« Je sais que mon Rédempteur est vivant. »
Job 19 :25.
JOB : L'HOMME QUI A TENU FERME DANS LA FOURNAISE
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Le Juste Éprouvé.
Le Souffrant Qui
Parle à Dieu.
La Résistance
Inébranlable.
Le Restauré, par
la Grâce.
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Bien-aimés
en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Imaginez
un homme au sommet de sa vie. Famille unie, prospérité abondante, réputation
irréprochable, cœur tourné vers Dieu. Un homme dont la Bible dit qu'il n'avait
pas son pareil sur toute la terre. Et puis, en l'espace d'une seule journée…
tout s'effondre. Ses troupeaux disparaissent. Ses serviteurs périssent. Ses
enfants — dix enfants — meurent dans la même heure. Puis vient la maladie : un
ulcère malin couvre son corps entier, des pieds à la tête. Il ne lui reste plus
rien, sinon la douleur, la cendre, et la question qui brûle comme un fer rouge
: Pourquoi, Seigneur ?
Cet
homme, c'est Job. Et son histoire n'est pas une fable édifiante pour temps
tranquilles. C'est un cri arraché aux entrailles de la souffrance humaine. Un
cri que beaucoup ici ont peut-être poussé en silence, dans la nuit de leur
propre épreuve. La question que nous pose ce matin n'est donc pas : Qui était
Job ? La question qui nous bouleverse et nous interpelle est celle-ci : Comment
tenir ferme quand tout s'écroule ?
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Avant de parler de la chute, il faut
contempler la hauteur — car c'est la grandeur de ce que Job a perdu qui rend
son épreuve si déchirante.
L'HOMME QUE DIEU LUI-MÊME A HONORÉ.
Job 1 :1-5 ; Job 1 :8.
La sainteté
reconnue. La gloire offerte. L'intégrité vécue dans le quotidien.
Le
livre de Job s'ouvre sur un portrait que peu d'hommes pourraient revendiquer. «
Cet homme était intègre et droit ; il craignait Dieu et se détournait du mal. »
(Job 1 :1). Et comme si cela ne suffisait pas, Dieu Lui-même, dans les hauteurs
célestes, présente Job devant les anges avec une fierté que l'on n'attendrait
pas de la part de l'Éternel de l'univers : « L'as-tu remarqué, Mon
serviteur Job ? Il n'y a personne comme lui sur la terre. » (Job 1 :8).
Dieu Se vantait de Job. Il le montrait comme un trophée de Sa grâce.
Job
était riche — mais sa richesse ne l'avait pas corrompu. Il était puissant —
mais il intercédait chaque matin pour ses enfants, de peur qu'ils n'aient
offensé Dieu dans leurs fêtes (Job 1 :5). C'est l'image d'un père qui prie
avant même que le péché ne soit confirmé. Un homme dont la piété n'était pas de
façade, ni réservée aux jours de culte, mais tissée dans le tissu même de son
existence ordinaire.
Mais
voici la vérité que nous devons saisir dès le départ : ce n'est pas parce que
Job était juste qu'il fut épargné. Ce fut précisément parce qu'il était juste
qu'il fut éprouvé. La souffrance ne tomba pas sur lui malgré sa foi — elle
tomba sur lui à cause de sa foi. Car l'ennemi n'attaque pas ce qui est sans
valeur. Il s'attaque toujours à ce que Dieu chérit le plus.
« Les grandes âmes ont des volontés ;
les âmes faibles n'ont que des souhaits. »
— Washington Irving.
Frères
et sœurs, si vous traversez une épreuve profonde aujourd'hui, la première
question à vous poser n'est pas : « Qu'ai-je fait de mal ? » La question
peut être celle-ci : « Suis-je quelqu'un que Dieu a remarqué ? »
Car la souffrance de Job n'était pas un signe d'abandon divin — elle était le
signe d'une confiance divine. Dieu avait misé Son honneur sur cet homme. Et Il
fait parfois de même avec nous.
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Mais il ne suffit pas d'être remarqué
par Dieu dans la prospérité. La vraie question est : que fait-on de Lui quand
la nuit tombe sans prévenir ?
L'HOMME QUI A OSÉ PARLER À DIEU DANS LA DOULEUR.
Job 1 :20-22 ; Job 3 :1-3 ; Job 13 :3 ; Job 19 :25-27.
La lamentation
honnête. La foi qui questionne sans abandonner. Le cri qui devient prière.
Quand
le messager final apporte la nouvelle de la mort de ses enfants, Job se lève,
déchire ses vêtements, se rase la tête, tombe à terre — et adore. «
L'Éternel a donné, l'Éternel a repris ; que le nom de l'Éternel soit béni. »
(Job 1 :21). Une réponse d'une dignité bouleversante. Mais le livre de Job ne
s'arrête pas là. Car après la première vague du choc, après les jours de
silence assis dans la cendre, Job parle. Et il ne murmure pas de belles prières
convenues.
