« Cet Homme, livré selon le dessein
arrêté et selon la prescience de Dieu,
Vous L’avez crucifié, vous L’avez fait
mourir par la main des impies... »
— Actes 2.23 —
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UN CRIME POUR LA RÉDEMPTION.
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LE DESSEIN
ÉTERNEL.
LA CULPABILITÉ
HUMAINE.
LA GRÂCE
TRIOMPHANTE.
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La Croix : Dessein Éternel et Responsabilité Humaine.
Bien-aimés en Jésus-Christ ; Frères et sœurs dans la
foi,
Il existe un verset dans
toute la Bible qui arrête la course du monde entier et force l'histoire à
s'agenouiller. Un verset à la fois accusation et absolution, à la fois verdict
et verdict renversé, à la fois la nuit la plus noire et l'aurore la plus lumineuse
que l'humanité ait jamais connue. Ce verset, c'est Actes 2.23 — et Aujourd’hui,
il nous convoque tous devant le tribunal de l'éternité.
Imaginez la scène. Nous
sommes à Jérusalem, cinquante jours après la Pâque la plus troublante de
l'histoire. Les rues sont encore marquées par l'empreinte de la croix. Les
soldats romains se souviennent encore du tremblement de terre. Les prêtres
gardent encore le souvenir du voile déchiré. Et c'est dans cette atmosphère
électrique que Pierre se lève — ce même Pierre qui quelques semaines auparavant
reniait son Seigneur autour d'un feu dans la nuit — et il prononce ces mots qui
vont ébranler des millénaires.
D'un côté de ce verset :
Dieu. Un Dieu qui a tout prévu, tout orchestré, tout décrété depuis avant la
fondation du monde. De l'autre côté : des hommes. Des hommes coupables, des
mains ensanglantées, des consciences alourdies. Et au centre, comme le pivot de
toute l'histoire universelle : une croix, un cadavre, et un dessein qui ne peut
être arrêté par aucune puissance dans les cieux ni sur la terre.
C'est la tension
paradigmatique de la Bible tout entière. La souveraineté de Dieu est totale. La
responsabilité humaine est entière. Et ces deux vérités, loin de se contredire,
se fondent dans le mystère le plus profond que l'esprit humain ait jamais tenté
de sonder : la croix de Jésus-Christ.
«
L'histoire est la biographie de quelques hommes. Mais derrière ces hommes, il y
a une Providence qui se rit des plans humains. »
— Thomas Carlyle, Sur les Héros et le Culte des Héros,
1841
Aujourd’hui, Dieu nous
donne rendez-vous dans ce verset en trois actes. Trois actes qui forment une
symphonie : le dessein éternel du Père, la culpabilité réelle de l'homme, et la
grâce triomphante qui brise toutes les chaînes. Êtes-vous prêts à rencontrer le
Dieu de ce verset ? Alors ouvrez vos cœurs avec moi.
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Avant
de parler de la culpabilité de l'homme, il nous faut d'abord regarder au-delà
du temps, dans les profondeurs de l'éternité — car tout commence là.
LE DESSEIN
ÉTERNEL.
Avant que le monde
fût — Dieu avait déjà vu la croix.
Le texte est d'une
précision chirurgicale : « livré selon le dessein arrêté et la prescience de
Dieu. » Le mot grec traduit par « dessein arrêté » est boulé — la volonté
délibérée, le plan souverain, la résolution irrévocable d'un Dieu qui ne
tâtonne pas, qui ne s'adapte pas, qui ne découvre pas les choses au fur et à
mesure. Ce Dieu a tenu conseil dans l'éternité, avant qu'Adam ne respirât,
avant que la lumière ne fût, et Il a décidé : Son Fils serait livré.
L'apôtre Pierre le
confirme ailleurs : « Il a été prédestiné avant
la fondation du monde et manifesté à la fin des temps pour vous » (1 Pierre
1.20). L'Agneau ne fut pas une réponse improvisée à la chute.
L'Agneau était le plan originel. La croix n'est pas un plan B de Dieu — c'est
Son plan A depuis l'éternité.
La prescience
divine — Dieu qui voit la fin depuis le commencement.
La « prescience » de Dieu
— prognōsis en grec — n'est pas simplement une connaissance anticipée des
événements, comme si Dieu consultait un calendrier cosmique. C'est une
connaissance qui embrasse et détermine. Dieu ne voit pas l'avenir parce qu'il
est inévitable ; l'avenir est tel qu'il est parce que Dieu l'a voulu ainsi.
Ésaïe l'avait prophétisé
sept cents ans avant la croix : « Mais c'est à
cause de nos péchés qu'Il a été transpercé, broyé à cause de nos iniquités ; le
châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui » (Ésaïe 53.5).
Quand les soldats romains clouaient des mains sur cette poutre de bois, ils ne
savaient pas qu'ils accomplissaient un script écrit avant que Rome n'existât.
La souveraineté sans exonération — Dieu
souverain sur le mal sans en être l'auteur.
Et pourtant — et voici le
mystère vertigineux — la souveraineté de Dieu sur cet événement n'excuse aucun
de ceux qui ont participé à ce crime. Dieu peut décréter un événement sans être
moralement responsable du péché commis pour l'accomplir. Le feu qui purifie
l'or et le feu qui brûle la paille — c'est le même feu. La Providence de Dieu
utilise la méchanceté des hommes sans jamais en être souillée.
«
Nous pouvons être heureux ou malheureux, mais nous n'annulons pas les desseins
de Dieu. La souveraineté divine n'est pas le fatalisme — c'est la garantie que
l'amour a le dernier mot. »
— Blaise Pascal, Pensées, fragment 794.
Frères et sœurs, si vous
traversez aujourd'hui une saison d'incompréhension — une maladie non méritée,
une perte dévastatrice, une trahison inexplicable — ce premier mouvement vous
dit : Il y a un Dessein Éternel. Vous n'êtes pas à la merci du hasard. Le Dieu
qui a orchestré la croix du Calvaire orchestre aussi votre vie.
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Mais ce serait une erreur de s'arrêter à la souveraineté
de Dieu sans entendre l'autre vérité tout aussi tranchante de ce verset — la
vérité qui nous concerne tous personnellement.
LA CULPABILITÉ
HUMAINE.
« Et vous » — l'accusation qui ne souffre
aucun alibi.
Regardez comment Pierre
formule son accusation. Il ne dit pas : « Certains parmi vous. » Il ne dit pas
: « Les autorités religieuses. » Il dit : « Et VOUS. » C'est le « vous »
collectif de toute une génération. Mais c'est aussi le « vous » transhistorique
qui traverse les siècles et vient frapper à la porte de chaque conscience
humaine.
Car qui a cloué Jésus sur
la croix ? Les soldats romains ? Oui. Caïphe ? Oui. Judas Iscariote ? Oui. Mais
Paul dit quelque chose de bouleversant : «
Christ est mort pour nos péchés » (1 Corinthiens 15.3). Nos péchés.
Voilà les clous. Voilà le bois. Voilà la lance. Chaque mensonge que vous avez
dit, chaque convoitise que vous avez nourrie, chaque orgueil que vous avez
caressé — c'était un marteau de plus sur ces clous.
La responsabilité
totale en même temps que la souveraineté totale.
C'est ici que le verset 23
des Actes nous défie de toute notre intelligence humaine. Car si Dieu a tout
prévu, si tout était dans Son dessein, comment les hommes peuvent-ils être
tenus pour responsables ? N'est-ce pas une contradiction insurmontable ?
La Bible ne cherche pas à
résoudre cette tension — elle l'affirme des deux côtés avec une égale vigueur. « Car Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et le
peuple d'Israël, se sont rassemblés dans cette ville contre Ton saint serviteur
Jésus, que Tu as oint, pour faire tout ce que Ta main et Ta volonté avaient
déterminé d'avance qui arriverait » (Actes 4.27-28). Le dessein de
Dieu et la culpabilité humaine — deux réalités pleinement vraies, simultanément
vraies.
La crucifixion comme miroir de toute
l'histoire morale de l'humanité.
La croix est le révélateur
de la vérité sur l'homme. Elle expose ce dont le cœur humain est capable. Elle
expose ce que la religion sans grâce peut produire. Elle expose ce que la
politique sans justice peut décider. Elle expose ce que la foule sans conscience
peut réclamer. Quand l'humanité a eu Dieu fait chair devant elle, elle a crié :
Crucifie-Le.
«
L'homme est un être capable du meilleur et du pire. Le pire, c'est qu'il peut
tuer la bonté même lorsqu'elle se présente à lui sous forme humaine. »
— Fyodor Dostoïevski, Les Frères Karamazov, 1880.
L'épître aux Romains ne
laisse personne sortir du banc des accusés : «
Il n'y a pas de juste, pas même un seul... car tous ont péché et sont privés de
la gloire de Dieu » (Romains 3.10, 23). Vous et moi — nous étions
dans cette foule ce vendredi-là. Nos péchés portaient la pancarte au-dessus de
Sa tête.
Et pourtant — oh, béni
soit Dieu pour ce « et pourtant » ! — le verset 23 n'est pas le dernier mot de
Pierre ce jour-là. Car Pierre ne s'arrête pas à l'accusation. Pierre continue.
Et c'est le troisième mouvement de ce sermon qui est le plus glorieux.
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Nous avons vu le dessein éternel du Père. Nous avons
entendu l'accusation cinglante contre l'humanité. Mais ni l'un ni l'autre n'est
la conclusion de l'histoire — voici le cri de victoire qui ébranle l'univers
entier.
LA GRÂCE
TRIOMPHANTE.
La résurrection — la réponse de Dieu à la
croix.
Pierre ne s'arrête pas au
verset 23. Il enchaîne immédiatement au verset 24 : « Mais Dieu L'a ressuscité,
en Le délivrant des douleurs de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'Il
fût retenu en sa puissance. » La résurrection n'est pas simplement un miracle
parmi d'autres. La résurrection est le verdict de Dieu sur la croix. Elle dit :
la mort n'a pas le dernier mot. L'injustice n'a pas le dernier mot. Le péché
n'a pas le dernier mot. Dieu a le dernier mot — et Son dernier mot est : IL EST
VIVANT.
Paul l'affirme avec une
logique implacable : « Si Christ n'est pas
ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés. Mais
maintenant, Christ est ressuscité d'entre les morts, prémices de ceux qui sont
morts » (1 Corinthiens 15.17, 20). La résurrection valide la croix.
Elle prouve que le sacrifice a été accepté. Elle scelle le dessein éternel.
La grâce offerte
aux bourreaux eux-mêmes.
Voici maintenant le comble
de la grâce. Pierre vient d'accuser ses auditeurs d'avoir tué le Fils de Dieu.
Ce devrait être le moment du jugement, de la condamnation, de la sentence
finale. Mais regardez ce que Pierre leur dit au verset 38 de ce même chapitre 2
:
« Repentez-vous, et que chacun de vous
soit baptisé
Au nom de Jésus-Christ pour le pardon de
vos péchés ;
Et vous recevrez le don du Saint-Esprit.
»
— Actes 2.38 —
La grâce est offerte aux
bourreaux. La grâce est offerte à ceux qui ont cloué les mains de Dieu sur une
croix. Si la grâce peut atteindre ceux-là, elle peut atteindre n'importe qui
dans cette salle Aujourd’hui. Il n'y a pas de passé assez noir, pas de crime
assez honteux, pas de rébellion assez prolongée pour que la grâce du Calvaire
ne puisse l'engloutir tout entière.
Le dessein souverain comme fondement de
l'espérance certaine.
Et voici la gloire finale
de ce verset 23. Si Dieu a pu prendre le crime le plus abominable de l'histoire
humaine — le meurtre de Son propre Fils — et en faire le plus grand acte de
rédemption de l'éternité, alors rien dans votre vie n'est au-delà de Sa grâce
transformatrice. Rien.
Joseph, dans sa cellule
d'Égypte, ne comprenait pas. Mais au bout du chemin, il pouvait dire : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l'a changé
en bien » (Genèse 50.20). C'est le mot de passe de la Providence.
Dieu change en bien ce que le mal a conçu pour faire du mal.
Paul le résume en une
seule phrase d'une densité explosive : « Nous
savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux
qui sont appelés selon Son dessein » (Romains 8.28). Toutes choses.
Pas quelques choses. Pas les choses agréables seulement. Toutes choses — y
compris vos nuits les plus sombres, vos larmes les plus amères, vos défaites
les plus cuisantes.
La souveraineté de Dieu
n'est pas un dogme froid. C'est le bras chaud d'un Père qui tient Son enfant
dans la tempête et qui dit : Je savais que cette vague viendrait. Je savais ce
qu'elle ferait. Et je t'ai tenu néanmoins. La croix en est la preuve éternelle.
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Bien-aimés, nous avons
parcouru ensemble Aujourd’hui trois territoires sacrés. Nous avons contemplé le
Dessein Éternel — ce Dieu qui, avant que le monde fût, avait inscrit la croix
dans le cœur de Son plan d'amour. Nous avons entendu l'accusation de la
Culpabilité Humaine — ce « et vous » qui nous convoque tous personnellement
devant la réalité de notre péché. Et nous avons crié avec tout le ciel la Grâce
Triomphante — ce Dieu qui fait de la plus grande injustice de l'histoire le
plus grand acte de grâce de l'éternité.
Aujourd’hui, Actes 2.23
vous pose une question personnelle. Non pas une question théologique abstraite.
Une question existentielle, urgente, éternelle : qu'avez-vous fait du Christ
que Dieu a livré pour vous ? Car ce Dessein Éternel n'avait pas seulement pour
but d'accomplir quelque chose dans l'histoire. Il avait pour but d'accomplir
quelque chose en vous.
Jésus Lui-même nous a dit
: « Car Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné
Son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il
ait la vie éternelle » (Jean 3.16). « Quiconque » — c'est votre nom.
C'est mon nom. C'est le nom de tout être humain qui respire en ce moment.
Si vous n'avez pas encore
reçu ce Christ livré, ressuscité et glorifié, Aujourd’hui est votre rendez-vous
avec le Dessein Éternel. Ouvrez les mains. Ouvrez le cœur. Ce n'est pas vous
qui avez choisi Aujourd’hui d'être en ce lieu à entendre ce texte — c'est Lui
qui vous y a amenés. La prescience de Dieu vous a vu ici avant que vous ne vous
réveilliez Aujourd’hui.
Et pour ceux qui marchent
déjà avec Lui — que ce verset rafraîchisse votre confiance et ravive votre
adoration. Vous servez un Dieu qui n'improvise pas. Un Dieu qui n'est pas
surpris par votre souffrance. Un Dieu qui a prouvé, une fois pour toutes, au sommet
d'une colline appelée Golgotha, que Son amour est plus puissant que la mort,
plus profond que le péché, et plus durable que tout ce que ce monde peut
dresser contre vous.
«
Ce qui est admirable dans l'histoire de la croix, c'est que l'amour et la
justice se sont rencontrés et que ni l'un ni l'autre n'a perdu. »
— Charles Spurgeon, Le Trésor de David, Sermon sur Psaume
85.10
La souveraineté divine est
totale. La responsabilité humaine est entière. Et la grâce de Dieu les embrasse
toutes les deux dans les bras ouverts d'un Sauveur crucifié et ressuscité. Ce
n'est pas une contradiction — c'est le plus beau mystère de l'univers.
Que chaque genou
fléchisse. Que chaque bouche confesse. « Que
tout genou fléchisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que
toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le
Père » (Philippiens 2.10-11).
Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.
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