« J'estime que les souffrances du temps présent ne
sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous »
(Romains 8, 18).
« Car nos légères afflictions du moment présent produisent
pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire »
(2 Corinthiens 4, 17).
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LA TENSION FÉCONDE.
LA PROMESSE
CERTAINE.
L'ATTENTE GLORIEUSE.
ÊTRE PRIS EN SANDWICH ENTRE LA SOUFFRANCE ET
L'ESPÉRANCE
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Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Imaginez une main invisible qui saisit deux tranches de
pain et les presse l'une contre l'autre, jusqu'à ce que la garniture placée
entre elles soit comprimée, écrasée, exposée de toutes parts à une pression
qu'elle n'a pas choisie. C'est là, exactement, l'image de notre condition de
croyants sur cette terre. Nous sommes pris en sandwich. D'un côté, la
souffrance mord avec ses dents acérées : le deuil qui vide la maison de son
rire, la maladie qui ronge le corps jour après jour, l'échec qui humilie l'âme
devant les hommes, la trahison qui déchire le cœur d'un ami. De l'autre côté,
l'espérance appuie avec la même intensité, murmurant sans relâche que la nuit
ne dure jamais éternellement et que le matin, tôt ou tard, se lèvera.
Aujourd'hui, nous ne venons pas fermer les yeux sur la
douleur réelle qui habite vos existences. Nous voyons la veuve dont le lit
reste froid désormais, l'homme sans emploi qui compte et recompte les jours, la
mère qui veille sur un enfant malade, le frère trahi par celui qu'il appelait
ami. Nous voyons aussi vos larmes retenues, vos nuits sans sommeil, vos prières
répétées sans réponse apparente. Mais nous venons aussi vous dire, avec toute
la force de la Parole de Dieu, que cette pression qui vous écrase entre deux
réalités n'est ni un accident, ni un abandon, ni une punition. Elle est, entre
les mains de Notre Seigneur, un lieu sacré de transformation.
Car voici le mystère glorieux de la foi chrétienne : ce
que le monde appelle une prison, Dieu l'appelle un atelier. Ce que la chair
appelle une impasse, l'Esprit l'appelle un passage. Ainsi, être pris en
sandwich entre la souffrance et l'espérance n'est pas la preuve que Dieu nous a
oubliés ; c'est au contraire la preuve que Dieu nous façonne pour la gloire qui
vient. C'est ce que nous voulons découvrir aujourd'hui, à travers trois vérités
qui éclaireront votre marche : la tension féconde, la promesse certaine et
l'attente glorieuse.
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Avant
de contempler la promesse qui nous soutient, voyons d'abord comment le Seigneur
transforme cette tension écrasante en un creuset de fécondité spirituelle.
- Le sandwich qui
ne nous écrase pas -
LA TENSION FÉCONDE.
L'apôtre Paul, lui-même familier des prisons, des
naufrages et des persécutions, écrit ces mots surprenants : « Nous nous
glorifions même dans les afflictions, sachant que l'affliction produit la
persévérance, la persévérance la victoire dans l'épreuve, et cette victoire
l'espérance » (Romains 5, 3-4). Remarquez la chaîne : l'affliction n'est jamais
présentée comme une fin en soi, mais comme le premier maillon d'un processus
voulu par Dieu. La pression qui nous comprime aujourd'hui n'a pas pour but de nous
détruire, mais de produire en nous un caractère que le confort seul n'aurait
jamais pu façonner. L'apôtre Jacques renchérit avec la même conviction : «
Considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles
vous pouvez être exposés, sachant que l'épreuve de votre foi produit la
patience » (Jacques 1, 2-3).
Le psychiatre autrichien Viktor Frankl, rescapé des
camps de concentration, a écrit que l'homme capable de trouver un sens à sa
souffrance peut traverser presque n'importe quelle épreuve. Cette observation,
née dans l'horreur d'un camp de la mort, rejoint étrangement la sagesse
biblique : ce n'est pas l'absence de douleur qui nous sauve, c'est le sens que
Dieu Lui-même donne à notre douleur. Quand nous savons que Dieu tient les deux
tranches du sandwich entre Ses mains, la pression cesse d'être un écrasement
pour devenir une sculpture. Le potier ne presse jamais l'argile pour la
détruire ; Il la presse pour lui donner forme.
- L'exemple de
Job sous les cendres -
Nul ne connaît mieux cette tension que Job. Assis sur un
tas de cendres, ayant perdu ses biens, ses enfants et sa santé en l'espace de
quelques instants, il aurait eu toutes les raisons humaines de maudire Dieu et
de mourir, comme le lui conseillait sa propre épouse. Et pourtant, de sa bouche
sortent des paroles qui traversent les siècles : « L'Éternel a donné, et
l'Éternel a ôté ; que le nom de l'Éternel soit béni ! » (Job 1, 21). Job était
pris en sandwich entre une souffrance indicible et une espérance qu'il ne
comprenait pas encore pleinement. Mais au terme de son épreuve, après avoir
rencontré Dieu Lui-même dans la tempête, il déclare : « Mon oreille avait
entendu parler de Toi ; mais maintenant mon œil T'a vu » (Job 42, 5). La
tension ne l'a pas brisé ; elle l'a rapproché de la face de Dieu comme jamais
auparavant.
Frères et sœurs, si vous êtes aujourd'hui écrasés entre
deux tranches que vous n'avez pas choisies, sachez que Dieu n'a jamais perdu le
contrôle de la pression. Il connaît exactement la limite que votre âme peut
porter, et Il a promis : « Dieu est fidèle, et Il ne permettra pas que vous
soyez tentés au-delà de vos forces » (1 Corinthiens 10, 13). La tension qui
vous comprime aujourd'hui devient, entre Ses mains, la fécondité de demain.
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Après
avoir vu comment Dieu façonne Son peuple dans le creuset de l'épreuve,
tournons-nous à présent vers le roc inébranlable sur lequel repose toute
espérance authentique.
- Une parole qui
ne faillit jamais -
LA PROMESSE
CERTAINE.
L'espérance chrétienne n'est pas un optimisme vague, une
pensée positive fabriquée pour se rassurer soi-même. Elle repose sur une Parole
qui ne ment jamais. « Dieu n'est point un homme pour mentir, ni fils d'un homme
pour se repentir » (Nombres 23, 19). Toutes les promesses que Dieu a
prononcées, depuis le jardin d'Éden jusqu'à la croix du Calvaire, trouvent leur
accomplissement en Christ : « Car, pour ce qui concerne toutes les promesses de
Dieu, c'est en Lui qu'est le oui ; c'est pourquoi encore l'Amen est prononcé
par nous à la gloire de Dieu, par notre moyen » (2 Corinthiens 1, 20). Ainsi,
quand nous sommes pressés entre la souffrance qui frappe et l'espérance qui
appelle, ce n'est pas une espérance humaine à laquelle nous nous accrochons,
c'est le caractère même de Dieu, immuable et fidèle.
L'écrivain Albert Camus affirmait qu'au cœur même de
l'hiver, il découvrait en lui un invincible été. Voilà une intuition
profondément humaine, mais la Parole de Dieu va plus loin encore : elle ne nous
demande pas de puiser cet été en nous-mêmes, car nos propres ressources
s'épuisent toujours. Elle nous invite à puiser en Dieu, dont la fidélité ne
connaît ni hiver ni tarissement. « Les bontés de l'Éternel ne sont pas
épuisées, Ses compassions ne sont pas à leur terme ; elles se renouvellent
chaque matin » (Lamentations 3, 22-23).
- L'ancre qui
tient dans la tempête -
L'auteur de l'épître aux Hébreux emploie une image
maritime saisissante pour décrire cette espérance : « Cette espérance, nous la
possédons comme une ancre de l'âme, sûre et solide ; elle pénètre au-delà du
voile » (Hébreux 6, 19). L'apôtre Paul lui-même connut la tempête au sens
propre, lorsque son navire fut battu par les vents pendant quatorze jours au
large de Malte, menaçant à chaque instant de sombrer. Pourtant, au cœur de la
nuit la plus sombre, un ange du Seigneur lui apparut et lui dit de ne rien craindre,
car Dieu lui avait accordé la vie de tous ceux qui étaient avec lui sur le
bateau. Paul crut cette parole, et le texte rapporte qu'il en encouragea tout
l'équipage jusqu'à l'aube.
Voilà l'image même de notre condition : nous sommes sur
un bateau battu par la tempête de la souffrance, mais l'ancre de l'espérance
est jetée au-delà du voile, fixée non pas au fond mouvant de la mer, mais au
trône même de Dieu. Une ancre qui tient dans le ciel ne peut jamais céder,
quelle que soit la violence des vagues terrestres. Voilà pourquoi notre
espérance n'est pas fragile ; elle est certaine, parce qu'elle ne dépend pas de
nos circonstances, mais de la fidélité de Celui qui a promis.
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Cette
promesse inébranlable nous conduit à présent vers l'horizon glorieux qui donne
tout son sens à l'attente présente.
- La gloire qui
éclipse la douleur -
L'ATTENTE GLORIEUSE.
Revenons à notre verset de base : « J'estime que les
souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir
qui sera révélée pour nous » (Romains 8, 18). Ce verbe « estimer » n'est pas un
souhait pieux ; c'est un calcul spirituel, une comparaison rigoureuse que
l'apôtre Paul a faite après avoir traversé les coups de fouet, les naufrages,
la prison et la faim. Et sa conclusion, après avoir tout pesé, est sans appel :
la balance penche infiniment du côté de la gloire. Ailleurs, il précise encore
: « Nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de
toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point
aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses
visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles » (2 Corinthiens 4,
17-18).
Ce que nous appelons aujourd'hui une souffrance
écrasante, l'apôtre Paul, sous l'inspiration de l'Esprit, ose la qualifier de «
légère » et de « momentanée », non parce qu'elle est facile à porter, mais
parce qu'elle est minuscule comparée à l'éternité de gloire qu'elle produit. Le
sandwich dans lequel nous sommes pressés n'est donc pas notre demeure
permanente ; c'est un passage, une saison, un couloir que nous traversons vers
une gloire qui, elle, ne connaîtra jamais de fin.
- Le sourire au
bout du chemin -
L'apôtre Jean, dans sa vision de la nouvelle création,
nous laisse entrevoir la fin de cette histoire : « Dieu essuiera toute larme de
leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni
douleur, car les premières choses ont disparu » (Apocalypse 21, 4). Ce verset
devrait suffire à raffermir tout cœur fatigué ce jour. Nelson Mandela, après
vingt-sept années passées derrière les barreaux, disait que le plus grand
courage n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever chaque fois. Ces
mots, prononcés par un homme meurtri par les épreuves, rejoignent l'exhortation
constante de l'Écriture : ne perdez pas courage, car Celui qui a commencé une
bonne œuvre en vous la mènera à bonne fin jusqu'au jour de Jésus-Christ
(Philippiens 1, 6).
Bien-aimés, la tranche de souffrance qui vous presse
aujourd'hui n'aura pas le dernier mot. Elle cédera devant la tranche de gloire
qui s'ouvre déjà à l'horizon. L'attente que vous vivez n'est pas stérile ; elle
est grosse d'une gloire dont vous n'avez pas encore idée. Levez donc les yeux,
car votre rédemption approche.
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Aujourd'hui, si vous êtes de ceux que la vie presse
entre deux tranches douloureuses, sachez que vous n'êtes ni seuls ni oubliés.
Le Seigneur Jésus-Christ Lui-même a connu cette tension à un degré que nul
homme ne connaîtra jamais, pressé entre la justice de Son Père et l'amour pour
les pécheurs, jusqu'à suer des gouttes de sang à Gethsémané. Et pourtant, Il a
tenu bon, Il S'est soumis, Il a porté la croix, et Il en est sorti vainqueur,
ressuscité le troisième jour, assis désormais à la droite de Dieu. Puisque
Christ a traversé la plus grande tension de toute l'histoire, Il sait comment
vous accompagner à travers la vôtre. Il ne vous laissera pas seuls dans le
pressoir ; Il est avec vous, en vous, pour vous.
Alors, ne cédez pas au découragement. Tenez ferme, non
pas de vos propres forces, mais en vous appuyant sur Celui qui tient toute
chose par Sa parole puissante. Que la souffrance de ce jour vous conduise à Ses
genoux, et que l'espérance de la gloire à venir vous relève. Vous êtes pris en
sandwich, oui, mais entre les mains d'un Dieu fidèle, cette pression même
deviendra votre témoignage, votre couronne et votre chant de victoire.
Regardez encore une fois autour de vous, dans cette
assemblée : combien de frères et de sœurs portent, en silence, le même poids
que vous. Vous n'êtes ni le premier ni le dernier à traverser ce pressoir. Des
générations de témoins vous ont précédés dans cette même tension, et tous, sans
exception, ont découvert que la main qui presse est aussi la main qui soutient.
Abraham fut pressé entre la promesse d'un fils et de longues années de silence
; Joseph fut pressé entre la trahison de ses frères et le trône qui l'attendait
en Égypte ; David fut pressé entre la fuite dans le désert et l'onction déjà
reçue sur sa tête. Chacun d'eux a découvert, au bout du chemin, que Dieu ne les
avait jamais lâchés au milieu de la pression.
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Oh
! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.
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