Il
crie. Il maudit le jour de sa naissance (Job 3 :1-3). Il accuse Dieu de Se
cacher (Job 13 :24). Il réclame une confrontation directe avec l'Éternel : «
Je veux parler à l'Éternel, c'est à Lui que je veux m'adresser. » (Job 13
:3). Et la Bible — étonnamment — ne condamne pas Job pour ces cris. Elle
condamnera plutôt ses amis, qui prétendaient parler au nom de Dieu sans L'avoir
écouté (Job 42 :7). Car Dieu préfère l'honnêteté blessée à la piété hypocrite.
Il y a
une leçon d'une profondeur immense ici : la vraie foi ne consiste pas à
prétendre que tout va bien quand tout s'effondre. La vraie foi, c'est d'aller
vers Dieu avec ses brisures, ses questions, ses colères même — plutôt que de Le
fuir. Job ne quitte pas Dieu dans la souffrance. Il L'interpelle. Il
L'affronte. Et c'est précisément cette relation tenace, refusant de se taire,
qui témoigne d'une foi vivante plutôt que d'une religion de façade.
« Ce n'est pas l'absence de doute, mais
la persistance malgré le doute, qui définit la foi véritable. »
— Paul Tillich, théologien.
Et au
cœur de la tourmente, au milieu des accusations de ses amis et du silence
apparent de Dieu, jaillit soudain une confession qui traverse les siècles comme
une flèche de lumière : « Je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu'Il
Se lèvera le dernier sur la poussière. » (Job 19 :25). Job ne sait pas
pourquoi il souffre. Il ne comprend pas le plan de Dieu. Mais il sait Qui tient
sa vie. Et cette certitude-là — fragile, tremblante, arrachée à la souffrance —
c'est la foi dans sa forme la plus pure.
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La foi qui résiste à la douleur doit
aussi résister à quelque chose de plus subtil et parfois plus dévastateur : les
fausses consolations des proches bien intentionnés.
L'HOMME QUI A RÉSISTÉ AUX FAUSSES THÉOLOGIES DU
CONFORT.
Job 4–31 ; Job 42 :7-8.
L'ami qui accuse.
La sagesse qui se tait. La vérité qui supporte d'être seule.
Éliphaz,
Bildad et Tsophar arrivent avec les meilleures intentions du monde. Ils ont
fait le voyage pour consoler leur ami. Ils s'assoient avec lui dans la cendre
pendant sept jours sans dire un mot (Job 2 :13) — et c'est le meilleur qu'ils
feront. Car lorsqu'ils ouvrent la bouche, ils deviennent le poids
supplémentaire que Job doit porter.
Leur
raisonnement est simple, logique, et terriblement faux : si tu souffres, c'est
parce que tu as péché. La souffrance est le signe de la punition divine.
Confesse ton péché caché, humilie-toi, et Dieu te rendra ta prospérité. C'est
une théologie propre, rassurante pour celui qui ne souffre pas — et cruelle
comme un couteau pour celui qui souffre innocemment. C'est la théologie de la
rétribution automatique, que l'on retrouve encore aujourd'hui sous mille formes
: « Si tu donnais plus, tu serais guéri. Si ta foi était plus forte, tu ne souffrirais
pas. »
Job
résiste. Seul contre trois. Sans théologie académique pour se défendre. Avec
seulement l'évidence de sa conscience : « Je suis intègre. » Et
Dieu, à la fin du livre, lui donnera raison avec une clarté cinglante : «
Vous n'avez pas parlé de Moi avec droiture, comme l'a fait Mon serviteur Job. »
(Job 42 :7). Les théologiens avaient tort. L'homme brisé avait raison. Car Job
avait parlé de Dieu avec honnêteté, là où ses amis avaient construit des
systèmes rassurants à la place de la vérité.
« Il faut parfois beaucoup de courage
pour tenir seul la vérité contre tous ceux qui sont persuadés d'avoir raison. »
— Albert Camus.
Frères
et sœurs, méfiez-vous des explications trop simples à la souffrance des autres.
Méfiez-vous aussi de ceux qui, dans votre propre épreuve, vous offrent des
formules à la place de la présence. Job n'avait pas besoin de théories. Il
avait besoin de quelqu'un qui reste assis dans la cendre avec lui. Et à l'heure
où les arguments de ses amis l'accablaient, c'est vers Dieu seul qu'il
continuait de se tourner — non pas parce que Dieu était silencieux, mais parce
qu'Il était le seul à Savoir la vérité.
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Après le long tunnel de la souffrance et
de l'incompréhension, Dieu parle enfin. Et Sa parole ne répond pas aux
questions de Job — elle les dépasse infiniment.
L'HOMME QUE DIEU A RESTAURÉ AU-DELÀ DE TOUTE ATTENTE.
Job 38–42.
La rencontre qui
transforme. La restauration qui déborde. L'héritage de la patience.
Dieu
parle du sein de la tempête (Job 38 :1). Et ce qu'Il dit est stupéfiant : Il ne
donne aucune explication. Il ne justifie pas la souffrance de Job. Il ne
présente pas Son plan. Il révèle Sa grandeur. Il montre à Job les fondements de
la terre, les étoiles du matin, les réservoirs de neige, les voies de la
lumière. Il lui dit, en substance : « Tu ne peux pas tout comprendre —
mais tu peux Me faire confiance, car Je tiens tout. »
Et
quelque chose se brise et se guérit à la fois dans le cœur de Job. Sa réponse
est celle d'un homme transformé : « Je T'avais connu par ouï-dire ; mais
maintenant mon œil T'a vu. » (Job 42 :5). La souffrance avait fait
quelque chose que la prospérité n'avait pas pu faire : elle avait conduit Job à
une rencontre personnelle avec Dieu, face à face. Non plus une religion
héritée, une foi transmise, une piété apprise. Mais une expérience directe,
intime, bouleversante du Dieu vivant.
Et
alors vient la restauration. Dieu redonne à Job le double de ce qu'il avait
perdu en biens matériels (Job 42 :10). Il lui donne de nouveau dix enfants. Ses
frères, ses sœurs, ses anciennes connaissances reviennent. Et Job vivra encore
cent quarante années après ses épreuves, comblé, entouré, béni jusqu'à la
quatrième génération (Job 42 :16). Ce que le diable avait voulu pour sa
destruction, Dieu l'a retourné pour sa gloire. Ce que la souffrance avait voulu
enlever, Dieu l'a rendu avec intérêt.
Mais la
vraie restauration de Job n'est pas dans les troupeaux retrouvés ni dans la
santé recouvrée. Elle est dans ce verset simple et bouleversant : « Mon
œil T'a vu. » Voilà le trésor que l'épreuve avait mis à jour. La
souffrance avait creusé dans l'âme de Job un espace que la prospérité n'avait
pas pu créer — l'espace d'une rencontre avec Dieu dans Sa profondeur souveraine
et Sa tendresse infinie.
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Et nous voici, debout dans notre propre
génération, avec nos propres cendres, nos propres questions, nos propres nuits
sans réponse. L'histoire de Job nous interpelle avec une brûlante actualité.
SEREZ-VOUS LE JOB DE VOTRE GÉNÉRATION ?
Peut-être
que vous portez ce matin une souffrance que personne autour de vous ne voit
vraiment. Peut-être que vos amis, comme ceux de Job, vous offrent des
explications là où vous avez besoin de présence. Peut-être que vous avez crié
vers Dieu dans la nuit et que le silence en retour vous a semblé insupportable.
Ce sermon s'adresse à vous, en ce jour.
L'histoire
de Job ne vous promet pas que vous comprendrez pourquoi vous souffrez. Elle
vous promet quelque chose de plus grand : que Dieu tient le registre de vos
larmes, qu'Il connaît votre nom dans la tempête, et que Sa souveraineté n'est
pas l'indifférence mais l'amour qui voit au-delà de ce que vous pouvez voir. «
Je sais que mon Rédempteur est vivant » — cette confession de Job est
aussi la vôtre, si vous voulez la saisir.
Job
n'était pas parfait dans ses réactions. Il cria, il argumenta, il maudit le
jour de sa naissance. Mais il ne lâcha pas Dieu. Il demeura dans la relation,
même dans la blessure. Et Dieu honora cette persistance au-delà de toute
espérance. Si vous traversez le tunnel aujourd'hui, ne sortez pas de la
relation. Continuez à parler à Dieu, même si c'est pour Lui dire que vous ne
comprenez pas. Car c'est l'homme qui reste en dialogue avec le Ciel qui finit
par L'entendre parler de la tempête.
Puisse
chacun de nous s’engager avec cette prière au fond du cœur : « Seigneur,
fais de moi un Job dans ma génération. Un homme, une femme qui Te tient ferme
dans la douleur, qui Te parle avec honnêteté dans la nuit, qui résiste aux
fausses théologies du confort, et qui peut dire un jour, de l'autre côté de
l'épreuve : Mon œil T'a vu. »
Qu'il
plaise au Seigneur de travailler chaque cœur, et de nous rendre tels qu'Il nous
désire — non pas des croyants de beau temps, mais des âmes ancrées dans Sa
grâce au cœur même de la tempête.
Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.
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«
Je sais que mon Rédempteur est vivant. » — Job 19 :25