L’ARME
DE TRIOMPHE.
✦
✦ ✦
Car
les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais
elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses. 2 Corinthiens 10
:4
Tout
ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du
monde, c’est notre foi. 1 Jean 5 :4
✦
✦ ✦
L’ARME
INVISIBLE.
Ce que les yeux ne peuvent voir.
L’ARME
IRRÉSISTIBLE.
Ce que les forces adverses ne
peuvent arrêter.
L’ARME
INVINCIBLE.
Ce que personne ne peut vaincre.
✦
✦ ✦
Bien-aimés en Jésus-Christ ; frères
et sœurs dans la foi,
Imaginez la scène. Il est tard dans la nuit. La ville
est assiégée. Les remparts tremblent sous le fracas des béliers, les torches
des ennemis dessinent un cercle de feu autour des maisons endormies, et dans
les ruelles, des mères serrent contre leur poitrine des enfants qui ne
comprennent pas pourquoi l’on pleure. Les hommes valides regardent leurs mains
vides. Pas d’épée, pas de bouclier, pas d’armée de secours. Seulement le
silence, la peur, et cette question qui monte de chaque cœur : « Qui
nous délivrera ? »
Cette scène n’est pas seulement celle d’un siège ancien.
C’est la nôtre. Chaque jour, des croyants se réveillent assiégés :
assiégés par la maladie qui ronge un corps aimé, par la pauvreté qui frappe à
la porte, par le deuil qui laisse une chaise vide à table, par l’injustice qui
ricane, par la peur de demain. Nous aussi, nous regardons nos mains et nous
nous sentons désarmés. Nous aussi, nous nous demandons si Dieu n’a pas oublié
l’adresse de Ses enfants.
Et pourtant, il y a eu, dans l’histoire du monde, une
scène plus tragique encore que tous les sièges. Sur une colline hors des murs
de Jérusalem, Jésus de Nazareth est cloué à un bois entre deux malfaiteurs. Le
ciel s’obscurcit en plein midi. La foule se moque. Les disciples ont fui. Le
Fils de Dieu crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu
abandonné ? » (Matthieu 27:46). Si jamais défaite parut totale, c’est
celle-là. Aucune armée ne L’a défendu, aucune légion ne L’a secouru, aucun
miracle ne L’a descendu de la croix.
Mais voici le secret que les puissants de ce monde n’ont
jamais compris : c’est précisément là, dans cette apparente faiblesse, que
Dieu a caché la plus grande arme de tous les temps. Là où les hommes ont vu une
potence, le Ciel a posé une arme. Là où l’ennemi a cru terminer l’histoire,
Dieu l’a recommencée. Et cette arme, Il nous la remet aujourd’hui. Elle porte
un nom : l’arme de triomphe.
Elle est invisible, car les yeux de chair ne la voient
pas. Elle est irrésistible, car aucune force adverse ne l’arrête. Elle est
invincible, car personne, jamais, n’a pu la vaincre. Que le Saint-Esprit ouvre
aujourd’hui nos yeux, nos cœurs et nos mains pour la saisir.
✦
✦ ✦
Commençons
par la première, celle qui échappe à tous les regards : l’arme invisible. Oui,
L’ARME
INVISIBLE.
Ce que les yeux ne peuvent voir.
Le
serviteur qui ne voyait que l’ennemi.
Souvenons-nous de Dothan. Le roi de Syrie, furieux de
voir ses plans déjoués, envoie de nuit des chevaux, des chars et une grande
armée pour s’emparer d’un seul homme, le prophète Élisée. Au lever du jour, le
serviteur du prophète sort de la maison, et le spectacle le glace
d’effroi : la ville est cernée, les lances brillent au soleil, les chars
bloquent toutes les issues. Le cri qui lui échappe est le cri de tous les
temps : « Hélas ! mon seigneur, comment
ferons-nous ? » (2 Rois 6:15). Ce jeune homme ne manquait ni de
courage ni de loyauté ; il manquait de vision.
Écoutez la réponse du prophète, qui contredit tout ce
que montraient les apparences : « Ne crains point, car ceux qui sont
avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux » (2 Rois
6:16). Où sont-ils, ces renforts ? Personne ne les voit. Alors Élisée
prie, et sa prière est la plus étrange des prières de guerre : il ne
demande ni une épée ni une armée, il demande des yeux. « Éternel,
ouvre-lui les yeux, pour qu’il voie. » Et l’Éternel ouvrit les yeux du serviteur,
qui regarda ; et voici, la montagne était pleine de chevaux et de chars de
feu autour d’Élisée (2 Rois 6:17). Rien n’avait changé sur la terre ; tout
avait changé dans le regard. L’armée du Ciel était là depuis le commencement.
