LA PRÉSENCE DU CHRIST.
« Et voici, Je suis avec
vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. »
Matthieu
28 : 20.
La Présence qui Rassure
et qui Bannit la Crainte.
La Présence qui Agit et
qui Transforme les Faibles.
La Présence qui
Accompagne et qui Introduit dans la Gloire.
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Bien-aimés
en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi :
Il
est des mots que l'on prononce souvent sans en mesurer le poids. Des mots que
l'habitude a usés, que la répétition a rendus familiers, et qui, précisément
pour cela, ne produisent plus en nous le tremblement qu'ils devraient produire.
Des mots si grands, si absolus, si chargés d'une réalité qui dépasse toute
compréhension humaine, que l'âme n'ose pas toujours les laisser entrer
pleinement — de peur, peut-être, de ne pas savoir quoi faire de leur immensité.
Je
suis avec vous. Ce sont là quatre mots. Quatre mots qui, sur les lèvres de
n'importe quel être humain, constitueraient une promesse belle mais limitée.
Limitée par le temps. Limitée par la distance. Limitée par la mort. Un ami peut
dire : « Je suis avec toi. » Mais la nuit vient. La distance s'impose. Et la
mort, un jour, interrompt même les présences les plus fidèles.
Mais
sur les lèvres de Celui qui les a prononcés — sur les lèvres de Jésus
ressuscité, debout sur une montagne de Galilée, à l'aube d'une ère nouvelle que
Sa mort et Sa résurrection venaient d'inaugurer — ces quatre mots ne sont pas
une belle promesse humaine. Ils sont une déclaration divine d'une portée qui
dépasse tout ce que l'esprit humain peut mesurer. Car Celui qui parle est le
même qui a dit : « Je suis la résurrection et la vie. » Celui qui parle est le
même à qui toute autorité a été donnée dans le ciel et sur la terre. Et
Celui-là dit : Je suis avec vous. Tous les jours. Jusqu'à la fin du monde.
J'ai
connu un homme — un homme d'affaires, habitué à planifier, à contrôler, à
anticiper. Un homme dont la foi était réelle mais dont la vie avait été
construite sur la certitude de ses propres capacités. Et puis, en l'espace de
quelques mois, tout ce sur quoi il s'était appuyé s'était effondré.
L'entreprise. La santé. Un mariage. Et dans les décombres de ce qu'il avait cru
être sa vie, il s'était retrouvé seul, la nuit, dans une chambre d'hôtel, sans
savoir ce que demain allait ressembler.
C'est
là, dans ce silence-là, qu'il avait ouvert sa Bible — presque mécaniquement,
comme on fait un geste dont on ne sait plus très bien pourquoi on le fait. Et
il était tombé sur ces mots de Matthieu 28 : 20. Il me les a racontés plus tard
avec ces mots simples qui m'ont plus touché que bien des théologies : « Je les
ai lus cinq fois. Et à la cinquième fois, je les ai crus. Pas compris — crus.
Et quelque chose a changé dans la chambre. Pas les circonstances. Moi. »
Cette
expérience-là, frères et sœurs, est l'une des expériences les plus
fondamentales de la vie chrétienne. Non pas la compréhension abstraite d'une
doctrine. Mais la rencontre vivante, personnelle, bouleversante, avec une
Présence — la Présence du Christ ressuscité qui tient la promesse qu'Il a faite
sur cette montagne de Galilée, et qui la tient encore ce matin, pour chacun
d'entre nous, dans la situation exacte qui est la nôtre.
Nous
examinerons ensemble, sous la conduite de l'Esprit-Saint, les trois grands
mouvements de cette promesse incomparable :
Premièrement : LA PRÉSENCE DE CHRIST ME RASSURE DANS
L'INCERTITUDE DE LA VIE ET BANNIT LA CRAINTE DE MON CŒUR — la Présence qui
s'oppose à la peur et qui pose sous nos pieds un sol qui ne tremble pas.
Deuxièmement : LA PRÉSENCE DE CHRIST AGIT DANS MON
QUOTIDIEN ET TRANSFORME MES FAIBLESSES EN INSTRUMENTS DE SA PUISSANCE — la
Présence qui ne se contente pas d'être là, mais qui fait quelque chose de ce
que nous sommes.
