Jésus-Christ : le seul Sauveur

...ce témoignage, c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. 1 Jean 5:11-13



lundi 6 avril 2026

La Course des Témoins

« Jésus lui dit : Ne me touche pas ; car Je ne suis pas encore monté vers Mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que Je monte vers Mon Père et votre Père, vers Mon Dieu et votre Dieu. Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur, et qu'Il lui avait dit ces choses. »

Jean 20 : 17-18

La Course des Témoins.

Les Témoins Oculaires.

Les Témoins de Foi.

Les Témoins Éternels.

   

Il est des matins que l'histoire n'oublie jamais. Des matins où le ciel hésite entre la nuit et la lumière, où la terre retient son souffle, et où un seul être humain porte, dans l'étroitesse de sa poitrine, le poids d'un deuil que le monde entier devrait partager.

Le Silence du Jardin.

   

Le drame le plus profond de l'histoire humaine.

     Imaginez un instant ce jardin, à l’aube du premier jour de la semaine. La rosée couvre encore les pierres. Les soldats, vaincus par leur propre peur, ont fui comme des ombres. Le sceau de Rome — symbole de la puissance la plus absolue de son époque — gît, brisé dans la poussière. Et une femme marche, seule, dans l’obscurité qui précède l’aurore. Elle marche vers un tombeau. Elle marche avec des aromates dans les mains et des larmes plein les yeux, convaincue que Son Seigneur n’est plus qu’un souvenir précieux que la mort a enfermé pour toujours dans le silence de la pierre.

     C’est la tragédie la plus complète que l’âme humaine puisse concevoir : aimer infiniment Quelqu’un, L’avoir vu mourir dans l’ignominie d’une croix, et se retrouver le troisième matin à chercher même Son corps — car on ne Lui accorde plus le droit d’exister, fût-ce dans la mort. Marie de Magdala n’allait pas au jardin pour rencontrer un vivant. Elle allait accomplir les rites funèbres d’une espérance morte. Elle allait, comme tant d’êtres humains avant et après elle, rendre un dernier hommage à ce qu’elle avait aimé et perdu.

     Mais voici le paradoxe fulgurant de l’Évangile : c’est précisément dans ce jardin de larmes, à l’heure la plus sombre, en plein milieu du deuil le plus déchirant, que la plus grande nouvelle de l’histoire humaine allait être prononcée. Non pas dans le Temple. Non pas devant les grands prêtres. Non pas sur la place publique, devant les foules. Dans un jardin. À une femme. À l’aube.

Le monde qui attend sans le savoir.

     Ce matin-là, pendant que Marie pleurait dans le jardin, le monde continuait. À Jérusalem, les marchands ouvraient leurs échoppes. Les prêtres préparaient les sacrifices du Temple. Les scribes copiaient les rouleaux de la Loi. Les Romains montaient la garde sur leurs remparts. Personne ne savait. Personne ne se doutait que quelque chose d’absolument irréversible venait de se produire — quelque chose qui allait briser en deux toute l’histoire humaine, avant et après, avant la croix et après le tombeau vide.

     C’est là l’une des vérités les plus vertigineuses de la résurrection : elle s’est produite dans le secret, sans témoins humains directs, sans tonnerre ni trompettes — et c’est précisément pour cela qu’elle avait besoin de témoins. Dieu ne force pas l’adhésion ; Il envoie des messagers. Il ne contraint pas la conscience ; Il confie la nouvelle à des êtres fragiles, brisés, tremblants, et Il leur dit : allez. Courez. Témoignez.

« Il y a des moments dans la vie où tout s’effondre, et c’est dans ces ruines mêmes que l’on trouve parfois ce que l’on n’aurait jamais cherché autrement. »

— Victor Hugo

Du tombeau à la proclamation — la structure de toute mission

     Marie arrive au tombeau et trouve la pierre roulée. Elle court avertir Pierre et Jean. Elle revient. Elle pleure. Elle se penche dans le tombeau et voit deux anges. Elle se retourne et voit un Homme qu’elle prend pour le jardinier — jusqu’au moment où Il prononce son prénom : « Marie. » Un seul mot. Un seul prénom. Et toute la tragédie se renverse en un instant. Le deuil se transforme en stupeur, la stupeur en adoration, l’adoration en mission. C’est le mouvement de tout éveil spirituel authentique.