Elle attendait seulement que quelqu’un voie.
Ce
que le cœur voit mieux que l’œil.
Nous vivons dans un siècle qui ne croit que ce qu’il
touche, ce qu’il mesure, ce qu’il photographie. Mais les réalités les plus
puissantes de l’existence échappent à la caméra. Personne n’a jamais vu l’amour
d’une mère ; on en voit seulement les effets. Personne n’a jamais vu la
vérité ; on en voit seulement les fruits. C’est ce que l’écrivain Antoine
de Saint-Exupéry a su dire en quelques mots, dans Le Petit Prince, par la
bouche du renard : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est
invisible pour les yeux. » Ce que le poète a pressenti, l’Écriture l’a
proclamé : « Nous regardons, non point aux choses visibles, mais à
celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et
les invisibles sont éternelles » (2 Corinthiens 4:18).
C’est pourquoi Moïse, devant la colère de Pharaon, ne
recula pas : « Il se montra ferme, comme voyant Celui qui est
invisible » (Hébreux 11:27). Remarquez la force de cette expression. Moïse
regardait Pharaon avec les yeux du corps, mais Celui qu’il voyait avec les yeux
de la foi était plus grand que Pharaon. Voilà le secret des géants de la
foi : ils n’ont jamais eu de plus grandes armées que nous ; ils ont
eu un plus grand regard. La foi, dit l’épître, est « une démonstration de
celles qu’on ne voit pas » (Hébreux 11:1).
Une
puissance cachée dans la croix.
Si l’arme de triomphe est invisible, c’est parce que
l’ennemi, lui aussi, est invisible. Écoutez l’apôtre Paul : « Nous
n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations,
contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres »
(Éphésiens 6:12). On ne soigne pas une blessure de l’âme avec un fusil ;
on ne chasse pas la peur avec un règlement ; on ne brise pas une
malédiction avec de l’argent. Les batailles invisibles réclament des armes
invisibles, et c’est pourquoi le Seigneur a déclaré par Son prophète :
« Ce n’est ni par la puissance, ni par la force, mais c’est par Mon
Esprit, dit l’Éternel des armées » (Zacharie 4:6).
Cette arme, nous la connaissons : elle s’appelle la
croix. Aux yeux du monde, elle est un instrument de torture ; aux yeux de
la foi, elle est la salle des machines de l’univers. « La prédication de
la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes
sauvés, elle est une puissance de Dieu » (1 Corinthiens 1:18). Une
puissance ! Pas un symbole, pas un bijou, pas un souvenir : une
puissance. Et cette puissance se met en marche dans le secret : dans la
chambre close où le croyant ferme la porte et prie, dans le jeûne que personne
ne voit, dans la larme qui tombe sur la Bible ouverte, dans l’obéissance que
nul ne félicite. Le Père, qui voit dans le secret, récompense en public.
L’homme à genoux est l’adversaire le plus redoutable que l’enfer ait jamais
rencontré.
✦
✦ ✦
Cette
arme que l’on ne voit pas, gardons-nous de croire qu’on puisse l’arrêter :
elle est irrésistible, et c’est notre deuxième point. Oui,
L’ARME
IRRÉSISTIBLE.
Ce que les forces adverses ne
peuvent arrêter.
Des
murailles qui tombent sans bélier.
Regardez Jéricho. C’était la forteresse la plus
redoutable de Canaan : des murs épais, des portes verrouillées, des
sentinelles vigilantes. Josué n’avait ni catapulte, ni échelles, ni machine de
siège. Il avait un ordre : marcher. Une fois par jour pendant six jours,
puis sept fois le septième jour, le peuple fit le tour de la ville, en silence,
derrière l’arche de l’Éternel. Quel plan de bataille ! Les assiégés ont dû
rire du haut de leurs remparts. Mais au septième tour, le peuple poussa un
grand cri, et « la muraille s’écroula » (Josué 6:20). Le texte
inspiré en donne la clé : « C’est par la foi que les murailles de
Jéricho tombèrent » (Hébreux 11:30).
