« Une femme
oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite ? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses
entrailles ? Quand elle l'oublierait, moi je ne t'oublierai pas. Voici, je t'ai
gravée sur mes mains ; tes murs sont continuellement devant moi. »
Ésaïe 49 :15-16.
« Je ne te
délaisserai point, et je ne t'abandonnerai point. »
Hébreux 13 :5b.
« Je leur donne la
vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.
»
Jean 10 :28-29.
✦ ✦ ✦
« Mwen pap janm bliyé ou »
✦ ✦ ✦
L’IMMUABLE FIDÉLITÉ.
L'ÉTREINTE SOUVERAINE.
L'ESPÉRANCE VICTORIEUSE.
✦ ✦ ✦
Il est des cantiques qui naissent non pas de
l'exaltation des jours heureux, mais de la profondeur des nuits obscures. «
Mwen pap janm bliyé ou » — « Je ne t'oublierai jamais » — est de ces hymnes qui
portent en eux la chaleur d'une promesse divine, la solidité d'un roc que nulle
tempête ne peut ébranler. Ce cantique haïtien, chanté dans les chapelles et
sous les manguiers, dans les prisons comme dans les palais, résonne avec une
puissance que seul le Saint-Esprit peut inspirer.
Aujourd'hui, frères et sœurs, nous allons plonger dans
les profondeurs insondables de cet hymne pour y découvrir une vérité qui
traverse les siècles et les cultures : Dieu n'oublie jamais Ses enfants. Il ne
les abandonne pas. Il ne les lâche pas. Et cette certitude n'est pas un simple
sentiment — elle est gravée dans le bois de la croix, scellée par le sang du
Calvaire, et proclamée par la résurrection glorieuse de Jésus-Christ.
Que votre cœur soit ouvert ce jour, que votre esprit
soit disponible, et que la Parole de Dieu accomplisse en vous ce pourquoi elle
a été envoyée !
✦ ✦ ✦
Avant d'explorer la protection
divine, posons d'abord le fondement inébranlable : la promesse que Dieu ne nous
oubliera jamais.
LA PROMESSE DIVINE DE NE JAMAIS
ABANDONNER LE CROYANT.
L'assurance absolue de la présence fidèle de Dieu.
« Mwen pap janm bliyé ou » — « Je ne t'oublierai
jamais. » Ces mots simples renferment une profondeur théologique vertigineuse.
Dans une époque où les promesses s'évaporent comme la rosée du matin, où les
serments d'amour se brisent comme du verre, où même les liens les plus intimes
peuvent être rompus, Dieu pose une affirmation absolue : Il ne peut pas oublier
Son enfant.
Moïse, au seuil de sa mort, transmit au peuple
d'Israël des paroles qui résonnent jusqu'à aujourd'hui :
Deutéronome 31 :6 « Soyez forts et
courageux ! Ne craignez pas et ne vous effrayez pas devant eux ; car l'Éternel,
ton Dieu, marche avec toi : il ne te délaissera point et ne t'abandonnera
point. »
Remarquez bien la double négation : il ne te
délaissera point ET ne t'abandonnera point. Dieu ne laisse pas de demi-vérités.
Sa promesse est totale, absolue, sans clause d'exception ni de résiliation.
Le prophète Ésaïe, écrivant à un peuple en exil qui se
sentait oublié de Dieu, rapporte ces paroles bouleversantes :
Ésaïe 49 :15-16 « Une femme
oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite ? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses
entrailles ? Quand elle l'oublierait, moi je ne t'oublierai pas. Voici, je t'ai
gravée sur mes mains. »
Dieu utilise l'image la plus forte que l'humanité
connaisse — l'amour maternel — pour ensuite la surpasser ! Une mère peut, dans
les pires circonstances, défaillir. Mais Dieu, jamais. Et Il ajoute : « Je t'ai
gravée sur mes mains. » Méditez cette image : le nom du croyant est tatoué,
pour ainsi dire, sur les paumes de Dieu. Il suffit à Dieu de regarder Ses mains
pour Se souvenir de vous !
L'épître aux Hébreux réitère cette promesse avec la
même force :
Hébreux 13 :5b « Je ne te
délaisserai point, et je ne t'abandonnerai point. »
Dans le grec original, cette promesse est formulée
avec cinq négations — une construction grammaticale qui exprime la négation la
plus absolue possible dans la langue : « Non, non, je ne te laisserai pas, non,
non, je ne t'abandonnerai pas. » Dieu enfonce le clou cinq fois pour que nul
n'en doute !
