Jésus-Christ : le seul Sauveur

...ce témoignage, c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. 1 Jean 5:11-13



mardi 24 février 2026

L'Architecte et Ses Plans

« Confie-toi en l'Éternel de tout ton cœur,

Et ne t'appuie pas sur ta sagesse. »

Proverbes 3 : 5.

SE CONFIER EN DIEU.

L'Abandon Glorieux de Celui Qui Lâche Prise.

LE PARADOXE DIVIN : LA FORCE QUI NAÎT DE L'HUMILITÉ.

L'Architecte et Ses Plans.

Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi :

Il existe des hommes qui ont tout prévu. Qui ont tout calculé. Qui ont construit des plans si minutieux, des stratégies si élaborées, des certitudes si solides — qu'ils n'ont laissé aucune place pour Dieu. Aucune fissure pour Sa voix. Aucun espace pour Sa direction.

Et il existe aussi des hommes brisés. Des hommes qui avaient leurs plans — jusqu'au jour où ces plans se sont effondrés. Jusqu'au jour où leur intelligence, leur expérience, leur sagesse accumulée n'ont plus suffi. Jusqu'au jour où ils se sont retrouvés à genou, les mains vides, confrontés à leur propre insuffisance.

Ces seconds-là ont découvert quelque chose que les premiers ignorent encore : la confiance en Dieu n'est pas une faiblesse. C'est la force la plus profonde qui soit.

Proverbes 3 : 5 est l'un des versets les plus courts et les plus révolutionnaires de toute l'Écriture. Il ne dure que quelques secondes à lire. Il peut durer toute une vie à vivre. Car il contient une exigence totale, un défi absolu, un appel qui va à l'encontre de tout ce que notre nature, notre culture et notre orgueil nous dictent.

Aujourd'hui, nous devons regarder ce verset en face. Non comme un slogan doux et confortable. Mais comme une parole qui réclame tout ce que nous sommes.

Nous examinerons ensemble trois vérités fondamentales que Salomon nous livre dans ce verset :

Premièrement, nous verrons LA NATURE D'UNE CONFIANCE TOTALE — quand Dieu réclame non pas une partie, mais tout notre cœur.

Deuxièmement, nous découvrirons LE PIÈGE D'UNE SAGESSE HUMAINE — quand notre intelligence devient notre ennemi spirituel.

Troisièmement, nous contemplerons LA GLOIRE D'UN ABANDON VOLONTAIRE — quand lâcher prise devient le chemin royal vers la vie.

Préparez vos cœurs. Ce texte est exigeant. Mais derrière son exigence se cache une promesse immense : celui qui se confie en l'Éternel ne sera jamais confondu.

1. LA NATURE D'UNE CONFIANCE TOTALE.

La Confiance Que Dieu Avait Voulue.

Dieu n'a jamais demandé à l'homme de se débrouiller seul. Jamais. Depuis le jardin d'Éden, Sa parole résonne comme une invitation permanente : viens à Moi, marche avec Moi, appuie-toi, sur Moi.

Jérémie 29 : 11 révèle le cœur de Dieu pour Ses enfants : « Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et une espérance. » PROJETS DE PAIX ! Voilà ce que Dieu porte pour chacun d'entre nous ! Non pas des plans que nous devons inventer nous-mêmes, mais des projets que Dieu a déjà tracés, mûris, préparés — et qui surpassent infiniment ce que notre esprit pourrait concevoir !

Mais cette promesse a une condition. Elle suppose que nous Lui fassions confiance. Que nous entrions dans Sa volonté plutôt que de poursuivre la nôtre.

 

Parlons de La Confiance Substituée à la Maîtrise. Oui,

La Confiance Substituée à la Maîtrise.

Salomon écrit : « Confie-toi en l'Éternel de TOUT ton cœur. » Pas à moitié. Pas partiellement. Pas dans les domaines où tu n'as pas d'autre choix. DE TOUT TON CŒUR.

Le mot hébreu traduit par « confie-toi » est (batch) — un terme qui évoque l'idée de s'appuyer totalement sur quelque chose, de se jeter dessus sans retenue, de trouver en lui sa sécurité absolue. Ce n'est pas une confiance prudente et distante. C'est une confiance qui engage tout l'être.

Psaume 37 : 5 illustre cette posture avec une beauté saisissante : « Recommande ton sort à l'Éternel, mets ta confiance en lui, et il agira. » IL AGIRA ! Voilà la promesse attachée à la confiance ! Ce n'est pas l'homme qui agit et demande à Dieu de bénir son initiative — c'est Dieu qui prend les rênes quand l'homme Lui abandonne le gouvernail !

Mais remarquez la totalité de l'exigence : « de tout ton cœur. » Dans la pensée hébraïque, le cœur — לֵב (lev) — est le centre de l'être. Il est le siège de l'intelligence, de la volonté, des émotions, de l'identité profonde. Confier son cœur à Dieu, c'est Lui confier non pas quelques secteurs de sa vie, mais son être entier : ses projets, ses peurs, ses rêves, ses doutes, ses certitudes, ses lendemains.


Le Piège de la Confiance Partielle.

Voilà le grand mensonge de notre époque : que l'on peut faire confiance à Dieu pour les affaires spirituelles, et se débrouiller seul pour tout le reste. Que la foi s'exerce à l'église, et que la vie se gère seul dans le bureau, dans le mariage, dans les finances, dans les décisions.

Mais Matthieu 6 : 24 tranche cette illusion avec une clarté redoutable : « Nul ne peut servir deux maîtres. » DEUX MAÎTRES ! On ne peut pas partager sa confiance entre Dieu et soi-même. On ne peut pas s'appuyer sur l'Éternel pour les grandes crises et sur sa propre sagesse pour les décisions ordinaires. La confiance totale réclame la totalité.

Ésaïe 26 : 3 offre en contrepartie la promesse la plus belle : « Tu conserveras en parfaite paix celui dont l'esprit est soutenu par toi, parce qu'il se confie en toi. » EN PARFAITE PAIX ! Ce n'est pas une paix relative, approximative, fragile. C'est une paix parfaite — une paix qui dépasse tout entendement, qui résiste aux tempêtes, qui demeure même quand les circonstances hurlent le contraire !

2. LE PIÈGE D'UNE SAGESSE HUMAINE.

La Sagesse Que Dieu Avait Donnée.

Dieu n'a pas créé des êtres sans intelligence. Il a créé l'homme à Son image — être pensant, raisonnant, capable d'analyser, de planifier, d'inventer. L'intelligence humaine est un don divin extraordinaire, une capacité magnifique que l'Éternel Lui-même a insufflée en nous.

