« Mais je ne fais pour moi-même aucun cas de ma vie,
comme si elle m’était précieuse, pourvu que j’accomplisse ma course avec joie,
et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus, d’annoncer la bonne nouvelle
de la grâce de Dieu. »
Actes Vingt, le verset Vingt-quatre.
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LA VIE CONSACRÉE.
LA COURSE JOYEUSE.
LA GRÂCE PROCLAMÉE.
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Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Imaginez le rivage de Milet. Le vent chargé d’embruns
souffle sur le port. Les anciens d’Éphèse, venus en hâte, se pressent autour
d’un homme usé par les chaînes, les naufrages et les coups. Cet homme est Paul.
Il sait que c’est la dernière fois qu’ils le voient. Il vient de leur
dire : « Lié par l’Esprit, je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce
qui m’y arrivera », Actes Vingt, le verset Vingt-deux. Quelque
part, à Jérusalem, des chaînes l’attendent. Et c’est à cet instant précis, au
bord de la mer et au bord du gouffre, que ses lèvres laissent tomber la plus
belle déclaration de toute sa vie.
Il n’y a ni trompette ni tambour, ni discours d’un héros
sûr de sa victoire. Il y a un homme qui regarde la prison, la souffrance et
peut-être la mort, et qui dit : « Je ne fais pour moi-même aucun
cas de ma vie », Actes Vingt, le verset Vingt-quatre. Voilà une
phrase qui renverse le monde. Car le monde nous crie : sauve ta peau,
protège ton confort, soigne ton image. Mais Paul répond : ma vie ne
m’appartient plus ; elle appartient à Celui qui m’a racheté.
Aujourd’hui, ce texte nous interpelle comme jamais. Il
nous montre trois choses : la vie consacrée, la course joyeuse et la grâce
proclamée. Que le Seigneur Jésus, qui a saisi Paul, nous saisisse aussi.
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Avant de courir, il faut apprendre
à livrer sa vie ; regardons d’abord la vie consacrée. Oui,
LA VIE CONSACRÉE.
Paul dit : « Je ne fais aucun cas de ma
vie ». Attention, frères et sœurs : il ne dit pas que la vie est
méprisable. La vie est un don de Dieu, un souffle précieux sorti de Ses mains.
Il dit seulement qu’elle n’est pas son idole. Il refuse d’en faire le but
suprême. Le philosophe Sénèque, dans son traité De la brièveté de la vie,
observait : « Ce n’est pas que nous ayons peu de temps, mais nous
en perdons beaucoup. » Combien de vies sont gaspillées dans la
poursuite de ce qui passe ! Paul, lui, n’a pas perdu une minute : il
a tout misé sur ce qui demeure.
Écoutez la parole du Maître : « Car celui
qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de Moi
la sauvera », Luc Neuf, le verset Vingt-quatre. C’est le
paradoxe de l’Évangile : on ne garde que ce que l’on donne. La graine qui
refuse de mourir reste seule ; celle qui tombe en terre porte du fruit.
Et pourquoi Paul peut-il parler ainsi ? Parce qu’il
a rencontré Jésus. Il a compris que sa vie ne valait rien tant qu’elle était à
lui, et qu’elle valait tout dès qu’elle était à Dieu. Il l’écrira
lui-même : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce
n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi », Galates
Deux, le verset Vingt. Voilà la vie consacrée : non pas une vie
diminuée, mais une vie enfin habitée par Christ.
Frères et sœurs, qu’avez-vous déposé sur l’autel
aujourd’hui ? Votre temps ? Vos talents ? Vos ambitions ?
Remettez-les entre les mains de Celui qui sait en faire un chef-d’œuvre. Ce que
vous perdez pour Lui, vous le retrouverez au centuple dans Sa gloire.
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Quand la vie est livrée, la course
peut commencer ; contemplons maintenant la course joyeuse. Oui,
LA COURSE JOYEUSE.
