Jésus-Christ : le seul Sauveur

...ce témoignage, c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. 1 Jean 5:11-13



lundi 10 août 2026

La Pierre Choisie

« Approchez-vous de Lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu ; et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce...

Mais vous, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de Celui qui vous a appelés des ténèbres à Son admirable lumière ;

Vous qui autrefois n'étiez point un peuple, et qui êtes maintenant le peuple de Dieu, vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde. »

(1 Pierre 2, 4-10)

LA PIERRE REJETÉE.

LE SACERDOCE ROYAL.

LA LUMIÈRE ADMIRABLE.

Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,

Aujourd'hui, imaginons un chantier antique, quelque part sur les collines de Jérusalem. Les tailleurs de pierre s'affairent, mesurent, cognent, rejettent. Une pierre, parmi tant d'autres, attire leur mépris : elle est mal taillée, disent-ils, inutile, sans grâce apparente. D'un geste sec, ils la repoussent au bord du chantier, parmi les gravats et les débris, condamnée à l'oubli.

Combien d'entre nous connaissent cette pierre-là ? Combien ont été jugés, jaugés, puis écartés par une main humaine pressée de construire sans eux ? Le rejet laisse une blessure profonde : il chuchote que l'on ne vaut rien, que l'on n'a pas sa place, que le monde tournera fort bien sans nous. Cette blessure-là, mes bien-aimés, n'est pas nouvelle. Elle a un nom biblique, et elle a une issue divine.

Car voici l'inversion prodigieuse que l'apôtre Pierre nous révèle : la pierre que les hommes ont rejetée, Dieu l'a choisie. Ce que le monde a jugé sans valeur, le Ciel l'a déclaré précieux. Et cette même inversion, Dieu veut l'opérer aujourd'hui dans la vie de chacun de nous.

Portons maintenant nos regards sur ce chantier céleste, où la pierre méprisée devient le fondement même de l'édifice de Dieu.

LA PIERRE REJETÉE.

L'apôtre Pierre écrit : « Approchez-vous de Lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu » (1 Pierre 2, 4). Deux jugements s'opposent frontalement dans ce verset : le jugement des hommes et le jugement de Dieu. Les hommes rejettent ; Dieu choisit. Les hommes méprisent ; Dieu estime précieux.

Ce langage n'est pas une simple image poétique. Il puise sa force dans une prophétie ancienne, reprise trois fois dans notre texte : « La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle » (1 Pierre 2, 7 ; voir aussi Psaumes 118, 22). Les bâtisseurs, ceux-là mêmes qui avaient reçu la charge d'édifier la maison de Dieu, ont écarté la pierre que le Ciel avait choisie pour être le fondement.

Qui sont ces bâtisseurs ? Ce sont les chefs religieux d'Israël, qui ont examiné Jésus de Nazareth et L'ont trouvé indigne. Ils ont jugé Son origine trop modeste, Ses paroles trop dérangeantes, Sa croix trop scandaleuse. Ils L'ont rejeté avec la même froideur que les tailleurs de pierre rejettent un bloc mal dégrossi. Et pourtant, cette Pierre rejetée par les hommes est devenue, sous la main de Dieu, la pierre angulaire de tout l'édifice — celle qui porte, aligne et unit la construction entière.

Michel-Ange disait avoir vu l'ange caché dans le marbre brut, et avoir sculpté jusqu'à ce qu'il fût libéré. Le grand sculpteur discernait, sous la matière rejetée par d'autres, une forme cachée que lui seul savait voir. Ainsi en est-il de Dieu envers Christ, et ainsi en est-il de Dieu envers chacun de nous : là où les hommes ne voient qu'un bloc informe, indigne d'être retenu, Dieu voit déjà l'œuvre achevée, la beauté à venir, la gloire cachée.

Frères et sœurs, avez-vous été rejetés ? Par une famille qui ne vous a pas compris, par un employeur qui vous a écarté, par une assemblée qui vous a jugé trop imparfait pour y avoir une place ? Sachez ceci : le jugement des hommes n'est jamais le dernier mot sur votre valeur. Celui qui fut Lui-même rejeté connaît votre rejet, l'a porté avant vous, et vous invite maintenant à vous approcher de Lui — non pas malgré votre rejet, mais précisément à cause de lui, car c'est justement là que la ressemblance avec Christ commence à se dessiner.

