Jésus-Christ : le seul Sauveur

...ce témoignage, c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. 1 Jean 5:11-13



mardi 9 juin 2026

LE MESSAGE ULTIME


« Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. »
— Marc 16 : 15.
 
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« Voici, Je viens bientôt ! Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre. »
— Apocalypse 22 : 7.
 
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Le Message Ultime.
La Promesse Certaine.
L'Éternité Glorieuse.
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Bien-aimés en Jésus-Christ ; Frères et sœurs dans la foi,
 
                 Il est une heure dans l'histoire de l'humanité où le silence devient une trahison. Une heure où taire la vérité équivaut à plonger le monde dans les ténèbres éternelles. Aujourd'hui, nous sommes à cette heure précise. Le monde agonise, les nations chancellent, les cœurs sont rongés par la peur, et pourtant — et c'est là le scandale de notre époque — les lèvres de l'Église restent trop souvent fermées.
     Il y a dans ce cantique une urgence prophétique qui transcende les siècles. « Annonçons partout le dernier Message. » Ce n'est pas une invitation polie, c'est un cri de guerre céleste. Un mandat royal venu du trône de Dieu Lui-même. Car le temps presse, la nuit avance, et le Roi des rois est à la porte.
     Permettez-moi d'ouvrir ce texte sacré comme on ouvre un testament longtemps scellé, comme on brise un sceau divin — avec tremblement, avec révérence, et avec la certitude ardente que chaque mot nous est adressé personnellement aujourd'hui.
 
Nous abordons maintenant le premier grand mouvement de ce message : Le Message Ultime — sa nature, son urgence, et sa portée universelle.
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LE MESSAGE ULTIME.
 
Un message venu d'en haut.
 
     Tout commence là : au trône de l'Éternel. Ce message dont nous parlons ne ressemble en rien aux discours des hommes, aux manifestes politiques, aux slogans de nos temps troublés. Il descend des sphères célestes, revêtu d'une autorité que rien ni personne ne peut contester. L'hymne le proclame sans ambiguïté : c'est le message du « Seigneur Jésus revenant des cieux ».
     Jésus-Christ n'est pas une figure du passé figée dans l'ambre des siècles. Il est vivant. Il est assis à la droite du Père. Et Il revient. Cette vérité est le cœur battant du christianisme évangélique. Si nous l'arrachons de notre foi, il ne reste qu'une philosophie creuse, un cadavre embaumé d'habitudes religieuses.
« Car le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d'archange, et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel. »
— 1 Thessaloniciens 4 : 16
 
     L'Apôtre Paul n'écrivait pas une métaphore. Il décrivait une réalité cosmique, imminente, inéluctable. Chaque génération chrétienne a été appelée à vivre dans l'attente de ce retour. Et nous, aujourd'hui, dans ce siècle fracassé par les guerres, les pandémies, les injustices criantes — nous avons plus de raisons que jamais de lever nos yeux vers le ciel.
Un message adressé à tous les peuples.
 
     « Dans le monde entier, rendons témoignage au Roi saint et glorieux. » Voilà la géographie de notre mandat : le monde entier. Pas seulement notre quartier, pas seulement notre congrégation, pas seulement notre groupe ethnique ou notre classe sociale. Le monde entier. Les Parisiens et les Papous. Les intellectuels des universités et les paysans des savanes africaines. Les puissants et les déshérités. Tous.
     « Dieu a tant aimé le monde », lit-on en Jean 3 :16 — le monde dans sa totalité, dans sa diversité, dans sa misère et dans ses grandeurs. Ce message n'appartient à aucune culture, il transcende toutes les cultures, parce qu'il vient de Celui qui est l'auteur de toutes les cultures.
     Le grand philosophe Blaise Pascal écrivait : « Il y a un vide en forme de Dieu dans le cœur de chaque être humain qui ne peut être comblé par aucune chose créée. » Aujourd'hui, nous annonçons à ces cœurs vides que Celui qui peut les combler s'appelle Jésus-Christ, et qu'Il vient bientôt.
 
