Jésus-Christ : le seul Sauveur

...ce témoignage, c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. 1 Jean 5:11-13



mardi 3 mars 2026

La Vie du Chrétien

« Je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. »  — Jean 10 : 10.

« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en Moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en Moi ne mourra jamais. »  — Jean 11 : 25-26.

« Et si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par Son Esprit qui habite en vous. »  — Romains 8 : 11.

     

La Vie du Chrétien.

     

Une Vie d'Origine Divine.

Une Vie qui Traverse l'Éternité.

Une Vie Portée par la Puissance de la Résurrection.

     

Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi :

Il y a des questions que l'enfance pose avec une innocence qui désarme les adultes les plus solides. Des questions que les années apprennent à taire, non pas parce qu'elles ont trouvé une réponse, mais parce que l'on a fini par accepter de vivre sans en avoir une. Des questions qui pourtant continuent de veiller au fond de chaque conscience humaine, aussi discrètes que persistantes, aussi dérangeantes que fondamentales.

Une femme me raconta un jour la scène suivante. Son fils avait sept ans. C'était un soir ordinaire, après le dîner, alors qu'elle débarrassait la table. L'enfant, assis sur sa chaise, la regardait faire en silence. Puis, sans préambule, sans transition, avec ce naturel déconcertant des êtres qui n'ont pas encore appris à censurer leurs pensées profondes, il dit :

« Maman, est-ce que tu vis vraiment ? »

La femme s'arrêta. Elle posa son assiette. Elle se retourna vers son fils, et dit, avec le sourire prudent de ceux qui achètent du temps :

« Comment ça, est-ce que je vis vraiment ? Tu me vois là, devant toi. »

L'enfant secoua la tête, insatisfait.

« Oui, mais le maître a dit que les fourmis vivent aussi. Et les arbres. Et les poissons. Alors vivre, ça ne veut rien dire de spécial. Je voulais dire : est-ce que toi, tu vis d'une autre façon ? Est-ce que tu as quelque chose en toi que les fourmis n'ont pas ? »

La femme resta silencieuse longtemps. Plus longtemps que la question ne semblait l'exiger. Car elle venait de réaliser que son fils de sept ans venait de poser, sans le savoir, la question que les philosophes posent depuis trois mille ans, la question que Socrate portait dans l'agora d'Athènes, la question que chaque être humain porte au fond de lui-même à chaque tournant décisif de son existence : qu'est-ce que c'est que vivre vraiment ?

Elle lui répondit finalement, avec une honnêteté qui la surprit elle-même :

« Je ne sais pas encore bien répondre à ça. Mais je crois que oui, j'ai quelque chose en moi que les fourmis n'ont pas. Quelqu'Un, plutôt. »

Frères et sœurs, cette réponse-là — aussi hésitante, aussi inachevée qu'elle soit — est plus théologiquement juste que bien des discours élaborés. Car la vie du chrétien n'est pas simplement une vie améliorée. Ce n'est pas une vie plus heureuse, plus morale, plus équilibrée que la vie des autres. C'est une vie d'une nature radicalement différente — une vie qui porte en elle un Quelqu'Un, une vie qui a une source que le monde ne connaît pas, une vie que ni la mort, ni le temps, ni aucune limite de la condition mortelle ne peuvent définitivement contenir.

C'est cette vie-là que Jésus est venu apporter, selon Jean 10 : 10 — non pas simplement une amélioration de l'existence, mais une vie dans l'abondance. C'est cette vie-là que Jean 11 désigne par les mots les plus vertigineux que Jésus ait jamais prononcés. Et c'est cette vie-là que Paul, dans Romains 8 : 11, révèle dans toute sa profondeur eschatologique — comme la puissance même de la résurrection, déjà à l'œuvre, dès maintenant, dans des corps encore mortels.

Frères et sœurs, nous examinerons ensemble, dans toute leur étendue insondable, les trois grands mouvements que ce thème déploie devant nous :

Premièrement : LA VIE DU CHRÉTIEN EST D'ORIGINE DIVINE — elle ne vient pas de l'homme, elle ne peut pas être produite par l'homme, elle est la vie même de Dieu, communiquée à Sa créature.