     Cette structure — brisement, rencontre, envoi — est le patron sur lequel Dieu taille toujours Ses témoins. Il ne recrute pas des hommes et des femmes qui n’ont jamais souffert. Il recrute des âmes qui ont regardé la mort en face et à qui Il a appris, dans les profondeurs mêmes de leur nuit, à ne pas lui donner le dernier mot. Car ce qui est envoyé témoigner n’est pas la force humaine — c’est la grâce qui a traversé la faiblesse et en est sortie vivante.

C’est depuis ces profondeurs que naît le premier mouvement de notre méditation : la course des témoins commence toujours par ceux qui ont vu — et que ce qu’ils ont vu a à jamais transformés.

   

Les Témoins Oculaires.

Avant que la parole se répande aux extrémités de la terre, il fallait qu'elle soit d'abord vue, touchée, entendue — que des êtres de chair et d'os deviennent les dépositaires irréfutables d'une réalité qui dépassait toute entente humaine.

La Première Envoyée

     Ce matin-là, Marie de Magdala courut. Elle ne portait pas le titre d'apôtre, elle ne tenait pas de parchemin, elle n'avait reçu aucune ordination de la main des hommes — et pourtant le Seigneur Lui-même la choisit, Elle, pour être la première messagère de Sa résurrection. Il est saisissant que Celui qui aurait pu confier cette ambassade aux Douze, aux puissants de ce monde, aux docteurs de la Loi, l'ait confiée à une femme que la société de son temps marginalisait. Le choix de Dieu ne suit jamais la logique humaine.

     « Ne me touche pas », dit-Il. Ces mots ne sont pas un rejet ; ils sont une redirection. Marie cherchait à retenir ce qu'elle avait connu avant le calvaire ; le Ressuscité l'invitait à embrasser une relation nouvelle, plus haute, plus spirituelle. Le témoin oculaire doit apprendre que voir n'est pas encore comprendre, et que comprendre n'est pas encore témoigner.

La Vérité vue ne peut rester silencieuse.

     L'Écriture dit qu'elle alla annoncer. Le verbe est actif, urgent, irrépressible. Ce qu'elle avait vu dans le jardin ne pouvait demeurer prisonnier de son cœur. Les témoins oculaires de la résurrection ne constituaient pas un cercle ésotérique gardant un secret précieux ; ils étaient des hommes et des femmes que la vision du Ressuscité avait propulsés hors d'eux-mêmes, vers le monde.

« Nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont, nous les voyons telles que nous sommes. »

— Anaïs Nin

     C'est précisément pour cela que la grâce était nécessaire : transformer le regard, afin que le témoin voie non plus selon la chair, mais selon l'Esprit. Marie ne rapporta pas une vision subjective teintée de ses désirs — elle rapporta une rencontre objective avec le Vivant. Le témoignage véritable commence toujours par une rencontre qui dépasse le témoin.

   

Les Témoins de Foi.

Si la foi des premiers témoins reposait sur la vision directe, la nôtre est appelée à reposer sur quelque chose de plus exigeant encore : la confiance en ceux qui ont vu, et en Celui qui, ayant promis, ne peut mentir. C'est la dignité prodigieuse du témoin de foi.

Ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru.

     Thomas voulait voir pour croire. Le Seigneur lui accorda cette grâce, mais Il prononça une béatitude plus haute : « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru » (Jean 20:29). Cette parole n'est pas un reproche adressé à Thomas ; elle est une promesse adressée à toutes les générations qui viendraient après lui. Nous sommes ces générations. Nous n'avons pas vu le linceul plié, nous n'avons pas entendu la voix appeler Marie par son nom dans le jardin — et pourtant, nous sommes appelés à courir avec la même ardeur.

     Le témoin de foi ne possède pas moins que le témoin oculaire ; il possède autrement. Sa certitude ne repose pas sur la sensorialité, mais sur la fidélité d'un Dieu qui S'est révélé dans l'histoire, dans les Écritures, dans la communauté des croyants et dans l'expérience intérieure de l'Esprit Saint. C'est une certitude qui a traversé vingt siècles d'épreuves, de persécutions et de questionnements sans jamais s'effondrer.

« La foi, c'est monter la première marche même quand vous ne voyez pas tout l'escalier. »

— Martin Luther King Jr.

La transmission du témoignage.

     Marie alla annoncer. Ce mouvement de transmission est au cœur de la mission de l'Église. Chaque génération de croyants a reçu le flambeau de la main de ceux qui précédaient, et est appelée à le remettre à ceux qui suivent, sans l'éteindre, sans le déformer, sans le réduire. La course des témoins est un relais.