Un message pressé par l'urgence des derniers temps.
 
     L'adjectif « dernier » dans « le dernier Message » n'est pas anodin. Il porte en lui-même la gravité de l'heure. Ce n'est pas un message parmi d'autres — c'est le message de la fin, l'ultime appel avant la fermeture des registres de la grâce. Il y a dans ce mot « dernier » quelque chose qui devrait nous faire trembler et nous faire courir à la fois.
     L'histoire connaît des moments de bascule, des points de non-retour. La fermeture de la porte de l'arche de Noé fut l'un d'eux. La chute de Jérusalem en fut un autre. Le retour de Christ sera le dernier. Et avant ce retour, nous avons une fenêtre — étroite, précieuse, irremplaçable — pour proclamer la bonne nouvelle.
« Prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. »
— 2 Timothée 4 : 2
 
Maintenant que nous avons saisi la nature urgente et universelle du Message, interrogeons-nous sur le contenu même de cette bonne nouvelle — La Promesse Certaine que ce message contient.
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LA PROMESSE CERTAINE.
Il vient sécher nos pleurs.
 
     Qui parmi nous n'a pas pleuré ? Qui parmi nous n'a pas connu la nuit de l'âme, ce moment où les larmes semblent ne jamais vouloir tarir ? Des larmes de deuil sur des cercueils refermés trop tôt. Des larmes de trahison sur des amitiés brisées. Des larmes d'impuissance devant la maladie qui ronge un être cher. Des larmes de honte, de solitude, de désespoir.
     L'hymne annonce une promesse extraordinaire : « Le Seigneur Jésus vient sécher nos pleurs. » Ce n'est pas une formule de consolation bon marché. C'est la parole du Dieu vivant. Il s'approche de notre douleur non pas en observateur distant, mais en Consolateur qui connaît personnellement le poids des larmes — Lui qui a pleuré devant le tombeau de Lazare.
« Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »
— Apocalypse 21 : 4
 
     Quelle promesse ! Dieu Lui-même, de Ses propres mains divines, essuiera chaque larme. Non par un décret lointain, non par un ange délégué, mais Lui en personne. Ce geste d'une tendresse infinie nous révèle la nature du Dieu que nous servons : un Père dont le cœur est brisé par nos brisures.
Il vient briser nos chaînes.
 
     « Briser les liens de notre esclavage. » Ces mots de l'hymne sonnent comme un écho du cri de Moïse devant Pharaon : « Laisse aller Mon peuple ! » Il y a des esclavages visibles et des esclavages invisibles. Des chaînes de métal et des chaînes d'habitudes. Des prisons de barreaux et des prisons de peur, de honte, d'addiction, de désespoir.
     L'Apôtre Paul, lui-même emprisonné à plusieurs reprises, savait ce que signifiait être libre au fond d'un cachot. Il chantait à minuit, les pieds dans les ceps, parce qu'il avait compris que la liberté véritable n'est pas conditionnée par les circonstances extérieures — elle réside dans la connaissance de Celui qui a dit : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira »
     Le philosophe et théologien Augustin d'Hippone, après des années d'errance, confessa : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il trouve son repos en Toi. » Voilà le diagnostic de l'âme humaine — et Jésus-Christ en est le seul remède.
 
Il vient mettre fin à toute douleur.
 
     « Mettre un terme à nos douleurs. » Voilà une promesse qui défie l'entendement humain. Dans un monde où la douleur est omniprésente, où la souffrance semble être le tissu même de l'existence, voilà que le Seigneur annonce la fin de la douleur. Non sa réduction, non son atténuation — sa fin complète, définitive, irrévocable.
     Cette promesse ne nous invite pas à fuir la souffrance présente, mais à la traverser avec l'espérance d'une délivrance certaine. Le chrétien n'est pas un être qui souffre moins — il est un être qui souffre autrement, parce qu'il sait que sa souffrance est datée, qu'elle a une fin inscrite dans les décrets éternels de Dieu.
     Viktor Frankl, survivant des camps de la mort nazis, écrivait : « Celui qui a un ‘pourquoi’ pour vivre peut supporter presque tous les ‘comment’. » Notre « pourquoi » s'appelle Jésus-Christ. Notre espérance s'appelle Son retour glorieux. Et cette espérance ne confond pas.
 
