« Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera
du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous
mesurez. »
Matthieu 7 :1-2.
Galates 5 :22-23.
« Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. »
Galates 6 :1.
Le Dilemme qui Confronte l'Église.
Imaginez... Une
communauté chrétienne divisée. D'un côté, ceux qui pointent du doigt chaque
erreur, qui condamnent sans merci, qui se drapent dans une pureté apparente
tout en cachant leurs propres failles. De l'autre, ceux qui au nom de l'amour,
acceptent tout, tolèrent tout, au point de perdre toute notion de vérité et de
sainteté.
Entre ces deux
extrêmes, le peuple de Dieu se perd. Certains deviennent des pharisiens
modernes, experts en jugement mais étrangers à la grâce. D'autres deviennent
des compromis ambulants, si ouverts que leur foi se dilue dans un relativisme
moral.
Et au milieu de
cette confusion, une question brûlante s'impose : Quelle attitude devons-nous
adopter face au péché d'autrui, face aux erreurs de nos frères, face aux
faiblesses de ceux qui nous entourent ?
Devons-nous brandir
l'étendard de la justice avec une rigueur impitoyable ? Ou devons-nous
embrasser une tolérance sans limites qui efface toute frontière entre le bien
et le mal ?
Bien-aimés, la
réponse ne se trouve ni dans l'hypocrisie qui condamne, ni dans la tolérance
aveugle qui approuve tout. Elle se trouve dans ce que j'appelle la tolérance
intelligente — une attitude qui marie la vérité et la grâce, la fermeté et
la compassion, la sainteté et la miséricorde.
Aujourd'hui, nous
allons explorer ces deux chemins opposés pour découvrir la voie étroite que
Christ nous appelle à emprunter.
Parlons Premièrement
de L'Hypocrisie Manifestée :
Le Poison qui
Détruit l'Église.
Car rien ne fait
plus de dégâts dans le corps de Christ que le jugement sans miséricorde et
l'arrogance spirituelle.
1. Le masque de la
piété qui cache la corruption intérieure.
L'hypocrisie, c'est
jouer un rôle. C'est afficher une sainteté extérieure tout en abritant la
pourriture à l'intérieur. Jésus a réservé Ses paroles les plus dures non pour
les pécheurs notoires, mais pour les hypocrites religieux.
« Malheur à vous,
scribes et pharisiens hypocrites ! Vous ressemblez à des sépulcres blanchis,
qui paraissent beaux au-dehors, mais qui, au-dedans, sont pleins d'ossements de
morts et de toute espèce d'impuretés. » Matthieu 23 :27.
L'hypocrite condamne
l'adultère du voisin tout en nourrissant la convoitise dans son cœur. Il
dénonce l'orgueil des autres tout en se gonflant de sa propre justice. Il
pointe du doigt les faiblesses d'autrui pour mieux cacher les siennes.
Cette attitude ne
vient pas de Dieu. Elle vient de l'ennemi qui cherche à diviser l'Église, à
créer des castes spirituelles où certains se croient supérieurs et d'autres
sont écrasés sous le poids de la condamnation.
2. La paille et la
poutre : l'aveuglement sélectif.
Matthieu 7 :3-5
expose cette tragédie : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton
frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? »
L'hypocrite a une
vision microscopique pour les péchés des autres et une vision myope pour les
siens. Il est prompt à juger, lent à se remettre en question. Il mesure les
autres avec une règle stricte et lui-même avec une générosité complaisante.
Cette attitude crée
des communautés toxiques où personne n'ose être authentique, où chacun porte un
masque, où la grâce est remplacée par la performance religieuse.
3. La condamnation
qui éloigne au lieu de restaurer.
Jacques 2 :13 nous
avertit : « Le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde.
»
Quand nous jugeons
avec dureté, nous oublions que nous-mêmes avons été sauvés par grâce. Nous
devenons comme le serviteur impitoyable de Matthieu 18, à qui on a remis une
dette énorme mais qui refuse de pardonner une petite dette à son compagnon.