Deuxièmement : LA VIE DU CHRÉTIEN TRAVERSE L'ÉTERNITÉ — elle n'est pas enfermée dans les frontières du temps présent, elle est le souffle de ce qui ne finit pas, posé sur ce qui passe.

Troisièmement : LA VIE DU CHRÉTIEN EST LA PUISSANCE DE LA RÉSURRECTION — non pas une promesse pour demain seulement, mais une réalité déjà agissante aujourd'hui, dans la chair, dans les os, dans le quotidien de l'existence mortelle.

Que l'Esprit-Saint ouvre nos intelligences et nos cœurs. Car ce que nous allons contempler n'est pas une vérité abstraite réservée aux théologiens. C'est la réalité la plus concrète, la plus personnelle, la plus pratique de la vie chrétienne — la réalité de ce Quelqu'Un qui habite en nous, et dont la présence change tout à ce que nous sommes, à ce que nous espérons, et à ce que nous pouvons devenir.

     

1. UNE VIE D'ORIGINE DIVINE.

Ce que l'homme ne peut ni produire ni s'offrir lui-même.

Frères et sœurs bien-aimés, avant de contempler la grandeur de la vie que Dieu communique au chrétien, il nous faut regarder en face ce que cette vie n'est pas — et pourquoi cette précision n'est pas secondaire, mais fondamentale. Car l'une des confusions les plus répandues dans la piété chrétienne bien intentionnée est précisément celle-ci : croire que la vie chrétienne est le produit d'un effort humain suffisamment soutenu. Croire que si l'on prie assez, si l'on lit assez, si l'on discipline assez ses habitudes et ses pensées — on finira par produire en soi cette vie qui ressemble à ce que Dieu attend.

Or Jésus, en Jean 10 : 10, ne dit pas : Je suis venu pour vous aider à vous améliorer. Il ne dit pas : Je suis venu pour vous montrer comment mieux vivre. Il dit quelque chose de radicalement différent, de radicalement plus grand, de radicalement plus dérangeant pour l'orgueil humain : Je suis venu afin que vous ayez la vie. Non pas plus de vie. Non pas une vie mieux organisée. La vie. Comme s'il ne s'agissait pas d'augmenter quelque chose que vous possédiez déjà, mais de vous donner quelque chose que vous n'aviez pas.

Cette réalité trouve son fondement dans ce que la théologie appelle la nouvelle naissance — cette réalité que Jésus explique à Nicodème en Jean 3, avec une clarté qui laisse peu de place à l'interprétation : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. » Jean 3 : 6. Deux natures. Deux origines. Deux ordres d'existence radicalement distincts. La chair produit de la chair — c'est-à-dire de l'humain, aussi noble, aussi cultivé, aussi religieux soit-il. Et l'Esprit produit de l'esprit — c'est-à-dire une vie d'une autre nature, une vie venue d'en haut, une vie que nulle discipline humaine ne peut engendrer.

L'image que Jean 3 utilise pour cette réalité est précisément celle de la naissance. Et la naissance est l'exemple même de quelque chose que l'on reçoit sans pouvoir le produire. Nul n'a choisi de naître. Nul n'a contribué à sa propre naissance. Nul ne peut, par un effort de volonté, se donner la vie qu'il n'a pas. La vie se reçoit — toujours. Elle se donne — toujours. Et la vie spirituelle du chrétien n'échappe pas à cette loi. Elle se reçoit de Dieu, ou elle n'est pas.

C'est ce que Paul exprime avec une précision saisissante dans Galates 2 : 20 — ce verset qui est peut-être l'autobiographie spirituelle la plus condensée que l'Écriture nous ait jamais donnée :

« Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré Lui-même pour moi. »  — Galates 2 : 20.

