« Car des chiens M’environnent, une bande de
scélérats rôdent autour de Moi, ils ont percé Mes mains et Mes pieds. »
Psaume Vingt-deux, le verset Dix-sept.
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LA MEUTE ACHARNÉE.
LES MAINS PERCÉES.
LA VICTOIRE ÉCLATANTE.
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Bien-aimés en
Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Un vendredi. Une colline hors des murs de Jérusalem,
que l’on nomme le Crâne. Le ciel s’assombrit, la foule gronde, et au centre de
cette scène de cauchemar, un Homme est cloué sur du bois. Des soldats tirent au
sort Ses vêtements. Des passants hochent la tête et crachent leurs railleries.
Des chefs religieux, ceux-là mêmes qui connaissaient les Écritures par cœur,
ricanent devant l’agonie du Fils de Dieu. Autour de la croix, ils sont là,
nombreux, hurlants, affamés de Son sang : une meute !
Or, bien-aimés, écoutez ceci, car c’est à vous couper
le souffle : ce tableau, un roi l’a écrit mille ans avant qu’il n’arrive.
David n’a jamais vu de croix. Ce supplice n’existait pas encore en Israël. Et
pourtant, la plume du psalmiste décrit les chiens, la bande de scélérats, les
mains et les pieds percés, avec une précision de témoin oculaire. Ce n’est pas
de la littérature, c’est de la prophétie ! Ce n’est pas une coïncidence,
c’est un décret du Dieu qui connaît la fin dès le commencement !
Aujourd’hui, nous ne venons pas contempler une
tragédie perdue dans le passé. Nous venons nous tenir au pied de la croix,
regarder les chiens, regarder les mains, et découvrir que ce qui ressemblait à
une défaite est la plus grande victoire de tous les siècles.
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Regardons d’abord ceux qui encerclent la croix : la
meute acharnée.
LA MEUTE ACHARNÉE.
Des chiens autour du Juste.
Le psalmiste ne dit pas : un chien. Il
dit : des chiens. Une meute. Dans l’Orient ancien, les chiens errants ne
ressemblaient pas aux compagnons dociles de nos maisons ; c’étaient des
bêtes sauvages, affamées, qui rôdaient aux portes des villes, dévorant les
charognes et attaquant les faibles. Voilà l’image que David choisit : une
horde qui encercle sa proie et resserre l’étau. Plus haut dans le même psaume,
il ajoute : « Des taureaux nombreux M’environnent, de puissants
taureaux de Basan M’entourent ; ils ouvrent contre Moi leur gueule,
semblables au lion qui déchire et rugit. » Psaume Vingt-deux, les
versets Treize et Quatorze. Des chiens, des taureaux, des lions : tout
le zoo de la haine se rassemble autour d’un seul Agneau !
Qui étaient-ils, ces chiens ? Des soldats
brutaux, bien sûr. Des foules versatiles qui, quelques jours plus tôt,
criaient : Hosanna, et qui maintenant hurlaient : Crucifie-Le. Des
chefs religieux jaloux, qui craignaient de perdre leur place. Et ils lançaient
leurs flèches de mots : « Il s’est confié en Dieu ; que Dieu
Le délivre maintenant, s’Il L’aime ! » Matthieu Vingt-sept, le
verset Quarante-trois. Remarquez l’ironie tragique : ils reprenaient
presque mot pour mot le psaume qu’ils accomplissaient sans le savoir !
Les Romains disaient : « L’homme est un
loup pour l’homme. » Plaute l’avait écrit, et jamais cette sentence
n’a été plus vraie qu’au Calvaire. Quand l’humanité rencontre la sainteté
parfaite, elle ne l’adore pas d’abord : elle la cloue.
Un adversaire derrière la meute.
Mais ne nous y trompons pas, bien-aimés :
derrière les chiens à deux pattes, il y avait un ennemi plus ancien. « Car
nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les
dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de
ténèbres. » Éphésiens Six, le verset Douze. Satan, le lion
rugissant, tournait autour de la croix en pensant tenir sa victoire. Pierre l’a
dit : « Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant,
cherchant qui il dévorera. » Un Pierre Cinq, le verset Huit. Il
rôdait, comme la bande de scélérats autour du Christ. Il rôde encore autour de
vos foyers, de vos pensées, de votre foi.
Et pourtant, au milieu de cette meute, quelle est la
réaction de la victime ? Pas un cri de vengeance. Pas une malédiction.
Écoutez : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils
font. » Luc Vingt-trois, le verset Trente-quatre. Quel
Roi ! Il est entouré de chiens, et Il prie pour eux. Il est cloué par des
assassins, et Il plaide leur cause devant le trône du Père. Les clous entrent
dans Sa chair, et le pardon sort de Ses lèvres !
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Mais regardons maintenant au centre de la scène : les
mains et les pieds percés.
LES MAINS PERCÉES.
Des mains faites pour bénir.
Ils ont percé Ses mains et Ses pieds. Arrêtons-nous
sur ces mains, bien-aimés. Ce sont les mains qui ont touché le lépreux que
personne n’osait approcher. Ce sont les mains qui ont béni les petits enfants
que les disciples voulaient chasser. Ce sont les mains qui ont rompu le pain
pour cinq mille hommes, qui ont relevé la fille de Jaïrus, qui ont rendu la vue
à l’aveugle. Ces mains n’ont jamais frappé, jamais volé, jamais menti. Et voilà
que des clous de fer les traversent !
Et les pieds ! Ces pieds qui ont marché sur les
routes de Galilée pour chercher la brebis perdue ; ces pieds qui ont foulé
les eaux déchaînées ; ces pieds que la pécheresse a baignés de ses larmes.
Les voilà cloués, immobiles, sur un bois maudit. Cicéron, le plus grand orateur
de Rome, qualifiait la crucifixion de « le plus cruel et le plus
horrible des supplices », dans ses discours contre Verrès, et il
refusait que le mot même de croix approche les oreilles d’un citoyen romain.
Voilà ce que le Fils de Dieu a choisi d’endurer pour vous.
Mais comprenez bien : personne n’a arraché ces
mains à Jésus. Il les a offertes. « Personne ne Me l’ôte, mais Je la
donne de Moi-même. » Jean Dix, le verset Dix-huit. Celui qui
commande aux tempêtes ne pouvait-Il pas descendre de la croix ? Ce ne sont
pas les clous qui L’ont retenu ; c’est l’amour !
Des clous qui fixent notre dette.
Que s’est-il passé, sur ce bois ? Paul
répond : « Il a effacé l’acte dont les ordonnances nous
condamnaient et qui subsistait contre nous, et Il l’a détruit en le clouant à
la croix. » Colossiens Deux, le verset Quatorze.
Comprenez-vous ? Ce que les clous ont fixé au bois, ce n’était pas
seulement Ses mains ; c’était votre dette, votre condamnation, votre acte
d’accusation ! Chaque coup de marteau a retenti comme un verdict
d’acquittement pour le pécheur repentant.
Pierre le confirme : « Lui qui a porté
Lui-même nos péchés en Son corps sur le bois, afin que, morts au péché, nous
vivions pour la justice. » Un Pierre Deux, le verset Vingt-quatre.
Et le Seigneur ne l’oubliera jamais : « Voici, Je t’ai gravée sur
Mes mains. » Ésaïe Quarante-neuf, le verset Seize.
Gravée ! Votre nom n’est pas écrit sur un papier qui brûle, mais gravé
dans la chair d’un Dieu qui a saigné. Après la résurrection, Il montre ces
cicatrices à Thomas : « Avance ici ton doigt, et regarde Mes
mains. » Jean Vingt, le verset Vingt-sept. Le Ressuscité garde
Ses cicatrices comme un sceau éternel de Son amour, pour que nous n’oubliions
jamais le prix payé.
Dietrich Bonhoeffer, pasteur exécuté pour sa
fidélité, écrivait dans Le Prix de la grâce : « Quand le
Christ appelle un homme, Il l’invite à venir et à mourir. » Les mains
percées ne nous appellent pas à un christianisme confortable, mais à un abandon
total : Il a tout donné, et Il attend de nous un cœur qui se donne !
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Mais ce psaume ne s’arrête pas aux clous :
contemplons enfin la victoire éclatante.
LA VICTOIRE ÉCLATANTE.
Le cri qui change tout.
Le Psaume Vingt-deux commence par un cri d’abandon,
celui que Jésus a repris sur la croix : Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi
M’as-Tu abandonné ? Mais bien-aimés, ce psaume ne finit pas dans les
larmes ; il finit dans les cantiques ! La victime devient le
vainqueur ; le crucifié devient le Roi dont le règne s’étend jusqu’aux
extrémités de la terre. Et quand Jésus lance Son dernier cri, ce n’est pas un
soupir de défaite, c’est un cri de triomphe : « Tout est
accompli. » Jean Dix-neuf, le verset Trente. Ce mot appartenait
au monde du commerce : on l’employait pour dire qu’une dette était soldée.
Payé en entier, bien-aimés ! Plus un centime à rembourser !
À cet instant, le ciel répond : « Et
voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en
bas. » Matthieu Vingt-sept, le verset Cinquante et un. Cette
main invisible venue d’en haut a ouvert le chemin vers le Lieu très saint. Plus
de barrière, plus de rideau, plus d’intermédiaire : la route est libre
vers le trône de la grâce !
Les chiens ont perdu.
Où sont-ils, aujourd’hui, les chiens de
Golgotha ? Où est la bande de scélérats ? Personne ne se souvient de
leurs noms ! Mais le nom de Jésus est prononcé dans toutes les langues,
chanté sur tous les continents, adoré dans les cathédrales comme dans les cases
de brousse. Le matin de Pâques, l’ange déclare : « Il n’est point
ici ; Il est ressuscité, comme Il l’avait dit. » Matthieu
Vingt-huit, le verset Six. Le tombeau est vide, bien-aimés ! La mort a
mordu, et elle s’est brisé les dents : « Ô mort, où est ta
victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ? » Un
Corinthiens Quinze, le verset Cinquante-cinq.
L’auteur de l’épître aux Hébreux nous exhorte à
garder les yeux fixés sur Jésus, « qui, en vue de la joie qui Lui était
réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et S’est assis à la droite
du trône de Dieu ». Hébreux Douze, le verset Deux.
Voyez-vous ? La joie était devant Lui ; la croix n’était qu’un
passage. Et vous qui êtes encerclés par des chiens, vous qui traversez la
vallée, souvenez-vous : « Dans toutes ces choses nous sommes plus
que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. » Romains Huit, le
verset Trente-sept.
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Un appel à ceux qui sont encerclés.
Peut-être, aujourd’hui, vous sentez-vous entouré. Une
meute de soucis vous cerne : la maladie, le deuil, les dettes, la trahison
d’un proche, la solitude. Vous avez l’impression que les chiens rôdent autour
de vous et que Dieu se tait. Souvenez-vous que le Fils de Dieu est passé par là
avant vous. Il connaît le goût de l’encerclement. Il connaît le poids de
l’abandon. Et parce qu’Il l’a traversé, Il peut vous en sortir !
Et peut-être êtes-vous, sans le savoir, du côté de la
meute : indifférent, endurci, repoussant la croix. Aujourd’hui, les mains
percées sont encore tendues vers vous. Elles ne sont pas levées pour
frapper ; elles sont ouvertes pour recevoir. Venez comme vous êtes. Celui
que vous avez percé de vos péchés est prêt à vous pardonner.
Que Celui qui a porté les clous pour vous, vous donne
la force de porter votre croix avec foi.
Qu’il en soit ainsi. Amen et Amen.