L'hypocrisie
manifestée détruit des vies. Elle pousse les blessés loin de l'Église. Elle
transforme la maison de Dieu en tribunal où la condamnation règne au lieu de la
restauration.
4. L'orgueil
spirituel qui précède la chute.
Proverbes 16 :18
nous met en garde : « L'orgueil précède la chute, et l'arrogance précède la
ruine. »
Celui qui juge sans
miséricorde se place sur un piédestal dangereux. Il oublie que « celui qui
croit être debout prenne garde de tomber » 1 Corinthiens 10 :12. L'histoire
biblique et l'histoire de l'Église regorgent d'exemples de ceux qui
condamnaient publiquement les péchés qu'ils commettaient secrètement.
L'hypocrisie n'est
pas simplement un défaut de caractère. C'est une attitude spirituellement
mortelle qui détruit la crédibilité de notre témoignage et fait obstacle à
l'œuvre de Dieu.
Alors, Quelle Est
l'Alternative ?
La Tolérance
Intelligente : L'Équilibre Biblique.
Car la véritable
sagesse n'est ni dans la rigueur sans amour, ni dans l'amour sans vérité.
1. La tolérance
intelligente reconnaît sa propre fragilité.
Galates 6 :1 nous
instruit : « Si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes
spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de
peur que tu ne sois aussi tenté. »
La tolérance
intelligente commence par l'humilité. Elle reconnaît que nous sommes tous des
pécheurs sauvés par grâce, que nous portons tous des faiblesses, que nous
sommes tous vulnérables à la tentation.
Cette conscience ne
nous empêche pas d'appeler le péché par son nom, mais elle nous donne une
compassion profonde pour celui qui trébuche. Nous n'approchons pas le frère
tombé avec un bâton de condamnation, mais avec une main tendue de restauration.
2. La tolérance
intelligente marie la vérité et la grâce.
Jean 1 :14 nous
révèle que Jésus est « plein de grâce et de vérité ». Pas l'un sans l'autre. Les
deux ensembles, dans un équilibre parfait.
La vérité sans grâce
devient du légalisme brutal qui écrase. La grâce sans vérité devient du
sentimentalisme mou qui excuse tout. Mais quand les deux se rencontrent, elles
produisent la transformation.
Jésus n'a pas dit à
la femme adultère : « Ce que tu fais n'est pas grave, continue. » Il a dit : «
Je ne te condamne pas. Va, et ne pèche plus. » Jean 8 :11. Grâce et vérité.
Pardon et appel à la sainteté.
La tolérance
intelligente refuse de minimiser le péché, mais elle refuse également de
maximiser la condamnation. Elle dit la vérité dans l'amour Éphésiens 4 :15.
3. La tolérance intelligente discerne
entre accepter la personne
Et approuver le péché.
Il y a une
différence fondamentale entre aimer quelqu'un et approuver ses choix. Jésus a
mangé avec les pécheurs, mais Il ne les a jamais confortés dans leur péché. Il
les a aimés jusqu'à la transformation.
La tolérance
intelligente crée un espace sûr où les gens peuvent être honnêtes sur leurs
luttes sans craindre le rejet, tout en maintenant un appel clair à la sainteté.
Elle distingue l'identité du comportement. Nous aimons la personne
inconditionnellement, mais nous ne faisons pas de compromis avec la vérité
biblique.
Cette attitude
permet à l'Église d'être à la fois un hôpital spirituel où les blessés trouvent
la guérison et une école de sainteté où les disciples sont formés.
4. La tolérance
intelligente restaure avec patience.
Jacques 5 :19-20
nous encourage : « Mes frères, si quelqu'un parmi vous s'est égaré loin de la
vérité, et qu'un autre l'y ramène, qu'il sache que celui qui ramènera un
pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira
une multitude de péchés. »
Le but n'est jamais
la condamnation. Le but est toujours la restauration. Nous ne pointons pas du
doigt pour humilier, nous tendons la main pour relever.
Cette restauration
prend du temps. Elle demande de la patience, de la prière, de l'accompagnement.
Elle refuse les solutions rapides et superficielles. Elle s'engage dans le
processus long et difficile de la transformation par la grâce.