Nous avons contemplé le Message et sa Promesse ; il nous reste à lever les yeux vers l'horizon ultime — L'Éternité Glorieuse qui nous attend au-delà du voile du temps.
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L'ÉTERNITÉ GLORIEUSE.
 
La vision de la sainte Cité.
 
     « Bientôt nous verrons la sainte Cité. » Jean, exilé sur l'île de Patmos, a vu cette Cité dans une vision qui a traversé les siècles pour venir jusqu'à nous. Une cité de lumière pure, aux fondements ornés de pierres précieuses, dont les portes sont des perles géantes et les rues de l'or pur comme un verre transparent. Mais la gloire de cette cité n'est pas dans ses matériaux — elle est dans Sa présence.
« Et je vis la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. »
— Apocalypse 21 : 2
 
     Cette Cité n'est pas une métaphore — elle est l'avenir réel du peuple de Dieu. Elle est la demeure que le Christ Lui-même est allé préparer pour les Siens. « Je vais vous préparer une place. Et lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec Moi, afin que là où Je suis vous y soyez aussi. » (Jean 14 :2-3)
     Frères et sœurs, nous ne sommes pas des êtres de ce monde — nous en sommes les pèlerins. Nous traversons cette vie comme on traverse un couloir pour entrer dans la salle du festin. Les épreuves d'aujourd'hui sont ce couloir. La sainte Cité est la salle. Et le Maître du festin attend déjà.
L'invitation au courage chrétien.
 
     « Gloire à notre Dieu ! Chrétiens, bon courage ! » Voilà le cri de ralliement que l'hymne nous lance. Dans un monde qui décourage, qui intimide, qui moque, qui persécute — « bon courage ! » Ce n'est pas l'optimisme naïf des ignorants. C'est le courage informé de ceux qui connaissent la fin de l'histoire.
     L'Église primitive annonçait le retour du Christ dans les arènes où elle était livrée aux lions. Elle chantait dans les catacombes. Elle priait sur les bûchers. Son courage n'était pas une performance stoïque — il jaillissait d'une conviction intime : Christ est vivant, Christ revient, Christ triomphe. Cette conviction est indestructible parce qu'elle est fondée sur la résurrection.
« Soyez forts et courageux ! Ne vous effrayez pas et ne tremblez pas devant eux, car l'Éternel, ton Dieu, marche avec toi ; Il ne te délaissera pas et Il ne t'abandonnera pas. »
— Deutéronome 31 : 6
 
     Charles Haddon Spurgeon, le Prince des Prédicateurs, déclarait : « Je suis persuadé que si nous vivions vraiment dans l'attente du retour de Christ, nous serions les hommes les plus joyeux, les plus ardents et les plus saints de la terre. » Quelle parole ! L'attente du retour de Christ n'est pas un facteur de passivité — c'est un moteur de sainteté et d'action.
Car voici l'éternité !
 
     « Car voici l'éternité. » Ces quatre mots sont peut-être les plus lourds de tout l'hymne. Ils contiennent l'infini dans une seule phrase. L'éternité — ce mot qui dépasse toute arithmétique humaine, qui déborde tous les cadres de notre compréhension temporelle. L'éternité n'est pas seulement une très longue durée — c'est une autre dimension de l'existence, une existence hors du temps, hors du péché, hors de la mort.
     L'éternité signifie : plus jamais de séparations. Plus jamais de maladies. Plus jamais de trahisons. Plus jamais de tombeaux. Plus jamais de nuits sans aurore. Mais aussi : la présence constante, ininterrompue, face à face, de Celui que nous aimons par-dessus tout — Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Dieu.
     Et si l'éternité est à nos portes — si nous sommes vraiment, comme le crie cet hymne, à l'heure du « dernier Message » — alors chaque heure que nous passons sans annoncer cette nouvelle est une heure de perdue pour des âmes qui marchent vers leur éternité sans Christ. Quel appel ! Quelle responsabilité ! Quel privilège aussi !
 