« Pourvu que j’accomplisse ma course avec
joie. » Voyez le mot : course. Paul ne parle pas d’une promenade,
ni d’un repos. Il parle d’un parcours qui exige de l’endurance, de la
discipline et de la souffrance. Il écrira aux Philippiens : « Mais
je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce
qui est en avant, je cours vers le but, pour obtenir le prix de la vocation
céleste de Dieu en Jésus-Christ », Philippiens Trois, les versets
Treize et Quatorze.
Victor Hugo a chanté, dans Les Châtiments : « Ceux
qui vivent, ce sont ceux qui luttent. » Paul a lutté jusqu’à son
dernier souffle. Mais regardez le secret : il court avec joie. Non pas la
joie facile de celui qui n’a aucun problème, mais la joie profonde de celui qui
sait pour Qui il court. « La joie de l’Éternel sera votre force »,
Néhémie Huit, le verset Dix. Les coureurs fatigués abandonnent ;
les coureurs joyeux persévèrent.
Mais comment courir quand les jambes tremblent ?
L’épître aux Hébreux nous donne le secret : « Ayant les regards
sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi », Hébreux Douze,
le verset Deux. Le coureur qui regarde ses pieds trébuche ; celui qui
regarde la foule se détourne ; celui qui regarde Jésus arrive. Au soir de
sa course, Paul pourra dire : « J’ai combattu le bon combat, j’ai
achevé la course, j’ai gardé la foi », Deux Timothée Quatre, le
verset Sept.
Et vous, frères et sœurs, où en est votre course ?
Êtes-vous encore sur la piste, ou assis sur le bord du chemin ? Le
Seigneur ne vous demande pas d’être le plus rapide, mais d’être fidèle, et de
courir avec joie.
✦ ✦ ✦
Et celui qui court ne court pas
pour lui-même ; écoutons enfin la grâce proclamée. Oui,
LA GRÂCE PROCLAMÉE.
Pourquoi Paul court-il ? Il le dit : « Et
le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus, d’annoncer la bonne nouvelle de
la grâce de Dieu ». Remarquez : le ministère est reçu. Paul ne
l’a pas choisi, il ne l’a pas mérité, il ne l’a pas fabriqué. Il l’a reçu. Le
plus grand des apôtres demeure un serviteur qui tient un message qui n’est pas
le sien. Et quel message ! La grâce. Ni la loi qui condamne, ni la
tradition qui épuise, mais la grâce.
Éphésiens Deux, le verset Huit, la résume : « Car
c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne
vient pas de vous, c’est le don de Dieu ». Paul n’était pas
digne : il avait persécuté l’Église et approuvé la mort d’Étienne. Et
cette même grâce l’a relevé, pardonné, envoyé. C’est pourquoi il ne peut pas se
taire. Quand on a goûté la grâce, on ne la garde pas pour soi. « Car je
n’ai pas honte de l’Évangile : c’est une puissance de Dieu pour le salut
de quiconque croit », Romains Un, le verset Seize.
Antoine de Saint-Exupéry écrivait, dans Terre des
hommes : « Être homme, c’est précisément être responsable. »
Le chrétien est responsable de la bonne nouvelle. Autour de nous, des hommes et
des femmes marchent dans la nuit sans savoir que la grâce existe, simplement
parce que personne n’a ouvert la bouche. L’Évangile est un trésor remis à nos
mains, et nous n’avons pas le droit de l’enterrer.
Annoncez la grâce ! À votre voisin fatigué, à votre
collègue sans espérance, à votre frère tombé. La grâce n’est pas une idée à
débattre, c’est un cadeau à offrir.
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Bien-aimés en Jésus-Christ, Frères et sœurs dans la foi,
Regardons une dernière fois Paul sur le rivage de Milet.
Il n’a ni armée, ni fortune, ni garantie de lendemain. Mais il a une vie
livrée, une course joyeuse et une grâce à proclamer. Cela suffit. Et si Dieu
l’a rendu capable de tenir, Il nous rendra capables aussi.
Alors, aujourd’hui, posons notre vie sur l’autel.
Rechaussons nos sandales. Courons avec joie, les yeux fixés sur Jésus, jusqu’au
jour où nous entendrons Sa voix nous accueillir dans Sa joie éternelle. Que
Dieu soit loué !
Qu’il
en soit ainsi. Amen et Amen.
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