Jésus-Christ : le seul Sauveur

...ce témoignage, c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. 1 Jean 5:11-13



samedi 29 août 2026

La Raison Aveuglée

« D'où viennent les guerres, et d'où viennent les disputes parmi vous ? N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? »

(Jacques 4, 1)

« Allons, descendons, et là confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue les uns des autres. »

(Genèse 11, 7)

✦ ✦ ✦

LA RAISON AVEUGLÉE.

LA CONVOITISE DÉVORANTE.

LA PAIX RETROUVÉE.

✦ ✦ ✦

Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,

Aujourd'hui, l'humanité se tient devant un miroir, et ce miroir renvoie l'image d'une contradiction insoutenable. L'homme a mesuré la distance des étoiles, il a percé les secrets de l'atome, il a cartographié le génome qui le constitue jusque dans ses cellules les plus intimes ; et pourtant, ce même homme, si savant, si raisonnable en apparence, ne parvient toujours pas à s'asseoir en paix à la table de son propre frère. Nous avons appris à voler plus vite que le son, mais nous n'avons pas appris à nous taire assez longtemps pour nous écouter.

Regardez la terre telle qu'elle est aujourd'hui : des frontières hérissées de barbelés, des familles déchirées par des rancunes vieilles de plusieurs générations, des nations entières qui s'arment jusqu'aux dents contre d'autres nations qui leur ressemblent en tout, sauf en la couleur du drapeau. Regardez les églises elles-mêmes, appelées à être un seul corps, et qui se fragmentent en mille chapelles rivales pour des querelles de préséance. L'espèce la plus intelligente de la création est aussi celle qui s'entretue avec le plus de raffinement.

Alors la question se pose, tragique et brûlante : pourquoi et comment des êtres doués de raison ne peuvent-ils trouver un terrain d'entente pour vivre ensemble sur une même planète ? Les philosophes ont tenté d'y répondre depuis des siècles. Les diplomates ont signé des traités que l'encre avait à peine séchée que déjà on les violait. Les organisations internationales ont multiplié leurs sommets, leurs chartes, leurs résolutions, et la guerre continue, sourde et têtue, comme un feu qui couve sous la cendre.

Mais la Parole de Dieu, Elle, n'a jamais prétendu que la paix entre les hommes viendrait de l'intelligence des hommes. Elle nous révèle, avec une lucidité que nulle science ne possède, la véritable racine de notre division, et Elle nous ouvre, avec une tendresse que nulle diplomatie ne connaît, le chemin d'une paix qui ne dépend pas de nous. C'est ce double mystère que nous voulons sonder, Aujourd'hui, à la lumière de trois vérités.

✦ ✦ ✦

Avant de comprendre pourquoi les hommes se combattent, il nous faut remonter à la source du mal, dans les plaines antiques de Shinéar, où la raison humaine, livrée à elle-même, a montré pour la première fois son aveuglement.

LA RAISON AVEUGLÉE.

- Babel, Le Miroir De L'Orgueil -.

La Genèse nous rapporte une scène étonnante. Toute la terre, nous dit le texte, avait une seule langue et les mêmes mots. Les hommes n'étaient pas dispersés en tribus rivales ; ils formaient une seule famille, parlant un seul langage, capables de se comprendre sans le moindre effort de traduction. S'il existait un moment dans l'histoire humaine où l'entente universelle semblait possible, c'était bien celui-là. Et que firent-ils de cette unité ? Ils ne la mirent pas au service de Dieu ; ils la mirent au service de leur propre nom. « Faisons-nous un nom », disent-ils, « afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre » (Genèse 11, 4).

Voilà le premier diagnostic que l'Écriture pose sur notre mal : ce n'est pas le manque d'intelligence qui divise les hommes, c'est l'orgueil qui détourne l'intelligence. Ces bâtisseurs de Babel n'étaient pas des ignorants ; ils maîtrisaient une technologie avancée pour leur temps, la cuisson de la brique, l'usage du bitume comme mortier. Leur raison fonctionnait parfaitement. Ce qui était corrompu, ce n'était pas leur capacité de penser, mais l'objet vers lequel ils orientaient cette capacité. Une raison qui s'adore elle-même finit toujours par se retourner contre son prochain, parce qu'elle ne reconnaît plus personne au-dessus d'elle pour arbitrer ses prétentions.

- L'Intelligence Sans Soumission -.

Le savant Albert Einstein, dont le génie n'est contesté par personne, observait avec une lucidité désabusée que la perfection des moyens semblait accompagner, à son époque, une confusion croissante des fins. Voilà exactement le diagnostic de Babel, formulé par un homme du vingtième siècle : plus nos moyens grandissent, plus notre confusion sur le but à poursuivre s'aggrave, si cette intelligence n'est pas soumise à une autorité qui la dépasse. C'est ce que le Seigneur constate à Babel : « Voici, ils forment un seul peuple, ils ont tous une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté » (Genèse 11, 6). Rien ne les arrêterait, sinon Dieu Lui-même, parce que leur unité était orientée vers leur propre gloire et non vers la Sienne.

Alors le Seigneur confondit leur langage, non par jalousie mesquine, mais par miséricorde préventive, pour empêcher qu'une humanité tournée contre Lui n'atteigne, unie dans son orgueil, un degré de destruction qu'elle ne pourrait plus arrêter elle-même. Ainsi commence la longue histoire des divisions humaines : elle ne commence pas par un manque de vocabulaire, elle commence par un excès de prétention. Voilà pourquoi tant de sommets internationaux échouent malgré des traductrices excellentes et des interprètes qualifiés : le problème n'a jamais été la langue, il a toujours été le cœur.

✦ ✦ ✦

Si l'orgueil aveugle la raison collective des nations, il faut à présent descendre plus profondément encore, jusque dans le cœur de chaque individu, là où l'apôtre Jacques localise la véritable source de toute dispute.

LA CONVOITISE DÉVORANTE.

- Les Passions En Guerre -.

L'apôtre Jacques ne s'embarrasse d'aucune diplomatie lorsqu'il pose la question qui nous occupe Aujourd'hui : « D'où viennent les guerres, et d'où viennent les disputes parmi vous ? N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? » (Jacques 4, 1). Remarquez la précision du vocabulaire : les passions combattent, dit le texte, avant même que les hommes ne combattent. La guerre extérieure n'est que la projection visible d'une guerre intérieure. Avant que deux armées ne s'affrontent sur un champ de bataille, deux convoitises se sont déjà affrontées dans deux cœurs. Le conflit n'est donc jamais premièrement un problème de frontières, de ressources ou d'idéologies : il est premièrement un problème d'hommes intérieurement en guerre avec eux-mêmes.

Le philosophe Thomas Hobbes, réfléchissant sur la nature humaine livrée à elle-même, décrivait l'état de nature comme une guerre de chacun contre chacun, où la vie de l'homme, sans autorité pour la contenir, devient courte et misérable. Il n'avait pas tort sur le diagnostic, même s'il se trompait sur le remède qu'il proposait. Car ce n'est pas seulement l'absence d'un souverain terrestre qui produit ce chaos ; c'est l'absence de soumission au Souverain céleste. Tant que le cœur humain reste livré à ses propres convoitises, aucune constitution, aucun parlement, aucune charte des droits ne pourra durablement contenir sa violence.

- Le Désir Qui Ne Demande Pas -.

Jacques poursuit sa dissection du cœur humain avec une précision chirurgicale : « Vous convoitez, et vous ne possédez pas ; vous êtes meurtriers et jaloux, et vous ne pouvez pas obtenir ; vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas » (Jacques 4, 2). Voici le cercle vicieux de toute discorde humaine : je désire ce que je n'ai pas, je constate que mon frère le possède, et au lieu de me tourner vers Dieu pour Lui demander, je me tourne contre mon frère pour le lui arracher. Le président John Fitzgerald Kennedy affirmait, devant les nations assemblées, que l'humanité devait mettre fin à la guerre, sous peine que la guerre ne mette fin à l'humanité. Vingt siècles avant lui, l'apôtre Jacques avait déjà identifié pourquoi cette fin tardait tant à venir : parce que l'homme préfère la lutte à la prière.

Et lorsque, par un reste de religiosité, l'homme consent tout de même à prier, Jacques ajoute cette parole qui devrait nous faire trembler : « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions » (Jacques 4, 3). Même notre prière peut être corrompue par notre convoitise ! Nous pouvons demander la paix tout en désirant secrètement la victoire de notre seul camp. Nous pouvons demander l'unité tout en refusant de céder le moindre pouce de notre orgueil. Voilà pourquoi la raison seule, même armée des meilleures intentions, ne suffira jamais à réconcilier des cœurs qui n'ont pas été eux-mêmes réconciliés avec leur Créateur.

✦ ✦ ✦

Après avoir diagnostiqué le mal jusque dans sa racine la plus intime, il nous faut maintenant contempler le remède que Dieu Lui-même a préparé, Lui qui seul pouvait guérir ce que ni Babel ni la diplomatie humaine n'ont su résoudre.

LA PAIX RETROUVÉE.