“La seule chose que
nous ayons à craindre, c'est la peur elle-même.” — Franklin D. Roosevelt, Discours
d'inauguration, 1933.
Si un président mortel pouvait exhorter un peuple à ne
pas craindre, combien plus le Dieu de l'univers, Lui qui tient les galaxies
dans Sa main, peut-Il nous assurer que nous n'avons rien à craindre car Il est
avec nous !
✦ ✦ ✦
Si Dieu ne nous oublie jamais, c'est
parce qu'Il nous tient fermement dans Ses mains — ce que nous allons maintenant
contempler.
LA SÉCURITÉ DU CROYANT DANS LES MAINS
DE DIEU.
L'image magnifique de la protection souveraine et
personnelle du Seigneur.
« Nan men mwen mwen kenbé ou » — « Dans mes mains je
te tiens. » Quelle image puissante ! Ce n'est pas simplement que Dieu se
souvient de nous de loin, comme on se souvient d'une vieille connaissance. Non
— Il nous tient. Il nous étreint. Sa prise sur nous est active, intentionnelle,
permanente.
Le Bon Berger Lui-même déclare :
Jean 10 :28-29 « Je leur donne la
vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et personne ne peut
les ravir de la main de mon Père. »
Voyez la double sécurité : dans la main du Fils ET
dans la main du Père. Le croyant est tenu entre deux mains divines. Qui
pourrait arracher quoi que ce soit d'une telle étreinte ? Ni le démon, ni la
mort, ni la maladie, ni la persécution ne peuvent desserrer les doigts de
l'Éternel !
Le prophète Ésaïe proclame avec une intensité
dramatique :
Ésaïe 41 :10 « Ne crains rien,
car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton
Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite
triomphante. »
Quelle accumulation de promesses ! « Je suis avec toi.
Je suis ton Dieu. Je te fortifie. Je viens à ton secours. Je te soutiens. »
Cinq engagements divins dans un seul verset ! Et tout cela culminé dans l'image
de la « droite triomphante » — la main qui a créé les étoiles, qui a ouvert la
mer Rouge, qui a ressuscité Jésus-Christ d'entre les morts. C'est cette main
qui vous tient aujourd'hui !
Le Psalmiste, dans sa beauté poétique, ajoute :
Psaume 37 :24 « S'il tombe, il ne
sera pas renversé, car l'Éternel le soutient de sa main. »
Le croyant peut trébucher — il peut traverser des
épreuves, connaître des échecs, vivre des tempêtes — mais il ne sera jamais
définitivement renversé, car la main de Dieu le retient. Ce n'est pas que nous
ne tombons jamais ; c'est que nous ne tombons jamais seuls !
“Le courage n'est
pas l'absence de peur, mais le jugement que quelque chose d'autre est plus
important que la peur.” — Ambrose
Redmoon, auteur américain
Pour le croyant, ce « quelque chose de plus important
» c'est la certitude que Dieu le tient. Cette assurance dépasse toute peur,
toute angoisse, tout désespoir. La main de Dieu est notre ancre dans la
tempête.
✦ ✦ ✦
Mais comment cette sécurité a-t-elle
été rendue possible ? Elle trouve sa source dans l'œuvre rédemptrice accomplie
sur la croix, notre troisième point.
LE SALUT ACQUIS PAR LA CROIX.
L'œuvre rédemptrice du Christ comme fondement de toute
sécurité spirituelle.
« Nan bwa mwen mantouré ou » — « mes bras t'entoure. »
« Mwen se redanmtè ou » — « Je suis ton Rédempteur. » Ce verset du cantique est
d'une richesse théologique saisissante. Le mot « mantouré » ne signifie pas
simplement « placer sur » — il signifie entourer, envelopper, étreindre. Il
évoque les bras humains du Christ, grands ouverts sur le bois de la croix, qui
nous enveloppent dans un embrassement d'amour dont aucune force ne peut nous
arracher. Sur la croix, Jésus n'a pas simplement souffert — Il a ouvert Ses
bras pour nous tenir. Ce geste n'est pas un accident de la crucifixion : c'est
l'acte le plus délibéré de toute l'histoire de l'amour divin.
L'apôtre Pierre résume avec une précision
bouleversante l'œuvre du Calvaire :
1 Pierre 2 :24 « Lui qui a porté
lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts à nos péchés, nous
vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été
guéris. »
Sur le bois ! Pierre choisit délibérément ce mot pour
nous renvoyer à la malédiction de la loi décrite en Deutéronome 21 :23 : «
Maudit est quiconque est pendu au bois. » Mais Pierre voit aussi ce que les
soldats romains ne voyaient pas : sur ce même bois, les bras de Jésus
s'étendent librement, pas seulement cloués par la violence des hommes, mais
ouverts par l'amour du Père. Ses bras grands ouverts ne demandent pas à être
libérés — ils nous étreignent. Il est descendu au plus bas de notre condition
afin de nous relever dans Sa grâce.
L'apôtre Paul explicite cela avec une clarté
foudroyante :
Galates 3 :13 « Christ nous a
rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous — car
il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois. »
Rachetés ! Ce mot grec — « exagorazô » — signifie
littéralement « acheter hors du marché des esclaves ». Le croyant n'est pas
simplement pardonné ; il est racheté, libéré, arraché à la malédiction du péché
et de la mort. Et le prix payé n'est pas de l'or ou de l'argent, mais le sang
précieux du Fils de Dieu.
L'épître aux Éphésiens proclame les dimensions
glorieuses de cette rédemption :
Éphésiens 1 :7 « En lui nous avons
la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa
grâce. »
Voilà le fondement de toute notre sécurité ! Ce n'est
pas notre foi parfaite, ni notre fidélité constante, ni nos œuvres méritoires
qui nous maintiennent dans la main de Dieu. C'est le sang de Jésus-Christ versé
sur la croix, et ce sont les bras du Christ grands ouverts sur ce bois qui nous
ont, une fois pour toutes, enveloppés dans Son amour rédempteur. Si ce prix a
été payé, si ces bras se sont ouverts pour nous étreindre, comment Dieu
pourrait-Il jamais nous abandonner ? Le sang du Calvaire et l'étreinte du
Crucifié sont le sceau éternel de Son engagement envers nous !
✦ ✦ ✦
Fondés sur la croix, nous pouvons
maintenant affronter les ténèbres de la vie avec une espérance que rien ne peut
éteindre — voici notre quatrième point.
L'ESPÉRANCE AU MILIEU DES TÉNÈBRES.
La victoire finale de la lumière divine sur toutes les
obscurités de la vie.
« Menm si tenèb la fè mwen pa wè ditou » — « Même si
les ténèbres font que je ne vois, du tout rien. » « Limyè selès la va kléré » —
« La lumière céleste brillera. » Le cantique ne nie pas la réalité des
ténèbres. Il ne prêche pas une théologie naïve qui ignore la souffrance. Non —
il reconnaît honnêtement que des moments viendront où le croyant sera plongé
dans une obscurité si profonde qu'il ne verra plus rien.
Vous connaissez ces nuits-là, n'est-ce pas ? Ces nuits
où la maladie frappe sans prévenir. Ces nuits où le deuil vous courbe sous son
poids. Ces nuits où la trahison vous laisse seul dans l'incompréhension. Ces
nuits où la prière semble rebondir sur le plafond et Dieu paraît silencieux. Le
cantique vous dit : oui, ces nuits existent. Mais elles n'ont pas le dernier
mot.
Le Psalmiste, lui-même passé par des vallées d'ombre,
proclame avec une conviction inébranlable :
Psaume 27 :1 « L'Éternel est ma
lumière et mon salut : de qui aurais-je crainte ? L'Éternel est le soutien de
ma vie : de qui aurais-je peur ? »
La lumière dont parle le Psalmiste n'est pas la
lumière du soleil — elle est la lumière de la présence divine elle-même. Dieu
EST lumière (1 Jean 1 :5), et là où Il est, les ténèbres doivent fuir. Non pas
parce que les circonstances changent nécessairement, mais parce que Sa présence
transforme notre perception des circonstances.
Jésus-Christ Lui-même a brisé les frontières de
l'obscurité :
Jean 8 :12 « Je suis la lumière
du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la
lumière de la vie. »
« Il aura la lumière de la vie. » Pas peut-être. Pas
parfois. Il AURA. C'est une promesse au présent permanent, une réalité qui ne
dépend pas des saisons ni des humeurs, mais de la nature immuable de Celui qui
l'a prononcée.