     L'Apôtre Paul le formule avec une précision admirable : « Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l'enseigner aussi à d'autres » (2 Timothée 2:2). Quatre générations dans un seul verset : Paul, Timothée, des hommes fidèles, d'autres encore. Le témoin de foi est donc à la fois récepteur et émetteur ; il reçoit et il donne, il entend et il proclame.

     Mais cette transmission ne peut jamais être purement intellectuelle. Elle exige la vie. On ne transmet pas la foi comme on transmet une équation mathématique — on la transmet comme on transmet un feu, en laissant sa propre existence en être consumée et illuminée.

   

Les Témoins Éternels.

Il existe une dimension du témoignage que le temps ne peut ni éroder ni achever, car elle s'inscrit non dans les annales humaines, mais dans l'éternité même de Dieu. Ce sont les témoins éternels — ceux dont la vie, offerte sans réserve, continue de parler après leur mort, et ceux qui un jour se tiendront devant le trône pour témoigner de l'œuvre accomplie en eux par la grâce.

La nuée de témoins.

     L'auteur de l'Épître aux Hébreux nous convie à une vision majestueuse : « Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins... » (Hébreux 12:1). Ces témoins ne sont pas des spectateurs passifs ; ils sont la preuve vivante — ou plutôt, la preuve immortelle — que la course est courue, que la foi tient, que Dieu est fidèle. Abel, Abraham, Rahab, David : leurs vies continuent de crier la vérité de l'Évangile à travers les siècles.

     Mais le passage continue : « ...déposons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus. » Le témoignage éternel n'est pas une invitation à la contemplation passive de l'héroïsme des anciens — c'est un appel à entrer soi-même dans la course.

« La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant ; et la vie de l'homme, c'est la vision de Dieu. »

— Saint Irénée de Lyon

Le Témoin suprême et le témoignage accompli.

     Au sommet de toute forme de témoignage se dresse Celui que l'Apocalypse appelle « le Témoin fidèle et véritable » (Apocalypse 3:14). Jésus-Christ n'est pas seulement l'objet du témoignage ; Il en est le Sujet originel et ultime. C'est Lui qui, par Sa vie, Sa mort et Sa résurrection, a rendu témoignage à la vérité du Père avec une fidélité que nulle défaillance humaine ne pouvait atteindre.

     Lorsqu'Il dit à Marie : « Je monte vers Mon Père et votre Père, vers Mon Dieu et votre Dieu », Il ouvre une brèche dans le mur de la séparation. La résurrection n'est pas seulement un événement historique ; elle est l'inauguration d'une relation restaurée entre l'humanité et le Dieu vivant. Et c'est précisément cette relation restaurée que tous les témoins — oculaires, de foi et éternels — sont appelés à annoncer.

     Le dernier chapitre de l'histoire humaine ne sera pas écrit par les puissants, les philosophes ou les empires. Il sera écrit par ceux qui, à l'instar de Marie de Magdala en ce premier matin de résurrection, choisiront de courir porter la nouvelle : « J'ai vu le Seigneur. »

   

La Course Continue.

Ce texte de Jean 20 est bien plus qu'un récit de résurrection. Il est le modèle de toute mission chrétienne authentique : une rencontre personnelle avec le Ressuscité, une redirection de l'attachement humain vers une relation spirituelle plus haute, et un envoi vers le monde pour témoigner.

     Chacun de nous est quelque part dans cette course. Certains viennent de rencontrer le Vivant pour la première fois et courent encore, essoufflés, avec la nouvelle toute fraîche. D'autres courent depuis des décennies, portant le flambeau reçu de mains fidèles, prêts à le confier à ceux qui viennent derrière. D'autres encore, entrés dans leur repos éternel, continuent d'encourager depuis les tribunes de l'au-delà. Mais tous courent pour le même Seigneur, vers le même Père, animés du même Esprit.

     Marie ne garda pas la nouvelle pour elle. Puissions-nous avoir la même audace : ouvrir la bouche, ouvrir nos vies, et dire à un monde qui attend — souvent sans le savoir — ce que le cœur a reçu : « Il est vivant. Je L'ai vu. Il vous envoie Sa paix. »

Soli Deo Gloria

Oh ! Qu’il en soit ainsi. Amen et Amen.

 

 

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