Le texte ajoute une conséquence solennelle : « Celui qui croit en Elle ne sera point confus » (1 Pierre 2, 6), tandis que pour ceux qui ne croient pas, « la pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue une pierre d'achoppement et un rocher de scandale » (1 Pierre 2, 7-8). La même pierre devient fondement pour les uns, obstacle pour les autres. Tout dépend de la posture du cœur : accueillir la Pierre rejetée, ou trébucher sur Elle par incrédulité.

Considérons encore la fonction de cette pierre angulaire dans une construction antique. Elle n'est pas un simple bloc parmi d'autres : c'est elle qui détermine l'alignement de tout le bâtiment, elle qui porte la jonction de deux murs, elle sur laquelle tout le reste doit s'ajuster. Sans elle, l'édifice entier serait de travers, fragile, incapable de tenir debout. Ainsi en est-il de Christ dans l'œuvre de Dieu : rien ne se construit correctement en dehors de Lui, et quiconque bâtit sa vie sur un autre fondement bâtit sur du sable.

De cette pierre rejetée devenue fondement, voyons maintenant l'édifice tout entier que Dieu construit — un temple vivant, et un peuple de prêtres.

LE SACERDOCE ROYAL.

« Et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d'offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 Pierre 2, 5). Voici la deuxième inversion prodigieuse : la Pierre rejetée n'est pas restée seule. Autour d'Elle, Dieu assemble d'autres pierres vivantes, prises une à une parmi les hommes, pour bâtir un temple qu'aucune main humaine n'aurait su concevoir.

Remarquons la nature de ces pierres : elles sont vivantes. Ce ne sont pas des blocs inertes, façonnés une fois pour toutes et posés sans mouvement. Ce sont des pierres animées par l'Esprit, capables de croître, de se laisser tailler, d'entrer en relation les unes avec les autres pour former, ensemble, une seule maison. Nul de nous n'est appelé à être une pierre isolée. Nous sommes appelés à l'édifice tout entier.

Et cet édifice a une double vocation : maison spirituelle et sacerdoce saint. Sous l'ancienne alliance, seule la tribu de Lévi, et en son sein la famille d'Aaron, avait accès au sacerdoce. Les autres devaient se contenter d'apporter leurs offrandes à un intermédiaire. Mais voici que l'apôtre Pierre proclame, quelques versets plus loin : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis » (1 Pierre 2, 9). Chaque croyant, sans exception, sans hiérarchie de mérite, devient prêtre devant Dieu, habilité à offrir des sacrifices spirituels — la louange, la prière, une vie consacrée — directement, sans voile, sans intermédiaire humain.

Alexandre Soljenitsyne, qui connut les camps du Goulag, écrivait que même dépouillé de tout, l'être humain garde une dignité intérieure que nul régime ne peut lui arracher. Combien plus vrai cela est-il pour le croyant ! Les hommes peuvent nous dépouiller de notre statut social, de notre réputation, de nos titres ; ils ne peuvent rien contre la dignité que Dieu Lui-même nous a conférée en nous faisant rois et sacrificateurs pour Lui. Cette dignité n'est pas fondée sur nos performances ; elle est fondée sur le choix souverain de Dieu, qui nous a élus, comme Il a élu la Pierre angulaire.

Notons encore le mot « royal ». Ce sacerdoce n'est pas seulement saint, il est royal. Nous ne sommes pas de simples serviteurs cantonnés à un office subalterne : nous participons, en Christ, à une royauté. L'apôtre Jean confirmera cette vérité dans l'Apocalypse, où les rachetés sont appelés rois et sacrificateurs pour Dieu (Apocalypse 1, 6). Quelle dignité inouïe pour des pierres que le monde avait jugées indignes d'être retenues !

Mais cette dignité n'est jamais donnée pour l'orgueil personnel. Elle est donnée pour une mission : « afin que vous annonciez les vertus de Celui qui vous a appelés des ténèbres à Son admirable lumière » (1 Pierre 2, 9). Le sacerdoce royal existe pour proclamer, non pour se contempler soi-même.

Cette mission de proclamation nous conduit tout droit au cœur de notre troisième mouvement : la lumière admirable qui a transformé notre condition tout entière.

LA LUMIÈRE ADMIRABLE.

« Celui qui vous a appelés des ténèbres à Son admirable lumière » (1 Pierre 2, 9). Voici le sommet de notre texte, la troisième et dernière inversion : des ténèbres à la lumière, du néant à l'existence, de l'absence de miséricorde à la miséricorde reçue.