Troisièmement : LA PRÉSENCE DE CHRIST M'ACCOMPAGNE
JUSQU'AU TERME DU CHEMIN ET M'INTRODUIT DANS LA GLOIRE ÉTERNELLE DE DIEU — la
Présence qui ne nous lâche pas au seuil de la mort, mais qui nous conduit de
l'autre côté.
Que
l'Esprit-Saint, qui conduit dans toute la vérité, ouvre nos intelligences et
nos cœurs à la profondeur de cette promesse. Car ce que nous allons contempler
ensemble n'est pas une consolation de surface. C'est le fondement le plus
solide sur lequel une existence humaine puisse jamais être bâtie.
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1. LA PRÉSENCE DE CHRIST
ME RASSURE DANS L'INCERTITUDE DE LA VIE
ET BANNIT LA CRAINTE DE MON CŒUR.
Frères
et sœurs bien-aimés, avant de mesurer ce que la Présence du Christ accomplit
dans la profondeur de nos existences, il nous faut d'abord nommer honnêtement
ce contre quoi cette Présence se dresse — la réalité que toute âme humaine
connaît, et qui s'appelle la crainte. Car la promesse du Christ n'est pas
prononcée dans le vide. Elle est prononcée face à quelque chose. Et ce quelque
chose, c'est l'incertitude fondamentale qui habite chaque existence humaine.
Nous
vivons dans un monde qui ne garantit rien. Un monde où les lendemains ne
ressemblent pas toujours aux projets d'aujourd'hui. Un monde où les santés
basculent, où les relations s'effritent, où les économies vacillent, où les
certitudes d'hier deviennent les questions de demain. Et face à cette
incertitude-là — face à cette impossibilité radicale de maîtriser ce qui vient
— le cœur humain produit, naturellement, spontanément, presque inévitablement,
la réaction qui s'appelle la crainte.
C'est
précisément dans ce contexte-là que la Présence du Christ intervient en
première instance — non pas pour supprimer les circonstances incertaines, mais
pour transformer de l'intérieur la façon dont nous nous y trouvons.
1. Souvenons-nous que la
Présence de Christ pose un fondement que l'incertitude ne peut ébranler.
Souvenons-nous.
Car avant d'être une promesse consolatrice pour les moments difficiles, cette
déclaration de Jésus en Matthieu 28 : 20 est une déclaration ontologique. Elle
porte sur ce qui est — sur une réalité objective, constante, indépendante de ce
que nous ressentons, de ce que nous traversons, de ce que nous voyons ou ne
voyons pas. Je suis avec vous. Non pas : Je serai avec vous si vous vous en
montrez dignes. Non pas : Je resterai avec vous si vous n'échouez pas. Mais :
Je suis. Présent actif. Réalité permanente. Certitude absolue.
Et
cette certitude-là — cette Présence réelle du Christ ressuscité dans la vie de
ceux qui croient en Lui — est précisément ce que l'apôtre Paul désigne quand il
écrit ces mots bouleversants au chapitre huitième de l'épître aux Romains : «
Qui nous séparera de l'amour de Christ ? La tribulation, ou l'angoisse, ou la
persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée ? » Romains 8 :
35). Et la réponse est non. Rien ne peut séparer. Ni les hauteurs, ni les
profondeurs, ni les choses présentes, ni les choses à venir. Car la Présence du
Christ n'est pas une Présence conditionnelle — elle est une Présence que rien
de créé ne peut interrompre.
Voilà
ce que l'homme d'affaires de notre histoire avait saisi dans sa chambre
d'hôtel. Non pas que ses circonstances allaient s'améliorer immédiatement. Non
pas que la douleur allait disparaître. Mais que dans le milieu même de ses
circonstances — dans le cœur même de ce qu'il ne pouvait pas contrôler — il
n'était pas seul. Et cette conviction-là — cette certitude que la Présence du
Christ est une réalité objective qui ne dépend pas de nos émotions — est le
fondement sur lequel la paix peut demeurer quand tout le reste chancelle.
Mais
cette Présence rassurante ne se contente pas d'être un fondement abstrait. Elle
descend dans le concret de nos peurs les plus intimes, et elle les affronte une
à une, avec une efficacité que nulle sagesse humaine ne peut reproduire.
2. Souvenons-nous que la
Présence de Christ s'adresse directement à la crainte et la bannit.
Souvenons-nous.