Le Rôle de l'Église
:
Être une Communauté
de Grâce et de Vérité.
Nous ne sommes pas
appelés à être des juges implacables ni des spectateurs passifs.
1. Créer une culture
de confession et de pardon.
Jacques 5 :16 nous
exhorte : « Confessez vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les
autres, afin que vous soyez guéris. »
Une Église saine est
une Église où les gens peuvent être authentiques, où les masques tombent, où la
vulnérabilité est accueillie, non punie. Quand nous créons cet espace de grâce,
les gens n'ont plus besoin de cacher leurs luttes. Ils peuvent les apporter à
la lumière où la guérison devient possible.
2. Exercer la
discipline avec amour.
1 Corinthiens 5 et
Matthieu 18 nous enseignent que la discipline ecclésiale existe, mais son but
n'est jamais la destruction, toujours la restauration. Elle est le dernier
recours, non le premier réflexe. Elle est exercée avec chagrin, non avec
satisfaction. Et elle vise toujours le retour du frère égaré.
La discipline sans
amour devient de l'abus. L'amour sans discipline devient de la négligence.
L'Église qui aime vraiment sait quand encourager, quand corriger, et quand,
dans les cas extrêmes, établir des limites fermes pour protéger le corps.
3. Modéliser la
grâce par notre propre transparence.
Si nous voulons que
notre communauté soit un lieu de grâce, nous devons nous-mêmes être
transparents sur nos luttes. Les leaders qui prétendent être parfaits créent
des communautés hypocrites. Les leaders qui avouent humblement leurs faiblesses
tout en poursuivant la sainteté créent des communautés de grâce.
Paul a dit : « Soyez
mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ » 1 Corinthiens 11 :1.
Imitons Christ dans Sa vérité. Imitons Christ dans Sa grâce.
La Justice Finale :
Laissons à Dieu le
Jugement Ultime.
Romains 12 :19 nous
rappelle : « Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la
colère ; car il est écrit : À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le
Seigneur. »
Nous ne sommes pas
les juges finaux. Nous sommes des témoins de la grâce. Un jour, Dieu établira
toute justice. Un jour, tout sera mis en lumière. Mais en attendant ce jour,
notre rôle est d'aimer, de pardonner, de restaurer, de témoigner.
Si nous prenons sur
nous le rôle de juge suprême, nous usurpons la place de Dieu. Mais si nous
adoptons la tolérance intelligente, nous devenons Ses instruments de
réconciliation.
Alors, Quelle
Attitude Adopter ?
Ni l'hypocrisie
manifestée qui condamne sans miséricorde. Ni la tolérance
aveugle qui approuve tout sans discernement. Mais la tolérance
intelligente qui marie la vérité et la grâce.
Cette attitude
reconnaît que nous sommes tous des pécheurs en chemin vers la sainteté. Elle
refuse de juger avec arrogance tout en refusant de faire des compromis avec la
vérité. Elle aime inconditionnellement tout en appelant à la transformation.
Elle restaure avec patience tout en maintenant des standards bibliques.
Peuple de Dieu, nous
sommes appelés à être le reflet de Christ. Et Christ n'était ni un pharisien
rigide ni un relativiste moral. Il était la grâce incarnée et la vérité
vivante.
Quand vous voyez
votre frère trébucher, ne vous élevez pas au-dessus de lui avec mépris.
Descendez à ses côtés avec compassion. Relevez-le avec douceur. Priez pour lui
avec ferveur. Car demain, c'est peut-être vous qui aurez besoin de cette même
grâce.
Que notre Église
soit connue non pour son jugement impitoyable, mais pour sa grâce
transformatrice. Non pour son hypocrisie religieuse, mais pour son authenticité
spirituelle. Non pour sa tolérance complaisante, mais pour sa tolérance
intelligente qui conduit à la vie.
Soyez comme Christ.
Plein de grâce. Plein de vérité. Et vous verrez des vies transformées, des
communautés restaurées, et un témoignage qui attire les perdus vers le Sauveur.
Oh ! Qu'il en soit
ainsi ! Amen et Amen.