CE N'EST PLUS MOI QUI VIS. Quatre mots qui renversent tout l'édifice de la religion humaine fondée sur l'effort. Non pas : j'essaie de mieux vivre. Non pas : je travaille à ressembler davantage à Christ. Mais : ce n'est plus moi. La source a changé. L'origine a changé. Ce qui circule dans cette vie n'est plus seulement du Paul — c'est du Christ. Ce n'est plus seulement la volonté d'un homme — c'est la vie même du Fils de Dieu, habitant un corps humain, animant une existence humaine, pensant à travers des pensées humaines, aimant à travers des mains humaines.

Et voilà ce qui fait de la vie chrétienne quelque chose de radicalement distinct de toute forme de religion naturelle, de toute éthique humaniste, de toute philosophie du perfectionnement de soi. Ce n'est pas que le chrétien ferait les mêmes choses que tout le monde, mais avec plus de discipline ou plus de motivation. C'est qu'il est animé par une source différente. C'est que la vie qui circule en lui n'a pas la même origine. Elle vient de Dieu. Elle est de Dieu. Elle est Dieu en lui.

La mère de notre histoire avait dit, maladroitement mais justement : j'ai quelque Chose en moi que les fourmis n'ont pas. Quelqu'Un, plutôt. Et ce Quelqu'Un — cet Esprit-Saint qui habite le croyant, cette vie divine communiquée à l'homme par la grâce et la foi — est non seulement d'une origine différente de la vie naturelle. Il est aussi d'une durée différente. Il ne commence pas seulement ici. Il ne s'arrête pas là. Et c'est vers cette dimension vertigineuse que nous devons maintenant lever les yeux.

     

II. UNE VIE QUI TRAVERSE L'ÉTERNITÉ.

Quand le souffle de ce qui ne finit pas traverse ce qui passe.

Frères et sœurs bien-aimés, si le premier mouvement nous a révélé l'origine divine de la vie du chrétien, c'est dans ce deuxième mouvement que nous découvrons, dans toute son étendue vertigineuse et libératrice, la dimension temporelle — ou plutôt atemporelle — de cette vie. Car ce que Jésus donne n'est pas seulement une vie de meilleure qualité. C'est une vie de nature éternelle. Et cette précision change tout à la manière dont nous habitons notre présent.

Écoutez à nouveau ces mots de Jean 11 : 25-26, prononcés devant le tombeau de Lazare — prononcés, donc, dans le lieu même où la mort semblait avoir dit le dernier mot, dans le lieu même où toute philosophie humaine s'arrête et baisse les yeux :

« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en Moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en Moi ne mourra jamais. »  — Jean 11 : 25-26.

Jésus ne dit pas : Je connais la résurrection. Il ne dit pas : Je peux donner la résurrection. Il dit : Je SUIS la résurrection et la vie. Cette distinction est décisive. Car une personne qui possèderait la résurrection comme une propriété pourrait, théoriquement, en être séparée. Mais Celui qui est la résurrection ne peut pas en être séparé, pas plus qu'Il ne peut être séparé de Lui-même. Et si le croyant est uni à Celui qui est la vie — uni à Lui par la foi, par l'Esprit, par cette greffe dont Paul parle en Romains 11 : 17 — alors la vie éternelle de Christ coule dans les veines de l'âme croyante comme la sève coule dans la branche greffée sur le tronc.

C'est là que Jean 17 : 3 révèle quelque chose que l'on ne peut lire qu'à genoux. Jésus, dans Sa prière sacerdotale au Père, définit la vie éternelle — et Sa définition n'est pas ce que nous attendons. Il ne dit pas : la vie éternelle, c'est vivre indéfiniment. Il dit : « La vie éternelle, c'est qu'ils Te connaissent, Toi, le seul vrai Dieu, et Celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ. » La vie éternelle n'est pas d'abord une durée — c'est une relation. C'est la connaissance intime, vivante, croissante du Père et du Fils. Et cette connaissance-là commence maintenant. Elle ne commence pas à la mort. Elle commence au moment où la foi unit l'âme à Christ — et elle ne finit plus.