Jacques 1 : 5 confirme que Dieu honore la recherche de sagesse : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. » SANS REPROCHE ! Dieu ne méprise pas celui qui cherche à comprendre, à discerner, à prendre de bonnes décisions ! Il le récompense en donnant généreusement !

Mais il y a une sagesse que Dieu donne — et une sagesse que l'homme s'arroge. Et c'est entre ces deux sagesses que tout se joue.


La Sagesse Humaine Substituée à la Direction Divine.

Salomon ajoute : « Et ne t'appuie pas sur ta propre sagesse. » Sur TA PROPRE sagesse. Pas sur la sagesse en général — mais sur cette sagesse qui exclut Dieu, qui se pose comme autosuffisante, qui n'a plus besoin de Lui parce qu'elle croit pouvoir tout résoudre seule.

Le paradoxe est saisissant : c'est Salomon lui-même qui écrit ces mots ! L'homme que Dieu avait doté d'une sagesse sans égale dans toute l'histoire de l'humanité ! Et cet homme-là dit : « Ne t'appuie pas sur ta propre sagesse. » Pourquoi ? Parce qu'il savait mieux que quiconque à quoi mène la confiance en sa propre intelligence : il avait vu la chute, il avait senti le vide, il avait goûté l'amertume de celui qui a tout, qui sait tout — et qui a oublié Dieu.

1 Corinthiens 3 : 19 prononce sur la sagesse humaine un verdict sans appel : « La sagesse de ce monde est une folie devant Dieu. » UNE FOLIE ! Non pas une insuffisance relative, non pas une approximation imparfaite — mais une FOLIE devant la sagesse infinie de Dieu ! La plus brillante intelligence humaine, livrée à elle-même, sans Dieu, marche dans les ténèbres en croyant voir clair.

Considérons Les Trois Illusions de la Sagesse Humaine. Oui,

Les Trois Illusions de la Sagesse Humaine.

La première illusion : JE VOIS CLAIR. L'homme naturel croit comprendre sa situation. Il analyse les données, évalue les risques, calcule les probabilités. Mais Proverbes 14 : 12 lui répond avec une gravité qui doit nous faire frémir : « Il y a une voie qui paraît droite à l'homme, mais son issue est la voie de la mort. » QUI PARAÎT DROITE ! L'illusion est parfaite ! L'homme voit une route qui semble logique, raisonnable, évidente — et cette route mène à l'abîme !

La deuxième illusion : JE MAÎTRISE LES CONSÉQUENCES. L'homme croit pouvoir anticiper les résultats de ses décisions. Mais Proverbes 16 : 9 renverse cette certitude : « Le cœur de l'homme médite sa voie, mais c'est l'Éternel qui dirige ses pas. » L'ÉTERNEL DIRIGE SES PAS ! L'homme planifie, mais Dieu ordonne. L'homme projette, mais Dieu dispose. Nos calculs les plus sophistiqués ne peuvent pas saisir ce que Dieu voit de Son éternité.

La troisième illusion : JE N'AI PAS BESOIN D'AIDE. C'est l'illusion la plus dangereuse. Celle de l'homme arrivé, accompli, expérimenté, qui n'a plus rien à apprendre et encore moins à demander. Mais Jérémie 17 : 5 foudroie cette autonomie orgueilleuse : « Maudit soit l'homme qui se confie en l'homme, qui prend la chair pour son bras, et dont le cœur se détourne de l'Éternel ! » MAUDIT ! Pas « limité ». Pas « insuffisant ». MAUDIT — coupé de la source, séparé de la vie, abandonné à sa propre pauvreté spirituelle !

3. LA GLOIRE D'UN ABANDON VOLONTAIRE.

L'Abandon Que Dieu Réclame.

Nous arrivons maintenant au cœur du mystère. Car ce que Dieu demande à travers ce verset n'est pas simplement une posture intellectuelle. Ce n'est pas un exercice spirituel parmi d'autres. C'est un acte du cœur, total, délibéré, répété chaque jour — l'acte de remettre entre les mains de Dieu ce que nous voudrions garder dans les nôtres.

Matthieu 16 : 25 révèle le paradoxe fondamental du Royaume : « Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. » CELUI QUI PERDRA SA VIE LA TROUVERA ! Voilà la logique renversée du Royaume ! Ce qui ressemble à une perte est en réalité un gain. Ce qui ressemble à un abandon est en réalité une conquête. Se confier en Dieu de tout son cœur, c'est lâcher ce qui nous semblait nous appartenir pour recevoir ce que Dieu voulait nous donner depuis le début.

L'Abandon Substitué au Contrôle.

Notre culture nous enseigne le contraire de Proverbes 3 : 5. Elle nous dit : sois fort. Sois autonome. Contrôle ta destinée. N'attends rien des autres — et certainement rien d'une puissance invisible. La foi, dans cette perspective, est une béquille pour les faibles, une illusion pour les naïfs.

Mais 2 Corinthiens 12 : 9 révèle la vérité que le monde ne comprend pas : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. » MA PUISSANCE S'ACCOMPLIT DANS LA FAIBLESSE ! Ce n'est pas malgré notre abandon à Dieu que Sa puissance agit — c'est à travers lui ! C'est précisément quand nous cessons de nous appuyer sur notre propre sagesse que Dieu peut déployer la Sienne !

Voilà le paradoxe glorieux de la foi : plus tu lâches, plus tu reçois. Plus tu renonces à ton contrôle, plus Dieu étend le Sien. Plus tu abandonnes ta sagesse, plus Il verse la Sienne. C'est la loi du Royaume, incompréhensible pour l'homme naturel, mais lumineux pour celui qui a goûté à la grâce.

Le Fruit D'Une Confiance Vécue.

Proverbes 3 : 6 — le verset qui suit immédiatement le nôtre — dévoile la promesse attachée à cet abandon : « Reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. » IL APLANIRA TES SENTIERS ! Ce n'est pas la promesse d'une vie sans obstacles. Ce n'est pas la garantie d'un chemin sans aspérités. Mais c'est quelque chose de bien plus précieux : la certitude que Dieu marche devant nous, qu'Il prépare la route, qu'Il guide chaque pas de celui qui Lui fait confiance.

Psaume 23 : 1-3 chante cette réalité avec la joie d'un homme qui l'a vécu : « L'Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles. Il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom. » IL ME CONDUIT ! Ce n'est pas David qui choisit la direction. C'est l'Éternel qui conduit. Et celui qui est conduit par Dieu ne s'égare jamais.

