« Ananias sortit ; et, lorsqu’il fut arrivé dans
la maison, il lui imposa les mains, en disant : Saul, mon frère, le
Seigneur Jésus, qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé
pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit. »
Actes Neuf, le verset Dix-sept.
« Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus
est le Fils de Dieu. »
Actes Neuf, le verset Vingt.
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LA MAIN OBÉISSANTE.
LA VUE RESTAURÉE.
LA VOIX TRANSFORMÉE.
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Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Imaginez la scène. Un homme est assis dans le noir, dans
la maison de Judas, rue Droite, à Damas. Il y a trois jours, cet homme marchait
fier, des lettres en poche, la gorge pleine de menaces. L’Écriture le décrit
ainsi : « … Saul, respirant toujours la menace et le meurtre
contre les disciples du Seigneur, alla chez le souverain sacrificateur »,
Actes Neuf, le verset Un. Il était le loup qui venait dévorer le
troupeau. Mais sur le chemin, la lumière du ciel a brisé son orgueil, et voici
le chasseur devenu aveugle, conduit par la main comme un enfant. Actes Neuf,
le verset Neuf, nous dit : « Il resta trois jours sans voir,
et il ne mangea ni ne but. »
Frères et sœurs, regardez bien cet homme brisé. Il n’a
plus de titre, plus de lettres, plus de pouvoir. Il n’a que sa nuit, son jeûne
et sa prière. Saint Augustin, dans ses Confessions, a donné la clef de toute
âme en fuite : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre
cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi. » Saul courait, mais
son cœur n’avait aucun repos. Il fallait qu’un jour la course s’arrête aux
pieds de Jésus.
Aujourd’hui, le même Seigneur Se tient devant nous. Il
ne vient pas pour nous condamner, mais pour nous relever. Et Il nous montre,
dans ce texte, trois merveilles : la main obéissante, la vue restaurée et
la voix transformée. Que le Saint-Esprit ouvre nos oreilles comme Il ouvrit les
yeux de Saul.
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Avant de contempler la vue rendue,
regardons d’abord la main qui s’avance.
LA MAIN OBÉISSANTE.
Ananias n’était pas un apôtre. Il n’était ni évêque ni
prophète célèbre ; l’Écriture l’appelle simplement un disciple. Pourtant,
c’est à lui que le Seigneur confie la plus délicate des missions : aller
vers l’ennemi public de l’Église. Pensez-vous qu’il ait accepté sans
trembler ? Non. Il a discuté. Il a objecté. « Seigneur, j’ai
appris de plusieurs personnes tous les maux que cet homme a faits à Tes saints
dans Jérusalem », Actes Neuf, le verset Treize. Il avait peur,
et sa peur était humaine, légitime, compréhensible.
Mais voyez la réponse du Ciel. Le Seigneur ne discute
pas avec la peur ; Il la remplace par une vision. « Va, car cet
homme est un instrument que J’ai choisi, afin qu’il porte Mon nom devant les
nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël », Actes
Neuf, le verset Quinze. Là où Ananias voyait un loup, Dieu voyait un vase.
Là où Ananias voyait un passé, Dieu voyait une destinée. Là où nous voyons le
pire des hommes, Dieu voit déjà le meilleur des instruments.
Et alors, le texte prononce deux mots qui valent une
cathédrale : « Ananias sortit », Actes Neuf, le verset
Dix-sept. Il ne discute plus. Il se leva, il marcha, il entra, il imposa
les mains. Puis il prononça le mot le plus tendre de tout le récit : « Saul,
mon frère ». Le persécuteur d’hier devient frère dans la bouche de
l’obéissance. Victor Hugo écrivait, dans Les Misérables : « Il y a
des moments où, quelle que soit l’attitude du corps, l’âme est à genoux. »
Les jambes d’Ananias étaient peut-être debout, mais son âme était à genoux
devant son Maître. Voilà la main obéissante : elle tremble peut-être, mais
elle avance.
Le Seigneur Jésus a dit : « Mais Moi, je
vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du
bien à ceux qui vous haïssent », Matthieu Cinq, le verset
Quarante-quatre. Ananias a mis cette parole en pratique dans la maison de
Judas, rue Droite. Frères et sœurs, qui est votre Saul aujourd’hui ? Quel
visage vous fait fuir ? Dieu vous envoie peut-être vers lui, non pas avec
un jugement, mais avec une main ouverte et un mot de frère. Obéissez.
Levez-vous. Sortez. Car il y a un Saul qui attend dans le noir, et le Seigneur
a choisi votre main pour le conduire vers la lumière.
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Quand la main obéit, le ciel
agit ; contemplons maintenant la vue restaurée.
LA VUE RESTAURÉE.