Voilà pourquoi l'apôtre Jean, dans sa première épître, ose écrire cette déclaration qui ressemble à un paradoxe mais qui est en réalité la vérité la plus logique de l'Évangile : « Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie. » 1 Jean 5 : 12. Non pas : celui qui a le Fils aura la vie un jour. Mais : il l'a. Maintenant. Présent. Car avoir Christ, c'est avoir la source même de la vie éternelle habitant en soi — et quand la source est là, la vie est là.

Et cette réalité transforme radicalement la manière dont le chrétien habite le temps. Car si la vie qui l'anime est de nature éternelle — si elle a déjà franchi la frontière de la mort en étant unie au Ressuscité — alors le temps présent, avec toutes ses épreuves, tous ses deuils, toutes ses limites et toutes ses déceptions, n'est plus vécu comme une prison. Il est vécu comme un chemin. Comme un passage. Comme cette période provisoire dont Paul dit, dans 2 Corinthiens 4 : 17, que ses afflictions — légères et passagères — produisent pour nous un poids éternel de gloire qui est au-delà de toute mesure.

LÉGÈRES ET PASSAGÈRES. Paul, qui avait reçu cinq fois trente-neuf coups de fouet, qui avait été naufragé, emprisonné, lapidé, persécuté de ville en ville — ce Paul-là appelle ses souffrances légères et passagères. Non pas parce qu'il les minimise. Non pas parce qu'il est insensible à la douleur. Mais parce qu'il les voit à travers la lunette de l'éternité — et à travers cette lunette-là, le rapport de proportion est si vertigineux qu'il renverse toute lamentation. Car d'un côté de la balance, il y a tout ce que le temps peut infliger. Et de l'autre, il y a ce que Dieu a préparé pour ceux qui L'aiment — et ce poids-là est au-delà de toute mesure.

La vie du chrétien est donc cette réalité extraordinaire : un être limité, temporel, mortel, qui porte en lui quelque chose d'illimité, d'éternel, d'immortel. Comme un vase d'argile qui contient un trésor dont la valeur dépasse infiniment celle du vase. C'est exactement l'image que Paul utilise en 2 Corinthiens 4 : 7 — « Nous portons ce trésor dans des vases de terre » — pour dire que la faiblesse du contenant ne compromet pas la gloire du contenu. Et que c'est précisément dans cette faiblesse que la puissance de Dieu se révèle le plus clairement.

Car cette puissance — cette puissance qui porte une vie éternelle dans un corps mortel — n'est pas seulement une réalité future. Elle n'est pas seulement la promesse d'un lendemain radieux après une mort douloureuse. Elle est déjà là. Elle agit déjà. Elle transforme déjà. Et c'est cette dimension présente, active, immédiate de la vie chrétienne que le troisième mouvement va maintenant révéler dans toute sa profondeur bouleversante.

     

III. UNE VIE PORTÉE PAR LA PUISSANCE DE LA RÉSURRECTION.

Quand l'éternité agit dès maintenant dans un corps encore mortel.

Frères et sœurs bien-aimés, nous arrivons maintenant au cœur du mystère — à l'instant où les deux premiers mouvements trouvent leur application la plus concrète, la plus immédiate, la plus pratique. Car si la vie du chrétien est d'origine divine et de nature éternelle, ces deux réalités ne sont pas des vérités théoriques destinées à consoler les âmes dans leurs nuits de doute — elles sont des réalités opérantes, agissantes, transformantes. Elles ont des effets aujourd'hui. Elles produisent quelque chose maintenant. Et ce quelque chose, Romains 8 : 11 l'identifie avec une précision qui laisse sans voix :

« Et si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par Son Esprit qui habite en vous. »  — Romains 8 : 11.

Contemplons la construction de ce verset avec toute l'attention qu'il mérite. Paul ne dit pas simplement : l'Esprit habitera en vous et ressuscitera vos corps au dernier jour — bien que cela soit aussi vrai, aussi certain, aussi fondamental. Il dit : l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus habite en vous — présent, actuel, permanent. Et cet Esprit-là, en habitant en vous, rend déjà la vie à vos corps mortels. Maintenant. Pas seulement demain.