- Le Mur Abattu -.

Si l'homme, livré à sa seule raison, construit des murs, Dieu, dans Sa grâce, en a détruit un plus haut que tous les autres. L'apôtre Paul écrit aux Éphésiens une parole qui répond directement à notre question : « Car Il est notre paix, Lui qui des deux peuples en a fait un seul, et qui a renversé le mur de séparation, la haine » (Éphésiens 2, 14). Remarquez que ce n'est pas un traité qui a renversé ce mur, ni un compromis politique, ni une conférence de paix : c'est une Personne. Le Christ Lui-même est notre paix. Il ne négocie pas la paix entre les hommes divisés ; Il devient, en Sa propre chair, le lieu où cette division est abolie.

À Babel, Dieu confond le langage pour freiner l'orgueil des hommes. À la Pentecôte, des siècles plus tard, l'Esprit renverse cette malédiction : des hommes de toutes langues entendent proclamer les merveilles de Dieu, chacun dans sa propre langue (Actes 2, 6). Voyez-vous le contraste ? Là où l'orgueil dispersait, l'Esprit rassemble. Là où l'homme voulait se faire un nom, l'Évangile proclame un seul Nom au-dessus de tout nom (Philippiens 2, 9), et c'est en ce Nom-là seulement, et non dans nos raisonnements, que se trouve le véritable terrain d'entente que cherche l'humanité depuis Babel.

- La Réconciliation Offerte -.

Le sage Confucius enseignait que l'harmonie entre les hommes commence par l'ordre intérieur de chaque cœur avant de pouvoir s'étendre à la famille, puis à la nation, puis au monde entier. Sa sagesse touche juste, mais elle bute toujours sur la même impuissance : comment ordonner un cœur que la convoitise dévore de l'intérieur ? L'Évangile seul répond à cette impuissance, non par une technique de vertu, mais par une nouvelle naissance. Paul l'explique aux Colossiens : Dieu a voulu, par Christ, « réconcilier avec Lui-même toutes choses, tant celles qui sont sur la terre que celles qui sont dans les cieux, en faisant la paix par Lui, par le sang de Sa croix » (Colossiens 1, 20).

Voilà pourquoi Dieu seul peut réussir là où l'humanité entière échoue depuis Babel : parce qu'Il commence par réconcilier l'homme avec Lui-même, avant de réconcilier l'homme avec son prochain. Toute paix horizontale véritable et durable découle d'abord d'une paix verticale rétablie. C'est pourquoi tant d'efforts humains pour la paix, si sincères soient-ils, s'épuisent : ils tentent de réconcilier des hommes qui demeurent, chacun, en guerre avec leur Créateur. Mais celui dont le cœur a été transformé par la croix ne convoite plus de la même manière, ne demande plus mal, ne cherche plus à se faire un nom sur les ruines de son frère. Il devient, à son tour, artisan de paix, appelé fils de Dieu (Matthieu 5, 9).

✦ ✦ ✦

- Un Appel À La Réconciliation -.

Alors, Bien-aimés, revenons à notre question de départ : pourquoi et comment des êtres doués de raison ne peuvent-ils trouver un terrain d'entente pour vivre ensemble sur une même planète ? Parce que la raison, séparée de son Créateur, s'aveugle dans l'orgueil, comme à Babel. Parce que le cœur humain, livré à lui-même, brûle de convoitises qui engendrent disputes et guerres, comme le décrit l'apôtre Jacques. Et pourtant, la même Parole qui diagnostique notre mal nous en révèle le remède : le Christ, notre paix, qui a renversé le mur de la séparation et qui offre à quiconque vient à Lui une réconciliation d'abord verticale, puis horizontale.

La paix mondiale que les nations cherchent en vain depuis des millénaires ne naîtra jamais d'un simple accord de raison. Elle naîtra, cœur après cœur, de la rencontre de chaque être humain avec Celui qui a fait la paix par le sang de Sa croix. Que chacun de nous, dès Aujourd'hui, dépose ses propres convoitises, ses propres orgueils, ses propres tours de Babel personnelles, et qu'il devienne, à sa mesure, un artisan de cette paix que le monde ne peut ni donner ni retirer. Car ce n'est qu'en Christ que des êtres doués de raison, mais blessés par le péché, peuvent enfin trouver le terrain d'entente qui leur avait toujours échappé.

Que le Seigneur Lui-même achève en nous cette œuvre de réconciliation, et qu'Il fasse de nous, dès Aujourd'hui, des messagers de Sa paix sur cette terre encore fracturée.

Oh ! Qu'il en soit ainsi. Amen et Amen.

Aucun commentaire: