux mots résument la vie chrétienne. Courir — il y a la passion, l'élan, le désir ardent d'atteindre l'objectif. Avec persévérance — il y a la durée, la constance, le refus de céder à la fatigue. L'Écriture ne nous promet pas un chemin sans obstacles, mais elle nous promet que Celui qui a commencé en nous une bonne œuvre la poursuivra jusqu'à son accomplissement (Philippiens 1 : 6).

« Toute grande chose dans la vie est faite par des hommes qui ne savaient pas que la chose était impossible, et qui ont couru quand d'autres marchaient. » — Victor Hugo.

Quel jour glorieux ce sera, dit l'hymne, quand nos yeux Le contempleront ! La vision de Dieu — ce que les théologiens appellent la visio Dei — est la récompense suprême, le sommet de toute existence créée. Jean l'Évangéliste l'exprime avec une sobriété bouleversante : « Nous Le verrons tel qu'Il est » (1 Jean 3 : 2). Non plus en miroir, de manière obscure — mais face à face, pleinement, dans la clarté éblouissante de Sa gloire. Ce jour-là, toute question trouvera sa réponse, toute larme trouvera son sens, toute douleur trouvera sa justification dans la lumière de la présence divine.

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Mais l'espérance chrétienne n'est pas seulement un rêve individuel : elle est un retour glorieux, une transformation radicale, une demeure éternelle pour tous les rachetés du Seigneur. 

TROISIÈME MOUVEMENT : LE RETOUR GLORIEUX. 

La fin de tout ce qui blesse. 

« Plus de tristesse ni de pleurs, plus de douleur ni de souffrance ; tous les fardeaux seront laissés aux portes de l'éternité. » Ces vers de l'hymne font écho au texte le plus consolant de l'Apocalypse, ce livre souvent mal compris qui est en réalité une lettre d'amour adressée à des croyants persécutés : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu » (Apocalypse 21 : 4).

Entendez bien la radicalité de cette promesse. Il n'est pas dit que Dieu diminuera la souffrance, qu'Il la rendra supportable, qu'Il la compensera par quelques bonheurs supplémentaires. Il est dit qu'elle disparaîtra. Qu'elle sera abolie. Que les premières choses — tout ce qui appartient à l'ordre brisé de ce monde tombé — auront disparu. Le cancer, la trahison, le deuil, la honte, la solitude, la dépression — tout cela sera englouti dans la victoire de l'Agneau.

L'hymne ajoute cette image bouleversante : « Les cicatrices de ce monde s'effaceront dans Ta présence. » Il y a là une vérité théologique profonde. Nos cicatrices ne sont pas ignorées par Dieu — elles sont connues de Lui, comptées par Lui, pleurées par Lui. Mais dans Sa présence, elles seront transfigurées. Jésus Lui-même a gardé Ses cicatrices après la résurrection — non comme marques de défaite, mais comme signes de victoire. Dans la gloire éternelle, nos souffrances passées deviendront des titres de noblesse spirituelle, des témoignages vivants de la fidélité de Dieu. 

La couronne déposée, la gloire partagée. 

L'hymne culmine dans une image liturgique d'une beauté saisissante : « À Tes pieds, Seigneur de gloire, je déposerai ma couronne. » Cette image nous renvoie aux vingt-quatre anciens de l'Apocalypse qui, devant le trône de l'Agneau, « se prosternèrent devant Celui qui est assis sur le trône, et ils adorèrent Celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jetèrent leurs couronnes devant le trône » (Apocalypse 4 : 10).

Quelle leçon de théologie dans ce geste ! Les anciens portent des couronnes — signe de dignité, d'autorité, de victoire. Ils ont lutté, ils ont vaincu, ils ont reçu la récompense. Mais au moment où ils se retrouvent devant le trône divin, la seule réponse juste est de déposer ce qui leur appartient, de reconnaître que tout ce qu'ils sont et tout ce qu'ils ont vient de Lui, pour Lui et par Lui. Telle est l'adoration pure : non pas négation de soi, mais offrande totale de ce que Dieu Lui-même nous a donné.

« Avec les anges je chanterai : 'Saint, saint, saint est l'Éternel !' » Le chant du Trisagion — le cri triple de la sainteté divine — retentit dans l'Écriture depuis Ésaïe 6 jusqu'à l'Apocalypse. C'est le cantique de l'éternité, le chant qui ne s'arrêtera jamais, la louange qui fera vibrer les colonnes de la Jérusalem céleste pour les siècles des siècles. Et nous — nous, pécheurs rachetés par la grâce, nous qui n'avions aucun titre à entrer dans la présence de Dieu — nous chanterons ce cantique avec les séraphins et les archanges. 

Enfin chez soi, pour toujours. 

Le final de l'hymne atteint des sommets d'émotion théologique : « Enfin chez moi, pour toujours, dans les bras de mon Sauveur ; enfin libre pour l'éternité, là où mon cœur voulait demeurer. » Ce mot — enfin — porte en lui tout le poids de l'attente humaine. Enfin, après les combats ; enfin, après les doutes ; enfin, après les larmes de la nuit — voici que vient la joie du matin, la joie qui ne passera plus jamais.

L'Écriture nous enseigne que nous sommes ici-bas des étrangers et des voyageurs (Hébreux 11 : 13). Le mot grec employé est *parepidemos* — celui qui réside temporairement dans un pays qui n'est pas le sien. La foi des patriarches, de Abraham à Moïse en passant par tous les héros de la foi, était cette certitude qu'ils cherchaient une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste (Hébreux 11 : 16). Cette tension entre la réalité présente et la patrie future n'est pas une fuite — c'est une orientation. Elle ne nous pousse pas à mépriser la vie d'ici-bas, mais à l'habiter avec une sagesse d'éternité.

Jésus nous attend. L'hymne le proclame avec une clarté éblouissante : « Au-delà de l'éclat céleste, je verrai mon Sauveur m'attendre. » Il m'attend. Non pas un juge impassible sur Son trône, non pas un comptable des fautes, mais le Berger qui a laissé les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour courir après celle qui était perdue, le Père qui voit Son fils de loin et qui court à sa rencontre. Ce Jésus-là — tendre, fidèle, brûlant d'amour — est Celui qui nous attend de l'autre côté du voile.

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Bien-aimés, nous avons traversé aujourd'hui les trois collines de cet hymne sublime. Nous avons contemplé la promesse inébranlable que Jésus a faite à Ses enfants — une parole fondée non sur nos mérites mais sur Son caractère immuable. Nous avons brûlé dans le feu de l'attente ardente — cette joie anticipée, ce désir de courir vers Lui, cette vision bienheureuse qui transforme chaque journée en pèlerinage. Et nous avons entrevu le retour glorieux — la fin de toute larme, la dépose de nos couronnes, l'éternel Trisagion dans la présence de l'Agneau.

Il est peut-être, dans cette salle ce matin, des âmes qui ne peuvent pas dire encore : « Je suis chez moi. » Des cœurs qui errent, qui cherchent, qui sont fatigués de leur propre absence de sens. À vous, le message est le même qu'au fils prodigue au fond de sa misère : le Père vous attend. La porte de Sa maison est ouverte. Il a payé le prix — le prix inestimable de Son propre Fils — pour que vous puissiez un jour traverser ce seuil et entendre Sa voix dire : « Entre dans la joie de ton Seigneur. »

Et à vous, frères et sœurs qui marchez déjà dans la foi, à vous qui portez vos cicatrices et vos fardeaux avec vaillance — tenez bon. Le temps s'effacera soudain. Comme dit l'hymne, ce qui semble long dans notre perception temporelle est un souffle dans l'éternité. Paul l'exprime avec une violence presque provocatrice : « Les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous » (Romains 8 : 18). La balance ne penche pas légèrement en faveur de la gloire — elle bascule de façon incomparable, absolue, définitive.

Levez les yeux. Souriez dans l'espérance. Souvenez-vous de la promesse. Courez vers Lui. Et bientôt — oh ! comme ce mot est doux dans la bouche du croyant — bientôt, vous entendrez cette voix plus belle que toutes les musiques du monde, plus douce que tout ce que l'amour humain a jamais pu vous offrir : « Bien-aimé, tu es enfin chez toi. » 

Oh ! Jésus, Jésus, Te voilà —

Plus brillant que l'étoile du matin ;

Et durant les siècles sans fin,

Nous chanterons :

« Saint, saint, saint est le Roi ! » 

Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.

lundi 1 juin 2026

L'Amour Infini

LA VALEUR D'UNE BREBIS

AUX YEUX DU SEIGNEUR.

   

« Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et qu'il en perde une,

Ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert

Et ne s'en aille après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la trouve ? »

Luc 15 : 4-7

   

L'Amour Infini.

La Quête Désespérée.

Le Retour Glorieux.

   

 

La nuit est tombée sur les montagnes. Le vent siffle entre les rochers nus. Quelque part dans les ténèbres, une voix faible pousse un cri que personne n'entend — le cri d'une brebis perdue, épuisée, blessée, sur le bord du gouffre. Elle a erré loin du troupeau, loin du Berger, loin de tout ce qui pouvait la protéger. Et pendant ce temps, au loin, le Berger compte : un... dix... cinquante... quatre-vingt-dix-neuf. Il s'arrête. Son cœur se serre. Une manque. Une seule, mais une qui compte.

C'est dans ce tableau saisissant que Jésus-Christ nous plonge dans Luc 15, verset 4. Il ne parle pas de statistiques. Il ne parle pas de la majorité sauvée. Il parle de l'une — celle qui manque à l'appel, celle dont le nom est gravé dans le cœur du Berger comme une blessure ouverte. Cette prédication vous invite à contempler, à trembler et à vous émerveiller devant la valeur absolue et incompréhensible que le Seigneur accorde à chaque âme, à votre âme, à l'âme de celui ou de celle qui est assise à vos côtés ce matin.

Trois vérités fondamentales vont jaillir de la Parole vivante de Dieu comme des éclairs dans la tempête : L'Amour Infini du Seigneur qui refuse d'accepter la perte. La Quête Désespérée qui le mène aux confins des ténèbres. Et enfin, Le Retour Glorieux qui fait chanter le ciel entier.

 

   

Avant d'aller plus loin, il faut d'abord s'arrêter et contempler la source de tout : l'Amour Infini qui est au cœur de cette parabole.

 

L'AMOUR INFINI.

 

Un Berger qui connaît chacune de Ses brebis par son nom.

 

Dans l'hymne puissant que nous venons d'entonner, le premier couplet nous plonge immédiatement dans la réalité de ce troupeau : « Té gain 99 mouton yo / Bien garé nan parc là. » Quatre-vingt-dix-neuf brebis, soigneusement gardées dans le parc. Mais il en manque une. Et cette absence, pour un berger ordinaire, pourrait sembler acceptable. Après tout, quatre-vingt-dix-neuf sur cent, c'est un taux de réussite de 99 % — un score que bien des dirigeants signeraient sans hésitation.

Mais le Berger de notre texte n'est pas un berger ordinaire. Il est le Seigneur Lui-même, Celui dont Ézéchiel 34 : 11-12 dit : « Car ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Me voici ! Je rechercherai Mes brebis et j'en prendrai soin. » Ce Berger divin a inscrit chaque brebis dans Son cœur. Il connaît chaque pas de leur marche, chaque battement de leur cœur, chaque faiblesse de leur nature. Et quand une seule manque, tout l'amour de Son être éternel se mobilise.

 

« Il n'y a qu'une façon d'être aimé : c'est de se laisser aimer tel que l'on est. »  — François Mauriac, Prix Nobel de Littérature.

   

Un amour qui ne fait pas de calcul.

 

Le Seigneur Jésus pose une question rhétorique bouleversante : « Lequel d'entre vous... ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf et ne s'en aille après celle qui est perdue ? » (Luc 15 : 4). Il appelle Ses auditeurs à reconnaître en eux-mêmes ce réflexe naturel du berger qui aime vraiment. Car l'amour véritable ne calcule pas. L'amour véritable ne fait pas de bilan coût-bénéfice. L'amour véritable ne dit pas : « J'en ai sauvé assez. »

Jean 3 : 16 résonne ici avec une puissance inégalée : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné Son Fils unique. » Pas une partie du monde. Pas les méritants du monde. Le monde entier — y compris cette brebis égarée dans les montagnes sauvages, y compris vous, y compris moi, dans nos égarements les plus honteux et les plus secrets. Cet amour infini est la première lumière qui illumine notre prédication.

Psaume 23 : 1 — « L'Éternel est mon Berger ; je ne manquerai de rien. »

 

   

Mais l'amour seul ne suffit pas à sauver une brebis perdue — il doit se mettre en marche. Voici maintenant la vérité la plus déchirante de notre message : La Quête Désespérée.

 

LA QUÊTE DÉSESPÉRÉE.

 

1. Un Berger qui abandonne le confort pour descendre dans les ténèbres.

 

Le deuxième couplet de notre hymne nous révèle la réponse du Berger face à ceux qui lui suggèrent de se satisfaire des quatre-vingt-dix-neuf : « Seigneur, main ou gain 99 / Sa pa assé pou Ou ? » Et Sa réponse est sans appel : « Mouton pam / Té égaré loin mwen. » Ma brebis s'est égarée loin de Moi. Cette déclaration n'est pas une simple constatation géographique. C'est un cri de l'âme du Berger divin.

Car dans le troisième couplet, l'hymne nous peint une image que nul cœur sensible ne peut contempler sans être ébranlé : « Nan nuit lè Maitre la tap traversé / Pou jwenn mouton pèdi. » Dans la nuit ! Dans les ténèbres ! Le Maître de l'univers, Celui devant qui les séraphins couvrent leur face en criant « Saint, Saint, Saint », traversait les eaux profondes dans la nuit pour trouver une brebis perdue.

 

« Le plus grand acte d'amour est de mourir pour ceux qui ne méritent pas d'être aimés. »  — Blaise Pascal, Pensées.

   

 Des mains percées par les épines — le prix du sang.

 

Le quatrième couplet de notre hymne monte en puissance jusqu'à nous laisser sans voix : « Seigneur pouqui gain tache sang toupatou / Nan toute route nan mòrne yo ? » Pourquoi, Seigneur, y a-t-il des taches de sang sur tous les chemins de la montagne ? La réponse est foudroyante : « Sang sa té vèrsé pou yon mouton / Ki te pèdi bien louin. » Ce sang a été versé pour une brebis perdue, très loin.

Et puis, dans un gémissement qui brise toute résistance du cœur : « Seigneur pouqui ou blessé nan main ? / Aswè ya anpil piquant piké main-m ! » Ce soir, beaucoup d'épines ont percé Mes mains ! Voyez-vous la profondeur de ce mystère ? Le Créateur de l'univers, dont les mains ont formé les montagnes et creusé les océans, ces mêmes mains sont transpercées par les épines de notre égarement. L'apôtre Paul le dira autrement en Romains 5 : 8 : « Mais Dieu prouve Son amour envers nous, en ce que Christ est mort pour nous, tandis que nous étions encore des pécheurs. »

Chaque blessure du Christ sur la croix est la preuve irréfutable que vous n'avez jamais été une statistique aux yeux de Dieu. Vous êtes une brebis que Son cœur a cherchée jusqu'au sang. Jusqu'à la mort. Jusqu'aux profondeurs de l'enfer vaincu.

Ésaïe 53 : 6 — « Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie ;

Et l'Éternel a fait retomber sur Lui l'iniquité de nous tous. »

 

   

Après la nuit la plus longue vient toujours l'aurore la plus éblouissante. Voici maintenant la vérité qui fait éclater la joie comme un tonnerre depuis le trône de Dieu : Le Retour Glorieux.

 

LE RETOUR GLORIEUX.

 

Le ciel entier se met à chanter pour une seule âme retrouvée.

 

Le cinquième et dernier couplet de notre hymne est une explosion de joie cosmique : « Tout partout nan mòrne, anba gro lorage / Epi nan chemin roche / Yo tandé yon rèl sòti jouk nan ciel là : / An nou rejoui, mwen jwenn li ! » Partout dans les montagnes, sous les grands orages, sur les chemins de pierre — un cri s'élève jusqu'au ciel : Réjouissons-nous, je l'ai trouvée !

Et le ciel répond. Car Jésus Lui-même nous dit en Luc 15 : 7 : « Je vous dis que c'est ainsi qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance. » Une seule âme retrouvée fait trembler le ciel d'une joie que nous ne pouvons même pas imaginer. Les anges se lèvent. Les séraphins se rassemblent. Et le Père Lui-même regarde Son Fils revenir avec la brebis sur Ses épaules et Son cœur déborde d'une fierté éternelle.

 

« Il n'est pas de musique plus belle que celle d'un cœur qui revient à Dieu après s'en être éloigné. »  — Victor Hugo, Les Misérables

 

La brebis retrouvée est portée — jamais rejetée.

 

Remarquez un détail que nous sommes trop souvent tentés de négliger : dans la parabole, le Berger ne force pas la brebis à marcher toute seule après l'avoir trouvée. Il la pose sur Ses épaules. Sur Ses épaules percées. Sur Ses épaules fatiguées d'avoir traversé les montagnes. Parce que la brebis épuisée n'a plus la force de rentrer seule. Et le Berger s'en réjouit au lieu de s'en lamenter.

Voilà le message que l'Évangile adresse à chacun de vous ce matin, à vous qui êtes peut-être épuisés de votre errance, à vous qui pensez que vous avez trop péché pour être repris, à vous qui croyez que Dieu vous a comptés parmi les perdus définitifs : le Berger est sorti. Ses pieds ont saigné sur les chemins de votre égarement. Et Ses mains s'ouvrent non pour vous condamner, mais pour vous porter.

L'hymne de notre texte se termine par le chœur des anges devant le trône de Dieu : « Anges yo répété devan tròne Bondieu : / réjoui Seigneur jwenn mouton an. » Et ce chœur attend votre retour pour éclater à nouveau. Ce chœur attend votre « oui » au Seigneur pour que le ciel tremble de joie une fois de plus.

Luc 15 : 10 — « De même, Je vous le dis, il y a de la joie

Devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent. »

 

   

Mes bien-aimés, nous voici arrivés au terme de ce voyage à travers les montagnes sauvages de la parabole du Berger. Trois vérités ont retenti comme des cloches d'éternité : L'Amour Infini d'un Dieu qui ne saurait se résoudre à perdre ce qu'Il a créé. La Quête Désespérée d'un Sauveur dont les mains ont saigné sur les épines de nos égarements. Et Le Retour Glorieux qui fait trembler le ciel de joie quand une âme revient à son Berger.

Si vous êtes ici ce matin et que votre cœur ressemble à cette brebis — épuisé, blessé, loin du bercail — sachez que le Berger n'a pas cessé de vous chercher. Ses yeux ont balayé chaque vallée obscure de votre vie. Ses oreilles ont entendu chaque cri muet que vous n'osiez pas prononcer. Et Il est ici, maintenant, dans cette salle, les mains tendues, prêt à vous porter sur Ses épaules jusqu'à la maison du Père.

Et si vous êtes parmi les quatre-vingt-dix-neuf — ceux qui sont dans le bercail, ceux qui marchent avec le Seigneur depuis longtemps — n'oubliez jamais ce que cela a coûté à votre Berger de vous y amener. Ses mains portent encore les marques des épines de votre propre sauvetage. Que chaque jour de votre vie soit une action de grâces vivante pour cet amour qui n'a jamais accepté de vous compter parmi les perdus.

Que la brebis retrouvée reprenne des forces sur Ses épaules sacrées. Que le ciel résonne une fois de plus du cri victorieux : « Ann réjoui — Seigneur ya jwenn mouton an ! » Réjouissons-nous — le Seigneur a retrouvé Sa brebis !

 

Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.

 

   

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