La puissance de la résurrection n'est pas en attente dans un dépôt céleste dont le retrait serait différé jusqu'au grand matin de l'éternité. Elle est déjà déposée en vous. Elle travaille déjà. Elle anime déjà. Elle produit déjà dans la chair et dans l'âme du croyant des effets que la seule biologie humaine ne peut pas expliquer.

Paul avait fait l'expérience de cette réalité dans sa propre chair de la manière la plus saisissante qui soit. Au chapitre 12 de 2 Corinthiens, il raconte qu'il portait une écharde dans la chair — une souffrance chronique, persistante, qui ne partait pas malgré ses prières. Et ce que Dieu lui dit dans cette faiblesse n'est pas : tiens bon jusqu'à ce que je la retire. Mais : « Ma grâce te suffit, car Ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. » 2 Corinthiens 12 : 9. La puissance de la résurrection ne travaille pas contre la faiblesse — elle travaille à travers elle. Elle ne nie pas la limite — elle la traverse.

C'est là le paradoxe le plus profond de la vie chrétienne, et en même temps sa vérité la plus libératrice : la puissance de Dieu ne se manifeste pas en dépit de notre fragilité. Elle se manifeste dans notre fragilité. Et c'est précisément parce qu'elle habite des corps mortels, des vies limitées, des âmes fissurées par l'épreuve — que sa gloire est si évidente. Car quand un homme brisé par le deuil continue d'espérer, c'est la résurrection qui parle. Quand une femme épuisée par la maladie continue de louer, c'est la vie divine qui se manifeste. Quand un cœur humilié continue d'aimer ceux qui lui ont fait du mal, c'est la puissance de Celui qui a dit sur la croix : « Père, pardonne-leur » — qui continue de circuler dans des veines humaines.

Philippiens 3 : 10 nous donne l'une des formulations les plus intenses de toute l'épistolaire paulinienne — une formulation qui ressemble à la confession d'un homme qui a goûté quelque chose d'inexprimable et qui cherche les mots les moins insuffisants pour le dire : « Et que je Le connaisse, et la puissance de Sa résurrection, et la communion de Ses souffrances, en Lui devenant conforme dans Sa mort. » Connaître la puissance de Sa résurrection — non pas en lire la doctrine, non pas en approuver le principe théologique, mais la connaître. L'expérimenter. La sentir agir dans sa propre vie comme une force qui vient d'ailleurs, qui porte ce que l'on ne peut plus porter seul, qui ranime ce que la vie avait épuisé.

Et voici ce que cette réalité signifie pour chacun d'entre nous qui avançons dans la vie avec nos limites, nos fatigues, nos découragements et nos incertitudes. La vie qui est en vous n'est pas proportionnelle à votre état du moment. Elle ne décline pas quand vous déclinez. Elle ne s'épuise pas quand vous vous épuisez. Elle ne se décourage pas quand vous vous découragez. Car elle ne vient pas de vous — elle vient de Celui qui est ressuscité. Et Ce Lui-là n'a jamais été épuisé, jamais découragé, jamais à court de puissance.

La mère de notre histoire avait répondu à son fils : j'ai quelque Chose en moi que les fourmis n'ont pas. Quelqu'Un, plutôt. Et ce Quelqu'Un est précisément Cela — cette vie inépuisable, divine, éternelle, qui circule dans le croyant comme le sang dans les veines. Invisible à l'œil nu. Irréductible à une analyse biologique. Mais réelle. Réelle comme le fait de se relever après avoir voulu abandonner. Réelle comme la paix qui survient là où la raison ne pouvait produire que de l'angoisse. Réelle comme le pardon accordé là où la nature humaine n'aurait produit que de la rancœur. Réelle comme la foi qui tient dans la nuit la plus longue — non pas parce qu'elle est forte, mais parce qu'elle est tenue par Quelqu'Un qui ne lâche pas.

     

De la question d'un enfant à la réponse de l'éternité.

Frères et sœurs bien-aimés, nous avons contemplé ce matin l'une des réalités les plus profondes, les plus libératrices et les plus bouleversantes de la foi chrétienne. Non pas une doctrine parmi d'autres. Non pas un chapitre de plus dans un manuel de théologie. Mais la vérité centrale qui donne son sens à tout le reste — ce que c'est que vivre vraiment, lorsque Dieu Lui-même est la source, la durée et la puissance de la vie que l'on porte.

Nous avons contemplé la vie d'origine divine — cette vie que nul effort humain ne peut produire, que nulle discipline religieuse ne peut engendrer, et que Dieu seul peut donner à celui qui vient à Lui les mains vides et le cœur ouvert. Nous avons compris que ce n'est pas l'homme qui améliore sa vie jusqu'à la rendre acceptable aux yeux de Dieu — c'est Dieu qui donne une vie nouvelle à l'homme qui reconnaît qu'il n'en a pas.

Nous avons contemplé la vie qui traverse l'éternité — ce souffle de ce qui ne finit pas, posé sur des existences qui passent. Nous avons compris que la vie éternelle n'est pas d'abord une promesse pour l'après-mort, mais une réalité présente pour celui qui connaît le Père et le Fils — une réalité qui transforme le rapport au temps, à la souffrance, à la mort, et qui donne à l'âme une perspective que le monde ne peut ni donner ni enlever.

Et nous avons contemplé la vie portée par la puissance de la résurrection — cette puissance qui ne travaille pas pour les forts, mais dans les faibles. Cette puissance qui ne contourne pas les limites humaines, mais les habite et les dépasse. Cette puissance qui fait que le chrétien vit au-dessus de ses propres capacités, non par orgueil, mais parce que la source de sa vie n'est pas lui-même.

À vous qui vous demandez, peut-être depuis longtemps, si votre foi est vivante ou si elle n'est qu'une habitude spirituelle transmise par la tradition et maintenue par la culture — voici la question que ce sermon vous pose avec toute la bienveillance et toute l'urgence qu'elle mérite : est-ce que vous avez reçu cette vie ? Non pas la religion chrétienne. Non pas les pratiques chrétiennes. Mais la vie — cette vie d'origine divine, de nature éternelle, portée par la puissance de la résurrection — est-ce qu'elle est en vous ?

Car cette vie n'est pas réservée à une élite spirituelle. Elle n'est pas le privilège de ceux qui ont beaucoup souffert ou beaucoup mérité. Elle est offerte — gratuitement, universellement, inconditionnellement — à quiconque vient à Jésus avec sa faim réelle, sa soif réelle, sa pauvreté réelle. À quiconque dit, avec la simplicité du mendiant qui n'a rien à offrir mais tout à recevoir : Seigneur, donne-moi cette vie.

À vous qui portez cette vie en vous depuis des années — qui la vivez, qui la connaissez, qui en avez fait l'expérience dans les nuits de l'épreuve et dans les matins de la grâce — ce sermon vous rappelle ce que vous savez déjà mais dont vous avez besoin d'entendre la confirmation : la vie en vous est plus grande que tout ce qui cherche à l'éteindre. L'Esprit qui habite en vous est plus fort que toute faiblesse. Et la puissance de la résurrection qui travaille dans vos membres mortels ne s'arrêtera pas avant d'avoir achevé l'œuvre qu'Il a commencée.

Car c'est cela la promesse finale de Philippiens 1 : 6 — ce verset qui est peut-être la certitude la plus douce et la plus solide que l'Écriture nous ait jamais donnée pour les jours de doute : « Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ. » Celui qui a commencé. Lui, et non pas vous. Et ce qu'Il a commencé, Il l'achèvera. Non pas parce que vous resterez toujours forts — mais parce que Lui ne change pas.

« Je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. »  — Jean 10 : 10.

Il est venu. Il a donné. Il donne encore.

Et cette vie-là — divine, éternelle, portée par la résurrection — ne prendra jamais fin.

À Lui seul soient la gloire et la puissance, aux siècles des siècles.

Amen et Amen !


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