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     Bien-aimés, revenons au début. Un message — le dernier, l'ultime, le décisif. Une promesse — certaine, sûre, infaillible. Une destination — l'éternité glorieuse avec le Christ. Voilà ce que nous portons. Voilà ce que nous sommes appelés à crier sur les toits, à murmurer aux mourants, à chanter dans les tempêtes, à graver dans les cœurs.
     Nous vivons dans un monde qui cherche désespérément une espérance digne de ce nom. Les idéologies ont failli, les empires se sont effondrés, les promesses des hommes se sont évaporées comme la rosée du matin. Il ne reste qu'une espérance qui tient — celle de la Parole de Dieu, celle du retour de Jésus-Christ, celle de la vie éternelle offerte à quiconque croit.
     Que faisons-nous de ce message ? Le gardons-nous pour nous comme un trésor jalousement enfermé dans un coffre-fort ? Ou le proclamons-nous avec la générosité de ceux qui savent que la grâce n'est pas un privilège à thésauriser, mais un feu à propager ?
     « Annonçons partout la bonne nouvelle : Jésus réunit tous ses rachetés ; Il vient leur donner la vie éternelle. Oh ! Publions Ses bontés. »
     Chrétiens, frères, sœurs bien-aimés — aujourd'hui est le jour. Pas demain, pas quand les circonstances seront plus favorables, pas quand nous nous sentirons plus prêts. Aujourd'hui. Car voici l'éternité qui approche, et le Maître attend la moisson.
 
« Et ce royaume de l'Évangile sera prêché dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. »
— Matthieu 24 : 14
 
Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.
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LE CHOIX DECISIF

« Tel, qui parle légèrement, blesse comme un glaive ; mais la langue des sages apporte la guérison. »

Proverbes 12 : 18

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LA LANGUE MEURTRIÈRE.

LA PAROLE RESTAURATRICE.

LE CHOIX DÉCISIF.

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Bien-aimés en Jésus-Christ ; Frères et sœurs dans la foi,

Il était une fois un village entier détruit — non par la guerre, non par la famine, non par quelque catastrophe naturelle — mais par la simple bouche d'un seul homme. Les historiens racontent que la Rome antique, à son apogée, voyait des sénateurs tomber non sous le glaive, mais sous la lame acérée de la calomnie. Des empires se sont écroulés parce qu'un mot mal placé a traversé les murs du palais comme une flèche empoisonnée. Et nous, aujourd'hui, dans nos familles, dans nos églises, dans nos communautés, nous portons encore les cicatrices invisibles de paroles lancées jadis comme des dards enflammés.

Le prophète Jérémie gémissait : « Leur langue est une flèche meurtrière ; elle prononce des paroles perfides. On parle de paix à son prochain, et en son cœur on lui tend des pièges. » (Jérémie 9 : 8). Saint Jacques, dans son épître foudroyante, compare la langue à un feu — « un feu, un monde d'iniquité » — capable d'enflammer tout le cours de notre vie (Jacques 3 : 6). Quel instrument redoutable que cette petite membrane de chair ! À peine quelques centimètres de muscle, et pourtant elle détient le pouvoir de bénir ou de maudire, de guérir ou d'assassiner, de bâtir des cathédrales de foi ou de réduire en cendres des décennies d'amour fraternel.