Et le prophète Michée, écrivant en pleine nuit
nationale d'Israël, déclare avec une beauté saisissante :
Michée 7 :8 « Ne te réjouis pas
à mon sujet, mon ennemie ! Si je suis tombée, je me relèverai ; si je suis
assis dans les ténèbres, l'Éternel sera ma lumière. »
Voilà la confession du croyant au cœur des ténèbres :
« Je suis tombée » — honnêteté. « Je me relèverai » — espérance. « L'Éternel
sera ma lumière » — certitude. Cette triple affirmation est le cœur battant de
la foi chrétienne : elle ne nie pas la réalité, elle la dépasse.
✦ ✦ ✦
Si Dieu illumine nos ténèbres
intérieures, Il nous donne aussi la force de supporter le rejet du monde —
notre cinquième point.
LA FOI PERSÉVÉRANTE MALGRÉ LE REJET
DU MONDE.
La fidélité du Christ qui dépasse toute trahison
humaine.
« Zanmi lemonn bliyém e meprizém tou » — « Les amis du
monde m'ont oublié et méprisé aussi. » Il y a une solitude particulière dans ce
verset du cantique : non pas la solitude de celui qui n'a jamais eu d'amis,
mais de celui qui en a eu et qui a été abandonné. C'est la blessure de la
trahison, le silence de ceux qui auraient dû rester.
Mais attention : le cantique ne s'arrête pas là. Le
rejet du monde est réel, mais il n'est pas définitif. Car le même Seigneur qui
a connu le rejet, la moquerie, l'abandon de Ses propres disciples, ce
Seigneur-là ne nous abandonne jamais.
Le Psalmiste connaissait cette réalité :
Psaume 27 :10 « Car mon père et ma
mère m'abandonnent, mais l'Éternel me recueillera. »
L'ordre est saisissant : même les liens les plus
sacrés — le père, la mère — peuvent défaillir. Mais l'Éternel recueille ceux
que les hommes rejettent. Il ramasse les brisés, les oubliés, les méprisés. Sa
maison est ouverte à ceux dont toutes les autres portes se sont fermées.
L'apôtre Paul, au crépuscule de sa vie, écrit ces
lignes poignantes depuis sa prison romaine :
2 Timothée 4 :16-17 « Lors de ma
première défense, personne ne m'a assisté, tous m'ont abandonné... Le Seigneur
m'a assisté et m'a fortifié, afin que la prédication fût accomplie par moi. »
Tous l'ont abandonné. Mais le Seigneur était là.
Remarquez : Paul ne dit pas « le Seigneur m'a consolé dans ma solitude. » Il
dit : « le Seigneur m'a ASSISTÉ et FORTIFIÉ. » La présence divine n'est pas une
présence passive qui nous regarde souffrir avec compassion — c'est une présence
active qui intervient, qui agit, qui renforce.
Et Jésus avait prévenu Ses disciples de cette réalité
:
Jean 15 :18-19 « Si le monde vous
hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde
aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je
vous ai choisis du milieu du monde, c'est pour cela que le monde vous hait. »
Le rejet du monde n'est pas un signe de l'abandon de
Dieu — c'est parfois le signe que vous appartenez à Dieu ! Être haï du monde
pour avoir choisi Christ, c'est être en bonne compagnie : celle de tous les
martyrs, de tous les prophètes, du Seigneur Lui-même.
“Soyez vous-même le
changement que vous voulez voir dans le monde.” — Mahatma Gandhi.
Le croyant rejeté ne cherche pas la revanche. Il
incarne une différence si profonde que le monde ne peut la comprendre — et
c'est précisément pour cela que le monde le rejette. Mais cette différence
vient de Christ, et c'est en Christ qu'elle trouve sa récompense.
✦ ✦ ✦
Après le rejet vient la marche — une
marche qui, paradoxalement, est marquée non par le deuil mais par la joie,
comme nous allons le voir.
LA MARCHE JOYEUSE FONDÉE SUR LA FOI.
Le chant du croyant victorieux au cœur même des
combats.
« Annavan m ap mache ak yon chan jwayé » — « En avant
je marche avec un chant de joie. » Quelle déclaration audacieuse ! Le cantique
ne dit pas : « Je marcherai avec joie quand mes problèmes seront résolus. » Non
— la joie précède la victoire. Elle accompagne la marche, même quand le chemin
est difficile. C'est la joie de la foi, et non la joie des circonstances.
L'apôtre Paul, lui-même emprisonné au moment où il
rédige l'épître aux Philippiens, lance cet appel paradoxal :
Philippiens 4 :4 « Réjouissez-vous
toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. »
« Toujours. » Dans la souffrance : réjouissez-vous.
