«
Toute chair est comme l'herbe, et toute sa gloire comme la fleur des champs.
L'herbe sèche, la fleur tombe, quand le vent de l'Éternel souffle dessus.
Certainement le peuple est comme l'herbe. »
(Ésaïe 40, 6-7)
«
Vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain ! Car, qu'est-ce que votre vie ?
Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît.
» (Jacques 4, 14)
✦ ✦ ✦
LA
VAPEUR ÉPHÉMÈRE.
L'ORGUEIL
INSENSÉ.
LA
GRÂCE RESTAURATRICE.
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Bien-aimés en Jésus-Christ,
Frères et sœurs dans la foi,
Imaginez, bien-aimés, un roi puissant, drapé de pourpre et couronné de
gloire, régnant sur un empire dont les frontières semblaient embrasser le monde
entier. Ses paroles faisaient trembler des nations entières, ses armées étaient
innombrables, ses trésors paraissaient sans fin. Un jour, debout sur la
terrasse de son palais, il contempla au loin la ville qu'il avait bâtie et
s'écria avec un orgueil sans mesure : N'est-ce pas ici Babylone la grande,
que j'ai bâtie, comme demeure royale, par la puissance de ma force et pour la
gloire de ma magnificence ? (Daniel 4, 27) La parole était encore
dans sa bouche qu'une voix descendit du ciel, et en un instant, ce monarque fut
dépouillé de sa raison, arraché de son trône, chassé du milieu des hommes. Cet
homme s'appelait Nebucadnetsar, roi de Babylone, et son histoire, consignée
dans le livre du prophète Daniel, demeure, des siècles après, un miroir
terrifiant pour quiconque s'imagine invincible.
Bien-aimés en Jésus-Christ, cette scène n'est pas un simple récit
poussiéreux enfermé dans les pages d'un livre ancien ; elle est la photographie
exacte de notre condition. Combien d'hommes et de femmes, Aujourd'hui encore,
marchent sur cette terre, convaincus de détenir fermement les rênes de leur
destinée, alors qu'un souffle, une maladie soudaine, un accident de la route,
ou simplement une nuit de sommeil dont on ne se réveille pas, peuvent tout
renverser en un clin d’œil ? La fragilité crie sans cesse à l'homme qu'il n'est
maître de rien ; et pourtant, dans un aveuglement presque tragique, il redresse
la tête, bombe le torse, et s'entête dans son arrogance.
C'est ce paradoxe douloureux, cette tension entre la faiblesse réelle de
l'homme et sa prétention insensée à la toute-puissance, que le Saint-Esprit
nous invite à sonder Aujourd'hui, à la lumière de la Parole vivante de Dieu.
Trois vérités guideront notre méditation : premièrement, la fragilité de
l'homme est dénoncée par les Écritures elles-mêmes ; deuxièmement, malgré cette
évidence, l'orgueil insensé demeure la marque de fabrique du cœur naturel ;
troisièmement, Dieu, dans Sa grâce infinie, offre à quiconque s'humilie devant
Lui un chemin certain de restauration.
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Avant de comprendre pourquoi l'homme persiste dans son orgueil, voyons
d'abord, à travers les Écritures, comment sa fragilité se manifeste avec une
clarté implacable.
LA FRAGILITÉ
DÉNONCÉE.
Le prophète Ésaïe, sous l'inspiration du Saint-Esprit, dépeint l'humanité
tout entière avec une image d'une saisissante simplicité : Toute chair est
comme l'herbe, et toute sa gloire comme la fleur des champs. L'herbe sèche, la
fleur tombe, quand le vent de l'Éternel souffle dessus. Certainement le peuple
est comme l'herbe. (Ésaïe 40, 6-7) L'herbe des champs pousse le
matin, verdoyante et pleine de sève ; mais qu'un vent chaud du désert souffle
sur elle, et le soir même, elle est desséchée. Ainsi en est-il de l’homme : sa
beauté, sa force, sa jeunesse, sa fortune, tout cela n'est qu'une fleur exposée
au vent souverain de l'Éternel, un vent qu'aucune technologie humaine ne
saurait détourner.