À peine la main d’Ananias a-t-elle touché Saul que le
miracle éclate. « Au même instant, il tomba de ses yeux comme des
écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, et fut baptisé », Actes
Neuf, le verset Dix-huit. Remarquez la précision : ce n’est pas la
main d’Ananias qui guérit, c’est le Seigneur Jésus. Ananias n’a fait
qu’obéir ; Dieu a fait le reste. Les écailles ne sont pas tombées peu à
peu, mais au même instant.
Pourtant, il existe une cécité plus grave que celle des
yeux. Avant le chemin de Damas, Saul voyait parfaitement, et il était aveugle.
Il lisait la Loi, mais ne reconnaissait pas le Messie. Il connaissait les
Écritures, mais ignorait le Dieu des Écritures. Antoine de Saint-Exupéry a
écrit, dans Le Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur.
L’essentiel est invisible pour les yeux. » Combien de fois l’orgueil,
la rancune et la religion sans vie ont-ils posé des écailles sur nos
regards ! Nous sommes assis à l’église, les yeux ouverts, et le cœur dans
l’obscurité.
L’Apôtre le dira plus tard lui-même : « Si
quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature ; les choses
anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues
nouvelles », Deux Corinthiens Cinq, le verset Dix-sept. Voyez
maintenant l’ordre de Dieu : la vue, puis le baptême, puis la nourriture,
puis la communion. « Après qu’il eut pris de la nourriture, ses forces
lui revinrent. Saul passa quelques jours avec les disciples qui étaient à
Damas », Actes Neuf, le verset Dix-neuf. Le nouveau converti ne
vit pas seul : Dieu le place au milieu de ses frères. Un chrétien sans
communauté est une braise séparée du brasier ; elle finit par s’éteindre.
Demandez donc au Seigneur qu’Il fasse tomber vos
écailles. Consentez au baptême, à la Parole, à la communion des saints. Il vous
rend la vue, non pour contempler vos propres exploits, mais pour voir Jésus.
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Et lorsque les yeux s’ouvrent, la
bouche ne peut plus se taire ; écoutons la voix transformée.
LA VOIX TRANSFORMÉE.
Lisez bien le verset Vingt : « Et aussitôt
il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu », Actes
Neuf, le verset Vingt. Aussitôt ! Pas après de longues études, pas
après un colloque, pas après un diplôme. Aussitôt ! Il venait de recevoir
la vue, et déjà il avait une voix. Le même homme qui entrait dans les
synagogues pour arracher les croyants y entre maintenant pour proclamer Jésus.
Le persécuteur est devenu prédicateur ; la bouche pleine de menaces est
devenue une bouche pleine de grâce.
Et que proclame-t-il ? Non pas une théorie, mais
une Personne : Jésus est le Fils de Dieu. Voilà le cœur de la prédication
chrétienne. Romains Dix, le verset Dix, déclare : « Car
c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de
la bouche qu’on parvient au salut. » Le cœur croit, la bouche
confesse ; la vue reçue devient une voix donnée.
Écoutez maintenant la réaction de la foule : « Tous
ceux qui l’entendaient étaient dans l’étonnement, et disaient : N’est-ce
pas celui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom, et n’est-il
pas venu ici pour les emmener enchaînés devant les principaux
sacrificateurs ? », Actes Neuf, le verset Vingt et un.
L’étonnement ! Le monde ne peut pas expliquer une vie transformée. Il peut
critiquer, soupçonner, se moquer ; mais il ne peut pas nier que quelque
chose est arrivé. Le meilleur argument pour l’Évangile n’est pas un
raisonnement, c’est un Saul qui prêche Jésus. Votre témoignage est la preuve
vivante que Dieu fait encore des miracles.
Qui, autour de vous, a besoin d’entendre votre
histoire ? Ne gardez pas le silence. Les écailles sont tombées ; la
voix vous est rendue. Que votre bouche proclame ce que vos yeux ont vu.
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Bien-aimés, voici donc le chemin : une main qui
obéit, des yeux qui s’ouvrent, une voix qui proclame. Ananias, Saul, vous et
moi, nous avons tous un rôle dans ce même récit de grâce. Peut-être êtes-vous
Ananias, appelé à tendre la main à quelqu’un que vous redoutez. Peut-être
êtes-vous Saul, aveugle et fatigué, assis dans le noir de votre rue Droite.
Aujourd’hui, Jésus Se tient à votre porte. Il a envoyé quelqu’un, Il a préparé
la guérison, Il a un appel pour vous.
Que ceux qui ont reçu la vue parlent. Que ceux qui ont
reçu l’appel marchent. Que ceux qui sont encore dans la nuit invoquent le Nom
qui sauve. Et que tout notre être, mains, yeux et voix, soit consacré au Dieu
qui change les persécuteurs en prédicateurs.
Qu’il
en soit ainsi. Amen et Amen.