Car la Présence du Christ n'est pas une Présence passive. Elle n'est pas la
simple conscience d'un Être qui regarde de loin, témoin bienveillant de nos
angoisses sans y intervenir. C'est une Présence active, parlante, agissante —
une Présence qui répond à la crainte par une parole, et qui dépose en nous, par
la puissance du Saint-Esprit, quelque chose que le monde ne peut pas donner et
que le monde ne peut pas reprendre.
L'apôtre
Jean l'a dit avec une précision théologique qui confond par sa simplicité : «
La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte. » 1
Jean 4 : 18). Bannit. Le verbe est fort. Il ne dit pas : atténue. Il ne dit pas
: équilibre. Il dit : bannit. Chasse. Expulse. Et l'instrument de ce
bannissement, c'est l'amour parfait de Dieu qui se rend présent dans la vie du
croyant par la Présence du Christ ressuscité. Car là où Christ est présent —
réellement, personnellement présent — là, Sa paix est présente. Et Sa paix
n'est pas la paix du monde : « Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix.
Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble
point et ne s'alarme point. » Jean 14 : 27).
Frères
et sœurs, la Présence du Christ ne promet pas que les circonstances seront
toujours favorables. Elle promet quelque chose de bien plus profond : que dans
toutes les circonstances — favorables ou hostiles, claires ou obscures,
attendues ou bouleversantes — Il est là. Et que là où Il est, la crainte n'a
pas le dernier mot.
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II. LA PRÉSENCE DE
CHRIST AGIT DANS MON QUOTIDIEN ET TRANSFORME
MES FAIBLESSES EN INSTRUMENTS DE SA PUISSANCE.
Frères
et sœurs bien-aimés, si la première dimension de la Présence du Christ concerne
ce qu'Elle fait à notre crainte — ce dont Elle nous délivre —, la deuxième
dimension concerne ce qu'Elle fait avec nous. Car la Présence du Christ n'est
pas une Présence contemplative qui Se tient à distance respectueuse de notre
existence quotidienne. C'est une Présence qui descend dans le tissu même de nos
jours — dans le banal, dans le difficile, dans le répétitif — et qui y opère
quelque chose que nulle force humaine ne saurait accomplir.
Et ce
quelque chose est d'autant plus stupéfiant qu'il prend pour matière précisément
ce dont nous sommes le plus certains qu'il ne vaut rien : nos faiblesses. Car
voilà le paradoxe au cœur duquel la Présence du Christ déploie Sa puissance la
plus manifeste — non pas dans nos forces, mais dans nos failles. Non pas dans
ce que nous réussissons, mais dans ce que nous ne pouvons pas. Non pas dans nos
accomplissements, mais dans nos limites.
Pour
comprendre cela pleinement, il nous faut d'abord saisir comment la Présence du
Christ s'inscrit dans le quotidien — dans ces jours ordinaires qui constituent
la plus grande partie de nos vies, et que nous aurions tendance à croire trop
insignifiants pour mériter une attention divine particulière.
1. Souvenons-nous que la
Présence de Christ habite chaque jour sans exception.
Souvenons-nous.
Car c'est précisément ce que Jésus a voulu dire quand Il a prononcé ces mots
avec une insistance qui mérite qu'on s'y attarde : tous les jours. Pas : les
jours de crise, où vous aurez besoin de Moi. Pas : les dimanches, où vous
penserez à Moi. Pas : les jours de grande épreuve, où vous n'aurez plus d'autre
ressource. Mais : tous les jours. Sans exception. Sans interruption. Sans
hiatus. Le lundi matin aussi bien que le dimanche matin. Le jour de la réunion
difficile aussi bien que le jour de la célébration joyeuse. Le jour où la foi
est vivante aussi bien que le jour où elle semble ne produire qu'une flamme
vacillante.
Cette
promesse-là — tous les jours — est l'une des plus révolutionnaires pour la
façon dont nous envisageons la vie spirituelle. Car nous avons souvent tendance
à réserver la Présence de Dieu à certains moments privilégiés : la prière du
matin, l'assemblée du dimanche, les instants de dévotions personnelles. Comme
si Dieu était présent dans ces moments-là, et absent du reste. Mais la promesse
de Matthieu 28 : 20 ne connaît pas cette distinction. Elle dit : tous les
jours. Ce qui signifie que la Présence du Christ sanctifie le quotidien en
l'habitant. Elle rend saints — c'est-à-dire mis à part pour Dieu — non
seulement les moments de dévotion, mais les moments de travail, de repas, de
conversation, de repos, d'attente. Car dans tous ces moments, Il est présent.
Et Sa Présence change la nature de tout ce qu'elle touche.
L'apôtre
Paul l'avait compris et vécu avec une profondeur que ses épîtres ne cessent de
transmettre. C'est lui qui a écrit, depuis une prison romaine : « Je puis tout
par Christ qui me fortifie. » Philippiens 4 : 13). Non pas : je puis tout par
ma propre détermination. Non pas : je puis tout quand les circonstances sont
favorables. Mais : par Christ — par Sa Présence agissante en moi, par Sa
puissance qui s'exprime à travers ma faiblesse assumée — je puis tout.
Et
c'est précisément cette dimension-là — la transformation de la faiblesse par la
Présence du Christ — qui constitue l'aspect le plus contre-intuitif, et
peut-être le plus libérateur, de tout ce que la promesse de Matthieu 28 : 20
contient.
2. Souvenons-nous que la
Présence de Christ fait de nos faiblesses des lieux de Sa puissance.
Souvenons-nous.
Car c'est là que le mystère de la Présence du Christ devient proprement
bouleversant. Non seulement Il est présent dans nos faiblesses — sans les fuir,
sans les condamner, sans exiger que nous les réglions avant qu'Il daigne nous
rejoindre. Mais Il en fait quelque chose. Il les prend. Il les habite. Et par
Sa Présence en elles, Il les transforme en ce que Sa puissance peut le mieux
traverser.
L'apôtre
Paul, dans la deuxième épître aux Corinthiens, décrit avec une honnêteté
saisissante sa propre expérience de cette réalité. Il parle d'une écharde dans
la chair — une faiblesse dont il avait supplié trois fois le Seigneur de le
délivrer. Et la réponse du Christ à cette prière n'est pas la délivrance que
Paul espérait. C'est une Présence : « Ma grâce te suffit, car Ma puissance
s'accomplit dans la faiblesse. » 2 Corinthiens 12 : 9). Ma puissance
s'accomplit dans la faiblesse. Non pas malgré elle. Non pas après qu'elle soit
surmontée. Mais en elle, à travers elle, par elle.
Voilà
ce que la Présence du Christ fait de nos insuffisances, de nos incapacités, de
nos zones d'échec répété, de nos blessures que ni la volonté ni le temps n'ont
réussi à guérir complètement. Elle ne les efface pas nécessairement. Elle les
transfigure. Elle en fait des lieux où la puissance de Dieu se manifeste
d'autant plus clairement que nulle force humaine ne saurait en être créditée.
Et c'est précisément pour cela que Paul peut écrire la phrase la plus
paradoxale de toute sa théologie : « C'est pourquoi je me glorifie bien aise
dans mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. » 2
Corinthiens 12 : 9). Se glorifier dans les faiblesses — non pas les aimer pour
elles-mêmes, non pas les entretenir, mais reconnaître qu'elles sont les espaces
où la Présence du Christ déploie ce qu'elle seule peut déployer.
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III. LA PRÉSENCE DE
CHRIST M'ACCOMPAGNE JUSQU'AU TERME DU CHEMIN
ET M'INTRODUIT DANS LA GLOIRE ÉTERNELLE DE DIEU.
Frères
et sœurs bien-aimés, nous arrivons maintenant à la dimension la plus
eschatologique, la plus décisive, la plus ultimement nécessaire de la promesse
du Christ. Car si la Présence qui rassure répond à notre besoin dans
l'incertitude présente, et si la Présence qui transforme répond à notre besoin
dans notre quotidien faillible, il reste une frontière que toutes les autres
consolations humaines ont toujours refusé d'aborder frontalement — cette
frontière que l'on appelle la mort.
La
promesse de Jésus ne s'arrête pas en chemin. Elle ne s'applique pas seulement
aux jours faciles, ni même aux jours difficiles. Elle dit : jusqu'à la fin du
monde. Et pour chaque être humain pris individuellement, la fin du monde
commence au moment où ce monde-ci s'achève pour lui. Au moment du dernier
souffle. Au moment du passage. Et c'est là — précisément là, au seuil de ce que
l'humanité a toujours regardé avec le plus d'effroi — que la Présence du Christ
révèle sa dimension la plus nécessaire et la plus glorieuse.
Pour
saisir pleinement ce que cette promesse signifie à l'approche du terme du
chemin, il nous faut d'abord contempler comment la Présence du Christ
transforme notre rapport à la mort elle-même — comment Elle change la nature de
ce passage redouté en une réalité que la foi peut regarder en face.
1. Souvenons-nous que la
Présence de Christ change la nature du dernier passage.
Souvenons-nous.
Car la mort est la seule réalité que toute philosophie humaine, toute sagesse
antique, toute culture et toute civilisation ont tenté d'apprivoiser sans
jamais vraiment y parvenir. Parce qu'on ne peut pas apprivoiser ce qu'on ne
peut pas vaincre. Et l'homme seul ne peut pas vaincre la mort. Aucune volonté
humaine ne l'a jamais repoussée indéfiniment. Aucune sagesse humaine n'a
réellement ôté son aiguillon.
Mais
voici ce que la Présence du Christ ressuscité change dans l'équation de la mort
: Il l'a traversée. Il est descendu dans les profondeurs les plus obscures où
la mort croyait régner sans partage — et Il en est sorti. Non pas en
contournant la mort. Non pas en la niant. Mais en la traversant de part en
part, et en proclamant de l'autre côté, avec l'autorité de Celui qui a le
dernier mot sur toutes choses : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui
croit en Moi vivra, même s'il meurt. » Jean 11 : 25). Et dans l'Apocalypse, Sa
déclaration résonne comme une trompette de victoire définitive : « J'étais mort
; et voici, Je suis vivant aux siècles des siècles. Et Je tiens les clefs de la
mort et du séjour des morts. » Apocalypse 1 : 18). Il tient les clefs. Ce n'est
plus la mort qui décide. C'est Lui.
Et
parce qu'Il tient les clefs, et parce qu'Il a promis d'être avec les Siens tous
les jours jusqu'à la fin du monde — Sa Présence traverse avec eux ce seuil que
les hommes traversent seuls depuis Adam. Il n'est pas de ce côté-ci à regarder
ses enfants mourir. Il est avec eux. Dans le passage. Dans l'obscurité du
dernier instant. Et de l'autre côté. Car Sa Présence ne s'arrête pas là où
notre souffle s'arrête. Elle nous précède là où nul autre ne peut précéder.
Et si
la Présence du Christ transforme le passage de la mort, c'est parce qu'Elle ne
conduit pas vers le néant, mais vers quelque chose que nulle langue humaine n'a
jamais pu pleinement décrire — vers cette réalité dont l'Écriture parle comme
de la gloire éternelle de Dieu.
2. Souvenons-nous que la
Présence de Christ nous introduit là où nous n'aurions jamais pu entrer seuls.
Souvenons-nous.
Car c'est le terme ultime, la destination finale, la conclusion glorieuse vers
laquelle la Présence du Christ nous accompagne pas à pas depuis le premier jour
de notre vie de foi. Non pas simplement la survie après la mort. Non pas simplement
une existence prolongée dans quelque région indéterminée de l'au-delà. Mais la
gloire éternelle de Dieu — la participation vivante, réelle, personnelle, à la
vie même du Dieu trinitaire dans Sa plénitude infinie.
Jésus
l'avait annoncé dans ce discours d'adieu aux Siens qui constitue l'un des
textes les plus denses de toute la révélation biblique : « Je vais vous
préparer une place. Et lorsque je m'en serai allé, et que Je vous aurai préparé
une place, Je reviendrai, et Je vous prendrai avec Moi, afin que là où Je suis,
vous soyez aussi. » Jean 14 : 2-3). Afin que là où Je suis, vous soyez aussi.
Voilà la destination finale de la Présence du Christ dans nos vies : non pas
simplement nous accompagner à travers l'existence terrestre, mais nous
introduire dans Sa propre demeure, dans Sa propre gloire, dans Sa propre
Présence désormais face à face et non plus voilée.
L'apôtre
Paul, lui qui avait tant souffert, lui qui avait porté dans sa chair les
cicatrices d'une existence consacrée à la proclamation de l'Évangile,
n'hésitait pas à qualifier tout ce qu'il avait enduré de « légère et passagère
tribulation » en la comparant à ce qui attendait au terme de la Présence
accompagnatrice du Christ : « une éternelle et incomparable plénitude de
gloire. » 2 Corinthiens 4 : 17). Une éternelle et incomparable plénitude de
gloire. Ces mots-là ne sont pas de la rhétorique. Ce sont les mots d'un homme
qui avait rencontré le Christ ressuscité sur le chemin de Damas, et qui savait
que Celui qui l'avait rencontré ce jour-là ne le lâcherait plus — ni dans la
vie, ni dans la mort, ni dans ce qui vient après.
Frères
et sœurs, la Présence du Christ n'est pas une Présence qui nous abandonne au
seuil de l'éternité. Elle est une Présence qui nous y introduit. Elle est la
main qui tient la nôtre dans le passage, et qui ne desserre son étreinte que
pour nous remettre entre les mains du Père — là où les pleurs, le deuil, les
cris et la douleur ne seront plus, parce que les premières choses seront
passées. Apocalypse 21 : 4).
✦ ✦ ✦
Frères
et sœurs bien-aimés, nous avons contemplé ce matin les trois grandes dimensions
d'une promesse que rien dans toute l'histoire de l'humanité ne peut égaler, ni
en profondeur, ni en durée, ni en portée.
Nous
avons contemplé la Présence de Christ qui rassure dans l'incertitude de la vie
et bannit la crainte du cœur — cette Présence qui pose sous nos pieds un sol
que les circonstances les plus violentes ne sauraient faire céder, parce que ce
sol n'est pas fait de nos forces mais de Sa fidélité.
Nous
avons découvert la Présence de Christ qui agit dans le quotidien et transforme
les faiblesses en instruments de Sa puissance — cette Présence qui ne fuit pas
nos insuffisances mais les habite, et qui fait de nos limites les espaces où Sa
grâce se montre la plus manifeste.
Et
nous avons proclamé la Présence de Christ qui accompagne jusqu'au terme du
chemin et introduit dans la gloire éternelle de Dieu — cette Présence qui
traverse avec nous le seuil que nul être humain n'a jamais pu traverser seul,
et qui nous conduit là où l'œil de l'homme n'a pas vu, et où l'oreille de
l'homme n'a pas entendu.
Et
dans chacune de ces trois dimensions — une seule Personne. Un seul nom. Un seul
Seigneur dont la promesse n'a jamais été reprise et ne le sera jamais :
Jésus-Christ. Lui qui est le même hier, aujourd'hui et éternellement. Lui dont
la Présence est la réalité la plus fondamentale, la plus nécessaire, la plus
libératrice que l'existence humaine puisse jamais connaître.
À
vous qui portez ce matin le poids de l'incertitude et dont le cœur est habité
par la crainte — Sa Présence est là. Non pas comme une idée réconfortante.
Comme une réalité. Prenez-Le au mot. Dites-Lui, avec la simplicité de celui qui
n'a plus d'autre ressource : Tu as dit que Tu es avec moi. Me voilà. Sois là.
À
vous qui vous découragez devant vos faiblesses répétées, devant ces zones de
votre vie que vous croyez trop abîmées pour être utiles à quiconque — Sa
Présence est là. Et Sa puissance n'a pas besoin de vos forces pour s'exercer.
Elle a besoin de votre consentement. Dites-Lui oui. Et regardez ce qu'Il fait
avec ce que vous lui remettez.
Et à
vous qui approchez du terme — qui sentez dans votre corps, dans votre âme, dans
la course du temps, que le chemin s'approche de sa conclusion — Sa Présence est
là aussi. Et Il ne vous lâchera pas dans le passage. Car Il tient les clefs. Et
la porte qu'Il ouvre, nul ne peut la fermer.
LA PRÉSENCE DU CHRIST
EST UNE RÉALITÉ.
LA PRÉSENCE DU CHRIST
EST UNE PROMESSE.
LA
PRÉSENCE DU CHRIST EST UNE ÉTERNITÉ.
« Et voici, Je suis avec
vous tous les jours,
Jusqu’à la fin du monde.
»
Matthieu 28 : 20.
QUE TOUTE ÂME L'ENTENDE,
QUE TOUT CŒUR
L'ACCUEILLE,
QUE
TOUTE VIE SOIT TRANSFORMÉE PAR SA PRÉSENCE.
À Lui, Jésus-Christ, Seigneur de toute éternité,
Soient la gloire, la puissance et l'honneur,
Maintenant et pour toujours.
Oh ! Qu'il en soit ainsi
! Amen et Amen !
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