L'apôtre ne se contente pas d'une formule abstraite. Il précise, avec une tendresse bouleversante : « vous qui autrefois n'étiez point un peuple, et qui êtes maintenant le peuple de Dieu, vous qui n'aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 Pierre 2, 10). Deux fois le mot autrefois, deux fois le mot maintenant. Deux existences, séparées par une seule grâce.

Qui étions-nous, avant que cette lumière ne nous appelle ? Étrangers à l'alliance, sans espérance, sans Dieu dans le monde. Un peuple qui n'en était pas un — une multitude d'individus dispersés, chacun errant dans ses propres ténèbres, sans lien, sans identité commune, sans miséricorde. Et voici que Dieu, dans Son admirable lumière, nous a rassemblés, nous a nommés, nous a constitués peuple.

Victor Hugo a peint, dans Les Misérables, la scène immortelle d'un homme condamné qui reçoit d'un évêque, non la sentence qu'il méritait pour son larcin, mais un surcroît de générosité imméritée. Cette miséricorde bouleverse l'existence entière du personnage et le fait passer, selon les mots mêmes de l'auteur, des ténèbres à la lumière. Ce que le grand romancier a su décrire avec tant de force n'est, en réalité, qu'un pâle reflet de ce que Dieu accomplit réellement en Christ : là où nous méritions la condamnation, nous avons reçu la miséricorde ; là où nous errions dans l'obscurité, une lumière admirable nous a saisis.

Cette lumière, remarquons-le, n'est pas une lumière ordinaire. Elle est qualifiée d'admirable — un mot qui évoque l'émerveillement, la stupéfaction devant une merveille inattendue. Ce n'est pas la lumière froide et fonctionnelle d'un projecteur ; c'est la lumière qui arrache un cri d'étonnement à celui qui, sortant des ténèbres, découvre soudain la splendeur de Dieu.

Et cette lumière n'est jamais reçue pour être gardée sous le boisseau. Elle est reçue pour être annoncée. Le peuple de Dieu, sacerdoce royal, race élue, nation sainte, existe pour proclamer les vertus de Celui qui l'a appelé. Notre témoignage n'est donc pas un fardeau supplémentaire ajouté à notre foi ; il en est la conséquence naturelle, presque inévitable, d'avoir été touché par une telle lumière. Comment garder le silence, quand on est passé des ténèbres à l'admirable lumière ?

Remarquons enfin que cette miséricorde n'a rien d'un vague sentiment divin : elle recrée une identité tout entière. Autrefois dispersés, maintenant rassemblés ; autrefois anonymes, maintenant nommés peuple de Dieu ; autrefois sans recours, maintenant objets d'une compassion inlassable. Ce n'est pas seulement notre statut devant Dieu qui change : c'est notre appartenance, notre famille, notre avenir tout entier qui basculent, à l'instant même où la lumière admirable nous saisit.

Bien-aimés, où en êtes-vous aujourd'hui avec cette Pierre rejetée par les hommes mais choisie de Dieu ? Vous êtes-vous approchés d'Elle, ou continuez-vous d'errer parmi les débris du chantier, jugeant vous-mêmes indigne cette grâce qui vous est pourtant offerte ? Le même choix se présente à chacun de nous : trébucher sur la Pierre par incrédulité, ou s'approcher d'Elle pour devenir, à notre tour, pierre vivante dans l'édifice de Dieu.

Peut-être portez-vous aujourd'hui la blessure d'un rejet humain — familial, professionnel, ecclésial. Entendez cette parole comme si elle vous était adressée nommément : ce que les hommes ont rejeté, Dieu peut le choisir et le rendre précieux. Ce que les hommes ont jugé sans valeur, le Ciel peut en faire une pierre angulaire. Approchez-vous de Lui.

Et vous qui avez déjà cru, souvenez-vous de votre vocation : vous n'êtes pas de simples spectateurs de la grâce, mais des prêtres établis pour l'annoncer. Que votre vie tout entière, dans ses paroles et ses actes, proclame les vertus de Celui qui vous a appelés des ténèbres à Son admirable lumière.

Que Dieu nous accorde, à tous, de nous approcher de la Pierre vivante, de trouver notre place dans l'édifice qu'Il bâtit, et de porter, sans honte, la lumière admirable qui nous a été donnée.

Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.


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