Dans l'incertitude : réjouissez-vous. Dans le dénuement : réjouissez-vous.
Cette joie n'est pas une émotion produite par les circonstances — elle est un
choix ancré dans la certitude de Qui est le Seigneur et de ce qu'Il a accompli
pour nous.
Le prophète Ésaïe peint une image inoubliable de cette
joie :
Ésaïe 12 :2-3 « Voici, Dieu est ma
délivrance, je serai plein de confiance et ne craindrai rien ; car l'Éternel,
l'Éternel est ma force et le sujet de mes louanges, et il a été mon salut. Vous
puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut. »
« Avec joie. » Le chemin vers les sources du salut est
lui-même un chemin de joie. La louange ne commence pas à la source — elle
commence sur le chemin ! Le croyant chante en marchant, et c'est ce chant qui
le fait avancer.
Nulle illustration n'est plus puissante que celle de
Paul et Silas dans la prison de Philippes :
Actes 16 :25 « Vers le milieu de
la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu. Les autres
prisonniers les écoutaient. »
Minuit. Les pieds dans les ceps. Le dos saignant des
coups de fouet. Et ils chantent ! Ce chant-là n'est pas un déni de la
souffrance — c'est la proclamation que la souffrance n'a pas le dernier mot. Et
le résultat ? Un tremblement de terre. Des chaînes brisées. Un geôlier
converti. La joie de la foi entraîne des conséquences cosmiques !
✦ ✦ ✦
Cette marche joyeuse doit se
prolonger jusqu'au bout de la course — notre septième point nous enseigne
l'importance capitale de la persévérance.
LA PERSÉVÉRANCE DANS LA FOI JUSQU'À
LA FIN.
La fidélité courageuse du croyant jusqu'au terme de sa
course chrétienne.
« Ou te kenbé lafwa toutan ou te laba » — « Tu as tenu
la foi tout le temps, que tu vivais là-bas. » Le cantique salue ici ceux qui
ont tenu jusqu'au bout. Tenir la foi. Deux mots simples qui cachent une réalité
exigeante. Tenir quand la fatigue s'installe. Tenir quand les résultats
tardent. Tenir quand les autres abandonnent. Tenir quand le doute frappe à la
porte de votre cœur.
L'apôtre Paul, au soir de sa vie, dresse le bilan de
sa course avec une satisfaction que rien ne peut égaler :
2 Timothée 4 :7 « J'ai combattu le
bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. »
Trois affirmations. Trois victoires. Non pas des
victoires de circonstances — Paul est encore en prison quand il écrit ces
lignes ! — mais des victoires intérieures : le combat mené, la course achevée,
la foi gardée. La couronne de justice, dit-il au verset suivant, est déjà
préparée pour lui. Pour lui, et pour tous ceux qui auront aimé la venue du
Seigneur.
Jésus Lui-même a posé la condition de cette couronne
éternelle :
Matthieu 24 :13 « Mais celui qui
persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. »
Jusqu'à la fin. Pas jusqu'aux trois quarts du chemin.
Pas jusqu'à ce que la fatigue devienne trop grande. Jusqu'à la fin. Et cette
fin n'est pas un point d'arrivée ordinaire — c'est l'entrée dans la présence
éternelle du Père, l'achèvement glorieux de tout ce que la foi a commencé.
L'Esprit saint, par le biais de Jean, transmet aux
Églises persécutées d'Asie Mineure cette promesse incandescente :
Apocalypse 2 :10 « Sois fidèle
jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. »
Jusqu'à la mort, si nécessaire. La persévérance
chrétienne ne connaît pas de limite, parce qu'elle ne repose pas sur nos forces
— elle repose sur la grâce de Celui qui nous a appelés, qui nous soutient et
qui nous couronnera. Il n'abandonne pas à mi-chemin ceux qu'Il a commencé à
travailler. Il achève ce qu'Il a commencé (Philippiens 1 :6).
✦ ✦ ✦
La persévérance mène à la gloire —
notre huitième et dernier mouvement nous tourne vers la demeure éternelle qui
attend le croyant fidèle.
L'ESPÉRANCE CÉLESTE ET L'ENTRÉE DANS
LA GLOIRE.
Le triomphe éternel et l'accueil du croyant dans la
présence bienheureuse du Seigneur.
« Antré icit, bon e fidèl sèvitè » — « Entre ici, bon
et fidèle serviteur. » Ces mots constituent le sommet du cantique et l'horizon
de toute vie chrétienne. Après la lutte vient le repos. Après la nuit vient le
matin sans fin. Après les larmes vient la joie parfaite de la présence de Dieu
face à face.
Ces paroles du cantique font écho aux mots que Jésus
Lui-même a mis dans la bouche du Maître dans la parabole des talents :
Matthieu 25 :21 « Son maître lui dit
: C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je
t'établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. »
Entrer dans la joie du Maître. Pas simplement entrer
dans un lieu de repos — mais entrer dans la joie de Quelqu'un. La vie éternelle
est une relation, pas seulement une destination. C'est la joie partagée entre
le Père et Ses enfants, une joie qui n'a ni commencement connu ni fin
imaginable.
Jésus avait préparé les siens à cette réalité
glorieuse dans Ses dernières heures avant le Calvaire :
Jean 14 :1-3 « Que votre cœur ne
se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures
dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais
vous préparer une place ; et lorsque je serai allé et que je vous aurai préparé
une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis,
vous y soyez aussi. »
Je vous prendrai avec moi. Ce n'est pas que Dieu nous
enverra chercher — c'est qu'Il viendra Lui-même. La même tendresse qui a marqué
toute Son œuvre terrestre marquera aussi notre entrée dans la gloire éternelle.
Il sera là, à la porte, pour nous accueillir.
Et l'apôtre Jean, à Patmos, contemplant dans l'Esprit
la réalité de cette demeure éternelle, décrit avec des accents qui font briller
les larmes :
Apocalypse 21 :4 « Il essuiera toute
larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni
cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »
Toute larme. Pas quelques larmes. Pas les larmes
récentes seulement. Toute larme — celles de l'enfance oubliée, celles des
amours perdues, celles des combats épuisants, celles des nuits sans espérance.
Dieu Lui-même, de Sa main divine, essuiera chaque larme de chaque visage de
chaque enfant Sien. Voilà la promesse finale. Voilà la destination glorieuse.
✦ ✦ ✦
UNE FIDÉLITÉ QUI NE FAILLIT PAS.
Nous avons parcouru ensemble les huit mouvements de ce
cantique béni. De la promesse de ne jamais être oublié jusqu'à l'entrée dans la
gloire éternelle, un fil d'or court à travers tout : la fidélité de Dieu. Il ne
nous oublie pas. Il nous tient dans Ses mains. Il nous a enveloppés de Ses bras
grands ouverts sur la croix. Il illumine nos ténèbres. Il console nos rejets.
Il accompagne notre marche de Sa joie. Il couronne notre persévérance. Et Il
nous accueillera dans Sa demeure éternelle.
Cette fidélité n'est pas méritée — elle est grâce
pure. Elle ne dépend pas de notre constance — elle repose sur la Sienne. Elle
ne peut être ébranlée par aucune puissance dans les cieux ou sur la terre, car
elle est ancrée dans la nature immuable de Dieu Lui-même.
L'apôtre Paul, dans un élan prophétique inoubliable, a
posé la question que nous devons tous nous poser aujourd'hui :
Romains 8 :38-39 « Car j'ai
l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les
choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la
profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu
manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »
Rien. Absolument rien. Ni la mort, ni la maladie, ni
la pauvreté, ni la trahison, ni le péché même — rien ne peut vous séparer de
l'amour de Dieu en Christ. Ce cantique haïtien l'avait compris, ces hommes et
ces femmes qui l'ont chanté dans les épreuves de leur vie l'avaient
expérimenté. Et vous, aujourd'hui, vous pouvez vous y appuyer.
Si vous traversez une nuit obscure, souvenez-vous : la
main de Dieu vous tient. Si vous êtes rejeté par les hommes, souvenez-vous : le
Seigneur vous recueille. Si la fatigue menace de vous faire abandonner,
souvenez-vous : la couronne de vie vous attend. Si vous vous demandez si Dieu
se souvient encore de vous, regardez la croix : votre nom est gravé dans les
paumes de Ses mains blessées.
« Mwen pap janm bliyé où. » Il ne vous oubliera
jamais. Il ne vous abandonnera jamais. Il est avec vous aujourd'hui, demain, et
pour l'éternité. Qu'il en soit ainsi dans votre cœur, dans votre vie, dans
votre marche de foi !
Oh ! Oui, Qu'il en soit ainsi. Amen
et Amen.
✦ ✦ ✦