Romains 8 : 28 offre la garantie ultime à ceux qui se confient : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » TOUTES CHOSES CONCOURENT AU BIEN ! Pas quelques choses. Pas les choses agréables. TOUTES — y compris les échecs, les deuils, les portes fermées, les prières qui semblent sans réponse, les chemins qui paraissent dépourvus de sens. Toutes ces choses, dans la main d'un Dieu souverain, travaillent pour le bien de celui qui lui fait confiance.

Bien-aimés, pourquoi Salomon — l'homme le plus sage de son temps — nous dit-il de ne pas nous appuyer sur notre propre sagesse ? Parce qu'il avait fait l'expérience des deux : la confiance en Dieu, et la confiance en lui-même. Et il savait laquelle mène à la vie.

LE CONSTAT QUI OUVRE SUR L'ABANDON GLORIEUX.

Salomon savait que la sagesse humaine, aussi brillante soit-elle, a des angles morts. Il savait que nos projets, aussi bien construits soient-ils, ne voient pas ce que Dieu voit. Il savait que l'homme qui s'appuie sur sa propre compréhension marche à vue — tandis que celui qui se confie en l'Éternel marche dans la lumière d'une sagesse éternelle.

Se confier en l'Éternel de tout son cœur, c'est une décision que l'on doit renouveler chaque matin. Ce n'est pas une posture acquise une fois pour toutes. C'est un acte quotidien, une prière constante, une remise entre les mains de Dieu de tout ce que l'on pourrait croire pouvoir gérer seul.

Si vous êtes encore dans la lutte de la confiance — si vous avez encore du mal à lâcher prise, à ne pas vous appuyer sur vos propres calculs — regardez la vie de ceux qui ont fait ce choix. Abraham, qui a quitté Ur sans savoir où il allait, parce qu'il se fiait à la Parole de Dieu. Joseph, qui a vu toutes ses certitudes s'effondrer — et qui a découvert que Dieu écrivait une histoire plus grande que celle qu'il aurait pu imaginer. Paul, qui a appris dans tous les états où il se trouvait à se contenter — parce qu'il savait que la grâce de Christ suffisait.

Philippiens 4 : 6-7 résume l'invitation et la promesse avec une tendresse qui mérite d'être gravée dans nos cœurs : « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toutes choses faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. » LA PAIX QUI SURPASSE TOUTE INTELLIGENCE ! Voilà ce que donne la confiance totale en Dieu ! Pas une explication. Pas une solution immédiate à tous nos problèmes. Mais une paix que notre intelligence ne peut pas produire — et que rien ne peut lui arracher.

Frères et sœurs, lâchez prise. Non pas dans la résignation passive d'un homme qui abandonne. Mais dans la foi active d'un enfant qui remet sa main dans celle de son Père. Non pas parce que vous ne comprenez plus rien — mais parce que vous avez compris quelque chose d'essentiel : Dieu est plus grand que votre compréhension, plus sage que votre sagesse, plus fidèle que vos certitudes.

Confie-toi en l'Éternel de tout ton cœur. Aujourd'hui. Dans cette situation précise. Dans ce dossier que tu n'arrives pas à résoudre. Dans cette relation que tu ne sais plus comment tenir. Dans cet avenir que tu ne parviens pas à voir clairement. CONFIE-TOI. Non pas en tes forces — mais en Celui dont les forces sont infinies. Non pas en ta sagesse — mais en Celui dont la sagesse a créé les mondes.

Car Ésaïe 40 : 31 a prononcé une promesse qui ne faillit jamais : « Ceux qui se confient en l'Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles ; ils courent, et ne se lassent pas ; ils marchent, et ne se fatiguent pas. »

ILS PRENNENT LE VOL COMME LES AIGLES !

Voilà ce qui attend celui qui lâche sa sagesse pour saisir celle de Dieu. Voilà ce qui attend celui qui abandonne son contrôle pour entrer dans le gouvernement souverain de l'Éternel. Non pas la faiblesse — mais des ailes. Non pas la confusion — mais le renouvellement. Non pas l'épuisement — mais une force qui vient d'en haut et qui ne tarit jamais.

Que cela remplisse vos cœurs d'une confiance renouvelée. Que le souvenir de vos propres impasses vous pousse vers les bras de Celui qui n'a jamais failli. Car vous avez tenté de vous appuyer sur votre sagesse — et Dieu vous appelle maintenant à quelque chose de plus grand : vous appuyer sur Lui.

« Grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable ! »

Oh ! Qu'il en soit ainsi ! Amen et Amen !


samedi 21 février 2026

Le Chef Suprême

« Il l’a déployée en Christ, en Le ressuscitant des morts, et en Le faisant asseoir à sa droite
Dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance,
De toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent,
Mais encore dans le siècle à venir.
Il a tout mis sous ses pieds, et Il l’a donné pour chef suprême à l’Église,
Qui est son corps, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous. »
 
Éphésiens 1 : 20–23.
 
Le Chef Suprême.
Le Roi Couronné et Son Église.
La Souveraineté du Christ Ressuscité et Exalté.

Il existe une question que l'histoire de l'humanité n'a jamais cessé de poser, et que chaque génération reformule à sa façon : Qui gouverne vraiment ? Qui détient le pouvoir ultime ? Derrière les empires qui se lèvent et qui s'effondrent, derrière les idéologies qui enflamment les foules puis disparaissent, derrière les puissances visibles et les forces invisibles qui semblent parfois dicter le cours des événements — qui tient réellement les rênes de l'histoire ?

Le monde propose ses réponses. L'homme fort du moment. La puissance économique dominante. Les structures invisibles du pouvoir que les théoriciens tentent de cartographier sans jamais tout à fait y parvenir. Et dans les périodes de crise — quand les certitudes s'effondrent, quand les institutions vacillent, quand ce qui semblait solide se révèle fragile — cette question revient avec une urgence redoublée : Y a-t-il quelqu'un qui gouverne ? Y a-t-il quelqu'un qui tient ?

Paul répond. Et sa réponse n'est pas une philosophie, pas une idéologie, pas un programme politique. C'est un nom. Un événement. Une réalité historique et cosmique à la fois — la résurrection et l'exaltation de Jésus-Christ à la droite du Père.

Ces quatre versets d'Éphésiens 1 constituent l'un des sommets théologiques de toute l'Écriture. Paul vient de prier pour que les croyants connaissent la grandeur infinie de la puissance de Dieu envers ceux qui croient — et maintenant il leur en donne la démonstration suprême. Non pas dans les étoiles. Non pas dans un miracle spectaculaire. Mais dans un tombeau vide, un matin de Pâques, et dans un trône occupé depuis lors par Celui qui était mort et qui est vivant pour les siècles des siècles.

Quatre mouvements dans ce passage. Quatre affirmations que Paul enchaîne avec la logique souveraine de quelqu'un qui contemple une réalité qui le dépasse — et qui veut, par-dessus tout, que ses lecteurs la saisissent aussi.

1.   La résurrection :

La puissance de Dieu prouvée en Jésus-Christ

Éphésiens 1 :20 ; Romains 1 :4 ; Actes 2 :24 ; 1 Corinthiens 15 :20-22.

« Il l'a déployée en Christ, en Le ressuscitant des morts. »

Paul vient de parler d'une puissance dont il ne trouve pas assez de mots pour la décrire — il a empilé quatre termes grecs différents pour tenter de la cerner. Et maintenant il dit : vous voulez savoir à quoi ressemble cette puissance ? Regardez le tombeau de Joseph d'Arimathie, le matin du premier jour de la semaine. La puissance dont je parle, c'est celle qui a arraché Jésus à la mort.

La résurrection n'est pas simplement le point final d'une belle histoire. Ce n'est pas un symbole, une métaphore ou un encouragement spirituel. C'est un événement — un événement qui a eu lieu dans l'espace et dans le temps, qui a laissé un tombeau vide, qui a transformé des disciples terrifiés et dispersés en témoins prêts à mourir pour ce qu'ils avaient vu. Et cet événement est, selon Paul, la démonstration la plus haute de ce qu'est la puissance de Dieu.

Pourquoi la résurrection est-elle la preuve suprême ? Parce que la mort est l'ennemi ultime. La mort est la frontière que rien ni personne — dans toute l'histoire de l'humanité — n'a pu franchir en sens inverse par sa propre puissance. Les hommes ont vaincu des armées. Ils ont conquis des continents. Ils ont bâti des civilisations et maîtrisé des forces naturelles. Mais devant la mort, toute puissance humaine s'arrête. Elle est le mur que personne ne passe.

Actes 2 :24 dit quelque chose de saisissant — que Dieu a ressuscité Christ en le délivrant des douleurs de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle. Pas possible. La mort a essayé de tenir le Fils de Dieu. Elle n'a pas pu. Comme si l'on tentait d'emprisonner le soleil dans une boîte — l'idée elle-même contient sa propre absurdité. La vie par essence ne peut pas être vaincue par la mort de façon permanente.

Et voici ce que Paul veut que les croyants comprennent — et c'est ce qui fait de ce verset bien plus qu'une affirmation historique : c'est cette même puissance qui est à l'œuvre en nous qui croyons. Ce n'est pas une puissance réservée à Pâques, réservée au Christ, réservée à l'événement fondateur. C'est une puissance qui opère maintenant, aujourd'hui, dans chaque croyant. La puissance qui a vaincu la mort est la puissance qui vous habite.

Ce que cela implique est renversant. Il signifie que devant votre tentation récurrente, la puissance de la résurrection est disponible. Devant votre épreuve qui s'étire, devant votre deuil, devant votre combat intérieur qui dure depuis trop longtemps — la même énergie divine qui a soulevé le Christ d'entre les morts est à votre disposition. Non pas une puissance diminuée, une version réduite, une fraction de ce qu'elle était. La même. Identique. Intégrale.

La résurrection n'est pas un souvenir à commémorer. C'est une puissance à expérimenter.

Mais cette résurrection ne s'est pas arrêtée au tombeau vide. Elle a conduit à quelque chose d'encore plus grand — une exaltation qui a changé l'ordre cosmique de l'univers.

2.   L'exaltation :

L’autorité du Christ établie au-dessus de tout.

Éphésiens 1 :20-21 ; Philippiens 2 :9-11 ; Hébreux 1 :3-4 ; 1 Pierre 3 :22.

« En Le faisant asseoir à Sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. »

Assis. Ce détail mérite qu'on s'y arrête. Dans le Temple de l'Ancienne Alliance, il n'y avait pas de siège pour les sacrificateurs. Ils se tenaient debout — parce que leur travail n'était jamais terminé. Chaque jour, de nouveaux sacrifices. Chaque jour, une dette à régler, une impureté à couvrir, un péché à expier. Le prêtre ne s'asseyait pas parce que l'œuvre n'était pas accomplie.

Mais l'Épître aux Hébreux nous dit que Christ, après avoir offert pour les péchés un seul sacrifice à perpétuité, s'est assis à la droite de Dieu. Il s'est assis. Parce que l'œuvre est accomplie. Parce que le prix est payé en totalité. Parce que là où le sacrificateur humain restait debout dans l'insuffisance perpétuelle de ses offrandes, le Grand Souverain Sacrificateur s'est assis dans la plénitude d'une rédemption parfaite et définitive.

Et il n'est pas assis n'importe où. Il est assis à la droite de Dieu — la position de la puissance maximale, de l'autorité souveraine, de la prérogative royale. Dans les cours des rois de l'Antiquité, s'asseoir à la droite du souverain signifiait partager son pouvoir, exercer son autorité, parler en son nom avec toute la force de sa couronne. Christ est à cette place-là — non pas temporairement, non pas provisoirement, mais pour l'éternité.

Et Paul précise la portée de cette autorité avec une liste qui commence déjà à prendre le souffle : toute domination, toute autorité, toute puissance, toute dignité, tout nom qui se peut nommer. Ces termes désignent dans le monde antique — et notamment dans la cosmologie juive de l'époque — les différentes catégories d'êtres et de pouvoirs qui structurent l'univers. Les puissances angéliques. Les royaumes spirituels. Les autorités humaines. Les forces cosmiques. Tout ce qui, dans le visible et dans l'invisible, détient une forme de pouvoir.

Et Paul dit : Christ est au-dessus de tout cela. Pas légèrement supérieur. Pas premier parmi des égaux. Au-dessus — d'une supériorité absolue, d'une transcendance qui ne souffre aucune concurrence. Philippiens 2 :9-10 le formule avec cette puissance rythmique que l'on sent même dans la traduction : Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre.

Tout genou. Celui des êtres célestes. Celui des puissants de la terre. Celui des puissances des ténèbres. Un jour — le jour que Dieu a fixé dans Son calendrier souverain — toute forme d'autorité, quelle que soit sa nature, rendra hommage à Celui qui est assis à la droite du Père.

Non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. Paul prend soin de couvrir tous les horizons temporels. Cette autorité n'est pas une réalité provisoire — elle ne sera pas remplacée par une puissance plus forte à venir. Elle ne cessera pas. Elle ne sera pas contestée avec succès. Le siècle présent, avec toutes ses turbulences, ses puissances et ses prétentions — Christ est au-dessus. Le siècle à venir, avec tout ce qu'il recèle d'inconnu pour nous — Christ est au-dessus déjà. Son autorité est de l'ordre de l'éternité.

Ce n'est pas une autorité que le croyant espère un jour — c'est une réalité qui existe maintenant, et sur laquelle il peut s'appuyer dès aujourd'hui.

Et cette autorité cosmique, ce règne qui s'étend sur tout l'univers visible et invisible — elle a un rapport direct avec l'Église. C'est là que Paul introduit le tournant le plus stupéfiant de ce passage.

3.   La royauté :

Le Christ souverain donné comme tête à Son Église.

Éphésiens. 1 :22-23 ; Colossiens 1 :18 ; Jean 17 :22-23 ; Matthieu 16 :18.

« Il a tout mis sous ses pieds, et Il l'a donné pour chef suprême à l'Église, qui est son corps, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous. »

Il a tout mis sous ses pieds. L'image est celle du conquérant victorieux qui pose le pied sur la nuque de l'ennemi vaincu — une image de domination totale, utilisée dans les Psaumes pour décrire la victoire royale de l'oint de Dieu. David l'avait anticipée dans le Psaume 110 : « Assieds-toi à Ma droite, jusqu'à ce que Je fasse de tes ennemis ton marchepied. » Ce que le roi-poète avait prophétisé dans les profondeurs de l'Esprit, Paul dit ici qu'il est accompli. Les ennemis sont sous ses pieds. La victoire est acquise.

Mais ce qui suit est d'une tendresse presque inattendue dans ce contexte de puissance absolue. Ce Roi cosmique, ce Souverain au-dessus de tout nom, ce Vainqueur dont tous les ennemis sont sous les pieds — Dieu L'a donné. Non pas imposé. Non pas assigné. Donné — le mot est celui du cadeau, de la grâce, de la faveur accordée librement. Et à qui a-t-Il été donné ? À l'Église.

Arrêtons-nous ici un instant, parce que la portée de cette affirmation est proprement renversante. L'Être le plus puissant de l'univers — Celui qui règne sur les anges et les archanges, sur les trônes et les dominations, sur toute puissance céleste et terrestre — a été donné à une communauté de croyants imparfaits, souvent divisés, parfois défaillants, traversant leurs propres obscurités. Ce Roi n'est pas seulement le Roi de l'univers. Il est leur Roi. Il leur appartient, d'une façon mystérieuse et indissoluble. Il s'est lié à eux.

Et Paul va encore plus loin avec une image qui a scandalisé les théologiens pendant des siècles — au bon sens du terme, celui qui force à s'arrêter et à contempler. L'Église est appelée Son corps. Pas seulement Son institution. Pas seulement Son organisation. Son corps. Avec tout ce que cela implique de relation intime, d'union vitale, d'interdépendance organique.

Le corps ne peut pas vivre sans la tête. Et la tête — dans l'image que Paul emploie — n'est pas simplement un organe parmi d'autres qui dirige les autres : elle est la source de la vie, le centre de la volonté, le principe unificateur de tout l'organisme. Christ est cela pour l'Église. Ce n'est pas l'Église qui donne sa vie à Christ — c'est Christ qui donne Sa vie à l'Église. Ce n'est pas l'Église qui définit sa mission et invite Christ à la soutenir — c'est Christ qui définit Sa mission et déploie Son Église pour l'accomplir.

L'Église n'est pas dirigée par une idéologie, par un programme, par un protocole institutionnel. Elle est dirigée par une Tête vivante — une Tête ressuscitée, exaltée, régnante. Ce que cela signifie pour la vie concrète de toute assemblée est d'une profondeur inépuisable. Cela signifie que l'Église n'est jamais réduite à ce que ses membres humains peuvent produire par leurs propres forces. Elle a accès à la ressource infinie de Celui qui la dirige — à Sa sagesse, à Sa puissance, à Son amour.

Et Paul ajoute le terme le plus audacieux de tout ce passage : l'Église est la plénitude de Celui qui remplit tout en tous. La plénitude. Ce mot-là a fait couler beaucoup d'encre, et à juste titre — car il désigne ce qui remplit, ce qui complète, ce qui accomplit. Dans un sens, l'Église est ce à travers quoi Christ manifeste Sa plénitude dans le monde. Elle est le lieu, le vecteur, l'instrument par lequel Celui qui remplit tout en tous choisit de Se rendre visible et tangible dans l'histoire humaine.

Ce n'est pas un compliment adressé à l'Église pour lui faire oublier ses faiblesses. C'est une vocation — exigeante, vertigineuse — qui la place au cœur du projet de Dieu pour le monde. L'Église n'est pas une structure parmi d'autres dans le tissu de la société humaine. Elle est le corps du Roi des rois, l'instrument de la plénitude divine, la communauté à travers laquelle le Seigneur de l'univers choisit d'agir dans le monde.

L'Église est petite aux yeux du monde, mais elle est grande aux yeux de Celui qui la dirige — parce qu'elle est habitée par Celui qui remplit tout en tous.

Bien-aimés en Jésus-Christ ; Frères Sœurs dans la foi,

Ephésiens 1 :20-23 est comme une montagne dont on découvre l'altitude en la gravissant. Au pied, on voit le tombeau vide — la puissance de Dieu prouvée dans la résurrection. En montant, on aperçoit le trône — l'autorité de Christ établie au-dessus de tout nom, de toute puissance, de tout ce qui existe. Et au sommet, on découvre quelque chose d'inattendu — non pas un Roi distant et inaccessible dans Sa gloire solitaire, mais un Roi qui S'est lié à une communauté, qui S'est donné à un corps, qui choisit d'accomplir Son règne à travers les siens.

Ce passage change la façon dont on perçoit le monde. Car si Christ règne au-dessus de toute domination et de toute autorité — si aucune puissance présente, ni à venir ne peut dépasser Son autorité — alors le croyant peut traverser l'histoire sans être écrasé par elle. Les empires passent. Les idéologies s'effondrent. Les puissances qui semblaient invincibles finissent par plier. Mais le Règne du Christ, lui, n'a pas de fin.

Ce passage change aussi la façon dont on perçoit l'Église. Car si l'Église est le corps de Christ — l'instrument de Sa plénitude dans le monde — alors elle ne peut pas être regardée avec l'œil méprisant que le monde lui porte parfois, ni même avec le découragement que ses membres peuvent ressentir face à ses imperfections manifestes. L'Église n'est pas grande par ses propres mérites. Elle est grande par la grandeur de Celui qui l'habite, qui la dirige et qui agit à travers elle.

Et ce passage change enfin la façon dont on se perçoit soi-même. Car être membre de ce corps, c'est être uni au Roi que Paul décrit ici. La même puissance qui a ressuscité Christ, la même autorité qui s'étend sur tout l'univers — c'est votre Tête. C'est Celui à qui vous appartenez. Vous ne marchez pas dans ce monde comme des orphelins cherchant un appui introuvable. Vous marchez comme les membres d'un corps dont la Tête règne sur tout.

Vivez donc à la hauteur de ce que vous êtes. Non pas dans l'arrogance — mais dans la confiance. Non pas dans la prétention — mais dans la foi. Car le Roi est ressuscité. Le Roi est exalté. Le Roi règne. Et ce Roi-là est votre tête. Il est Vôtre. Rien, ni personne ne peut efficacement, s'y opposer.

A Dieu soit la gloire ! Oh ! Qu’il en soit ainsi. Amen et Amen.

 


vendredi 20 février 2026

De l'Émerveillement à l'Adoration

Dieu Tout-Puissant.

De l'Émerveillement à l'Adoration.

Psaume 8 ; Romains 8 :15-17; Apocalypse 5 :12-13.

Il y a des moments où la théologie cesse d'être un exercice intellectuel et devient un acte d'adoration. Des moments où l'on n'argumente plus ; on contemple. Où l'on ne démontre plus ; on s'incline. Des moments où la grandeur de Dieu, entrevue ne serait-ce qu'une fraction de seconde, suffit à réduire au silence tout ce que l'on croyait avoir à dire.

Ce cantique est né dans l'un de ces moments. Un homme face à la création ; le ciel d'azur au-dessus de sa tête, le tonnerre grondant dans le lointain, la lumière du matin se levant sur les montagnes ; et quelque chose en lui qui s'effondre devant la majesté de ce qu'il voit. De tout mon être alors s'élève un chant : Dieu tout-puissant, que Tu es grand. Pas une argumentation. Pas une démonstration. Un chant. Un cri du cœur arraché par une réalité trop grande pour rester silencieux.

Mais ce cantique ne s'arrête pas à la création. Il va plus loin ; infiniment plus loin. De la grandeur de Dieu dans l'univers, il passe à la grâce de Dieu dans la rédemption. Et de la grâce de Dieu dans la rédemption, il s'élève jusqu'à la gloire de Dieu dans l'éternité. Trois mouvements. Trois émerveillements successifs, dont chacun est plus stupéfiant que le précédent. Car si la création révèle le Dieu grand, la croix révèle le Dieu bon ; et l'éternité révèlera le Dieu dont rien, absolument rien, n'est plus grand que l'amour.

Ce matin, laissons ce cantique faire son œuvre en nous. Non pas comme un beau texte à admirer de loin, mais comme une invitation à traverser ; de l'émerveillement à l'adoration, de l'adoration à l'espérance, et de l'espérance à la louange éternelle.

1.

La grandeur de Dieu révélée dans la création : l'émerveillement du créé

Psaume 19 :1-2 ; Psaume 8 :1-4 ; Romains 1 :19-20 ; Job 38 :4-7.

« Quand mon cœur considère tout l'univers créé par Ton pouvoir, le ciel d'azur, les éclairs, le tonnerre, le clair matin ou les ombres du soir. »

Le cantique commence par un geste d'une grande sobriété : considérer. Non pas regarder distraitement, l'œil glissant sur le paysage sans s'y arrêter. Mais considérer, s'arrêter, regarder vraiment, laisser entrer ce que l'on voit jusqu'au fond de soi. C'est cet acte-là qui déclenche tout le reste. Car la création ne livre pas ses secrets à celui qui la traverse en courant. Elle les réserve à celui qui prend le temps de s'arrêter et de regarder.

David avait fait ce geste. Dans le Psaume 8, il lève les yeux vers le ciel nocturne — la lune, les étoiles, les espaces infinis, et quelque chose se produit en lui. Non pas d'abord de l'émerveillement pour l'univers, mais une question sur lui-même : Qu'est-ce que l'homme, pour que Tu te souviennes de lui ? La grandeur de la création l'a rendu conscient de sa propre petitesse. Et dans cette petitesse, il a entendu quelque chose d'encore plus stupéfiant, que ce Dieu immense daignait l'avoir à cœur.

Mais commençons par la création elle-même, parce que le cantique y insiste. Le ciel d'azur, les éclairs, le tonnerre, le clair matin ou les ombres du soir. Ce sont des réalités que chacun d'entre nous a contemplées ; parfois sans y prêter attention, parfois avec cette brève sensation d'être en face de quelque chose qui nous dépasse. L'orage qui éclate dans un ciel d'été. Le lever du soleil sur la mer. Le silence des étoiles par une nuit claire. Ces moments où, même sans vocabulaire théologique, l'homme sent qu'il est face à quelque chose d'infiniment plus grand que lui.

Paul l'a dit avec une rigueur remarquable en Romains 1 :19-20 : « Ce qu'on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, Sa puissance éternelle et Sa divinité, se voient comme à l'œil nu depuis la création du monde, quand on les considère dans Ses ouvrages. » La création est un langage. Non pas un langage qui dit tout sur Dieu ; mais un langage qui dit assez pour faire tomber les prétentions de l'autosuffisance humaine. Assez pour provoquer l'interrogation. Assez pour indiquer la direction.

Et quand Dieu Lui-même prend la parole dans le livre de Job, face à un homme écrasé par la souffrance et les questions sans réponse, Il ne commence pas par une explication théologique. Il commence par une visite guidée de l'univers : « Où étais-tu quand J'ai posé les fondements de la terre ? Qui a mis la pierre angulaire, quand les étoiles du matin chantaient en chœur ? » Ce n'est pas de la cruauté divine. C'est la thérapie la plus puissante qui soit ; rappeler à l'homme la distance entre ce qu'il est et ce qu'est Dieu, non pour l'écraser, mais pour l'ancrer dans la réalité.

Car voilà ce que produit la contemplation honnête de la création : elle remet les choses à leur place. Elle redimensionne nos angoisses. Elle remet nos prétentions à leur juste taille. L'homme qui a vraiment contemplé l'immensité du ciel étoilé rentre chez lui différent — non pas écrasé, mais libéré d'une certaine arrogance qui le tenait prisonnier. Libéré de l'illusion qu'il est le centre de tout.

De tout mon être alors s'élève un chant : Dieu tout-puissant, que Tu es grand. Ce chant-là ne s'apprend pas ; il monte. Il monte de celui qui a vraiment regardé, qui a vraiment considéré, qui a laissé la réalité de la puissance divine l'atteindre au plus intime de lui-même. C'est le premier mouvement de l'adoration : la conscience que Dieu est grand, et que cette grandeur mérite une réponse totale ; de tout mon être.

Mais la création, aussi magnifique soit-elle, ne dit pas tout. Elle dit la puissance. Elle dit la sagesse. Elle dit la majesté. Ce qu'elle ne peut pas dire seule, c'est l'amour. Ce qu'elle ne peut pas révéler par elle-même, c'est que ce Dieu immense, ce Dieu dont le tonnerre gronde et dont les étoiles sont l'œuvre des doigts ; a pensé à vous.

Et c'est là que le cantique franchit le seuil qui sépare l'émerveillement de la stupeur.

2.

La bonté de Dieu révélée dans la rédemption :

La stupeur du racheté.

Jean 1 :14 ; Romains 8 :15-17 ; Galates 4 :4-7 ; Éphésiens 1 :5-7.

« Mais quand je songe au sublime mystère qu'un Dieu si grand a pu penser à moi, que Son cher Fils est devenu mon frère, et que je suis l'héritier du grand Roi. »

Remarquez le mot qui introduit cette deuxième strophe : mais. Ce n'est pas une transition ordinaire. C'est un pivot. Comme si le cantique disait : tout ce qui précède est beau, tout ce qui précède est vrai ; mais il y a quelque chose de plus stupéfiant encore. Quelque chose qui dépasse la création comme le soleil dépasse une bougie.

Un Dieu si grand a pu penser à moi. Voilà ce qui est proprement scandaleux. Scandaleux au sens fort du terme ; quelque chose qui choque, qui dérange, qui ne devrait pas être possible et qui est pourtant réel. Que le Dieu dont la puissance a formé les galaxies, dont la sagesse a structuré l'ADN de chaque créature vivante, dont la gloire remplit les cieux ; que ce Dieu-là ait posé Son regard sur un homme, sur une femme, sur vous, sur moi ; et que ce regard ne soit pas un regard de juge implacable, mais un regard d'amour.

Le Psaume 8 pose la question avec cette acuité qui ne vieillit jamais : « Qu'est-ce que l'homme, pour que Tu te souviennes de lui ? » C'est la bonne question. Pas une question désespérée — une question émerveillée. Non pas : pourquoi Dieu ne S'intéresse-t-Il pas à moi ? Mais : comment est-il possible qu'Il s'y intéresse ? Car il n'y a aucune logique humaine qui puisse l'expliquer. Aucune proportion. Aucun mérite de notre part qui justifierait l'intérêt d'un tel Dieu.

Et pourtant. Son cher Fils est devenu mon frère. Jean 1 :14 dit : « La Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous. » Celui par qui tout a été créé ; sans Lui rien de ce qui a été fait n'a été fait ; a pris chair humaine. Il a eu froid. Il a eu faim. Il a pleuré. Il a été incompris. Il a été trahi. Et Il est mort ; d'une mort que nous aurions dû mourir, à la place de ceux qui L'ont cloué, pour les sauver eux aussi.

C'est ce que Paul appelle en Éphésiens 3 le mystère caché depuis les siècles ; et il passe sa vie à l'annoncer avec l'énergie de celui qui n'en revient toujours pas. Car Paul lui-même n'en est jamais revenu. Lui qui avait persécuté l'Église, lui qui avait cru servir Dieu en traquant les chrétiens, lui qui avait été présent à la mort d'Étienne ; cet homme-là a été saisi par la grâce sur le chemin de Damas. Et jusqu'à la fin de sa vie, chaque lettre qu'il écrit porte la trace de cette stupeur-là.

Et que je suis l'héritier du grand Roi. Le cantique monte encore d'un cran. Non seulement Dieu a pensé à nous. Non seulement Son Fils est devenu notre frère. Mais nous sommes « héritiers. » Paul l'explique en Romains 8 :15-17 avec cette précision qui devrait nous faire tomber à genoux : « Vous avez reçu un Esprit d'adoption, par Lequel nous crions : Abba, Père ! L'Esprit Lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ. »

Cohéritiers de Christ. Pensez à ce que cela signifie. Ce n'est pas un titre honorifique vide de substance. C'est une réalité juridique et spirituelle inscrite dans les registres du ciel. Tout ce qui appartient au Fils vous appartient par adoption. Non pas parce que vous l'avez mérité. Non pas parce que vous êtes à la hauteur. Mais parce que le Père, dans Sa grâce souveraine, a décidé de vous intégrer à Sa famille.

Et cette réalité-là change la façon dont on vit. Elle change le regard qu'on porte sur la souffrance ; parce que l'on sait que la souffrance présente ne peut être comparée à la gloire à venir. Elle change le rapport à l'argent et aux biens de ce monde ; parce que l'on sait que l'héritage essentiel n'est pas ici. Elle change la façon dont on se traite soi-même ; parce que l'enfant d'un Roi n'a pas à vivre dans la honte et dans la condamnation.

Alors mon cœur veut dire la nuit, le jour : que Tu es bon, ô Dieu d'amour. C'est le second mouvement de l'adoration. Non plus seulement Tu es grand ; mais Tu es bon. Ce n'est pas un progrès anodin. C'est une révolution intérieure. Car il y a des gens qui savent que Dieu est grand et qui en ont peur. Qui reconnaissent Sa puissance et s'en tiennent à distance, comme on se tient à distance d'une force que l'on ne comprend pas et dont on ne sait pas si elle est pour nous ou contre nous.

Mais celui qui a compris la croix sait que cette grandeur est au service de cet amour. Que cette toute-puissance est mobilisée pour le bien de Ses enfants. Que derrière le tonnerre se tient un Père ; non pas un tyran capricieux, mais un Père dont la bonté est aussi réelle et aussi profonde que Sa puissance est immense.

Tu es bon, ô Dieu d'amour. Ce n'est pas une conclusion à laquelle on arrive par raisonnement. C'est une confession que l'on fait après avoir contemplé la croix. Après avoir compris que le Fils de Dieu est mort pour vous alors que vous étiez encore pécheurs. Après avoir réalisé que l'accès au Père ne vous a pas été vendu, mais donné ; au prix du sang de Christ, gracieusement offert à ceux qui n'avaient rien à donner en retour.

Mais le cantique n'en a pas fini. Il y a un troisième émerveillement ; le plus grand de tous. Et celui-là, nous n'en avons encore fait qu'entrevoir les prémices.

3.

La gloire de Dieu révélée dans l'éternité :

L’adoration de l'être glorifié.

Apocalypse 5 :12-13 ; 1 Corinthiens 13 :12 ; 1 Jean 3 :2 ; Apocalypse 21 :3-4.

« Quand mon Sauveur, éclatant de lumière, se lèvera de Son trône éternel, et que laissant les douleurs de la terre, je pourrai voir les splendeurs de Son ciel. »

Il y a quelque chose de remarquable dans la structure de ce cantique : il commence dans le présent ; quand mon cœur considère ; et il aboutit dans l'avenir. Non pas un avenir vague et flou, une sorte d'espoir mal défini. Mais un avenir précis, certain, attendu ; le retour du Sauveur, la fin des douleurs de la terre, la contemplation directe et sans voile des splendeurs de Son ciel.

Quand mon Sauveur, éclatant de lumière, se lèvera de Son trône éternel. L'Écriture parle de ce moment avec une intensité qui croît au fil des pages, jusqu'à l'explosion lumineuse de l'Apocalypse. L'Ascension n'est pas la fin de l'histoire de Jésus ; c'est une pause. Une pause pendant laquelle le Roi absent gouverne Son royaume, pendant laquelle Son Esprit travaille dans le monde, pendant laquelle Ses enfants marchent par la foi et non par la vue. Mais cette pause prendra fin. Il reviendra ; non plus humble et couvert des marques de la croix, qui rappelleront le plus grand acte d’amour, mais éclatant de lumière, dans toute la splendeur de Sa gloire royale.

Et pour nous : laissant les douleurs de la terre. Oh ! spectacle sublime ! Non, non : Ce n'est pas une fuite. C'est une délivrance. Le croyant n'est pas quelqu'un qui cherche à échapper à la réalité du monde ; il est quelqu'un qui traverse cette réalité, avec ses douleurs et ses contradictions, en sachant que ces douleurs ne sont pas le dernier mot. Apocalypse 21 le dit avec une douceur bouleversante : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »

Les premières choses ont disparu. Cela signifie que tout ce qui appartient à ce monde brisé par le péché ; la maladie, le deuil, l'injustice, la séparation, la souffrance ; tout cela a une date d'expiration. Ce n'est pas éternel. Ce qui est éternel, c'est ce que Dieu prépare pour les siens. Et ce que Dieu prépare est si grand que Paul dit en Romains 8 :18 que les souffrances du temps présent ne méritent même pas d'être comparées à la gloire qui sera révélée.

Je pourrai voir les splendeurs de Son ciel. Paul écrit en 1 Corinthiens 13 :12 : « Aujourd'hui nous voyons dans un miroir, de façon obscure, mais alors nous verrons face à face. Aujourd'hui je connais partiellement, mais alors je connaîtrai pleinement, comme j'ai été pleinement connu. » Toute notre connaissance de Dieu ici-bas, aussi profonde soit-elle, est une connaissance partielle. Nous apercevons Sa gloire par intermittence ; dans Sa Parole, dans la prière, dans les moments de Sa présence manifestée. Mais un jour, ce voile-là disparaîtra. Nous Le verrons tel qu'Il est. Et Jean dit que ce face-à-face aura un effet immédiat : nous serons semblables à Lui.

L'Apocalypse nous donne une image sonore de ce moment ; ce que l'éternité ressemblera à l'oreille. Jean entend la voix d'une foule immense, comme le bruit de grandes eaux, et comme le bruit de forts tonnerres, disant : Alléluia, car le Seigneur notre Dieu Tout-Puissant est entré dans Son règne. Des millions de voix. Toutes les voix de tous les rachetés de tous les siècles et de toutes les nations. Et elles chantent toutes la même chose ; non pas leurs propres mérites, non pas leurs propres histoires, mais la gloire de Celui qui les a sauvés.

Je redirai dans Son divin séjour : rien n'est plus grand que Ton amour. Voilà la destination finale du cantique. Non plus Tu es grand ; même si c'est vrai. Non plus Tu es bon — même si c'est correct aussi. Mais rien n'est plus grand que Ton amour. C'est le chant de l'éternité. C'est la louange que l'on ne prononcera jamais assez, celle qui ne s'épuisera jamais, celle qui sera aussi fraîche dans dix mille ans qu'au premier instant de la gloire.

Car l'amour de Dieu est la seule réalité qui soit à la hauteur de Sa grandeur. Sa puissance est impressionnante. Sa sagesse est insondable. Sa sainteté est absolue. Mais Son amour ; un amour qui a conduit le Fils dans la chair, jusqu'à la croix, jusqu'à la mort, pour racheter des créatures rebelles ; cet amour-là est la révélation la plus haute de qui Il est.

Et ce chant-là, nous pouvons commencer à le chanter maintenant. Non pas encore dans sa plénitude ; mais dans ses prémices. Chaque fois que nous contemplons la création et disons Tu es grand. Chaque fois que nous contemplons la croix et disons Tu es bon. Chaque fois que nous levons les yeux vers ce qui nous attend et disons rien n'est plus grand que Ton amour.

Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et Sœurs dans la foi,

Ce cantique est un pèlerinage en trois étapes. Il part du visible ; la création, le ciel d'azur, le tonnerre ; et il monte vers l'invisible. Il part de ce que les yeux du corps perçoivent et il conduit vers ce que seuls les yeux du cœur illuminé peuvent voir. Il part de l'émerveillement devant la puissance de Dieu et il aboutit à la stupeur devant Son amour.

Et chaque étape approfondit la précédente. La création révèle un Dieu grand ; mais ce n'est pas assez. On peut être impressionné par la grandeur de Dieu sans être transformé par elle. La rédemption révèle le Dieu bon ; le Dieu qui a pensé à vous, qui a envoyé Son Fils pour vous, qui vous a fait héritier de tout. Et l'éternité révèlera le Dieu dont l'amour n'a pas de mesure ; et devant lequel toute la création réunie, ne sera qu'un prélude au chant final.

Peut-être êtes-vous ici ce matin et votre regard s'est rétréci. Les douleurs de la terre ont pris toute la place. Les soucis, les épreuves, les questions sans réponse ont rempli l'horizon et vous avez cessé de lever les yeux. Ce cantique est une invitation à considérer à nouveau. À regarder la création et à laisser monter le chant de l'émerveillement. À regarder la croix et à laisser monter le chant de la reconnaissance. À regarder l'avenir promis et à laisser monter le chant de l'espérance.

Car celui qui a compris que rien n'est plus grand que l'amour de Dieu marche différemment dans ce monde. Il n'est pas naïf face à la souffrance ; il la connaît et il la traverse. Mais il la traverse ancré. Ancré dans la certitude que le Dieu dont la puissance a créé l'univers, a décidé, dans Son amour souverain, d'être pour lui. Et que si Dieu est pour lui, rien, ni personne, ne peut être, efficacement contre lui.

Dieu Tout-puissant, que Tu es grand. Que Tu es bon. Que Ton amour est sans mesure.

Vivons-en. Et chantons-en ; maintenant, et pour l'éternité.

A Dieu soit la gloire ! Oh ! qu’il en soit ainsi ! Amen et Amen.