Il y a une loi de l’histoire que les tyrans n’apprennent
jamais. Victor Hugo l’a formulée dans Histoire d’un crime : « On
résiste à l’invasion des armées ; on ne résiste pas à l’invasion des
idées. » Si cela est vrai d’une idée d’homme, que dire de la Parole de
Dieu ? Si une pensée dont l’heure est venue renverse des trônes, que dire
de l’Évangile, que Dieu Lui-même fait avancer ? Aucun mur de Jéricho,
qu’il s’appelle incrédulité, corruption, violence ou désespoir, ne tient debout
devant une foi qui marche dans l’obéissance.
Une
Parole qui frappe comme le marteau.
Écoutez ce que Dieu dit de Sa propre Parole :
« Ma parole n’est-elle pas comme un feu, dit l’Éternel, et comme un
marteau qui brise le roc ? » (Jérémie 23:29). Un feu que nul ne peut
éteindre ; un marteau que nul rocher ne peut refuser. Et encore :
« La parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée
quelconque à deux tranchants » (Hébreux 4:12). Notez bien : ce n’est
pas une parole morte, c’est une parole vivante ; ce n’est pas une parole
décorative, c’est une parole efficace.
Et voici la promesse qui fait trembler l’enfer :
« Ainsi en est-il de Ma parole, qui sort de Ma bouche : elle ne
retourne point à Moi sans effet, sans avoir exécuté Ma volonté et accompli Mes
desseins » (Ésaïe 55:11). Sans effet ? Jamais. Ce que Dieu envoie, Il
le fait aboutir. Ce que Dieu a dit sur votre vie, sur votre famille, sur Son
Église, sur votre peuple, n’attend pas la permission des circonstances pour
s’accomplir. Les circonstances sont des serviteurs ; la Parole est le Roi.
Des
chaînes qui se brisent, des portes qui s’ouvrent.
Pierre dort entre deux soldats, lié de deux chaînes,
derrière des portes gardées par quatre escouades. Humainement, la cause est
entendue : demain, il mourra, comme Jacques. Mais « l’Église ne
cessait d’adresser à Dieu des prières pour lui » (Actes 12:5). Et dans la
nuit, un ange touche le prisonnier, les chaînes tombent de ses mains, la porte
de fer s’ouvre d’elle-même. Hérode avait des gardes ; l’Église avait une
arme. Hérode a perdu.
Les siècles ont répété la leçon. Les empereurs ont brûlé
les livres, et les livres ont voyagé plus vite que les flammes. Les tyrans ont
fermé les temples, et l’Église est descendue dans les maisons, dans les caves,
dans les cœurs. Jésus l’avait annoncé : « Je bâtirai Mon Église, et
les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle »
(Matthieu 16:18). Remarquez-le : des portes sont des ouvrages de
défense ; elles ne marchent pas. C’est l’Église qui avance, et c’est
l’enfer qui se défend. Aucune force adverse, ni les armées, ni les maladies, ni
les calomnies, ni la mort elle-même, n’arrête cette marche.
✦
✦ ✦
Et
nous voici au sommet : l’arme qui non seulement avance sans pouvoir être
arrêtée, mais ne peut jamais être renversée, l’arme invincible. Oui,
L’ARME
INVINCIBLE.
Ce que personne ne peut vaincre.
Un
tombeau qui n’a pas gardé son prisonnier.
Retournons au Calvaire, mais ne nous y arrêtons pas. Le
vendredi, tout paraît perdu. On descend Son corps, on L’enveloppe d’un linceul,
on Le dépose dans un sépulcre neuf, on scelle la pierre, on pose des gardes.
Les ennemis de Jésus ont pris toutes les précautions : ils ont verrouillé
la mort elle-même. Et c’est là qu’ils se sont trompés. Car au matin du
troisième jour, la pierre est roulée, les gardes tombent comme morts, et la
voix de l’ange retentit : « Il n’est point ici ; Il est
ressuscité » (Matthieu 28:6).
Voilà pourquoi l’apôtre peut écrire que Christ « a
dépouillé les principautés et les puissances, et les a livrées publiquement en
spectacle, en triomphant d’elles par la croix » (Colossiens 2:15).
Remarquez : en triomphant par la croix. Le lieu de la défaite apparente
est devenu le char de triomphe. Et le Ressuscité Lui-même proclame :
« Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort ; et
voici, Je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et
du séjour des morts » (Apocalypse 1 :17-18). Celui qui tient les clefs ne
craint aucune serrure.
Plus
que vainqueurs.