Job, cet homme éprouvé dans sa chair et dans son âme, confirme cette
vérité amère lorsqu'il déclare : L'homme né de la femme ! Il vit peu de
jours, et il est rassasié de troubles. Il naît, il est coupé comme une fleur ;
il fuit et disparaît comme une ombre. (Job 14, 1-2) Une ombre,
bien-aimés, n'a ni consistance ni permanence ; elle s'allonge, se raccourcit,
puis s'évanouit dès que le soleil disparaît. Telle est, selon l'Écriture, la
trajectoire de toute vie humaine, quels que soient les diplômes accumulés, les
richesses amassées ou les titres honorifiques portés avec tant de fierté.
Le psalmiste, dans une prière remplie de lucidité, supplie l'Éternel en
ces termes : Éternel ! dis-moi quel est le terme de ma vie, quelle est la
mesure de mes jours ; que je sache combien je suis fragile. Voici, tu as donné
à mes jours la largeur de la main, et ma vie est comme un rien devant toi. (Psaume
39, 5-6) Remarquez la formule saisissante : la largeur de la main. Ce n'est
même pas une coudée, encore moins un mètre ; c'est la largeur d'une main, une
mesure dérisoire pour qualifier soixante-dix, quatre-vingts ou quatre-vingt-dix
années d'existence. Le philosophe français Blaise Pascal, sans même citer ce
psaume, avait saisi une vérité voisine lorsqu'il écrivait, dans ses Pensées,
que l'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature. Ce constat,
venu d'un esprit séculier, rejoint étrangement la révélation biblique : l'homme
est fragile, vulnérable, exposé, et il n'a aucun contrôle véritable sur le fil
de ses jours.
L'apôtre Jacques, écrivant à des marchands prétentieux de son époque,
résume cette leçon en une phrase inoubliable : Vous qui ne savez pas ce qui
arrivera demain ! Car, qu'est-ce que votre vie ? Vous êtes une vapeur qui
paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît. (Jacques 4, 14)
Une vapeur. Non pas un roc, non pas une montagne, non pas une fondation de
béton armé, mais une vapeur, une buée qui se dissipe au premier rayon de
soleil. Voilà, bien-aimés, la vérité que la fragilité crie sans relâche aux
oreilles de l’homme : il n'est maître ni de son souffle, ni de son lendemain,
ni de sa propre existence.
Regardons autour de nous. Les hôpitaux sont remplis d'hommes et de femmes
qui, hier encore, se croyaient invincibles. Les cimetières accueillent aussi
bien le mendiant que le millionnaire, le savant que l'illettré, le président
que le dernier de ses sujets. Aucune assurance-vie, aucun système de sécurité,
aucune avancée scientifique, si remarquable soit-elle, n'a jamais réussi à
garantir à un seul être humain un lendemain certain. La fragilité n'épargne personne
; elle est la condition commune de toute chair née de femme, du nouveau-né au
vieillard, du roi au mendiant, du docteur le plus savant au plus humble des
paysans.
✦ ✦ ✦
Maintenant que la fragilité de l'homme est solidement établie par la
Parole de Dieu, il importe de découvrir pourquoi, malgré une évidence aussi
flagrante, il s'entête dans un orgueil insensé.
L'ORGUEIL INSENSÉ.
Revenons à Nebucadnetsar, roi de Babylone. Douze mois avant sa chute,
Dieu lui avait envoyé un avertissement clair à travers un songe interprété par
le prophète Daniel : un grand arbre serait abattu, dépouillé de ses feuilles et
de ses fruits, et le roi lui-même connaîtrait le sort d'une bête des champs
pendant sept années, jusqu'à ce qu'il reconnaisse que le Très-Haut domine sur
les royaumes des hommes (Daniel 4, 20-22). Une année entière s'écoula.
Le roi eut tout le temps de se repentir, de s'humilier, de changer de conduite.
Mais que fit-il ? Il continua sa vie comme si de rien n'était, jusqu'à ce jour
funeste où, se promenant sur son palais, il prononça les paroles orgueilleuses
que nous avons évoquées en introduction. Le châtiment tomba sur-le-champ, sans
délai.
Voilà, bien-aimés, le portrait exact de l'orgueil insensé : un homme
averti qui refuse d'écouter, qui reçoit un signal clair de sa fragilité et qui,
au lieu de s'humilier, redouble d'arrogance. Le sage Salomon avait déjà décrit
ce mécanisme lorsqu'il écrivit : L'arrogance précède la ruine, et l'orgueil
précède la chute. (Proverbes 16, 18) Ce n'est pas une simple
observation morale ; c'est une loi spirituelle aussi certaine que n'importe
quelle loi de la nature. Quiconque s'élève par orgueil prépare, sans le savoir,
sa propre chute.
Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même a raconté l'histoire d'un homme
riche dont les terres avaient abondamment rapporté. Que fit cet homme ? Il se
dit à lui-même : Voici ce que je ferai : j'abattrai mes greniers, et j'en
bâtirai de plus grands, j'y amasserai toute ma récolte et tous mes biens ; et
je dirai à mon âme : mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs
années ; repose-toi, mange, bois, réjouis-toi. (Luc 12, 18-19) Ce
planificateur méticuleux avait tout prévu, sauf l’essentiel : sa propre
mortalité. Dieu Lui répondit sans détour : Insensé ! cette nuit même ton âme
te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? (Luc
12, 20) Remarquez que Dieu Lui-même qualifie cet homme d'insensé, non parce
qu'il manquait de sens pour les affaires, mais parce qu'il avait bâti toute son
existence sur l'illusion du contrôle.
Le philosophe romain Sénèque, dans son traité sur la brièveté de la vie,
faisait une remarque d'une pertinence troublante en affirmant que ce n'est
pas que nous ayons peu de temps, mais nous en perdons beaucoup. Combien
d'hommes, Aujourd'hui encore, dilapident les années que Dieu leur accorde en
projets égoïstes, en vantardises stériles, en plans échafaudés sans jamais
mentionner le Nom de Celui qui tient leur souffle entre Ses mains ? L'apôtre
Jacques corrige fermement cette attitude : Au lieu de dire : Si Dieu le
veut, nous vivrons, et nous ferons ceci ou cela. (Jacques 4, 15)
L'orgueil consiste précisément à planifier sa vie en excluant Dieu de
l'équation, comme si l'homme était seul maître à bord de son existence.
Cet orgueil ne se manifeste pas uniquement chez les rois et les riches
marchands. Il habite le cœur de chaque être humain non régénéré : dans le refus
d'écouter un conseil, dans le mépris des avertissements de la conscience, dans
l'entêtement à poursuivre un chemin que Dieu a pourtant clairement barré.
Combien de fois le Saint-Esprit a-t-Il chuchoté à l'oreille de tel ou tel
d'entre nous : change de direction, humilie-toi, reviens à Moi ; et combien de
fois avons-nous, comme Nebucadnetsar, continué notre promenade orgueilleuse sur
la terrasse de notre propre suffisance, ignorant l'avertissement divin pendant
des mois, voire des années ?
✦ ✦ ✦
Puisque l'orgueil insensé conduit inévitablement à la chute,
découvrons à présent le chemin de la grâce que Dieu offre à quiconque accepte
enfin de s'humilier devant Lui.
LA GRÂCE
RESTAURATRICE.
Revenons une dernière fois à Nebucadnetsar. Après sept longues années
passées à brouter l'herbe comme un animal des champs, les cheveux hérissés
comme des plumes d'aigle, les ongles semblables à des griffes d'oiseau, ce roi
déchu leva enfin les yeux vers le ciel. L'Écriture rapporte : Alors je levai
les yeux vers le ciel, et la raison me revint ; et je bénis le Très-Haut, je
célébrai et je glorifiai Celui qui vit éternellement. (Daniel 4, 34)
Au moment précis où cet homme s'humilia sous la main de Dieu, sa raison lui fut
rendue, sa gloire et sa splendeur lui furent restituées, et ses conseillers
vinrent le rechercher pour le remettre sur son trône. La chute la plus
vertigineuse s'est transformée en restauration la plus glorieuse, non par la
force du roi, mais par la grâce du Dieu qu'il avait finalement reconnu.
Cette vérité trouve son écho dans l'enseignement de l'apôtre Pierre, qui
exhorte tous les croyants en ces termes : Humiliez-vous donc sous la
puissante main de Dieu, afin qu'Il vous élève au temps convenable. (Un
Pierre 5, 6) Remarquez l'ordre divin établi ici : l'humiliation précède
toujours l’élévation ; ce n'est jamais l'inverse. L'homme qui s'élève lui-même
par orgueil sera abaissé ; l'homme qui s'abaisse volontairement devant Dieu
sera élevé par Lui, au moment qu'Il jugera convenable. L'apôtre Jacques
confirme cette même loi spirituelle : Humiliez-vous devant le Seigneur, et
Il vous élèvera. (Jacques 4, 10)
Un proverbe populaire, transmis de génération en génération, affirme que celui
qui creuse une fosse pour son prochain finit souvent par y tomber lui-même.
Cette sagesse séculière, née de l'observation patiente des générations, rejoint
la vérité biblique : l'orgueil se retourne toujours contre celui qui le
nourrit, tandis que l'humilité, aussi méprisée soit-elle par le monde, ouvre la
porte à la faveur divine. Car Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il fait
grâce aux humbles. (Jacques 4, 6)
Bien-aimés, la bonne nouvelle de l'Évangile, c'est que Dieu ne s'est pas
contenté de dénoncer notre fragilité et de démasquer notre orgueil ; Il a
envoyé Son propre Fils, le Seigneur Jésus-Christ, pour offrir à l'humanité tout
entière un chemin de restauration. Celui qui était riche s'est fait pauvre,
Celui qui était élevé au-dessus de tout s'est abaissé jusqu'à la mort de la
croix, précisément pour que quiconque s'humilie devant Lui et reconnaît sa
fragilité trouve grâce et vie éternelle. La croix elle-même est la
démonstration suprême que l'humiliation volontaire, loin d'être une défaite,
devient la porte de la gloire la plus élevée.
Aujourd'hui, l'Éternel vous parle comme Il parla à Nebucadnetsar douze
mois avant sa chute. Aujourd'hui, la fragilité de votre propre existence vous
crie que vous n'êtes maître ni de votre souffle, ni de votre lendemain, ni de
votre éternité. L'auteur de l'épître aux Hébreux nous avertit avec insistance :
Aujourd'hui, si vous entendez Sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs. (Hébreux
3, 7-8) Ne remettez pas à demain ce que Dieu réclame de vous Aujourd'hui même
: l'humilité, la repentance, la soumission totale à Sa volonté souveraine.
✦ ✦ ✦
Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi, nous avons
contemplé Aujourd'hui trois vérités indissociables. Premièrement, la fragilité
de l'homme est dénoncée sans équivoque par les Écritures : il est une vapeur,
une ombre, une fleur des champs. Deuxièmement, malgré cette évidence
accablante, l'orgueil insensé demeure la tentation permanente du cœur naturel,
comme l'illustrent Nebucadnetsar et le riche insensé de la parabole.
Troisièmement, Dieu, dans Sa grâce infinie, offre à quiconque s'humilie sous Sa
puissante main un chemin certain de restauration et d'élévation.
Que ferez-vous, Aujourd'hui, de cette Parole ? Continuerez-vous, comme le
roi de Babylone, votre promenade orgueilleuse sur la terrasse de vos propres
réalisations, en ignorant les avertissements répétés de Dieu ? Ou
choisirez-vous, dès maintenant, de lever les yeux vers le ciel, de reconnaître
votre fragilité et de vous humilier devant Celui qui tient votre souffle entre
Ses mains ? La grâce vous est offerte Aujourd'hui même ; ne remettez rien à
demain, car vous ne savez pas ce qu'Aujourd'hui même vous réserve.
Que le Seigneur Lui-même grave cette vérité dans nos cœurs, et qu'Il nous
accorde la grâce de marcher désormais dans l'humilité et la dépendance totale
envers Lui, jusqu'au jour glorieux où nous Le verrons face à face, Lui à qui
appartiennent la gloire, la puissance et la domination, aux siècles des
siècles.
Oh
! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.