C'est au cœur de cette réalité que le sage Salomon, inspiré par l'Esprit du Dieu Tout-Puissant, trace pour nous une ligne de démarcation absolue entre deux chemins : celui de la parole qui tue et celui de la parole qui restaure. Et ce soir — ou ce matin — l'Éternel Lui-même nous convoque devant cette ligne et nous demande : de quel côté te tiens-tu ?

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LA LANGUE MEURTRIÈRE.

Considérons d'abord la réalité terrible et souvent ignorée de la parole qui blesse comme un glaive.

Une arme que nul tribunal humain ne saurait condamner.

L'image que Salomon emploie est saisissante : il ne dit pas que la langue irréfléchie froisse ou indispose — il dit qu'elle blesse comme un glaive. Le glaive, dans l'antiquité, était l'arme suprême du soldat, instrument de mort par excellence. Ainsi, chaque parole légère, chaque propos inconsidéré, chaque médisance lancée sans réflexion est, aux yeux de Dieu, assimilée à un acte de violence armée contre une âme humaine. La différence entre le glaive de fer et le glaive de la langue, c'est que ce dernier ne laisse pas de traces visibles — et que nulle cour de justice humaine ne peut en mesurer les ravages.

Le mot hébreu traduit par « légèrement » vient de la racine bâṭâh, qui suggère la précipitation, la parole lâchée sans réflexion, proférée avant que la pensée n'ait eu le temps de passer par le filtre de la sagesse. C'est la parole du colérique qui crie ce qu'il ne pense pas, du commérant qui répète ce qu'il n'a pas vérifié, du jaloux qui glisse une insinuation venimeuse habillée en simple observation. Ces mots-là volent vite, mais ils atterrissent lourd.

« Le mot est la chose la plus puissante que nous connaissions. L'histoire entière a été façonnée non par des armées, mais par des langues. »  — Aldous Huxley, romancier et essayiste britannique.

Combien de mariages se sont fracturés non à cause d'une infidélité, mais à cause d'une parole lancée dans un moment de colère et qui ne put jamais être entièrement reprise ? Combien de ministères ecclésiastiques ont été sabordés non par l'immoralité mais par la calomnie ? Combien d'enfants portent, à cinquante ans passés, la blessure ouverte d'une phrase prononcée par un parent dans un moment d'impatience : « Tu ne réussiras jamais à rien » ? Les Écritures sont formelles : « La mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; ceux qui l'aiment en mangeront les fruits. » (Proverbes 18 : 21). Voilà une déclaration qui devrait nous faire trembler.

Une blessure que le temps seul ne peut cicatriser.

Il existe une différence fondamentale entre la blessure physique et la blessure verbale : la première suit un processus biologique prévisible de guérison ; la seconde s'enfonce plus profond avec le temps, pourrit dans les recoins de la mémoire, et ressurgit à chaque moment de vulnérabilité. Le psalmiste en témoigne : « Mes ennemis me disent du mal toute la journée ; tous ceux qui me haïssent se liguent contre moi. » (Psaume 41 : 5). Il ne parle pas de coups, il parle de mots.

C'est là toute la perversité de la langue meurtrière : elle installe en sa victime un doute sur sa propre valeur, sur la réalité de l'amour de Dieu pour elle, sur la légitimité de Sa vocation. Et le Diable — cet accusateur des frères — s'engouffre précisément dans ces brèches ouvertes par des paroles irréfléchies pour parachever son œuvre de destruction. Prenons garde, bien-aimés : nous pouvons être, sans le vouloir, les instruments du Malin chaque fois que notre bouche laisse échapper une parole non sanctifiée.

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LA PAROLE RESTAURATRICE.

Mais Dieu, dans Sa miséricorde infinie, ne nous laisse pas sur ce constat de désespoir : voici maintenant la gloire de la parole qui guérit.

Une langue façonnée par la sagesse divine.

La seconde partie de notre verset s'ouvre comme une fenêtre sur le ciel : « mais la langue des sages apporte la guérison. » Le contraste est délibéré et absolu. Salomon n'offre pas un terrain neutre entre les deux : soit votre langue blesse comme un glaive, soit elle apporte la guérison. Il n'y a pas d'entre-deux, pas de paroles anodines, pas de mots insignifiants. Chaque parole que vous prononcez est, devant Dieu, soit une lame, soit un baume.

 

Le mot hébreu pour « guérison » ici est marpê' — un terme qui porte en lui l'idée de remède, de restauration complète, de retour à l'intégrité initiale. C'est le même mot employé en Malachie 4 : 2 pour décrire les rayons du Soleil de justice qui apporte la guérison dans Ses ailes. La langue du sage n'est donc pas simplement aimable ou polie — elle est investie d'une vertu médicinale surnaturelle, un prolongement de la guérison divine.

« Une parole douce peut briser un os. »  — Proverbe africain, transmis dans la sagesse orale du continent.

Cette sagesse ne vient pas de l'éducation, ni de la culture, ni même de la bonne volonté humaine. Elle procède uniquement de l'Esprit Saint qui sanctifie notre bouche quand nous Le laissons régner sur notre intérieur. Car c'est bien de cela dont il s'agit : le Seigneur Jésus l'a déclaré sans ambiguïté — « C'est du trop-plein du cœur que la bouche parle. » (Matthieu 12 : 34). La guérison qui sort de notre bouche ne peut venir que d'un cœur lui-même guéri par la grâce. Ce n'est pas une technique de communication — c'est un miracle spirituel.

Un ministère que l'Église a trop souvent négligé.

Bien-aimés, l'Église du Christ devrait être le lieu par excellence de la parole restauratrice. Quand quelqu'un entre dans nos assemblées portant le poids de ses fautes, de ses échecs, de son honte — notre bouche devrait être prête à prononcer sur lui la parole que Dieu Lui-même a prononcée sur le fils prodigue : « Celui-ci était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé. » (Luc 15 : 24). Hélas, trop souvent, l'Église ressemble davantage à une salle de tribunal qu'à une salle de chirurgie spirituelle.

 

Le prophète Ésaïe nous trace le portrait du serviteur de l'Éternel — préfiguration de Christ — en ces termes magnifiques : « L'Éternel, le Seigneur, m'a donné une langue exercée, pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu ; Il me réveille chaque matin, Il éveille mon oreille, pour que j'écoute comme ceux qu'on instruit. » (Ésaïe 50 : 4). Observez la séquence : l'oreille d'abord — écouter comme un disciple — puis la langue exercée. La parole qui guérit naît toujours d'une écoute attentive : écoute de Dieu dans la prière, écoute de l'autre dans l'amour.

 

Avez-vous un jour vécu l'expérience d'une parole qui vous a véritablement relevé ? Une parole de frère ou de sœur prononcée exactement au bon moment, avec exactement les mots justes, et qui a fait l'effet d'un médicament puissant sur une douleur que vous n'osiez même plus nommer ? Savez-vous que cette parole-là n'était pas le fruit d'un hasard ? Elle était le fruit d'un cœur aligné sur le cœur de Dieu, d'une bouche consacrée à Son service. Vous pouvez être, vous aussi, ce médecin de l'âme pour quelqu'un en ce jour.

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LE CHOIX DÉCISIF.

Nous voici maintenant devant la question fondamentale que ce texte nous pose avec une urgence absolue : quel usage faisons-nous de notre parole, et comment opérer la transformation nécessaire ?

Une transformation qui commence à l'autel.

La langue ne se disciplinera jamais par la seule volonté humaine. Saint Jacques l'affirme avec un réalisme brutal : « Nul homme ne peut dompter la langue ; c'est un mal qu'on ne peut réprimer ; elle est pleine d'un venin mortel. » (Jacques 3 : 8). Si nous cherchons à contrôler notre langue par nos propres forces, nous sommes engagés dans une bataille perdue d'avance. La seule issue est la reddition totale — amener notre bouche, notre cœur, notre pensée à l'autel du Dieu Vivant et Lui demander de faire en nous ce que nous ne pouvons faire de nous-mêmes.

 

C'est exactement ce qui est arrivé au prophète Ésaïe lorsqu'il eut la vision du Seigneur assis sur Son trône élevé. Sa première réaction n'est pas de prophétiser — c'est d'examiner sa bouche : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures. » (Ésaïe 6 : 5). Et la réponse divine est immédiate : un séraphin touche ses lèvres avec un charbon ardent de l'autel et déclare : « Ton iniquité est ôtée et ton péché est expié. » (Ésaïe 6 : 7). Avant tout ministère de la parole, il y a un acte de purification divine. Votre bouche doit passer par le feu de Sa sainteté.

 

« Ce que vous dites peut construire ou détruire, révéler ou dissimuler, soigner ou empoisonner. Choisissez vos mots comme vous choisiriez vos médicaments — avec la plus grande prudence. »  — Viktor Frankl, psychiatre autrichien, survivant des camps de concentration.

Un choix qui engage notre éternité.

Le Seigneur Jésus-Christ a prononcé sur la parole l'une de Ses déclarations les plus solennelles : « Je vous dis que pour toute parole vaine que les hommes auront proférée, ils en rendront compte au jour du jugement. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné. » (Matthieu 12 : 36-37). Voilà des mots qui devraient produire en nous un saint tremblement. Chaque parole légère est enregistrée. Chaque médisance est archivée. Mais aussi — et gloire à Dieu — chaque mot de guérison prononcé en Son nom est gardé dans Ses mémoires éternelles.

 

Frères et sœurs, la transformation de notre parole est donc à la fois un impératif éthique, une nécessité ecclésiale, et un enjeu eschatologique. Ce n'est pas une question de courtoisie sociale — c'est une question de sainteté. C'est une question de conformité à l'image de Celui qui, sur la croix, a choisi de prononcer non des malédictions sur Ses bourreaux mais une prière d'intercession : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » (Luc 23 : 34). Tel est le modèle suprême de la parole restauratrice.

 

Aujourd'hui, Dieu vous demande un acte concret : identifiez quelqu'un que votre langue a blessé. Allez le trouver. Prononcez sur lui la parole de restauration. Et demandez à l'Esprit Saint de sanctifier définitivement votre bouche pour qu'elle ne soit plus jamais une arme, mais un instrument de Sa grâce. Car c'est bien là notre vocation la plus haute : être, dans ce monde blessé et défiguré par la violence des mots, des porteurs de la parole qui guérit, des messagers de ce Dieu qui dit à la création en déroute : « Je ferai toutes choses nouvelles. » (Apocalypse 21 : 5).

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Bien-aimés, nous avons contemplé ce matin la double réalité de la parole humaine. Nous avons vu la langue meurtrière qui blesse comme un glaive, laissant des plaies que ni le temps ni la bonne volonté ne peuvent fermer. Nous avons contemplé la parole restauratrice du sage, investie d'une vertu divine qui guérit, relève et réconcilie. Et nous avons reçu l'appel solennel à un choix décisif qui engage non seulement notre vie présente mais notre éternité.

 

La question n'est pas de savoir si vous avez déjà blessé quelqu'un avec vos paroles — nous l'avons tous fait. La question est : quelle sorte de porteur de parole décidez-vous d'être à partir de ce moment ? Le Dieu de l'Évangile vous offre ce matin la grâce extraordinaire de la transformation. Il peut toucher vos lèvres du charbon ardent de Son autel. Il peut faire de votre bouche un instrument de Sa guérison dans les vies qui vous entourent. Recevez cette grâce. Consacrez votre langue à Lui. Et que chaque parole qui sortira désormais de vos lèvres soit une parole de vie, une parole de paix, une parole qui porte la fragrance du Royaume.

Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.