Voici la question la plus audacieuse de toute la
Bible : « Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la
tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le
péril, ou l’épée ? » (Romains 8 :35). La liste est longue, et elle
n’est pas théorique : Paul a connu chacune de ces épreuves. Et sa réponse
éclate comme un cri de guerre : « Mais dans toutes ces choses nous
sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés » (Romains 8 :37).
Plus que vainqueurs ! Non pas vainqueurs après la souffrance, mais
vainqueurs dans la souffrance ; non pas vainqueurs si tout va bien, mais
vainqueurs dans toutes ces choses.
Pourquoi plus que vainqueurs ? Parce que le soldat
ordinaire se bat pour obtenir la victoire ; nous, nous nous battons à
partir d’une victoire déjà obtenue. Jésus l’a dit : « Vous aurez des
tribulations dans le monde ; mais prenez courage, J’ai vaincu le
monde » (Jean 16 :33). Et l’Apocalypse décrit les frères qui ont vaincu
l’accusateur « à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur
témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort »
(Apocalypse 12 :11).
L’arbre
qu’on abat repousse par les racines.
En 1802, l’homme qui avait conduit les esclaves de
Saint-Domingue vers la liberté, Toussaint Louverture, fut arrêté par traîtrise
et emmené en exil vers la France, chargé de chaînes. On rapporte qu’au moment
de l’embarquer, il prononça ces paroles devenues immortelles : « En
me renversant, on n’a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l’arbre de la
liberté des Noirs ; il repoussera par les racines, parce qu’elles sont
nombreuses et profondes. » Les chaînes de l’homme étaient réelles ;
mais l’arbre, lui, était invincible.
Frères et sœurs, ce que Toussaint disait d’un arbre de
liberté, nous pouvons le dire, avec infiniment plus de raison, de l’arbre de la
croix. On a pu l’abattre sur le Golgotha ; il a repoussé à Pâques, et ses
racines sont nombreuses et profondes : elles plongent dans l’éternité,
dans le conseil de Dieu, dans le sang de l’Agneau immolé dès la fondation du
monde. Les maladies passent, les régimes tombent, les fortunes s’écroulent, les
armées se dispersent ; mais l’Église, enracinée dans le Christ, demeure.
« Ô mort, où est ton aiguillon ? Ô mort, où est ta victoire ?
Grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur
Jésus-Christ ! » (1 Corinthiens 15 :55, 57).
✦
✦ ✦
Il est
temps de passer de l’admiration à l’action : ouvrons maintenant la main
pour saisir cette arme.
Bien-aimés, nous avons vu trois choses. Nous avons vu
que l’arme de triomphe est invisible : elle échappe aux regards, mais
l’œil de la foi la reconnaît, car Dieu ouvre les yeux de ceux qui Le cherchent.
Nous avons vu qu’elle est irrésistible : ni les murs de Jéricho, ni les
chaînes de Pierre, ni les portes de l’enfer ne peuvent l’arrêter. Nous avons vu
enfin qu’elle est invincible : le tombeau l’a éprouvée, et le tombeau a
perdu.
Mais une arme qu’on admire sans la saisir ne sauve
personne. Il y a peut-être aujourd’hui, parmi nous, un cœur assiégé : un
père qui a épuisé ses ressources, une mère qui pleure en silence, un jeune qui
doute, un malade qui craint la nuit, un pécheur qui se croit trop sale pour que
Dieu veuille de lui. À vous tous, je dis : le Seigneur ne vous demande pas
de trouver des forces que vous n’avez pas ; Il vous demande de saisir la
croix. Ouvrez la main. Prononcez le nom de Jésus. Déposez devant Lui vos peurs,
vos péchés, vos batailles. Et laissez le Dieu de Dothan ouvrir vos yeux, le
Dieu de Jéricho abattre vos murailles, le Dieu de Pâques rouler vos pierres.
Croyez-le aujourd’hui : vous n’êtes pas seuls sur
le champ de bataille. Les chars de feu sont plus près que vous ne le pensez.
Celui qui est mort pour vous est vivant pour vous. Et si vous marchez avec Lui,
sachez-le : vous avancez déjà, quoi qu’en disent les apparences, vers la
victoire. Levez la tête ! Les yeux de Dieu sont sur vous, Sa main
invincible vous soutient, et Son bras irrésistible ouvre le chemin devant vous.
Allez, et triomphez au nom du Roi des rois !
Oh ! Qu’il en soit ainsi. Amen
et Amen.
✦
✦ ✦
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire